‹ Le jardin des plantesChapitre 52 sur 83 · SEPTIÈME SALLE DU PREMIER ÉTAGE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME SALLE DU PREMIER ÉTAGE

En entrant dans cette salle, vous voyez à votre gauche une statue d’homme en plâtre peint, qu’on nomme l 'Écorché de Bouchardon. Vous pouvez y distinguer les muscles de la tête, du tronc et des membres, du moins tous ceux qui en forment les couches superiicielles.

On eût pu recourir aux préparations artificielles de myologie humaine du docteur Auzoux, qui permettent d’entrer dans la plupart des détails descriptifs de cette branche de l’anatomie de l'Homme 1 ; mais le cadavre ou l'écorché artificiel du docteur Auzoux est plus propre à l’étude des détails qu’à une vue exacte d’ensemble des muscles de squelette, et l'assemblage de pièces qu'on peut replacer après les avoir démontées ne peut être assez exactement fait pour qu’on puisse obtenir un résultat vraiment artistique.

Si vous avez trouvé quelques squelettes de races ou variétés de l’espèce humaine, ne vous attendez pas à avoir de même une série d’écorchés de chacune de ces races ou variétés. L'Ecorché que vous avez sous les yeux est un exemplaire tiré d'un moule d’un individu de la race Caucasique.

Une collection pour l'étude de la Myologie comparée serait beaucoup trop étendue, s’il fallait exposer à vos regards toutes les différences que les muscles de la tête, du tronc, des membres de l’Homme, des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles et des Poissons présentent lorsqu’on les observe comparativement.

Les quatre figures d’Écorchés, l’une de Mammifère, la deuxième d’Oiseau

1 Le cadavre artificiel inventé par le docteur Auzoux existe clans le cabinet d'anatomie humaine, placé sous la direction de M. Serres, professeur au Muséum d'Mistoire naturelle.

les troisième et quatrième de Reptiles,

et la cinquième de Poisson ,

Carpe.

vous donneront une idée générale des muscles de ces Animaux.

Il a donc fallu se borner à un certain nombre de préparations, soit artificielles en cire ou en plâtre peint, soit naturelles et conservées dans l’alcool.

Il vous suffira de jeter maintenant un coup d'œil sur les étiquettes des cases où sont renfermées les préparations de Mvologie comparée pour vous assurer qu'on a eu soin de faire un choix de ce genre de préparations anatomiques dans les classes de Mammifères, d'Oiseaux, de Reptiles et de Poissons.

En outre des Myologies de l'Homme en cire, vous remarquerez les plâtres peints qui vous donnent une idée des muscles du Kanguroo, de ceux du Rélier, et des muscles du Cheval et du Lion.

Mais pour avoir, à l’égard des organes de la locomotion des Vertébrés, une notion qui ne soit pas trop incomplète, il vous faut encore porter vos regards sur quelques préparations conservées dans la liqueur, qui sont relatives aux articulations de quelques Vertébrés.

Voici quelques notions sur les organes de la locomotion de ces animaux :

1° Les muscles, ou les chairs plus ou moins rouges, terminées par des cordes blanches (tendons), sont protégés par des membranes fibreuses qui leur forment des enveloppes, des sortes de caleçons aux membres, et des sortes de voûtes ou calottes à la tète et au tronc.

Il arrive souvent que ces sortes d’enveloppes des chairs sont plus ou moins osseuses. Ces enveloppes des muscles sont elles-mêmes recouvertes par la peau, et la peau fournit souvent, soit des expansions, soit des plumes pour faciliter le vol ou la natation.

Les muscles, ou les chairs tirant les os en divers sens, ont été appelés avec raison organes actifs de la locomotion.

-° Si les os avaient été tous solidement et immobilement unis entre eux, l’action des muscles eût été inefficace, il a donc fallu que les diverses pièces des squelettes offrissent des jointures ou articulations mobiles propres à se prêter à des mouvements en deux ou en plusieurs sens ; il a fallu encore que ces mouvements fussent, ou très-bornés, ou très-étendus, pour réunir toutes les conditions de solidité et de mobilité qu’exigent toutes les sortes de station et de locomotion dans les trois sortes de milieux ambiants où vivent les Vertébrés, c’est-à-dire sur ou dans le sol, dans l’air et dans l'eau. Les articulations mobiles des os, dont l’étude s'appelle Syndesmologie comparée, se prêtent aux mouvements très-variés que les chairs ou muscles communiquent aux os.

Dans toute jointure ou articulation plus ou moins mobile, on a toujours à considérer les surfaces articulaires, les moyens de glissement, et les ligaments ou moyens d’union. Les variations que présentent les formes articulaires sont relatives au degré d’emboîtement de l’une de ces surfaces par l'autre, ou à de simples rapports de surfaces planes ou presque planes entre elles. C’est dans le squelette de quelques Oiseaux, et dans celui de la plupart des Poissons, qu’on observe des genres très-curieux d’articulations, soit pour former des sortes d’encliquetage, soit pour favoriser la pêche à la ligne des petits Poissons par un autre Poisson beaucoup plus grand qui les dévore à l’instant. Nous devons vous faire grâce delà nomenclature générale de toutes les articulations immobiles, semi-mobiles, ou de plus en plus mobiles des os du squelette des Vertébrés. La connaissance pratique des différents mouvements de la tête, du tronc, et des membres de votre corps, et de celui d'un Mammifère, d’un Oiseau, d'un Reptile et d’un Poisson, doit vous suffire, et vous savez très-bien qu’en dernier résultat tous les mouvements opérés par les muscles et favorisés par les articulations ont pour but la locomotion, la translation ou la progression de 1 animal. Les noms, d ailleurs, très-connus de toutes ces sortes de mouvements, sont : la marche, la course, le saut, le grimper, le voltiger, le vol, le fouir, le ramper, et les diverses sortes de nages ou natation, soit à la surface, soit dans l'intérieur de l’eau. Voici maintenant tout ce à quoi servent les squelettes des Vertébrés.

5° Les parties des squelettes de ces animaux sont d’abord construites pour agir comme instruments passifs de la locomotion. Sous ce rapport, la construction est prévue, selon que l’animal est destiné à marcher, sauter, fouir, grimper, ramper, ou selon qu’il voltige ou vole, ou enfin, selon qu’il nage de diverses manières.

Dans tous les Vertébrés terrestres, la marche se fait, l’animal étant vertical ( Homme ;, oblique (Singes), ou horizontal (la très-grande majorité). Lorsque le corps de l’animal se meut horizontalement, le dos est en général dirigé en l'air ou vers le ciel dans tous les Vertébrés volatiles et la plupart de ceux qui nagent.

C’est ici le moment de vous faire observer que, dans chaque classe de Vertébrés, il y a des animaux marcheurs, d’autres volatiles et d'autres encore nageurs. Vous n’avez qu’à examiner en outre des squelettes déjà figurés, ceux des Singes, des Chauves-Souris, de la Taupe, du Cheval et du Phoque, pour voir l’ensemble des conditions qui rendent le squelette d’un Mammifère propre au grimper, au vol, au fouir, à la marche, sous diverses allures, et à la nage ; au moyen de ces cinq types, vous reconnaîtrez toutes les autres nuances intermédiaires.

Nous aurez à constater également (pie si les Oiseaux, depuis la Frégate, THirondelle.

QU AT II IEMU U A II nu

le Martinel, jusqu à la Perdrix et au Coq, volent en général plus ou moins bien, vous en trouverez d'autres qui ne volent plus du tout et (pii ne peuvent que marcher et courir (Autruches, Casoars), ou qui ne peuvent que nager ( Manchot). Dans ces trois cas, les squelettes des Oiseaux sont adaptés à tous les degrés (lu vol, à la marche et a la nage, et de plus au genre de nourriture, d'où les différences des becs et des pattes dans les di¬

verses familles de cette classe.

Les squelettes des Reptiles écailleux n’offrent que rarement la conformation propre au vol; voyez cependant ceux des Ptérodactyles (animal fossile) et celui du Dragon petit Lézard qui peut voltiger, et non voler. Dans les Reptiles avec quatre ou deux patteou tout à fait dépourvus de pattes, la marche devient rampante, et au tur et a mesure que les membres disparaissent, la colonne vertébrale jouit dans toutes ses parties d'une très-grande mobilité. C'est dans les Serpents que vous trouverez un très-grand nombre de vertèbres offrant des têtes articulaires (pii s’emboîtent dans des cavités. Le squelette du Python, placé au-dessus des armoires, vous est présenté comme exemple. Lorsque les Reptiles habitent de plus en plus les eaux, leurs pattes sont en nageoires (Tortues de mer ), ou palmées avec une queue aplatie sur les cotés ou comprimée (Crocodiles, Pela-

mides, Hydrophis ).

Dans la classe des Reptiles à peau nue qui sont tous plus ou moins aquatiques, le sque lette, d’abord semblable à celui d’un Poisson, passe ensuite à une forme ramassée, sans queue (Têtards et Grenouilles), ou conserve toujours une queue plus ou moins eompri mée, comme celle des Poissons. Parmi ces Reptiles à peau nue, les uns ( Grenouilles. Crapauds) sautent plus ou moins bien ; les autres ont une marche rampante, lente (Sala mandres) ; quelques autres, enlin, sont plus propres à la nage. Ces squelettes ressemblent

déjà un peu à ceux des Poissons.

C’est dans cette dernière classe des Vertébrés (pie le squelette présente des formes et des longueurs très- variées, et se trouve adapté à l’aplatissement du corps, soit sur lecôtés (Poissons plats), soit de haut en bas (Poissons déprimés, Raies)) tous ces Poissons nagent le dos en l'air. Les Pleuronectes (Soles, Limandes, Turbots), nageant sur un cote du corps, offrent seuls cette singularité, que les deux yeux sont situés du côté tourne

vers le ciel.

Dans cette classe vous trouverez de même que dans les précédentes des squelettes propres au vol (Trigles, Exocets).; d’autres adaptés aux mouvements de reptation sur un sol humide, hors de l’eau (Anguilles), et d’autres encore qui permettent à un poisson de grimper sur les arbres du bord et en dehors de l’eau ( Anabas). Mais dans le squelette d’un Poisson, toutes les pièces sont en général disposée > pour nager au moyen d une queue verticale, tandis que tous" les Cétacés .pii viennent respirer l'air à la surface de l’eau ont leur queue pourvue d’une nageoire horizontale. ( Voyez, dans la salle des Baleines, le squelette du Dauphin du Gange, auquel on a laissé cette nageoiie tiansveise.

Nous devons vous épargner des considérations plus étendues sur les lessemblances et les différences des squelettes des Vertébrés que nous avons vus, dans chaque salle de ces animaux, être plus ou moins propres à la marche, au vol et à la nage. Il nous teste à vous indiquer comment ces diverses pièces des squelettes des \ ertébrés protègent leorganes de la sensibilité, et ceux au moyen desquels un animal vertébré remplit toutes les autres fonctions nécessaires à son existence.

En effet, le crâne et le canal des vertèbres servent à renfermer et abriter le cerveau et la moelle épinière ; les cavités osseuses de la face sont destinées à loger les quatre sens de la tête, savoir: les orbites pour les yeux, les côtés du crâne pour l'oreille, les fosses nasales pour le sens de l’odorat, et l’intervalle des mâchoires pour le sens du goût.

HUITIÈME SALLE. NÉVROLOGIE COMPARÉE; SALLE DES PRÉPARATIONS DES ORGANES

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