IN SECTES SU CE UUS
Nous vous citerons, parmi les espèces nombreuses de ce genre, le Puce k on °u Rosier (Ajihis Rosœ, de Linné), dont le corps est vert et les antennes noires; IcPucelion nu Hètiie (Apkîs Fagi, de Linné), qui est vert, avec un duvet blanc cotonneux; le Puceison du Chêne (Aphis Quercûs, de Linné), qui est petit, d'un brun roux, sans cornes, et dont la trompe est trois 'ois plus longue que le corps.
Famille des Gallinsectes. — Les Gallinsectes ont beaucoup d'analogie avec les Pucerons, et se reconnaissent à leurs tarses, composés d'un seul article distinct, qui se termine par un crochet unique ; la femelle a un bec propre a sucer, mais elle n'a pas d'ailes; le mâle au contraire a des ailes, mais il n'a l>as de bec. Ils comprennent le genre Cochenille, de Linné. Les Cochenilles, à l'état de larve, sont d'abord très-agiles, et courent sur les plantes qu'elles habitent ; elles sont si petites, qu'on ne peut les distinguer qu'à la loupe ; le mâle se fixe sur les branches quand il se prépare à subir ses métamorphoses ; c'est dans l'intérieur de sa peau durcie qu'il devient nymphe et Insecte parfait, il en sort à reculons après l'avoir fendue ; il se sert très-peu de ses ailes, et sa vie est très-courte; la femelle, une fois développée, se construit un nid de duvet, s'accroche au végétal par son bec, qu'elle enfonce dans le tissu des feuilles ; bientôt son abdomen se gonfle, et il en sort des œufs que la mère fait passer entre son ventre et le duvet de son nid; puis elle meurt, et son cadavre sert de maison à la famille. Ces Insectes paraissent nuire aux arbres, en occasionnant par leur piqûre une transpiration très-abondante : aussi les cultivateurs île Pêchers, d'Orangers, de Figuiers et d'Oliviers les détruisent-ils avec soin. Mais quelques espèces sont très-précieuses à l'homme : telle est la Cochenille ou Nopal (Coccus Cacti, de Linné), qui vit sur les Cactus, et fournit une magnifique couleur écarlate. Le mâle est très-petit; son corps, allongé et terminé Par deux soies, est d'un rouge foncé ; ses pattes sontlongues et ses ailes grandes et blanches ; la femelle est beaucoup plus grande ; elle atteint le volume d'un Petit Pois ; ses pattes sont très-courtes ; tout son corps est d'une couleur brun loncé, et recouvert d'une poussière blanche. Ce précieux Insecte, dont la matière colorante produit le plus beau carmin, sert à la peinture aussi bien qu'a ia teinture des étoffes. Il est originaire du Mexique, et l'on essaye aujourd'hui ( 'e le naturaliser dans l'Afrique française.
ORDRE DES SUCEURS
Cet ordre ne renferme qu'un seul genre, c'est le genre Puce. Les Puces sont des Insectes aptères, armés d'un suçoir de trois pièces renfermées entre deux lames articulées, et disposées en forme de bec cylindrique et conique. Leur corps est ovalaire, comprimé et revêtu de téguments assez solides. La tête est Petite, et présente de chaque côté un œil arrondi. Les anneaux du corselet ne diffèrent de ceux de l'abdomen que par leur petitesse et les pattes qu'ils portent.
es pieds sont disposés pour le saut.
INSECTES RHII'IPTEKE.S.
La Puce
La I'oce co.Miu une (Pukx irriians, de Linné ) est d'un brun marron, à boc pins court que le corps. La femelle pond environ une douzaine d'œufs, gi' 0? ' blancs et visqueux, qui éclosent au bout de cinq jours; les larves qui en sortent sont blanches, très-vives, se roulent en spirale, et, au bout de douze jours, se filent une coque soyeuse d'une extrême finesse, où elles se transforment en nymphes ; après douze autres jours, elles en sortent Insectes parfaits, et signalent par des sauts les premiers instants de leur nouvelle vie. Cet Insecte se nourrit du sang de l'Homme, du Chien, du Chat; sa larve habile parmi le p ordures, sous les ongles des personnes malpropres, dans les nids des Oiseaux, et surtout des jeunes Pigeons, dont elle suce avec avidité le col dégarni de pi"" mes. — La Puce pénétrante [Pnlex penetrans, de Linné), connue en Amérique sous le nom de Chique, de Bicho, etc., a le bec de la longueur du corps. Elle s'introduit sous les ongles des orteils, et entre les écailles de l'épiderme du talon de l'Homme; elle y acquiert bientôt le volume d'un pe'' 1 Pois, par le prompt accroissement des œufs qu'elle porte dans la cavité de son abdomen; les larves nombreuses qui en sortent et vivent sous la peau y causenl des ulcères difficiles à guérir, et souvent mortels. Il suffit, pour les prévenir, d'extraire la mère-Puce de la plaie avant qu'elle ait fait sa ponte ; c'est ce q" (> les négresses font avec beaucoup d'adresse, au moyen d'une longue aiguille-
ORDRE DES II H I IM l'T ÈRES.
Les espèces peu nombreuses qui composent cet ordre sont remarquable- 1 autant par leur organisation singulière que par leurs mœurs. Ils ont deux ailes membraneuses, grandes et plissées en long, comme des éventails (ces ce qu'indique littéralement le mot de Rliipiptères) ; ces ailes naissent sur le troisième anneau du thorax; sur le second, s'insèrent une paire de petites élytres, qui recouvrent la base des grandes ailes ; en outre, le premier anneau porte deux petits appendices étroits et allongés. La bouche est armée de petites lames pointues, analogues au suçoir des Diptères. Les yeux sont grenus et un peu pédicules. Les larves de ces Insectes sont ovalaires et privées de pattes , '•Iles vivent parasites entre les écailles des Hyménoptères. Cet ordre ne se corn*
FAMILLE DES NÉMO GÈRES.
l'ose i|ue de deux genres : les Stylops et les Xénos. Les Stylops ont la brandie supérieure de la dernière pièce des antennes composée de trois petits articles; 'eur abdomen est rétraclile et charnu. Il n'y a qu'une espèce de Stylops : c'est le Stylops des Andrènes; elle est longue d'une ligne et demie, très-noire, avec les ailes dépassant le corps, et les pattes brunes. — Les Xénos ont les deux branches des antennes sans articulations; l'abdomen est corné, excepté à son extrémité, qui est charnue et rétractile; ils ne comprennent que deux espèces : le Xénos de Peck, qui vit sur la Guêpe gauloise, et le Xénos de Rossi, 'lui se trouve sur le Vespa fueala, Guêpe de l'Amérique septentrionale.
ORDKK DES DIPTÈttKS.
l-es Diptères, comme l'indique leur nom, ont deux ailes membraneuses, analogues à celles des Hyménoptères ; ces ailes sont simplement veinées, et le plus souvent horizonlales ; au-dessous d'elles se trouvent ordinairement deux appendices très-mobiles, en forme de petites baguettes, nommés balanciers; a la base de chaque balancier sont deux pièces membraneuses, semblables a des valves de coquilles, et nommées ailerons; leur usage n'est pas connu. La bouche est organisée pour sucer; le suçoir se compose de pièces écail- !euses en forme de soies, au nombre de deux à six; tantôt il est renferme dans la gouttière supérieure d'une gaîue en forme de trompe, terminée par deux lèvres, tantôt il est recouvert par une ou deux lames inarticulées qui lui servent d'étui. La gaîue représente la lèvre inférieure; les soies représentent 'es mandibules, les mâchoires et la languette. Le nombre des yeux lisses, ÏUand il y en a, est toujours de trois. Les pieds sont généralement longs, grêles, termines par un tarse de cinq articles, dont le dernier est garni ordinairement de pelotes. L'abdomen est pédicule ; et, chez la femelle, il se termine ordinairement en une pointe qui souvent peut s'allonger comme un tuyau de lunette, et constitue une sorte de tarière. — Les larves sont sans pattes ; tantôt elles se filent une coque pour s'y changer en nymphes, tantôt elles »e muent pas, et leur peau durcie et racornie devient pour la nymphe une coque solide. Parmi les Diptères, il en est qui nous sont nuisibles en infectant nos aliments ou tourmentant nos animaux domestiques et nous-mêmes : il en est aussi qui nous sont utiles, en se nourrissant de matières corrompues qui ■nfectent l'air que nous respirons.
L'ordre des Diptères est presque aussi considérable que celui des Coléoptères; il n'entre pas dans notre plan de vous en exposer la classification en détail; nous nous contenterons de vous faire connaître les principaux genres des six familles dont l'ordre se compose.
Famille des Némocères. — Les Insectes de cette famille ont les antennes composées d'un grand nombre d'articles filiformes, et plus longues que '« tête. Ils peuvent être compris clans les genres Cousin et Tipule.
INSECTES HEMIPTERES.
Les Cousins ont le corps et les pieds allongés, et les antennes garnies c' e longs poils; leur trompe est longue, filiforme, cornue, et renferme un suçoir piquant, composé de cinq soies. Ils fuient la lueur du soleil, et recherchent les lieux ombragés et aquatiques. Le soir, ils voltigent en troupes nombreuses, et s'annoncent par un bourdonnement aigu. Ce sont les femelles qui nous percent la peau pour boire notre sang, dont elles sont avides ; leurs soies fines et dentelées introduisent dans la plaie une liqueur vénéneuse qui y cause une in*'" tation vive et une enflure considérable. On les désigne, dans les pays chauds, sous le nom de Moustiques et de Maringouins • on s'en garantit, au lit, en s'entourant d'une tenture de gaze, nommée moustiquaire. Du reste, les Cousins pompent aussi le suc des fleurs. La femelle dépose ses œufs sur l'eau, et les réunit entre eux, de manière à en former un petit radeau, qui flotte à la surface du liquide. Les larves qui en sortent fourmillent dans les eaux tranquille ' leur abdomen est allongé, et terminé par des soies et des appendices disposés en rayons; l'avant-dernier anneau porte sur le dos un tube, à l'aide duq« el l'animal, qui se tient la tête en bas à la surface de l'eau, puise dans l'atmosphère l'air dont il a besoin. Quand la nymphe, qui est aussi aquatique, est arrivée à l'état parfait, elle fend sa peau, élève sa tête et son corselet au-dessus de l'ouverture qu'elle vient de faire, et se dispose à se dégager entièrement de son enveloppe. Mais ce moment est critique pour l'Insecte : la peau qui lui a servi de coque lui sert maintenant de nacelle, et son corps en est le mât; si l'e aU est tranquille, il se débarrasse peu à peu ; mais pour peu que le liquide soit
FAMILLE DES TANTSTOMES;
agite, ou qu'il survienne une brise, la frêle embarcation est couchée sur le cote, et l'animal est noyé. Pour éviter ce danger, le Cousin tire la partie postérieure de son corps vers l'ouverture antérieure de sa dépouille, et redresse en arrière sa tête pour que son corps fasse un angle droit avec le bateau qui le soutient; de cette manière, l'avant et l'arrière sont vides, l'eau ne peut pénétrer par la partie postérieure de la coque, qui est close, et la partie antérieure, Qui est ouverte, dépasse le niveau de l'eau. Lorsque le Cousin a pu dégager ses Pattes, il ne craint plus l'eau comme tout à l'heure; elle est devenue pour lui «n terrain solide qui peut soutenir son corps. Dès qu'il y est posé, il est sauvé : ses ailes se tendent et se sèchent, et il ne tarde pas à prendre son vol. L'espèce la plus commune en France est le Cousin bourdonnant (Cufex pipiens, de Linné), il est cendré; l'abdomen est annelé de brun; les ailes sans taches, transparentes, ombrées d'une teinte obscure; les antennes du mâle sont plumeuses.
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La Tipule des prés,
Les Tipulcs ont la trompe tantôt, très-courte et, terminée par deux grandes lèvres, tantôt en forme de bec, mais alors perpendiculaire ou courbée sur la poitrine. Il y a certaines espèces de Tipules qui se balancent sur leurs pieds, longs et déliés ; et d'autres qui voltigent, rassemblées en troupes nombreuses, et semblent danser dans les airs. —La Tipule des prés (Trpula oleracea, de Linné) a les antennes simples, le corps d'un brun grisâtre, sans taches; les ailes sont d'un brun clair, plus foncé au bord extérieur. Cet Insecte est très-commun sur l'herbe des prairies; sa larve se nourrit de terreau gras.
Famille des T an tstom es. -Les Tanystomes (ainsi nommés a cause de leur long bec) ont des antennes très-courtes, dont le dernier article n'est pas annelé transversalement. Le suçoir est composé de .quatre pièces. -Les Asiles ont près de l'extrémité de leurs antennes un stylet terminé en soie; leur trompe est saillante, dirigée en avant, et de consistance presque cornée, le corps allongé et les ailes couchées. Ils volent en bourdonnant, et sont tres-carnassiers;
ils s'emparent, suivant leurs forces, des Bourdons, des Tipules, des Mouches ou des Coléoptères, afin de sucer les parties liquides de leur corps. Tel est I'Asile- Frelon (Asilus Crabro niformis, de Linné), qui est long d'environ un pouce, et de couleur jaune, avec les trois premiers anneaux de l'abdomen noirs et les ailes roussâtres. Il abonde vers la fin de l'été dans les lieux sablonneux. — Les Bombijles ont des mœurs plus douces; ils volent avec rapidité, en planant au-dessus des fleurs, dont ils pompent le nectar sans s'y poser, et font entendre un bourdonnement aigu. Ils ont les ailes horizontales, et les balanciers nus; la trompe est dirigée en avant; les antennes sont composées de trois articles, dont le dernier, allongé, est long, presque cylindrique et terminé en pointe.
Le Bombylc Bichon.
Tel est le Bombyle bichon [Bombylius major, de Linné), très-commun aux environs de Paris, long de quatre à cinq lignes, tout couvert de poils d'un gris jaunâtre ; la trompe est longue et noire ; la moitié extérieure des ailes est noirâtre, le reste diaphane; les pieds sont fauves. — La Mouche pes fenêtres (Musca fenestralis, de Linné) appartient aux Tanystomes qui n'ont pas de soie au dernier article des antennes. La tête et le thorax sont d'un bronze obscur, l'abdomen est noir, strié en travers, rayé de blanc dans le mâle ; les pieds sont fauves, avec les tarses obscurs. Cette espèce est très-commune sur les vitres de nos fenêtres.
Famille des Tabaniens. —Cette famille a pour caractères une trompe saillante, terminée ordinairement par deux lèvres, avec les palpes avancés ; le dernier article des antennes est annelé, le suçoir est de six pièces. Elle est formée par le genre Taon, de Linné.
Les Taons sont semblables à de grosses Mouches, et font éprouver de cruels tourments aux Chevaux et aux Bœufs, dont ils percent la peau pour sucer leur sang. Leur tête est large, hémisphérique, et couverte presque entièrement par deux yeux d'un vert doré, avec des taches pourpres ; les ailes sont étendues horizontalement ; l'abdomen est aplati et triangulaire ; les tarses ont trois pelotes.
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FAMILLE DES NOTACANTHES.
Le Taon des Bœufs.
Le Taon des Bœufs (Tabanus bovinus, de Linné) est long d'un pouce; le corps est brun en dessus, gris en dessous, avec les jambes jaunes, des lignes transversales et des tacbes triangulaires d'un jaune pâle sur l'abdomen ; les ailes sont transparentes, avec des nervures d'un brun roussâtre. Cet Insecte commence à paraître vers la fin du printemps, et poursuit dans les pâturages les bestiaux qui quelquefois sont tout couverts de sang. 11 attaque même l'homme, et lui perce la peau.
Famille des Notacanthes. —Ce nom, qui signifie clos épineux, a été donné à des Diptères qui ressemblent aux Tabaniens par la conformation des antennes, mais dont le suçoir n'est formé que de quatre pièces, et dont la trompe, à tige courte, est presque entièrement retirée dans la cavité buccale. Le principal genre de cette famille est le genre Stratiome, caractérisé par une soie aux antennes, dont le troisième article est terminal et divisé en cinq à six anneaux.
Le Stratiome Caméléon, ou Mouche armée.
604 INSECTES DIPTÈHES.
Le Stratiome Caméléon (Slraiiomys Chaniwkon, de Fabricius ) est une belle espèce, longue de six lignes, noire ; l'extrémité de l'écusson est jaune, et porte deux épines (de là son nom de Mouche armée ). On remarque trois taches citron de chaque côté du dessus de l'abdomen.
Famille des Athéricères. — Cette famille, dont le nom signifie antennes à soie, comprend les Diptères dont la trompe, ordinairement membraneuse, longue, coudée, et portant les deux palpes un peu au-dessus de son coude, est ordinairement renfermée dans la cavité de la bouche, et n'a, lorsqu'elle est saillante, que deux pièces au suçoir. Le dernier article des antennes est toujours accompagné d'un stylet ou d'une soie ; la trompe n'a jamais plus de quatre pièces. Les larves ont le corps mou, plus ou moins allongé en fuseau ; elles ne muent pas, et leur peau, en se solidifiant, constitue pour la nymphe une sorte de coque, dont l'Insecte se détache peu à peu pour prendre la forme d'une boule allongée, qui passe bientôt à l'état de nymphe. Parvenu à l'etal parfait, l'animal sort en faisant sauter d'un coup de tète la partie antérieure de sa coque, qui forme une espèce de calotte. Les principaux genres sont les Syrphes, les Œstres, les Conops et les Mouches.
Les Syrphes ont le suçoir de quatre pièces; leur trompe est toujours longue et coudée près de sa base; leur tête est hémisphérique, et occupée en grande partie par les yeux. Ils ont une assez grande ressemblance avec les Guêpes, les Bourdons et les Abeilles. Tel est surtout le Sïri'he- Abeille (Musca lenax, de Linné) , qui est de la taille du mâle de l'Abeille, et lui ressemble poulies couleurs. Son corps est brun, couvert de poils fins d'un gris jaunâtre, avec une raie noire sur le front, deux à quatres lâches d'un jaune fauve de chaque côté de l'abdomen. Sa larve vit dans les égouts ; c'est elle qu'on voit fourmille'' dans les immondices, et que l'on connaît sous le nom de Ver à queue de rat. Son corps se termine par une longue queue dont l'extrémité est perforée ; quand l'animal nage dans les eaux bourbeuses des cloaques, l'extrémité de sa queue s'élève à la surface du liquide pour respirer, au moyen de l'ouverture qui la termine, et où aboutissent des trachées.
Les Œstres sont caractérisés par la conformation de leur bouche, qui n'offre que trois tubercules, ou simplement de faibles vestiges de trompe; les antennes sont courtes, et terminées par une palette arrondie, munie d'une soie. Ces Insectes ont le port d'une grosse Mouche velue, leurs ailes sont écartées ; ils fréquentent les bois et les pâturages, et sont le fléau des quadrupèdes herbivores, en logeant leurs œufs dans la peau et dans les cavités naturelles de ces animaux. - L'Œstre du Bœuf ( OEslrus Bovls, de De Geer) est long àe sept lignes, très-velu ; le corselet est jaune avec une bande noire ; l'abdomen est blanc à la base, avec l'extrémité fauve ; les ailes sont un peu obscures. Cette espèce dépose ses œufs sous le cuir des Bœufs jeunes et bien portants. U s'y l'orme des bosses qui entrent en suppuration, et dont l'humeur purulente nourrit la larve. — L'Œstre du Mouton (OEslrus Ovis, de Linné) est long de cinq lignes, peu velu ; la tète est grisâtre, le corselet cendré, avec des points noirs élevés; l'abdomen est jaunâtre, finement tacheté de brun ou de noir. Les pattes sont d'un brun pâle, et les ailes transparentes. Cette espèce place ses œufs sur le bord des narines du Mouton, qui cherche à l'en empêcher en s 'agitant et
I AMILLE DES ATII ÉKICÈU ES.
en se cachant le museau en terre. Les larves, bientôt écloses, remontent jusque dans les sinus du front, où elles se fixent à l'aide des crochets dont leur bouche est armée, et y restent depuis le mois de mai jusqu'au printemps de l'année vivante ; leur présence occasionne souvent des vertiges à l'animal dont ils sont les parasites.
L'OEstrc du Cheval.'
l/<EsTKi; nu Cheval {Œsirus Eqmi, de Latreille ) est peu velu, d'un brun fauve, plus clair sous l'abdomen. Les ailes sont marquées de deux points M d'une bande noire. La femelle dépose ses œufs sur les jambes et les épaules des Chevaux. La larve qui en sort remonte jusqu'à la bouche du Cheval, et descend dans son estomac. — L'Œstre hémobkoïdal (Œslrus hemorl'hoidalis, de Linné) est très-velu ; le corselet est noir avec l'écusson d'un jaune pâle; l'abdomen est blanc à sa base, noir au milieu et fauve à l'extrémité; les ailes sont sans taches. La femelle dépose ses œufs sur les lèvres des Chevaux, et sa larve vit dans leur estomac. — L'Œstke vétékin aire (OEstrus veieri- "«•*, de Clarck) est tout couvert de poils roux ; ceux qui garnissent les côtes de l'abdomen et du corselet sont blancs; les ailes sont sans taches. Sa larve V U dans les intestins du Cheval.
Les Conops ont la trompe saillante en forme de siphon cylindrique, ou conique ou sétacé. — Tel est le Conops piquant (Conops calckraus , de Linné), que l'on confond souvent avec la Mouche commune, et qui incommode 'es Chevaux, les Bœufs, et même l'Homme, dont il pique les jambes, surtout aux approches delà pluie. Le corps est d'un gris cendré tacheté de noir; la trompe est plus courte que le corps ; elle n'est coudée que près de sa base, et se porte ensuite entièrement en avant.
Les Mouches forment un genre très-nombreux et très-compliqué, dont toutes les espèces ont une trompe très-apparente, toujours membraneuse et bilabiee, Portant ordinairement deux palpes, et pouvant se retirer entièrement dans a, «avité de la bouche ; le suçoir est de deux pièces ; leurs larves se nourrissent de Mandes, de chairs corrompues, ou vivent dans le fumier. Elles ont la forme de v «is mous, blanchâtres, sans pieds; leur extrémité postérieure est grosse et tronquée ; l'antérieure se termine en pointe, et porte un ou deux crochets avee '««quels la larve hache les matières alimentaires ; ces Insectes opèrent leurs me- 'amorphoses en peu de jours. Nous ne vous citerons que les espèces les plus eonimiines.
La Mouche bleue.
La Mouche bleue (Musca vomïioria, de Linné) est une des grandes espèces d'Europe; le front est fauve, le corselet noir, l'abdomen d'un bleu luisant, avec des raies noires. Cet Insecte a l'odorat très-fin; il arrive bientôt en bourdonnant près des viandes sur lesquelles il dépose ses œufs, et dont il hâte la putréfaction. — La Mouche dorée {Musca Cœsar, de Linné) a le corps vert doré avec les pieds noirs ; elle pond dans les chairs gâtées, et sa larve, connue sous le nom d' Asticot, sert aux pêcheurs pour amorcer leurs lignes, et aux fermiers pour nourrir les jeunes Faisans et les jeunes Dindons. — L a Mouche commune (Musca domestica, de Linné) a le corselet gris cendré, avec quatre raies noires ; l'abdomen d'un brun noirâtre, tacheté de noir, avec le dessous d'un brun jaunâtre — La Mouche vivipare (Musca carnana, de Linné), ainsi nommée parce que ses œufs éclosent avant d'être pondus, a les yeux notablement écartés l'un de l'autre; elle est un peu pl° s grande et plus allongée que la Mouche bleue; elle a le corps cendré, les yen" rouges, le thorax rayé de noir, et l'abdomen taché de la même couleur. La femelle dépose ses larves sur la viande, sur les cadavres, et quelquefois même sur l'homme vivant, dans des plaies négligées ou exposées à l'air. On en connaît des exemples effrayants. En voici un, rapporté par M. Roulin : « U" mendiant, dans le Lincolnshire, s'étant couché au pied d'un arbre par une grande chaleur, plaça sa viande et son pain contre sa peau. La viande fut couverte de Vers de Mouches, qui bientôt passèrent â la chair vive ; et quand cet homme fut trouvé, il était déjà.tellement dévoré, que sa'mort paraissait inévitable. On le transporta dans l'hôpital le plus voisin ; son aspect était horrible; de gros Vers blancs se voyaient sur la peau et dans la chair qu'ils avaient profondément dévorée; le chirurgien déclara qu'il ne survivrait pas au pansement. 11 mourut en effet quelques heures après. »
Famille des pupipares. — Les Insectes de cette famille offrent des caractères tellement tranchés, que quelques naturalistes ont voulu en faire un ordre particulier. Leur bouche n'est pas conformée comme celle des fanii
que nous venons d'étudier. Ici le suçoir n'a pas de trompe pour rengainer
; cette
gaine est remplacée par deux lames coriaces et velues, et le suçoir ne se compose que de deux soies. La tête paraît divisée en deux parties, dont la postérieure porte les yeux, et l'antérieure, la bouche et les antennes, qui ont lan (0
INSECTES PAUASITES.
w forme d'un tubercule garni de trois soies, tantôt d'une petite lame velue ; leur corps est large et aplati; leurs tarses sont armés d'ongles robustes et denlelés; 'es ailes sont écartées et manquent quelquefois. Mais la particularité la plus remarquable que présentent ces Insectes, c'est la manière dont ils naissent : non-seulement les œufs éclosent dans le ventre de la mère, mais même les larves s y changent en nymphes; et celles-ci ne sont pondues que pour subir leur dernière métamorphose. Leur coque, d'abord molle, se durcit bientôt, et à son extrémité se trouve une espèce de couvercle qui se détache lorsque l'Insecte Parfait veut sortir de son enveloppe. De là le nom de Pupipares ou de Nym- Phipares, donné aux Insectes de cette famille. Ces Diptères, nommés aussi Mouches-Araignées, sont parasites et vivent exclusivement sur des Quadrupèdes ou sur des Oiseaux, et courent très- vite. Ils constituent les deux grands genres nippobosque el Nycléribie.
Les llippobosques ont la tète bien distincte et articulée avec l'extrémité antéleure du thorax : telle est I'Hippobosque du Cheval {Hippobosca equina, ne Linné). Elle a les ailes grandes, et le corps brun, orné de jaunâtre. Elle se ''ent sur les Chevaux et sur les Bœufs, ordinairement fixée sous leur queue.
Les Nyciéribies ont la tête confondue avec le thorax ; elles sont privées d'ailes et de balanciers; elles ressemblent à des Araignées et vivent sur les Chauves- Souris, comme l'indique leur nom. — La Nyctéribie pédiculaire {Nyclenbia pedicularia, de Latreille) a le corps brun, l'abdomen hérissé de poils, et •es paltes longues, arquées, à tarses courbés.