‹ Le jardin des plantesChapitre 46 sur 83 · A N A T 0 M I E CO M P A K É E · texte numérisé non relu

A N A T 0 M I E CO M P A K É E

Il est à désirer que cette tête soit replacée, et c’est ce qui va être fait, lorsque tous les objets de la collection anatomique auront été mis à l'abri de la cupidité de ces visiteurs auxquels Gall aurait trouvé la bosse du vol ou du désir de l’appropriation.

5° Le moule en plâtre d’un. squelette donné au Muséum par M. Reuvens, directeur du Musée des antiquités de l’Université de Leyde. A ce moule est joint l’inscription suivante :

Squelette présumé être celui d’une jeune Romaine, trouvé en 1828 dans les fouilles faites à Avensburg , commune de Wooburg, près La Haye, sur l’emplacement du forum Âdriani.

6° Le squelette de la femme Supiot, dont Morand a donné l'hisloire dans les Mémoires de l’Académie des sciences en 1753. Cette femme était atteinte d’un ramollissement des os. Mais ce squelette, de même que plusieurs têtes osseuses d’hommes difformes, nous semblent devoir plutôt» figurer dans un musée d'anatomie pathologique que dans la galerie de squelettologie humaine d’un musée d’anatomie comparée.

La collection des squelettes de l’homme est, sans nul doute, bien incomplète ; mais elle suffit, pour le moment aux besoins de la science.

11 fallait connaître les modifications que l’âge apporte : f° dans les mâchoires pendant la pousse et après la chute des dents ; 2° dans le crâne des sujets jeunes et vieux, et c'est pourquoi il a fallu réunir cette série de têtes osseuses de l’homme que vous voyez placées au-dessus des squelettes.

Au milieu de cette salle des squelettes humains, sont disposées sur une table des têtes osseuses d’éléphants. Mais dans l’ordre scientifique du Cabinet, ce n’est point là leur place. Nous vous engageons ici à prendre note de l’une de ces tètes d’Éléphant, celle qui est sciée longitudinalement dans son milieu, où vous remarquerez combien la cavité du crâne est petite, quoique la tête soit très-volumineuse.

Nous devons faire remarquer ici que la collection des tètes osseuses des vertébrés, depuis et y compris l’homme, commence déjà dans la salle des squelettes humains.

Il semblait aussi qu’on aurait dû y commencer la collection des colonnes vertébrales, des côtes, des sternums, mais il n'y avait pas possibilité, ou d’autres raisons.

C'est dans cette même salle des squelettes humains (pie vous voyez en haut de deux murs : 1° les os des hanches, qui, avec le sacrum, forment la ceinture coxale; 2° les os des épaules, qui forment la ceinture scapulaire.

L ostéologie comparée des membres des vertébrés commence donc dans la salle des squelettes humains; mais on ne trouve dans cette salle (pie les os des épaules et des hanches des mammifères, et ceux des bassins des oiseaux. Nous verrons que les os des épaules des oiseaux étant unis très-solidement à leur sternum, cette particularité, exigée pour l’action du vol, nécessite un autre genre de préparations qui forment une élude en quelque sorte à part.

Nous pourrions vous présenter ici un aperçu rapide des modifications et des grandeurs proportionnelles des os des hanches et des épaules, mais comme ces particularités se lient à la forme générale des squelettes des animaux vertébrés, qui sont ou terrestres, ou aériens, ou aquatiques, une vue générale de l'ensemble de ces modifications sera plus convenable lorsque nous serons dans les salles des squelettes entiers des diverses classes de vertébrés.

Toutes les préparations relatives aux études des détails n’ont qu'une importance secondaire pour ceux qui se bornent à prendre une idée générale du Cabinet d’anatomie comparée. Mais afin de faciliter l’intelligence de leurs leçons aux élèves qui suivent leurs cours, les professeurs ont dû rassembler toutes ces préparations d’objets plus ou moins détaillés, et en former des sortes de tableaux synoptiques renfermés dans des cadres, ou des boîtes vitrées.

Les élèves et les savants nationaux et étrangers qui viennent à Paris pour faire ou compléter des recherches ont ainsi l’immense avantage de trouver réunis les matériaux scientifiques dont ils ont besoin, et de pouvoir saisir en même temps les vues d’ensemble et celles de détails.

11 vous faut maintenant remarquer les objets placés dans la pièce où se trouve 1 escalier qui conduit à la salle du rez-de-chaussée (pièce des squelettes humains) au premier étage. •

On voit dans l’enfoncement, sous cet escalier, la collection des os du bras, de la cuisse

et de ceux de l’avant-bras et de la jambe des Mammifères.

On a aussi placé sur les quatre murs de l’enceinte de cet escalier des têtes osseuses

d’Hippopotames et de Taureaux.

On a donc profité de l’emplacement de cet escalier pour continuer la collection des têtes osseuses et celle des membres.

S Al. LE 1)ES TÈTES OSSEUSES DES MAMMIFÈRES.

Arrivé au haut de l’escalier, vous vous trouvez en face d'une porte toujours fermée : c’est celle du cabinet du conservateur de la collection. A votre droite est la porte de la première salle du premier étage.

Entre celte porte et la croisée qui est en face est une grande armoire vitrée dans tous les sens, dans laquelle sont disposées des têtes humaines de diverses races et peuplades, qui sont dues aux soins des voyageurs expédiés par l'administration du Muséum, et des médecins naturalistes attachés aux expéditions scientifiques.

La forme de la tête de l'Homme, comprenant le crâne et la face, est si généralement connue, que nous devons nous borner ici à en signaler le caractère principal et le plus saillant :

Ce caractère est la grande étendue du crâne qui renferme le cerveau le plus volumineux, et la proportion moindre de la face ou des deux mâchoires.

Les autres têtes sont ici disposées dans les armoires adossées aux murs de la salle, en procédant des Singes aux derniers Mammifères, qui, suivant la méthode de G. Cuviei, sont les Cétacés.

La première armoire à gauche, en entrant dans cette salle, est celle des têtes osseuses de Singes ; celles qui suivent contiennent successivement des têtes osseuses de Chéiroptères, ou Chauves-Souris, et d’insectivores, puis celles des Carnassiers terrestres et aquatiques; puis enlin celles des Rongeurs, des Pachydermes, des Ruminants, des Edentés et des Cétacés.

Toutes les différences de formes et de proportions entre le crâne et la face, ou les mâchoires, que vous pouvez remarquer dans celte série de têtes, en général pourvues de

ANATOMIE COMPARÉE. ây7

dénis, ont été étudiées en prenant la têle osseusede l’Homme pour type. Or, toutes ces différences peuvent se réduire à la considération pratique des usages que la tête osseuse remplit. Et ces principaux usages sont faciles à constater. On sait, en effet, que la tête sert, d’abord, à contenir l’organe des manifestations de l’intelligence (cerveau), et quatre sens; savoir : celui de l’odorat, du goût, de la vue, et de l’ouïe; que par sa orme elle se prête aux divers genres de locomotion terrestre, aérienne, aquatiqueet qu’enfin elle se modifie aussi suivant les divers genres de mastication et de respiration dans l’air et dans l’eau.

Voici les remarques particulières que vous pouvez faire dans cette première salle des tètes osseuses de l’Homme et des Mammifères. Négligez pour le moment les différences nombreuses entre les proportions du crâne et de la face des animaux de celte salle , c est-à-dire des Mammifères , et souvenez-vous seulement de la tête osseuse de l’Éléphant , sciée au milieu, et sur laquelle nous avons appelé votre attention pour plus tard. Mais remarquez avec soin que les têtes osseuses des Mammifères sont bien ou mal dentées, c est-à-dire qu’elles sont pourvues des trois sortes de dents qu'on trouve chez l'Homme, ou bien que le nombre de ces dents, toutes semblables entre elles , augmente beaucoup ou diminue, et qu’enfin ces instruments de mastication n’existent plus dans un certain nombre de Mammifères, qui ne se nourrissent plus que de très-petits animaux , avalés sans qu’il soit besoin de mastication.

C’est dans les têtes osseuses des Rongeurs, des Éléphants , de la plupart des Ruminants, que vous voyez disparaître une sorte de dents; c’est dans les Paresseux, les Tatous, les Oryctéropes, les Fourmiliers, les Pangolins, les Cétacés et les Monotrêmes,

que vous voyez se prononcer l’uniformiié des dents, et enfin la disparition complète de ces organes.

Il vous est facile de constater que les dents de l’Éléphant, du Babiroussa, du Morse, du Dinothérium, qui font une saillie si considérable en dehors de la bouche, sont réellement des défenses et non des organes de préhension et de mastication. Ce sont là les traits les plus saillants du système dentaire des animaux mammifères, qui a été étudié avec fruit par le frère de G. Cuvier, dont les autres travaux scientifiques vous ont déjà été indiqués en traitant de la ménagerie.

Crâne d'Eléphant

Avant de sortir de la salle des têtes osseuses des Mammifères, jetez un coup d’œil

sur les deux tables entre lesquelles est placée l'armoire vitrée des tètes osseuses de

races humaines. .

On v a disposé un choix de pieds de devant ou mains et un choix de pieds de de -

l icre dans la série des Vertébrés; ces extrémités osseuses des deux membres sont placées sur le plan supérieur de ees deux tables. Le plan moyen et le plan inferieur de ces tables portent des boîtes vitrées renfermant des colonnes vertébrales, des cotes, des membres ou nageoires paires et des nageoires impaires des Poissons.

DEUXIÈME SALLE DU PREMIER ÉTAGE, OU SALLE DES TÊTES OSSEUSES DES OISEAUX,

Page 1