Le jardin des plantes
Introduction. -Vous avez visité la mnio i /. ,. Mammifères ; pour continuer notre voyage dans Z T ° Ù ''° n C °" SCrVe Ies animal, nous allons parcourir les JiïT^^T?*** *" "^ espèces de la classe des Oiseaux. Avant de v 0l e , , A " nomb «
tez-nous, comme nous l'avons fait pour les MaZïf St °' re ' P ermet -
q,,Plq,,es r ions ^ érales - - -— - S£ «S 1 :;
LES OISEAUX
lieront vos études : nous nous bornerons d'ailleurs aux caractères essenie g Nou nïvons garde d'oubli* la répugnance profonde et leg.timc que ot'lsa"e Z témoignée au commencement de nos entretien, pour le lux, Itérile des nomenclatures et l'aridité des descnpt.ons anatormques.
Voler et pondre des œufs, voilà ce qui, aux yeux du vulgaire -racte se Oise x • ce ne, sont pourtant pasdes attributs appartenant exclusivement a cet . du Rè"ne animal. Vous avez observé le vol dans plusieurs Mammifères* et „o«t chez le Chauves-Souris. Quant à la faculté de se reproduire par des 2 ù s v errons que la plupart des animaux inférieurs n'ont pas d'autre mode T ;1 duc n e nous trouverons enfin des familles nombreuses, dans les s ctefq" s « à la fois volatiles et ovipares. Quel est donele caractère «teneur n, unisse regarder comme la propriété exclusive des Oiseaux ?- Cesi ! • "v,! a' ^ <le plumes. Ainsi, la définition d'un Oiseau peut se lo, , ! \. S o u-eusement par quatre adjectifs : verUM. empare, valante, erroné. science qui traite des Oiseaux porte le non. à'Omithologie
S'ous la craT»"; l amour maternel, ne sont plus que de froides mom.es, elo- ! "'pour le savant, muettes pour le vulgaire : uniformément posées sur 1 liédestal noir elles n'ont conserve de leur existence passée que la forme , !' '"leur Ce n'est même pas dans la Ménagerie que nous pourrions observer 11! s h bitudes : la cage étroite qui resserre leurs ailes l'horizon rétréci qu, environne la régularité de leur alimentation, qui, dans létal, de liberté, Ïi x osée ;. mille vicissitudes propres à développer leur industrie tout con- H ,e 'dégrader l'animal, et à effacer le caractère saillant de son espèce. L este méthode qui a présidé à l'arrangement des galeries que nous parcourons, ! ion é ablie dans la série des êtres créés, dont chacun porte son nom
',' 7 1 d'espèce, honorent les hommes de génie qui ont consacre
de famdl e l ege nr e ^ ^ ^^^ „.„„, que ,,,,.
SeU Ï Jtoïï » «e L pas s'en tenir la quand il y a tant a lire dans
umnd livre de la nature. C'est dans les champs, dans les prairies, au bord
es° ans les solitudes rarement visitées par l'homme, c est surtout ause.n
les oi-è.'s vierges du nouveau monde, que se déroulent les plus belles pages de
eue Bible merveilleuse. - Si vous pouviez, comme la Colombe enugranie.hiv,
» -lieues par heure, vous traverseriez en deux jours l'océan Atlantique,
£ s n les longues savanes et.es p.agesmaritimcs de rAmcnque sep-
„ non -où'est-cequ'Audubon? me demandez-vous. - Audubon est le
orrorui.lmlogie^.ùlubon es. le peintre et l'historien deBO.seaux^ma.
al. ne fut plus manifeste et mieux remplie que la sienne;
" ,"n Ue de François Levaillant, dont nous vous parlerons bien
?annTto„ S les savants, dont nous vous avons parlé avec adoration en traitant
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INTRODUCTION
(li; lu Botanique, Sebastien Vaillant seul pourrait, comme homme d'action, ('•Ire comparé à Audubon: il était amoureux des plantes, explorateur infatigable et professeur éloquent, mais il ignorait l'art du dessin, et celte lacune dans ses moyens d'expression, qui le rendit tributaire d'un crayon étranger, empoisonna les derniers instants de sa vie, en l'inquiétant sur l'avenir de son œuvre. Audubon, naturaliste complet, se suffit à lui-même : observateur, iconographe, écrivain , il étudia toute sa vie les formes et les mœurs des Oiseaux. Son pinceau fidèle nous a transmis les unes, et sa plume a su décrire admirablement les autres. Ce n'est plus M. le comte de Buffon rasé, coiffé, poudré, le jabot étalé sur la poitrine, et l'épée au coté, s'asseyant à son bureau, s'indignaiil de sang-froid contre le Tigre, et, de sa main couronnée d'une manchette de dentelle, adressant à la postérité les lignes harmonieuses que voici : « Le Tigre « n'a pour instinct qu'une rage constante, une fureur aveugle, qui ne connaît, a qui ne distingue rien, et qui lui fait souvent dévorer ses propres enfants, « et déchirer leur mère lorsqu'elle veut les défendre. Que ne l'eût-il à l'excès, « cette soif de son sang, et ne pût-il l'éteindre qu'en détruisant, dès leur nais- « srfnce, la race entière des monstres qu'il produit!!! » — Tel n'est pas le sauvage Audubon : c'est l'homme des bois, à la chevelure longue et flottante, aux traits fortement exprimés, à l'œil ardent et mobile, portant en sautoir nu fusil et une gibecière, et dessinant debout, en plein vent, ses Oiseaux chéris, dont il saisit au vol les évolutions rapides et les altitudes capricieuses. Commensal fidèle de ceux dont il s'est fait l'historien, il les étudie le soir, et passe la nuit au pied de l'arbre qui les abrite, pour les étudier le malin, en attendant qu'il puisse, sous quelque hutte hospitalière, tracer leur biographie dans un style qui causerait à Buffon des déplaisirs mortels. En voulez-vous un échantillon ? Écoutez-le raconter les premières impressions de son enfance, qui décidèrent sa vocation d'ornithologiste.
« J'ai reçu, dit-il, la vie et la lumière dans le nouveau monde ; mes aïeux étaient Français et protestants. Avant que j'eusse des amis, les objets de la nature matérielle frappèrent mon attention et émurent mon cœur. Avant de connaître et de sentir les rapports de l'homme avec ses semblables, je connus et je sentis les rapports de l'homme avec les êtres inanimés. On me montrait la Heur, l'arbre, le gazon, el non-seulement, je m'en amusais, comme font les autres enfants, mais je m'attachais à eux. Ce n'étaient pas mes jouets, c'étaient mes camarades. Dans mon ignorance, je leur prêtais une vie supérieure à la mienne, et mon respect, mon amour pour ces objets insensibles, datent d'une époque si éloignée, que je ne nuis me la rappeler. C'est une singularité trop curieuse pour être passée sous silence ; elle a influé sur toutes mes idées, sur tous mes sentiments ; je répétais a neine les premiers mots qu'un enfant bégaye, et qui font tressaillir le cœur de sa mère ie pouvais à peine me soutenir sur mes pieds , et déjà les teintes variées lu feuillage el la nuance profonde du ciel azuré nie pénétraient d'une joie enfantine ' mon intimité commençait à se former avec cette nature que j'ai faut aimée et qui m'a payé mon culte par de si vives jouissances : intimité qui ne s'est jamais interrom
nue ni affaiblie, et quine cessera que devanlmon tombeau. »
En passant de la première a
la seconde enfance, Audubon sentit se développer
dans son ami
. le besoin de converser avec la nature physique, qu'il avait épn
5 LES Of SEAUX.
.les le berceau. Quanti il ne pouvait s'enfoncer dans les forêts, ou grimper sur les rochers, ou parcourir les rivages de la mer, il lui semblait qu'il n'était pas chez lui ; et pour transporter la campagne dans sa maison, il peuplait sa chambre d'Oiseaux. Son père, homme à l'âme poétique et religieuse, se prêtait complaisant] imentaux goûtsdeson unique enfant, fournissait à touteslesdépensesqu'ilsentraînaient, eUlirigeait lui-même son fils dans l'étude des Oiseaux, de leurs migrations, de leurs amours, de leurs gestes et de leur langage. A dix ans, Audubon, qui aurait voulu s'approprier la nature entière, et qui voyait avec désespoir que lesOiseaux empaillés ne pouvaient conserver l'éclat de leurs couleurs et la beauté de leurs formes, entreprit de les dessiner ; mais ses premiers essais furent malheureux, son crayon donna naissance à des myriades de monstres, qui ressemblaient à des Quadrupèdes et des Poissons, tout aussi bien qu'à des Oiseaux; ce premier revers ne le découragea pas : plus les Oiseaux étaient mal dessinés, plus les originaux lui semblaient admirables. Cependant, tout en traçant ces informes ébauches, il étudiait l'ornithologie comparée dans ses plus minutieux détails. Son père, loin de contrarier son penchant pour la peinture, l'envoya a Paris ; il y étudia les principes du dessin sous la direction du célèbre David. Bientôt il se lassa des nez, des bouches et des têtes de chevaux, et retourna dans ses forets, où il reprit ses études favorites avec plus d'ardeur qu'auparavant.
Peu après son arrivée en Amérique, il devint époux etpère, mais il rut avant tout naturaliste, malgré les représentations de ses amis. Sa fortune subit de nolables diminutions : son enthousiasme ornitbologique s'accrut d'autant : il rêvait depuis longtemps la conquête des vieilles forêts du continent américain ; il entreprit seul de longs et périlleux voyages, visita dans leurs plus secrets asiles les plages de l'Atlantique les rives des lacs et des fleuves, et, après plusieurs années, il vit peu à peu se compléter la collection de ses dessins : alors, pour la première fois, des idées de gloire et d'immortalité vinrent se glisserdans son âme, et il tressaillit de bonheur et de courage en pensant que le burin d'un graveur européen pouvait rendre impérissable le fruit de tant de fatigues et de labeurs. Mais une épreuve terrible l'attendait. ,
« Après avoir, dit-il, habité pendant plusieurs années les rives de 1 Olno, dans le Kenlucky je'partis pour Philadelphie. Mes dessins, mon trésor, mon espoir, étaient soigneusement emballés dans une malle, que je fermai et que je confiai à l'un do mes parents, non sans le prier de veiller avec le plus grand soin sur ce dépôt si précieux pour moi ; mon absence dura six semaines. Aussitôt après mon retour, je demandai ce qu'était devenue ma malle, on me l'apporta, je l'ouvris : jugez de mon désespoir, il n'y avait plus dans la malle que des lambeaux de papiers, déchirés, morcelés, presque en poussière ; lit commode eldoux sur lequel reposait toute une couvée de rats du Nord. Un couple de ces animaux avait ronge le bois s'était introduitdansla boîte, et y avait installé sa famille,; voilà tout ce qui nie restait de mes travaux ; près de deux mille habitants de l'air, dessines et co loriés de ma main, étaient anéantis. Une ardeur brûlante traversa mon cerveau comme une flèche de feu, tous mes nerfs ébranlés frémirent, j eus la hevre pendant plusieurs semaines. Enfin la force physique et la force morale se revedlerenl en moi, je repris mon fusil, mon album, ma gibecière, mes crayons, et je me replongeai dans mes forêts, comme si rien ne fût arrive. Me voilà recommençant