‹ Le jardin des plantesChapitre 19 sur 83 · MÉNAGE K IE. U · texte numérisé non relu

MÉNAGE K IE. U

La domestication des animaux a offert aux naturalistes modernes un sujet d'étude extrêmement intéressant. Buffon, F. Cuvier, MM. Bureau de la Malle, Isid. Gcolïroy et quelques autres s’en sont successivement occupés sous plusieurs points de vue différents.

On croit généralement que la plupart de nos animaux domestiques viennent de l’Inde; mais c’est un fait qu’on a trop généralisé. Tous les pays peuvent fournir à l’homme des espèces utiles : l’Amérique aussi bien que l’Afrique, l’Europe aussi bien que l’Asie ou même la Nouvelle-Hollande. L’origine étrangère de toutes les races de Chats, de Chiens, de Chèvres, de Moutons et même de Boeufs, est loin d’être démontrée, et l’acte de la domestication de ces animaux est moins une conquête de l’homme sur la nature qu’une conséquence nécessaire de leurs goûts et de leurs habitudes. Celle observation s’applique aussi bien au Chien ou au Cheval , qui sont nos animaux les plus dévoués, qu’aux espèces auxquelles nous ne donnons que le logement, et que nous laissons vivre parmi nous en récompense des services secondaires qu’elles nous rendent. Parmi ces derniers, que l’on peut considérer comme autorisés, ou simplement abrités chez nous, se rangent les Oiseaux de basse-cour , les Abeilles, et de plus le Chat. Sociables ou solitaires, ecs animaux ne nous sont pas aussi soumis que les précédents , et c’est avec raison que Buffon a dit du dernier: « Quoique habitants de nos maisons, les Chats ne sont pas entièrement domestiques, et les mieux apprivoisés n’en sont pas plus asservis. »

Il y a toute une catégorie d’animaux qui ne sont pas susceptibles de s’associer a nous, et que l’homme ne peut conserver que par la captivité. Leurs penchants instinctifs sont trop prononcés pour qu’ils renoncent à leurs habitudes naturelles, et, quel que soit leur genre de vie, ils n’ont pas assez d’intelligence pour apprécier les avantages de notre protection. L’intelligence est donc une première condition de la véritable domesticité. La sociabilité en est aussi un élément indispensable.

M. Flourens, dans son Résumé analytique des observations de F. Cuvier , rappelle dans les termes suivants les opinions auxquelles ce naturaliste était arrivé relativement à la sociabilité :

« A ne considérer que la classe des Mammifères, la seule sur laquelle portent les observations de F. Cuvier, on peut reconnaître trois états distincts dans leur manière de vivre: celui des espèces solitaires, les Chats, les Martres, les Ours, les Hyènes, etc.; celui des espèces qui vivent en famille , les Loups, les Chevreuils, etc. ; et celui des espèces qui forment de véritables sociétés, les Castors, les Éléphants, les Singes, les Chiens, les Phoques, etc.

« Ici, l’union subsiste quoique les intérêts diffèrent. Des centaines d’individus de tout sexe et de tout âge se rapprochent, s’entendent, se subordonnent. «C’est alors, dit « F. Cuvier, que l'instinct social se montre dans toute son étendue, avec toute son inet fluence, et qu’il peut être comparé à celui qui détermine les sociétés humaines.)) F. Cuvier suit les progrès de l’animal qui naît au milieu de sa troupe ; qui s y développe , qui, à chaque époque de sa vie, apprend de tout ce qui l’entoure a mettre sa nouvelle existence en harmonie avec les anciennes. Il montre, dans la faiblesse des jeunes, le principe de leur obéissance pour les anciens qui ont déjà de la force ; et dans 1 habitude, qui, comme il le dit , est une espèce particulière de conscience , la raison pour laquelle le pouvoir reste au plus Agé, quoiqu’il devienne à son tour le plus faible, foules les lois

(jne la société est sous la conduite d'un chef, ce chef est presque toujours en effet le plus âgé de la troupe; je dis presque toujours, car l’ordre établi peut être troublé par des passions violentes. Alors l’autorité passe à un autre; et après avoir de nouveau commencé par la force, elle se conserve ensuite de même par l’habitude.

« Il y a donc, dans la classe des Mammifères, des espèces qui forment de véritables sociétés; et c’est de ces espèces seules que l’homme lire tous ses animaux domestiques.

« Le Cheval, devenu par la domesticité l’associé de l’homme, l’est naturellement de tous les animaux de son espèce. Les Chevaux sauvages vont par troupes , ils ont un chef qui marche à leur tête, qu’ils suivent avec confiance, qui leur donne le signal de la fuite ou du combat. Ils se réunissent ainsi par instinct; et telle est la force de cet instinct, que le Cheval domestique qui voit une troupe de Chevaux sauvages, et qui la voit pour la première fois, abandonne son maître pour aller se joindre à celte troupe, laquelle, de son côté , s’approche et l’appelle.

« Le Mouton que nous avons élevé nous suit; mais 11 suit également le troupeau au milieu duquel il est né. Il ne voit dans l’homme, pour me servir d’une expression ingénieuse de F. Cuvier, que le chef de sa troupe. Et ceci même est la base de la théorie nouvelle. L’homme n’est, pour les animaux, qu’un membre de la société : tout son art se réduit à se faire accepter par eux comme associé; car une fois devenu leur associé. Il devient bientôt leur chef, leur étant aussi supérieur qu’il l’est par l’intelligence. Il ne change donc pas Vêlai naturel de ces animaux, comme le dit Buffon; il profile au contraire de cet étal naturel. En d’autres termes, il avait trouvé des animaux sociables, il les rend domestiques en devenant leur associé, leur chef; et la domesticité n’est ainsi qu’un cas particulier, qu’une simple modification , qu’une conséquence déterminée de la sociabilité.

« C’est par habitude qu’un animal s’apprivoise , et c’est par instinct qu’il est sociable. Si l’on sépare une vache, une chèvre, une brebis de leur troupeau, ces animaux dépérissent; et ce dépérissement même est une nouvelle preuve du besoin qu’ils ont de vivre en société. F. Cuvier rapporte un fait qui montre bien toute la différence qu’il y a entre un animal qui n’a que V habitude de la société, et un animal qui en a V instinct : « Une « lionne avait perdu, dit-il, le chien avec lequel elle avait été élevée, et pour offrir lou- « jours le même spectacle au public, on lui en donna un autre, qu’aussitôt elle adopta. « Elle n’avait pas paru souffrir de la perte de son compagnon; l’affection qu’elle avait « pour lui était très-faible ; elle le supportait, elle supporta de même le second. Celte « lionne mourut à son tour; alors le chien nous offrit un tout autre spectacle : il refusa « de quitter la loge qu’il avait habitée avec elle; sa tristesse s’accrut de plus en plus; le « troisième jour il ne voulut plus manger, et il mourut le septième. »

La violence serait sans efficacité pour disposer un animal à l’obéissance. Nous ne parvenons à l’attirer et à le rendre familier que par la confiance, et les bienfaits seuls sont propres à la faire naître. Subvenir aux besoins des animaux; leur faire donner la nourriture par les personnes mêmes auxquelles on veut qu’ils se soumettent; exalter certains de leurs besoins pour leur faire sentir davantage leur dépendance par rapport à nous, tels sont les principaux moyens dont on a conseillé l’emploi. Une fois la conliance et la familiarité obtenues, et après que les bons traitements, l’habitude de nos relations et sa prévoyante supériorité ont rendu l’homme indispensable à l’animal , la

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supériorité du chef ou du maître peut se faire sentir. Les corrections modérément employées complètent et déterminent alors une entière soumission; l’excès des corrections intimide ou révolte, et c’est ce qui donne souvent aux Mammifères que l’on lient captifs une férocité tout à fait étrangère au caractère de leur espèce. Les montreurs d’animaux y ont souvent recours lorsqu’ils veulent en imposer sur la cruauté apparente ou mieux factice des Lions, des Panthères, etc., qu’ils exposent à la curiosité publique.

On donne communément aux Mammifères Carnassiers un caractère moins traitable, moins affectueux qu’aux Herbivores. Les observations des naturalistes montrent que tous les Ruminants adultes, surtout les mâles , sont des animaux grossiers , farouches, qu’aucun bienfait ne captive et qui, dans les accès de fureur auxquels ils sont sujets, ne reconnaissent souvent pas celui qui les soigne. Aussi doit-on les menacer presque constamment. Le Tigre, le Lion, l’Hyène, etc., sont au contraire plus confiants, et leur affection est plus sûre. «Cent fois, dit F. Cuvier, l’apparente douceur d’un Herbivore a été suivie d'un acte de brutalité; presque jamais les signes extérieurs d’un animal carnassier n’ont été trompeurs : s’il est disposé à nuire, tout dans son regard et dans son geste l’annonce; il en est de même si c’est un bon sentiment qui l’anime.» Les animaux Herbivores, quand ils ont la force, sont donc au fond d’une nature plus intraitable que les Carnivores. C’est que leur intelligence est beaucoup plus grossière , beaucoup plus bornée, et que partout, même dans les animaux, le développement de celte faculté est plus favorable que nuisible aux bons sentiments.

1. éléphant ( Elephas ). Les Éléphants de l’Inde sont d’une autre espèce que ceux d’Afrique, et comme on les emploie en domesticité, on se les procure plus aisément pour nos collections d’animaux vivants. La Ménagerie en a déjà reçu quatre; mais en ce moment elle n’en possède plus , celui que Leschenaull lui avait envoyé en 1 8-0 étant mort depuis 1850.

L’un de ces quatre Éléphants asiatiques était mâle, et avait été acquis, en 1801, d un

homme qui l’avait lui-même acheté , quelques années auparavant, en Angleterre, pour le conduire et le faire voir dans les principales villes de France. Il était alors âgé de douze ans, et n’avait que six pieds de haut. Cet animal était fort privé.

Dès l’an VI, on voyait au Jardin des Plantes deux Éléphants, un mâle et une femelle, tous deux pris à la Ménagerie de Hollande, après la conquête de ce pays par nos armées. Ils avaient été envoyés de Ceylan au Stathouder, en 1786, à 1 age de deux ans et demi, et n’ayant encore que trois pieds six pouces. La femelle, qui survécut longtemps a son mâle, était connue des visiteurs du Jardin sous le nom de Marguerite.

A La Haye, ces animaux étaient extraordinairement doux , et on les laissait presque dans une entière liberté. Ils avaient coutume de s’introduire chez le Stathouder, et de venir lui demander à manger lorsqu’il était à table; mais pendant le voyage ils éprouvèrent des mauvais traitements de la part de leurs nouveaux possesseurs, et dès lors le mâle devint très-méchant. .

Peu de temps après leur arrivée à Paris , on voulut voir l’effet que ferait sur eux la musique : ils témoignèrent d’abord de la surprise , puis, courant de côté et d autre, ils jetèrent des cris cl se caressèrent de leur trompe.

Ces gigantesques quadrupèdes mangeaient chacun six a huit bottes de foin par joui , cl environ quarante livres de pain et de carottes. Il ne leur fallait pas moins de vingt a

trente seaux d’eau chaque jour. On donne aussi aux Eléphants de l'herbe fraîche, du son, des pommes de terre, etc., selon les circonstances. Ils saisissent avec leur trompe l’ohjel qu’on leur présente, ils le portent ensuite à leur bouche. Ils boivent de la même manière , aspirant par cet énorme siphon une certaine quantité d’eau, qu’ils laissent ensuite couler dans leur gosier après y avoir introduit leur trompe. Les jeunes tellent directement avec la bouche, et renversent leur trompe en arrière, pendant qu'ils se tiennent appliqués au mamelon de la mère.

Ces animaux ne reproduisent pas en captivité. Ils constituent, sous ce rapport, une exception remarquable parmi les espèces domestiques ; et c’est ce qui les place presque dans la catégorie des animaux simplement apprivoisés. On dompte séparément tous les individus que l’on emploie.

L’éléphant d’afrique se distingue surtout de celui de l’Inde par son front moins élargi, et par ses oreilles, qui sont beaucoup plus grandes. 11 a aussi dans la forme de ses dents un caractère important: les lames d’émail qui s’y remarquent sont beaucoup moins serrées, et au lieu de former, comme dans I espèce indienne, des ellipses très-allongées, elles figurent de véritables losanges. C’est seulement depuis les travaux de l’anatomiste hollandais P. Camper, que l’on a reconnu ces différences. Les Carthaginois se servaient des Eléphants de l’espèce africaine ; niais aujourd'hui, malgré l’importance des services qu’on pourrait en attendre , on néglige de les dresser. 11 y en a depuis les environs du Cap de Bonne-Espérance jusqu’à la hauteur du Cap-Vert; mais on suppose qu’ils s’avancent moins au nord qu’aulrefois. On nous les amène rarement vivants en Europe, elle Jardin des Plantes n’en a encore possédé qu'un seul. Ce dernier, envoyé tout jeune en 1825, s’y voit encore actuellement; c’est une femelle. Sa petite taille, lors de son arrivée, et la douceur de son caractère la firent nommer Chcvrclle. Presque tous les matins on lui fait faire, dans les allées de la Ménagerie, une petite promenade avant l’admission du public, moins pour la sécurité de celui-ci que pour la tranquillité de l’animal, qui est des plus soumis. L’Eléphant d’Asie, mort dernièrement, était depuis quelques années devenu très-méchant, ce qu’il faut attribuer en grande partie à son sexe et son âge.

C’est d’après un Eléphant d’Afrique que Perrault a fait l’anatomie de ce genre d’animaux.

On voit parfois dans l’Inde des Eléphants blancs. C’est aussi la coloration que prennent accidentellement certains individus de beaucoup d’autres espèces. L 'albinisme, ou couleur blanche, est un état maladif particulier, qui peut se transmettre par voie de génération, et constituer des races dites albinos. Il est habituellement accompagné d’une teinte rouge des yeux. Les Mammifères en offrent des exemples aussi bien que les Oiseaux , et ou le remarque aussi dans les autres classes du Règne animal. C’est, avec plus d’exagération encore, une altération semblable à l’étiolement des plantes. Les espèces dont la robe est naturellement d’une seule couleur y. sont plus exposées que les autres. Le Merle blanc est la variété albine du Merle ordinaire. Les Lapins, les Souris, les Daims, et beaucoup d’autres, peuvent offrir celle particularité. L’Isatis, le Lièvre glacial, le Lagopède, etc., qui deviennent blancs tous les hivers, mais d’une manière normale, ne sauraient être comparés aux albinos. On appelle mélanisme un autre mode de variation des animaux, par suite duquel leur couleur passe au contraire au noir : le Loup noir,

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considéré pend;mi longtemps comme une espèce distincte sous le nom de Canin Lycaon, est une variété mélaniennc des Loups communs, et l’on s’est assuré qu’une même portée peut fournir des Loups fauves et des Loups noirs. Le Fclis mclas, ou la Panthère noire des îles de la Sonde, dont un individu avait été ramené vivant par Péron et Lesueur, reproduit le même phénomène à l’égard des Panthères ordinaires. Le Fclis obscura , ou Chat noir du Cap, est la variété noire du Fclis Cafra. Certains Jaguars sont dans le même cas : on voit encore chez ces animaux les taches caractéristiques de leur espèce, et dont la teinte noire est toujours plus sentie que celle du fond du pelage.

Une même espèce animale peut fournir des individus de race blanche et d’autres de race noire.

Quatre genres de Pachydermes proprement dits, savoir, les Damans, les Tapirs, les Sangliers et les Chevaux, vont actuellement nous occuper.

t. daman ( Ifyrax ). Il n’y a de Damans qu’en Afrique et en Syrie. Par leur taille aussi bien que par leurs allures, ces singuliers Mammifères ressemblent beaucoup plus aux Kongeurs qu’aux autres animaux de l’ordre dont nous parlons ici. Leur coips, gins comme celui d’un Lapin de forte race, ou un peu plus gros, est couvert d un poil épais et soyeux; leurs doigts sont terminés par de petits ongles aplatis; leur mâchoire supérieure a deux grandes incisives comme celles des Rongeurs. Pallas lui-même, quoiqm excellent appréciateur des rapports naturels des animaux, considérait encore les Damans comme appartenant au genre des Cabiais; mais G. Cuvier reconnut, par 1 étude de h m squelette, que c’étaient plutôt des êtres voisins du Rhinocéros, et, dans un de scs Mémoires les plus instructifs, il mit ce lait hors de doute. Les Damans, en effet , pcu\< nt

être regardés comme les représentanis en miniature de la gigantesque famille des Rhinocéros. Il paraît que l’Agneau d'Israël, dont il est question dans la Bible, n’est autre que le Daman. Le naturel de ces animaux est fort doux; ils vivent sur les rochers, et, sans savoir précisément grimper, ils aiment à monter sur les arbres dont le tronc ou les branches sont inclinés. On en a reçu de Syrie et du Cap. D’après M. Ehrenberg, les Damans du Cap seraient d’espèces distinctes. Ce qui est plus positif, c’est que le Cap luimême possède deux espèces de ces animaux, dont l’une, très-différente de celle de Syrie et des bords de la mer Rouge, est encore fort rare dans les collections européennes.

2. t a p i n ( Tapirus ). Un animal de ce genre habite la région malaise de l’Inde; deux autres sont propres à l’Amérique méridionale. Le plus répandu de ces derniers est noir, à peu près grand comme un âne et remarquable par rallongement et la mobilité de son nez, qui simule une petite trompe. Aussi les personnes peu instruites prennent-elles souvent les Tapirs du Jardin des Plantes pour les petits de l’Eléphant. Nous n’avons encore reçu vivants que des Tapirs de colle espèce; leur douceur, la facilité avec laquelle ils supportent nos climats, leur propreté et la commodité qu’on a pour les nourrir, font regretter qu’on n’essaie pas de les substituer aux Cochons, ou, ce qui vaudrait mieux encore, de les élever en même temps que ces derniers, car on n’en tirerait pas de moindres avantages. Le Tapir, assis sur son train de derrière et vu de profil, a, pour le corps, une certaine analogie avec le Griffon de la mythologie, et comme il y a des Tapirs dans l’Inde, il se pourrait très-bien qu’ils eussent servi de premier modèle à la ligure de ces êtres fabuleux.

3. ciieval ( Equus ). Le genre de ces animaux comprend six espèces, trois d’Asie : le Cheval, l’Ane etl’Hémione; trois d’Afrique : le Zèbre, le Damv et leCouagga. La couleur des espèces asiatiques est à peu près uniforme ; celle des espèces africaines se distingue par la présence sur presque tout le corps de larges bandes, dites zébrures, et qui ajoutent encore à l’élégance de ces animaux.

L’hémione ( Equus hemionus) , appelé aussi Dziggelai , a été offert au Muséum par M. Dussumier. II y en a actuellement trois individus. Ces animaux viennent du pays de Culch, au nord de Guzerate. Dans quelques parties de l’Inde leur espèce est en domesticité cl elle s’y perpétue. Leurs couleurs sont le blanc pour les régions inférieures du corps et le bas des lianes, et l’isabelle pour les parties supérieures et le dehors des membres. Une longue bande d'un brun roussàtre commence un peu en avant du garrot, et longe l’épine dorsale pour se terminer sur le milieu de la queue. Leur crinière rappelle très-bien celle de l’Ane , et leur queue est assez longue et terminée par une touffe de longs poils. M. Isid. Geoffroy a publié, au sujet de l’Ilémione, des remarques pleines d’intérêt, cl dans lesquelles il est aussi question des services qu’on pourrait tirer des diverses espèces de solipèdes non encore introduites chez nous On a vu à Bombay des llémioncs employés comme montures; on en a même vu des attelages. Leur vivacité est extrême et rend leur domestication assez difficile. Voici, d’après M. Dussumier, un exemple de leur instinct. Un Européen habitant le pays de Culch avait un llémione qui le suivait dans ses promenades à cheval. Ayant un jour pris un étang pour but de sa promenade, le maître de l’Hémione monta en bateau. L’animal resta d’abord paisible sur le rivage ; mais impatienté de ce que le bateau tardait à revenir, Il se mit à la nage, le rejoignit , et le suivit jusqu’à la fin de la promenade.

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On dresse aussi les espèces africaines de la famille des Solipèdes. Au Cap, on a des cou a gg a , et l’on cherche à en multiplier le nombre; car ces animaux sont doués d’un grand courage, et, loin de fuir devant les bêles féroces, ils les attaquent eux-mêmes, et parviennent habituellement à les mettre en fuite. Aussi élève-t-on de ces Couagga avec les troupeaux qui, sous leur protection, parcourent les pâturages avec plus de sécurité qu’ils ne pourraient le faire sans eux. Le Couagga est moins rayé que le zèbre ( Equus Zébra ) et que le dauw ( Equus Burchelii). Nous avons déjà parlé du Zèbre qui a vécu au Jardin des Plantes. Les Dauws que rétablissement acheta en 1824 ont déjà eu cinq petits; un seul de ces derniers n’a pas survécu, encore est-ce par accident qu’on l’a perdu. Ces animaux sont très-rétifs, et, à certaines époques de l’année, ils sont même dangereux pour les personnes qu’ils ont journellement l’habitude de voir.

4. sanglier (Sus). Les Sangliers sont trop généralement connus pour que nous nous y arrêtions. Disons seulement (pie ceux de l’Inde et de l’Algérie, qui constituent deux races, ou peut-être deux espèces à part, nous ont été envoyés vivants, et arrivons tout de suite à d’autres animaux du même groupe , qui méritent une mention plus détaillée : le pécari et le babiroussa.

Celui-ci, qu’on a quelquefois désigné sous le nom de Cochon-Cerf , a un extérieur assez * singulier. Ses dents canines prennent un grand développement, et celles de la mâchoire supérieure , après être sorties de l’alvéole, se retournent, percent la peau de la face, et sortent plus ou moins près du front, de manière à simuler une paire de cornes. Les dents inférieures ayant aussi celte direction , le Babiroussa , dans le sexe mâle surtout, semble pourvu de quatre cornes. Sa peau noirâtre , à peu près dénudée, recouvre une couche assez épaisse de lard. Il vit surtout aux îles Moluques et à Célèbes, cl les indigènes de ces contrées le tiennent dans une demi-domesticité. Ceux qu’on a eus à Paris provenaient de la première circumnavigation de M. d’Urville à bord de Y Aslrolabc\ il y avait un mâle et une femelle; ils ont fait un petit , mais on n’a pu réussir à en conserver l’espèce. La taille du Babiroussa est celle d’un Cochon ordinaire ; ses formes sont moins lourdes que celles de cet animal.

Les Pécaris ont reçu le nom générique de Dicolyles , qui veut dire double nombril, parce qu’ils ont sur le dos une glande qui sécrète une humeur grasse, et dont l’ouverture a quelquefois été comparée à un second nombril. L’Amérique méridionale est leur patrie, et ils se rapportent à deux espèces : le pécari a collier qu’on nous amène plus fréquemment, et le tagnati ou Tajassou, appeléaussi Pécariéi la lèvre blanche. Ces animaux se familiarisent aisément, et on pourrait, dans les fermes, leur donner la même liberté qu’à nos Cochons. Leurs formes ne sont pas disgracieuses, et leurs soies sont agréablement teintes de blanchâtre et de brun noir. Ils ressemblent assez, pour les allures, au Cochon de Siam. Leurs petits, qu’on a vus quelquefois naître à la Ménagerie, sont de couleur fauve. Plusieurs Chiens vivaient avec un de ces Pécaris; ils partageaient son gîte et mangeaient à la même gamelle; et cependant, excepté un seul qu’il affectionnait particulièrement, ces animaux ne prenaient leur part du repas qu’après que le Pécari était rassasié ou lorsqu’il le leur permettait. Il en était de même lorsqu’ils se couchaient. Le Pécari prenait place le premier avec son Chien favori et dans l’endroit le plus chaud ; les autres venaient ensuite se grouper autour d’eux. Il a vécu avec la même liberté pendant trois ans, après lesquels il est mort de phthisie, maladie fréquente chez les

Mammifères de nos Ménageries, el dont leur triste captivité et l’isolement qni en résnlte sont les causes principales. On nourrit les Pécaris avec du pain, des fruits, de la soupe el presque toutes les substances dont vivent les Cochons.

Nous passons maintenant aux Ruminants , dont les trois familles principales sont celles des Chameaux , des Cerfs et des Bêtes à cornes, comprenant les Antilopes , les Chèvres , les Moutons et les Bœufs. Les Chevrotains et la Girafe sont aussi des animaux de cette catégorie. Les premiers tiennent à la fois des Muntjacs, qui sont des Cerfs de petite taille, et des Antilopes du sous-genre des Grimms. La Girafe, sous d’autres rapports cependant, se lie également par ses caractères essentiels aux Cerfs et aux Antilopes. Les Ruminants à cornes, c’est-à-dire ceux dont les espèces ont le front armé de prolongements osseux revêtus d’un étui de matière cornée, sont les plus nombreux en espèces. On distingue aussi un assez grand nombre de Cerfs. L’Inde et surtout l’Afrique sont essentiellement le pays des Antilopes. C’est dans l’Inde et en Amérique que les Cerfs sont le plus abondants.

chameau ( Came lus ). Beaucoup de personnes donnent indistinctement le nom de Dromadaire au Chameau, et celui de Chameau au Dromadaire; chacun de ces noms a cependant une valeur spécifique bien arrêtée. Le premier s’applique à l’espèce du genre. Came lus , dont le dos n’est surmonté que d’une seule bosse, et le second à l’espèce qui en a deux. Celui-ci sert aussi à dénommer en français le genre que constituent ces animaux. Leurs bosses sont de simples loupes graisseuses.

Les premiers chameaux a deux bosses qu’on a reçus au Jardin des Plantes appartenaient au prince de Ligne ; ils y ont été envoyés sous la République, après la conquête de la Belgique. Dans ce pays ils servaient à traîner un chariot; maison a vainement essayé, après qu’ils ont été ici, de les rendre utiles : toujours ils s’y sont refusés, quoique leur caractère ne fût pas méchant. Ils mangeaient environ soixante livres de foin ou de luzerne par jour.

Les Dromadaires sont plus abondants en Afrique que les Chameaux de l’espèce précédente. Ils n’existaient pas cependant à l’ouest du Nil avant que les Arabes s’y fussent répandus, et les Carthaginois ne les ont pas connus. Il y en a de gris, de fauves et de bruns, mais qui sont simplement des races, et non des espèces à part. Pendant longtemps on s’est servi de ceux du Muséum pour le manège qui est derrière l’Orangerie, et on leur faisait tirer toute l’eau destinée au service de l’établissement. Ces animaux, de même que le Cheval, l’Ane, etc., sont sujets à la gale, et, ce qui ne paraît pas avoir lieu pour ces derniers, ils peuvent la communiquer aux personnes qui les soignent ; plusieurs

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gardiens de la Ménagerie l’ont eue de celte manière. La cause de la gale est un petit insecte de la famille des Mites ou Cirons (Acariens des naturalistes) ; et comme celui de la gale des Dromadaires, quoique fort semblable à l’acarus de la gale humaine, est d’un bon tiers plus gros, aussi la maladie fait-elle beaucoup plus souffrir quand on la prend d'un de ces animaux que lorsqu’elle a pour cause le Ciron parasite de l’espèce humaine.

Les Chameaux sont originaires d’Asie et d’Arabie.

L’Amérique méridionale nourrit un genre d’animaux qui semblent être leurs représentants sur cette partie du globe. Nous voulons parler des lamas ( Âuchenia , 1 1 1 i g . ) , dont l’organisation est fort analogue. Mais ces derniers sont plutôt propres aux montagnes qu’aux plaines sablonneuses. On les trouve surtout dans les Andes. Il y en a plusieurs espèces : VAlpaca, le Lama et la Vigogne, qu’on a plusieurs fois essayé de faire perpétuer chez nous, connue on avait commencé à le faire pour les Dromadaires en Italie et dans les Landes.

Lorsque les Espagnols découvrirent l’Amérique, les Lamas étaient les seules bêtes de somme à l’usage des Péruviens et des autres habitants de ces contrées. Ils leur fournissaient aussi leur seule viande de boucherie. En effet, on ne trouva au Pérou ni le Cheval, ni l’Ane, ni le Cochon, ni le Bœuf, ni le Mouton, ni la Chèvre; et ces Mammifères, aujourd’hui si abondants en Amérique, où ils ont même repris en beaucoup d’endroits leur état sauvage, n’y existaient pas avant l’arrivée des Européens. Buflfon , il y a près de quatre-vingts ans, réclamait déjà la naturalisation de la Vigogne sur les Alpes et les Pyrénées. Il n’y aurait en réalité, d’après certains auteurs, que deux espèces de Lamas: le Guanaco et la Vigogne, dont les descendants domestiques constituent le Lama et le Paco. La Vigogne est moins grosse que les autres, et sans son épaisse toison, qui contribue à augmenter le volume apparent de son corps, elle ne serait guère plus grosse que le bélier. Elle se tient vers les limites des neiges, et fournit une laine fort estimée. J. -B. Leblond, qui a voyagé pendant longtemps comme naturaliste, a publié en 1809, sur l’établissement de la Vigogne dans les parties monlucuses de la France, une brochure portant ce litre singulier ; Traité de paix entre le Mérinos et la Vigogne. On y trouve une bonne appréciation des services que pourrait nous rendre la Vigogne.

Les Lamas et les Chameaux ont deux incisives à la mâchoire supérieure, six à l’inférieure, des canines et cinq paires de molaires à chaque mâchoire. Ce caractère les sépare de tous les autres Humiliants qui, manquant d’incisives supérieurement, en ont huit inférieurement, n’ont que des canines supérieures, en sont même souvent privés, et portent toujours à chacune de leurs mâchoires six paires de dents molaires.

1. cerf ( Cervus ). Les bois des Cerfs sont de véritables prolongements de l’os frontal, <pii, après avoir été couverts d’une peau velue pendant tout leur développement, et même quelque temps après, ne tardent pas à se dépouiller, et tombent ensuite pour repousser avec plus ou moins de développement, suivant que l’animal entre dans la force de l’âge ou dans la vieillesse. L’espèce du Benne est la seule dont la femelle ait des bois, et dans les autres ce n’est qu’accidenlellemcnl et dans des individus stériles que le même fait se représente. Les mâles qui ont perdu leur vigueur peuvent conserver leur bois pendant plusieurs années sans qu’ils tombent.

L’Europe a cinq espèces de Cerfs : l’Élan cl le Benne, qui sont essentiellement des régions septentrionales ; le Cerf commun ; le Daim, animal dont on ignore encore la

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véritable pairie, et le Chevreuil. L’Elan et le Renne se retrouvent dans l’Amérique du Nord, et le preiflier porte le nom d 'Orignal. Il a été vu vivant au Muséum, ainsi que le renne , dont plusieurs individus ont été offerts par M. Lefrançois. Ces animaux, dont un seul existe aujourd’hui, venaient de Laponie; c’étaient des Rennes domestiques. Leur parc est entre la Rotonde et la porte de la Ménagerie qui conduit au milieu de l’allée des Marronniers.

Le wapiti [Cervus canadensfif) n’est pas moins grand que I Elan, mais sa tête est moins massive , et ses bois ressemblent davantage à ceux du Cerf d’Europe. Un mâle et une femelle de celte espèce sont morts à la Ménagerie. Dans quelques parties de l’Amérique, les Indiens se servent de ces animaux pour tirer leurs traîneaux, comme les Lapons se servent des Rennes. Huit mâles et quinze biches du cerf de virginie sont nés dans les parcs , et témoignent de la facilité avec laquelle on pourrait répandre ces animaux dans notre pays, où l’espèce du Cerl devient chaque jour plus rare. Leur taille est celle du Daim ; leur allure est élégante, et leurs bois sont courbés en dedans, ce qui rend moins grand leur développement en hauteur.

L’Amérique méridionale a aussi beaucoup de Cerfs de différentes sortes : les Guazoupoucou , g uazouli, Guazoupila , Guazoubira , et autres; maison les reçoit moins souvent en Europe. Ceux de l’Inde ont des formes plus variées encore.

Le plus commun pour nous est Taxis {Cervus axis), aux belles taches blanches, ci

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aux bois à ramifications simples. 11 reproduit en France ei en Angleterre, et le Muséum de Paris a pu donner à des particuliers plusieurs de ceux qu’il a vus naître. Une espèce ou variété également tachetée a été rapportée de l’expédition de la Bonite , par M. Eydoux, que les sciences viennent de perdre, et elle a mérité, à cause de sa grande ressemblance avec l'Axis, le nom de faux axis ( Cervus pseudaxis). Son poil s’allonge en hiver, et alors ses taches blanches sont presque complètement cachées. Elle a aussi un plus grand développement des poils de la gorge. Dans I’hippélaphe ( Cervus Hippelaplius de G. Cuvier), ce dernier caractère est plus marqué encore ; mais il n’y a pas de taches comme chez les deux précédents. Aristote a déjà parlé de ce Cerf: « L’Hippélaphe ou Cheval-Cerf, dit ce grand naturaliste, a une crinière près de la naissance des épaules; mais le dessus de son cou, depuis cette partie jusqu’à la tête, n’a «pie peu de crins ; le Cheval-Cerf a de plus une barbe sur le devant du col, le pied fourchu et la tête armée de cornes, mais sa femelle n’en a point. Il est à peu près de la grandeur du Cerf, et se trouve dans l’Arachosie; ses cornes approchent de celles du Chevreuil.» A côté de l’Axis, il faut signaler le cerf de timor ( Cervus Peronii , G. Guvier), ainsi nommé parce que le premier individu de nos collections était dù à Pérou et Lesueur, qui l’avaient rapporté de l’ile de Timor, où celle espèce est commune.

Les cerfs du malabar sont dus à M. Dussumier, et se perpétuent dans les parcs. Leur espèce n’est pas éloignée de celle de l’Hippélaphe.

Le cerf cochon ( Cervus porcinus ) est de la même catégorie, mais il est bien plus petit; sa taille n’est guère supérieure à celle du Mouton. Ceux de la côte du Malabar, que M. Dussumier a ramenés, vivent très-bien à la Ménagerie, et ils y ont déjà fait des petits plusieurs fois. Ces jolis animaux ont, avec des bois qui semblent être une réduction de ceux de l’Axis, un pelage assez analogue à celui du Chevreuil,

mais sur lequel on distingue, à certaines époques de l’année, une légère indication des taches de l’Axis.

M. Dussumier a aussi rapporté le muntjac, très-jolie petite espèce des mêmes régions, etque son pelage ainsi que ses formes légères font ressembler à une petite Gazelle. Sa mâchoire supérieure a de fortes canines, et ses bois, qui sont courts et bifurqués, reposent par leur meule sur un pédicule^ssez long. Il en résulte que la partie terminale est seule caduque. Les Muntjacs perpétuent aussi à la Vallée Suisse. En été, ils sont dans les parcs; mais, en hiver, on a soin de les ramener à la Rotonde , bâtiment très-favorable, par sa douce chaleur et son air sain , aux animaux les plus délicats.

Les naturalistes n’ont pas encore bien décidé si les Cerfs qui vivent en grand nombre en Barbarie sont de la même espèce que le Cerf de nos forêts ( Ccrvus elaplius ). La femelle jusqu’ici nous est seule arrivée, et il y a même fort longtemps, car elle avait été envoyée à madame Bonaparte, et offerte par elle au Muséum. Cette Biche ne paraissait pas différente des nôtres, et cependant, en Angleterre, d’après un individu mâle, on a signalé le Cerf de Barbarie comme n’étant pas le même que Y Elaplius.

2. La girafe ( Camelopavdalis girafa ) a été vue dans ces dernières années sur plusieurs points de l’Europe, et l’une des lemelles qu on voyait au Jardin Zoologique de Londres y a même mis bas. Cesanimaux avaient été jusqu’alors d’une extrême rareté. La Girafe, que notre Ménagerie possède depuis 1828, est du sexe femelle. Lors de son arrivée à Marseille , aussi bien que pendant son voyage et après son arrivée à Paris, ce singulier quadrupède a plus qu’aucun autre excité la curiosité du public. Ses gigantesques proportions, la douceur de ses mœurs, la noblesse de ses allures, tout en lui offrait un spectacle jusqu’alors sans exemple, et dont les récits des auteurs n’avaient pu donner qu’une bien faible idée.

3. Lu ciievrotain qu’on a eu pendant quelque temps à la Ménagerie était le ch e v rot ai N napu ( Moschus javanicus ). C’était un animal paisible et doué de fort peu d’intelligence. L’espèce qui fournit le musc est différente de celle-ci; on la nomme Porte-Musc ( Mosclius moschi férus). Sa patrie est le Thibet. La matière qu’elle produit est surtout abondante pendant l’âge adulte de l’animal, et particulièrement à certaines époques. Un Porte-Musc a vécu trois ans dans un parc du duc de La Vrillière , à l’Ermitage , près de Versailles, où il était arrivé au mois de juin 1772, après avoir été trois années en chemin. Cet animal montrait une grande activité. Il n’est pas mort de dépérissement, mais d’une égagropile, c’est-à-dire d’une pelote ou globe de son propre poil, qu’il avait détachée en se léchant, et qu’il avait avalée. Daubenlon, qui en lit l’autopsie, trouva cette pelote dans la caillette, à l’orifice du pylore. Le même accident a Heu pour beaucoup de Ruminants. On avait recommandé de nourrir le Porte-Musc avec du riz crevé dans de l’eau, et de la mie de pain mêlée à de la mousse de chêne.

4. Les antilopes sont le premier genre de Ruminants à cornes que nous devions signaler. Les plus semblables aux Chevrotains, par l’aspect extérieur, et aux Muntjacs, sont le grimm ( Antilope Grimmia), et le guevei (Antilope pygmea ), qui sont deux petites espèces originaires du sud de l’Afrique. M. Laurillard, conservateur des galeries d’anatomie, regarde comme devant en être distingué sous le nom iY Antilope Frcderici , le Guevei du Sénégal, décrit par F. Cuvier d’après des individus vivants à la Ménagerie.

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