‹ Le jardin des plantesChapitre 120 sur 143 · FAMILLE DES AIÎANÉ1DES CI · texte numérisé non relu

FAMILLE DES AIÎANÉ1DES CI

te plus souvent sur le dos, et montrant son abdomen qui semble enduit d'un vernis argentin. Ce brillant dépend de ce que l'eau ne s'attache pas au ventre de l'animal, qui est gras et velu, et retient une couebe d'air entre le liquide et lui. Cet air doit servir non-seulement à la respiration de l'Araignée, mais encore a la construction de son domicile, et voici comment : elle va d'abord attacher des filets soyeux aux brins d'herbes situés dans l'eau même ; il en résulte une toile horizontale sous laquelle elle se débarrasse des bulles d'air qui tapissent son corps, en le balayant avec ses pattes : cet air, qui tend à monter, vu sa Iégèl'eté, en est empêché par le réseau tendu au-dessus de lui. Bientôt l'Araignée en sort et monte à la surface de l'eau; elle élève son abdomen au-dessus de celle-ci, le relire vivement, et entraîne une nouvelle couche d'air adhérant aux poils de l'abdomen ; puis elle revient sous son réseau, et se dépouille de son enveloppe gazeuse ; elle répète le même manège jusqu'à ce que la toile, bombée peu à peu par les bulles d'air que leur légèreté sollicite à monter au-dessus de l'eau, ait acquis la forme d'une cloche, ayant le volume d'une noiselle. Vous verrez alors l'Araignée y entrer, en sortir, et y apporter les Insectes qu'elle a pris à la chasse, soit dans l'eau, soit à terre. Quand la cloche est terminée, l'animal la ferme inférieurement par un plancher qui n'est perforé qu'à un point de sa circonférence. Souvent plusieurs individus de la même espèce habitent des cloches très-rapprochées l'une de l'autre, et l'un d'eux cherche à surprendre son voisin, en établissant entre les deux loges une galerie de communication : cette galerie est construite par le même procédé que la cloche : l'Araignée bombe peu à peu un des points de la paroi de son domicile, et, dans la saillie qu'elle a produite, dépose une bulle d'air ; cette saillie étant dirigée de bas en haut, l'air tend toujours à l'allonger, ce qui est facile, vu l'extensibilité de son tissu soyeux. Bientôt le boyau s'allonge et arrive jusqu'à la cloche que l'animal veut envahir. Alors celui-ci, qui a exécuté tous ces travaux pendant l'absence do sa voisine, guette le moment où elle se trouve chez elle, passe comme un trait dans la galerie pleine d'air, perce d'un coup de mandibules la cloche qui y est conliguè, et y tombe à l'improvisle ; mais si le propriétaire attaqué a eu le temps de s'apercevoir des manœuvres de l'assaillant, il se jette sur lui, le Poursuit à travers sa galerie, et le dévore à domicile.

Vous allez demander comment se répare l'air renfermé sous la cloche, et vicié à la longue par la respiration de l'animal : nous vous répéterons ici l'explication ingénieuse de M. Dutrochet: l'acide carbonique formé se dissout dans l'eau, qui, en même temps, lui cède l'air qu'elle tient en dissolution.

L'Araignée phalangiste (Arancaplialangioïdes, de Fourcroy), nommée aussi l'Araignée domestique à longues faites, a les yeux au nombre de huit, placés sur un tubercule, et divisés en trois groupes : un de chaque côté, formé de trois yeux disposés en triangle, et le troisième au milieu, un peu antérieur, composé de deux autres yeux et sur une ligne transversale; son corps est long, étroit, d'un jaunâtre très-pâle, couvert de duvet; l'abdomen est presque cylindrique, très-mou, marqué en dessus de taches noirâtres; les pattes sont trèslongues, très-fines, et tombent facilement ; elles ont un anneau blanchâtre à l'extrémité des cuisses et des jambes. Cette espèce est commune dans les maisons, où elle file aux angles des murs une toile composée de fils lâches et peu

Page 1