Q U A T IU KM K PARTIE
serait à désirer qu’on exécutât des imitations en cire très- grossies des principaux appareils et organes de sensation les plus remarquables dans la série animale. Il nous serait impossible de figurer ici tous les organes des sens ; nous nous bornons à donner les figures du globe de l’œil de quelques Vérlébrés et Invertébrés.
Les figures indiquées par lesN0S I, II, III, IV, V, VI, VII, représentent les yeux du Lynx (I), delà Baleine (II), d’un Oiseau (III), d’une Tortue (IV), d’un Poisson (V), d’un insecte (VL, d’un Mollusque Céphalopode (VII).
Vous devez considérer comme un commencement de l’expression de la pensée scientifique de M. de Blainville, les séries des animaux empaillés ou conservés dans la liqueur qui sont placés dans l'amphithéâtre contigu au cabinet d’anatomie, et dans leque vous avez dù entrer et faire cette remarque avant de parcourir la salle des squelettes de l’Homme, au rez-de-chaussée. M. de Blainville a aussi fait placer, dans les intervalles des portes de communication des salles du premier étage, plusieurs boîtes vitrées renfermant un certain nombre de groupes d'os et de préparations de la peau , suivant sa doctrine. Vous verrez réunis dans ces boîtes des choix de préparations de pièces osseuses, de filaments cornés, soit isolés (poils, jar, bourre, soie, piquants soit agglutinés pour former les diverses sortes de parties connues sous les noms de callosités dans les Chameaux, châtaignes chez les Chevaux, de cornes pleines (celles des Rhinocéros), de cornes creuses (celles des Ruminants).
Les bois non caducs de la Girafe, et ceux de la famille des Cerfs que vous voyez suspendus au mur de la salle des squelettes des Mammifères, sont un poussement, une végétation osseuse de l’os du front, qui est elle-même recouverte par une peau velue; vous reconnaissez ainsi la différence qui existe entre les cornes et les bois, et vous savez en outre que ces derniers sont en général caducs, c’est-à-dire, tombent au bout d'un certain temps et sont remplacés par un nouveau bois, tandis que les cornes et quelques bois ne font que croître et ne tombent jamais.
M. de Blainville, ayant eu égard à ce que les dents de tous les Vertébrés qui en sont pourvus deviennent chez quelques-uns moins dures et presque cornées, et à ce que les dents de la plupart des Cétacés sont remplacées dans les Baleines par des lames cornées très -grandes qu’on nomme des fanons (Voy. la bouche de la grande Baleine), a réuni sous le nom commun de phanères (c’est-à-dire organes évidents par leur saillie à l’extérieur), les poils, les piquants, les cornes, les becs, les fanons et les diverses sortes de dents. Cette conception facilite beaucoup à ses élèves l’intelligence des rapports qui existent entre les parties qui. nonobstant leurs ressemblances, remplissent des usages très-variés.
Tout l'ensemble de l’enseignement de M. de Blain ville, fondé sur sa théorie générale de I organisme animal et les développements dans lesquels il entre pour soutenir ses vues physiologiques sur la peau , sur les cinq sens, sur les organes de la locomotion, sur tous ceux de la vie organique (digestion, circulation, respiration, dépuration, etc. )’ et enfin sur le système nerveux, attirent à ses leçons non-seulement les élèves de I Ecole de Médecine humaine ou vétérinaire, mais encore les savants de Paris, des départements et les étrangers qui viennent en France, et meme un certain nombre de personnes qui s’occupent de littérature, de philosophie ou de beaux-arts. L’anatomie comparée est donc devenue en France une science très-élevée. Les efforts de Daubenlon, de Vicq-d’Azir, la juste célébrité et la grande influence de G. Cuvier lui ont assuré un rang distingué parmi les branches de 1 histoire naturelle enseignées au Muséum, et pour que la science de l’organisation soit toujours en progrès en France, il faut bien que le laborieux et savant successeur de G. Cuvier réponde par tous ses efforts à tout ce que l'on est en droit d’attendre de ses lumières, de son expérience et de son zèle infatigable.
C est au sujet de la peau , des sens et de l’appareil des nerfs que nous avons été conduits à vous faire connaître la pensée scientifique du professeur actuel d’anatomie comparée.
Nous avons besoin de vous faire remarquer maintenant que G. Cuvier n’a pas cru devoir suivre dans l'arrangement des préparations relatives aux organes du mouvement le même ordre qu’il a exposé dans ses leçons. S’il s’y fût conformé, il eût dû placera la suite des squelettes des Vertébrés toutes les parties solides des Invertébrés (Mollusques Articulés, Zoophytes), qui sont les organes passifs des mouvements de ces animaux. Il eût dû encore disposer dans la salle des préparations de Syndesmologie et de Myologie comparée des pièces relatives aux articulations et aux muscles d’un choix d' Animaux invertébrés. Mais de ce que ces organes du mouvement des Invertébrés ne font point suite a ceux des Animaux vertébrés, il n’en faut pas déduire que les préparations des parties solides et des muscles des Invertébrés ont été négligées, car vous les verrez bientôt paraître dans 1 une des salles suivantes. Nous devons croire que G. Cuvier, qui avait établi un ordre très-convenable pour la comparaison des parties, aurait désiré le mettre a exécution dans les galeries. Mais il est probable que le personnel de ses préparateurs ou aides ne lui permettait point alors de faire confectionner des pièces anatomiques dont la préparation, en raison du très-grand nombre d’Animaux invertébrés et surtout en raison «le la petitesse des parties, présente des difficultés très-grandes et exige surtout beaucoup de temps. Nous devons vous faire cette réflexion pour vous démontrer qu’un esprit aussi sagace et aussi habile que celui de G. Cuvier ne pouvait développer sa pensée dans un espace trop étroit, et nous pensons qu’il a très-bien fait de mettre en relief l’anatomie comparée des Vertébrés, qui sont en général mieux connus, sauf à revenir plus lard à I ordre établi dans ses leçons, surtout lorsque l’anatomie comparée des Invertébrés , moins bien connue , serait plus avancée.
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