‹ Le jardin des plantesChapitre 51 sur 83 · CINQUIÈME ET SIXIÈME SALLE DU PREMIER ÉTAGE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ET SIXIÈME SALLE DU PREMIER ÉTAGE

Malgré les difficultés que présente le classement des familles très-nombreuses des Poissons, nous vous ferons remarquer que les grandes divisions ou les sous-classes de

ces Vertébrés ovipares tous aquatiques ont pu être établies d’après la nature de leur squelette.

Vous savez que les Poissons sont : les uns osseux, les autres subosseux , c’est-àdire non entièrement osseux, et les troisièmes cartilagineux. Les naturalistes qui cultivent plus spécialement cette branche de la Zoologie savent aussi tirer un très-grand parti de la nature épineuse ou molle de leurs nageoires impaires, du nombre et de la position de leurs membres ou nageoires paires et impaires, du nombre de leurs rayons des caractères de leurs opercules et de leurs ouïes. Mais tous ces détails, quoique se rattachant à la squelettologie des Poissons, doivent ici être soigneusement éliminés pour abréger ce qu’il nous convient de dire maintenant sur toute la collection des squelettes des animaux vertébrés, depuis celui de l’Homme jusqu’à celui des Poissons les plus rapprochés des Vers, tels que la Myxine ou l’Amphioxus de Yarell ( Branchistoma du professeur Costa).

Nous devons vous faire remarquer ici que les squelettes des Poissons sont également conformés pour le vol,

Squelette l’FincoI.

pour la nage en général (tous les Poissons, exemple, la Carpe),

Squelette de Garnie.

5U(i quatrième partie.

c‘i quelqués-uns pour ramper sur le sol, hors (le l’eau.

L’Anguille.

Parmi les Poissons cartilagineux, dont les uns ( Esturgeons, Squales) nagent a la manière des Poissons osseux normaux (Carpes, etc.), dont les autres se meuvent dans 1 eau en serpentant comme les Anguilles (Lamproies, Myxines), nous devons vous faire re marquer le squelette des Raies, dont les nageoires paires antérieures sont transformées en ailes aquatiques pour voler dans l'eau à la manière des Oiseaux dans l’air. C’est pour celte raison que nous vous donnons la figure d un squelette de Raie.

Kait*.

De l’exposé succinct des principales formes des squelettes des Vertébrés dont nous vous avons présenté quelques figures, il résulte que le tronc et les membres se modifient pour les trois sortes de locomotion, qui sont elles-mêmes très-variées ( marcher, grimper, fouir, ramper, saut), (voltiger, vol), (nage au moyen du tronc, ou de la queue, ou des membres). C’est aux exigences physiologiques pour l’exécution de ces mouvements de translation des Vertébrés en général, que sont dues les principales différences

des formes, du tronc et des membres.

Voici en quoi consistent ces principales différences :

1° Le squelette du tronc est, en général, raccourci dans ses parties moyenne et postérieure, pendant que les membres de devant sont, en général, très-développés chez les Vertébrés de chaque classe (Mammifères, Oiseaux, Reptiles, Poissons) qui volent.

2* a l’égard de ceux qui marchent de diverses manières, depuis le saut jusqu'au fouir et au ramper, le squelette est encore modifié dans les parties moyenne et caudale du tronc et surtout dans les membres de derrière, qui sont très-développés pour le saut, dans ceux de devant, qui deviennent très-forts pour le fouir. Enfin, lorsqu’un Vertébré doit se mouvoir en rampant, les membres se raccourcissent de plus en plus, disparaissent d’abord à l'intérieur ; on en trouve encore les rudiments ou vestiges sous la peau, et bientôt les vestiges des membres ne se retrouvent plus.

5° Lorsqu’un Vertébré devient de plus en plus nageur, soit à la surface, soit dans l’intérieur de l’eau, les extrémités des membres prennent les formes de nageoires, et le corps, devenant de plus en plus pisciforme, est alors caractérisé par la grande proportion de là queue, qui est elle-même garnie d'une nageoire horizontale dans les Cétacés ( Voy. la figure de la Baleine placée sous son squelette, p. TOP), et verticale dans les

Reptiles et les Poissons.

Nuns pourrions entrer dans d’autres détails, pour vous démontrer cjue les squelettes sont aussi modifiés pour concourir à l'accomplissement d’un grand nombre d’autres fonctions,’ mais en réfléchissant bien, nous devons nous conformer à l’ordre physiologique qui nous est tracé par G. Cuvier et M. de Blainville ; dès lors les squelettes ne doivent ici être considérés que comme les organes passifs de la locomotion des Vertébrés. D’après les principes de ces deux célèbres Zootomistes, il nous faut auparavant jeter un coup d'œil sur la septième salle du premier étage, où se trouve un choix de préparations pour l’étude de la Myologie comparée des Animaux vertébrés.

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