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f es Felis à pelage unicolore et sans crinière sont mieux connus. Le plus fort est le couguar ou puma, vulgairement appelé Lion d'Amérique. La Ménagerie en a possédé plusieurs.
Elle a eu aussi une espèce particulière de Chat sauvage nommé Felis calûjala (Chat botté ) par M. Temmink. Il en vient de l’Inde et de la haute Egypte. Il paraîtrait que les anciens Egyptiens l’avaient rendu domestique. Ils 1 embaumaient et le plaçaient dans les hypogées où ils nous ont laissé les momies de tant d animaux aujourd’hui recueillies et étudiées avec soin par les naturalistes. Les savants en ont comparé les divers os avec des squelettes d individus de même espèce tués de notre temps, et c’est à tort qu’on a supposé que les siècles qui se sont écoulés depuis l’enfouissement de ces momies avaient pu faire varier les caractères zoologiques de leurs descendants. Certaines races d'animaux , des espèces même peuvent s’anéantir, mais elles ne se transforment pas en animaux d une autre nature. Chaque espèce a des caractères inaltérables.
Le serval ( Felis serval ) est aussi de 1 Inde et de 1 Afrique. Ceux qui ont
liguré à la Ménagerie nous étaient venus du Sénégal et de Barbarie. On les appelle
fréquemment Chais Tiyrcs.
Les Lynx se partagent en plusieurs espèces, parmi lesquelles nous citerons le car ac al, remarquable par la vivacité de sa physionomie, les teintes chaudes de son pelage, et les pinceaux noirs qui ornent ses oreilles. 11 y en a en Baibaiie, et dans presque tous les pays où se trouve le Lion. On assure qu il chasse de concert avec lui , et qu'il fait des battues pour débusquer le gibier. On ajoute même
que pour récompense de ses peines , il se contente de ce que lui abandonne son
royal congénère. Le Chacal passe aussi pour un des protégés du Lion ; mais celte amitié est-elle réelle? Il y a tout lieu de croire qu'à défaut de nourriture convenable
le Lion n’épargnerait pas ces courtisans dévoués.
Le Canada produit une espèce de Lynx ou Chat-Cervier ( Felis canadensis ), que l’on reçoit de temps en temps par les bâtiments de commerce. Les Lynx sont encore assez communs dans le nord de l’Amérique et de 1 Europe. Mais il n en est pas de même dans le midi et le centre de ce dernier continent. L espèce parliculièie a ces régions ( Felis pardina, Oken ) a presque entièrement disparu. Elle ne se rencontre plus que sur quelques points isolés des Cévennes, des Pyrénées et des Apennins. On rendrait un service signalé à la science si on offrait aux naturalistes 1 occasion
d’étudier ces animaux avant que leur race soit complètement éteinte.
Nos Chats domestiques descendent probablement de plusieurs espèces. Pallas, savant naturaliste allemand, regardait le Felis manul de Tarlarie comme la souche des Chats d’Angora. Le Chat sauvage d’Europe et le Felis maniculala (Chat ganté), d’Égypte et de Nubie, nous ont aussi fourni quelques-uns de nos chats domestiques.
Nous terminerons la description du genre Felis par quelques détails sur le gué- R a r n ( Felis jubala) : c’est une espèce également commune a 1 Asie et a 1 Afiique. Le Guépard n’a pas, comme ses congénères, les ongles rétractiles, ccst-à-dire qu il ne peut pas les retirer à volonté dans une sorte de gaine, et faire, comme on dit vulgairement, pâlie de velours. Celle particularité, qui permet aux auties hdis d»
ne pas user leurs griffes en marchant , lui a été refusée. Ses ongles sont presque aussi immobiles que ceux des Chiens ou des Hyènes. Son naturel est plus doux que celui de scs congénères, et on peut non-seulement l’apprivoiser, mais remployer aussi a différentes sortes de chasses. Ses proportions sont sveltes, et il court avec rapidité. Les Orientaux le lancent contre les Lièvres et les Gazelles de petite taille. En captivité, les Guépards montrent beaucoup de docilité, et l’un de ceux que l'on a vus au Jardin des Plantes était mis quelquefois dans les parcs des Ruminants ; on pouvait lui accorder la même liberté qu’à ces animaux.
G. Les hyènes ( Ilycna ) nous occuperont moins longtemps que les F dis. On n’en connaît que trois espèces actuellement existantes à la surface du globe. L’Europe en a possédé quelques-unes qui sont entièrement détruites. L’Inde, l’Afrique , depuis la Barbarie et l’Égypte jusqu'au Sénégal, fournissent I’hyène rayée, la seule que les anciens aient connue. Plus au sud , l’Afrique nourrit P H Y È N e brun e , que l’on n’a pas encore vue vivante en Europe, cl T hyène tachetée, dont la Ménagerie possède actuellement un bel exemplaire. Une hyène tachetée, qui s’était échappée de sa cage en arrivant à Lorient , courut quelque temps dans les champs des environs, et fut reprise sans qu’elle eût fait de mal à personne. On a beaucoup ajouté à la réalité dans ce qu'on a écrit sur la férocité de ces animaux. L’expérience prouve qu’ils sont faciles à apprivoiser, et capables de rendre à leur maître les mêmes services que lé Chien. Les animaux sauvages, sans cesse traqués par l’homme, n’ont pas tardé à reconnaître en lui leur ennemi le plus inexorable, et c’est souvent aux mauvais traitements qu’il leur fait subir qu’on doit attribuer toute leur férocité. L’Hyène ne se nourrit pas de chair palpitante, elle préfère la viande à moitié corrompue; elle ne combat que lorsqu’on l’attaque, et quand la fuite lui est impossible. Quelquefois elle entre, pendant la nuit, dans les villes d’Asie et d’Afrique pour dévorer les immondices et les débris d’animaux qu’on jette dans les rues. Il n’est pas rare alors de voir des Chacals, des Hyènes, des Chiens et des Vautours acharnés sur la même proie, et parfaitement d’accord jusqu’au moment où la part devient trop petite pour un si grand nombre de commensaux.
Les Hyènes sont, avec les Ours, les animaux qui supportent le mieux notre climat et qui paraissent le moinssouffrir de leur captivité. La plus ancienne de celles (pic possède la Ménagerie , est une Hyène tachetée, originaire du Cap. Elle y est depuis J 827. Les autres, qui sont de l’espèce rayée, viennent de l’Inde, du Sénégal et de la province de Constanline. La première a été donnée par Dussumier, la seconde par M. Laurencin, la troisième par le général Galbois.
7. Le genre des chiens ( Canis , Linn.) n’est pas moins nombreux en espècesque celui des Fclis. Indépendamment du Loup et du Renard, il fournit encore quelques autres espèces intéressantes. Voici les noms de celles qu’on a pu voir à la Ménagerie :
Le ch ac a l ( Canis aurais), dont nous avons déjà parlé. L’opinion actuelle des naturalistes est que l’on confond souscè nom plusieurs espèces distinctes:
L’isatis ( Canis lagopus). C’est un de ceux «pii ont la pupille ronde comme nos Chiens domestiques, cl non verticale comme le Renard et plusieurs espèces de Chats.
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H est 1m un bleuâtre en été, ce qui lui a valu aussi le nom de Renard bleu; en hiver il est blanc. Beaucoup d’animaux du Nord, Mammifères ou Oiseaux, présentent le même phénomène. La relation qui existe entre celle particularité et les circonstances dans lesquelles ces animaux se trouvent placés, est facile à saisir. Mais on ne saurait expliquer aussi aisément pourquoi la plupart des espèces qui fréquentent les déserts de l’Afrique sont de la couleur fauve dite Isabelle, et presque de la teinte des sables au milieu desquels elles se tiennent. Ce qui est positif, c’est qu’il existe presque toujours une véritable harmonie entre la coloration et même l'aspect général des animaux et la nature des pays qu’ils habitent.
Le n £ N a il u argenté ( Canis argcnlalus ), le renard fauve ( Canis fulvus) , le renard tricolore ( Canis cinerco-argenlcus ) et le chien crarier ( Canis canciivorus), sont les autres animaux du mcnie genre que nous devions citer ici. Toutes ces espèces sont originaires d’Amérique.
Tant qu’on a voulu faire descendre les Chiens domestiques d’une origine unique, on a successivement cru que le Loup, le Chacal, ou une espèce présentement inconnue en était la source primitive. Des recherches ultérieures onidémonlréque les deux animaux que nous venons de nommer, et d’autres aussi, ont pu leur fournir quelques variétés; mais le problème n'est pasencore résolu, elil nepourra l’être que lorsqu’on aura comparé attentivement les Chiens sauvages dans chaque pays avec ceux qui y vivent a l’état de domesticité. L'odeur du Chacal a paru à F. Cuvier un motif suflisant pour nier que cet animal ail donné naissance à quelqu'un de nos Chiens domestiques. Il ne pouvait croire que l’homme eût jamais daigné s’associer une espèce' dont l’odeur est aussi inleclo, et
il n’admettait pas non plus (pie l’animal eût pu, par la seule inlluencc de la domestication, perdre un tel défaut. Mais tous les Chiens en sont-ils exempts? il y en a dont l'odeur approche de celle des Chacals ou même de celle des Renards.
On n’a encore eu pour les étudier avec soin qu’un très-petit nombre de Chiens de race pure : le Chien des Esquimaux, celui d’ Islande, de Terre-Neuve, de la Nouvelle-Hollande, et quelques autres également fort curieux, mais dont la description nous entraînerait trop loin.
8. Les Loulressonl jusqu’ici les seuls Carnassiers aquatiques que nous ayons euoccasion de mentionner. Une modification plus prononcée du type carnassier est celle des phoques ( Plioca ), dont les espèces sont répandues dans presque toutes les mers. Ces animaux, essentiellement organisés pour nager comme les Poissons, sans en avoir cependant l’appareil respiratoire, sont, à cause de leur nature ambiguë, plus difficiles à conserver en vie. On a pourtant réussi, à force de soins, à en élever quelques-uns; ei c’est ainsi qu’il a été possible déjuger de leur degré d’intelligence. Les seuls qu’ait eus la Ménagerie avaient été pris sur les cèles d’Europe. Ces animaux sont très-susceplibles d’éducation, et nous ne doutons pas qu'on ne puisse , avec le temps, parvenir à les dresser à la pèche comme on a dressé les chiens à la chasse.
« Excepté quelques espèces de Singes, dit F. Cuvier, je ne connais aucun animal sauvage qui s’apprivoise avec plus de facilité que le Phoque, et qui s’attache plus fortement. Dans les premiers jours de son arrivée, un d’eux me fuyait lorsque je le flattais de la main; mais quelques jours après toute crainte avait cessé. 11 avait reconnu la nature du mouvement de ma main sur son dos, et sa confiance était entière. Le même phoque était renfermé avec deux chiens qui s’amusaient souvent à lui monter sur le dos, à l’aboyer, à le mordre même. Quoique tous ces jeux et la vivacité des mouvements qui en résultaient ne fussent pas en harmonie avec ses habitudes et ses propres mouvements, il en appréciait le motif, car il paraissait s’y plaire; jamais il n’y répondait que par de légers coups de pattes qui avaient plutôt pour objet de les excilerque de les réprimer. Si ces jeunes chiens s’échappaient, il les suivait, quelque pénible que fût pour lui une marche forcée dans un chemin couvert de pierre eide houe; et lorsque le froid se faisait sentir, tous ces animaux se couchaient très-rapprochés les uns des autres afin de se tenir chaud. »
Quand le Phoque esta terre, il tient ses pattes de devant collées contre son corps, et celles de derrière presque enroulées l'une dans l’autre. Il se meut à l’aide des ondulations qu'il imprime à son tronc, et surtout à sa colonne vertébrale, dont les muscles ont un grand développement.
A NIMAUX I > E I. A H O T O NI) E E I
DES i» A It C S.
C’est aux Mammifères, dont il nous reste à parler, qu’appartiennent les espèces terrestres de la plus grande taille. Ces animaux se partagent en dif-
férents ordres : en tête sont les Éléphants, que plusieurs auteurs out réunis à tort aux Pachydermes ; puis les Pachydermes proprement dits , ainsi nommés à cause de l’épaisseur de leur peau , et enfin les Ruminants.
L’ordre des Pachydermes comprend les Hippopotames, les Rhinocéros, les Tapirs , les Chevaux et les Sangliers ou les Cochons. De même que les Ours, les Civettes, les Felis et les Chiens, ces animaux constituent autant de familles à part, autant de grands genres, dont les espèces ont été quelquefois partagées en subdivisions secondaires, appelées elles-mêmes genres par certains naturalistes, et sections ou sous-genres par d’autres, mais sans qu’on ne les distingue guère que d'une manière artificielle, et en se servant des caractères qui différencient entre elles les espèces dans chacun des véritables genres.
La Ménagerie n’a encore possédé aucun Hippopotame ; elle n’a pas eu non plus de Rhinocéros.
Le premier n’existe actuellement qu’en Afrique , et il est fort difficile de s’en procurer de vivants. On en a vu anciennement à Rome, et, depuis lors, il n’en a plus été ramené en Europe; les dépouilles de ces animaux sont même encore assez rares dans les Musées.
Quant aux Rhinocéros, la Ménagerie dè Versailles en a nourri un, et on en a encore actuellement en Angleterre. Les Rhinocéros sont les plus grands quadrupèdes après les Éléphants, et ils méritent, presque autant que ceux-ci, l’attention des naturalistes, par la singularité de leurs mœurs et de leurs caractères. Mais comme ils n’ont jamais été réduits en domesticité, qu’ils vivent solitaires, et qu’on ne peut les approcher sans danger, ils sont beaucoup moins connus, et ce n’est que depuis deux siècles que l’on a des renseignements précis sur les points principaux de leur organisation. Le Rhinocéros adulte de Versailles consommait par jour cent cinquante livres de foin. Celui qu’on montrait cà Paris, en 1749, en mangeait cinquante livres, et plus de vingt livres de pain; peut-être était-ce le même que celui dont a parlé Parsons en 1 739, et qui fit le tour de l’Europe. Cet auteur nous apprend qu’on lui donnait alors sept livres de riz mêlé de sucre, et uuc grande quantité de foin et d’herbe verte. Le Rhinocéros de Versailles se noya dans son bassin, au mois d’août 1795. Son corps fut apporté à Paris, et, malgré l’élévation de la température, Mertrude et Vicq-d’Azyr, deux des plus habiles anatomistes de l’époque, en firent la dissection. Cette opération dura plusieurs jours; malheureusement, ces deux savants sont morts sans avoir publié leurs observations:
les seules qui nous aient été transmises sont de Vicq-d'Azyr, qui les consigna dans de petites notes explicatives placées au bas des dessins exécutés sous ses yeux par Maréchal et Redouté. G. Cuvier a fait connaître ce travail intéressant dans l’ouvrage sur la Ménagerie nationale que nous avons cité plus haut.
Les Rhinocéros d’Afrique et ceux de l’Asie appartiennent à des espèces différentes et dont il paraît exister plusieurs dans chacune de ces parties du monde. Celui dont on voit ici la figure provient des îles de la Sonde.
Un autre ordre d’animaux, dont plusieurs espèces habitent la Rotonde et les parcs de la Vallée Suisse, est celui des Ruminants. Il comprend le Chameau , le Lama, la Girafe, le Cerf, le Chevrotain , 1 Antilope , la Chèvre, le Mouton et le Bœuf. Ces animaux et ceux des deux ordres précédents vont nous occuper successivement. Ils rentrent, ainsi que les Singes et les Carnassiers, dans la catégorie des Mammifères doués d’intelligence; et nous verrons, en parlant du Cabinet d anatomie comparée, que diverses particularités de leur cerveau rendent compte de leur supériorité intellectuelle sur les Insectivores, les Rongeurs et les Didelphes. Les animaux intelligents sont les seuls qui soient susceptibles d’éducation , et c’est parmi eux seulement que l’homme a recruté ses espèces domestiques. D’autres quadrupèdes, que l’on donne aussi comme domestiques , sont plutôt nos esclaves que nos serviteurs ou nos amis.