‹ Le jardin des plantesChapitre 121 sur 143 · ARACHNIDES PULMONAIRES · texte numérisé non relu

ARACHNIDES PULMONAIRES

adhérents outre eux : si on la louche légèrement, on la voit se balancer à la façon de certaines Tipules. La femelle agglutine ses œufs en un corps rond, nu, qu'elle porte entre ses mandibules.

L'Épéire diadf'me.

L'Epéiue diadème {Araneadiademri, de Linné) appartient aux Araignées sédentaires, dont la toile est un réseau régulier composé de cercles concentriques, croisés par des rayons droits se rendant du centre à la circonférence. Elle a quatre yeux formant un carré, et les deux yeux de chaque côté rapprochés par paires et presque contigus. Elle est grande, roussâtie, veloutée ; l'a' 1 ' domen est très-volumineux, d'un brun foncé ou d'un roux jaunâtre, avec un tubercule gros et arrondi de chaque côté du dos, près de sa base, et une trip l,: croix formée de petites taches ou de points blancs. Les palpes et les pieds sont tachetés de noir. Cette belle espèce est très-commune en automne dans nos jardins ; ses œufs éclosent au printemps suivant. Elle place sa toile opposée au vent régnant, afin que les Insectes y soient jetés. Si vous mettez une de ces Epéires au bout d'un bâton plongé dans un baquet d'eau, vous la verrez aussitôt produire en descendant un long fil, puis remonter sur ce fil, et le laisser flotter au gré du vent; bientôt ce lil se fixe sur un corps voisin, et sert à l'Araignée de pont suspendu. Elle le roidit, puis passe dessus rapidement, en le doublant d'un fil pour le consolider. C'est ce fil horizontal, ainsi dressé entre deux branches, qui est le fondement de tous les travaux de l'Araignée. H e " part des fils qui s'attachent à divers points de la bifurcation, et forment des

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lignes obliques, dont l'ensemble servira de cadre ou de charpente à la toile. Cela fait, l'Épéirè gagne le milieu de la barre supérieure horizontale, puis descend verticalement jusqu'à la bifurcation, remonte, redescend deux ou trois fois pour doubler, tripler, quadrupler l'épaisseur de la corde qui va lui servir d'axe. Ensuite, se plaçant au milieu de cette corde, elle y attache un nouveau fil, qu'elle dévide en remontant la corde, et le tenant écarté avec l'une de ses pattes postérieures; arrivée près de l'un des fils du cadre, elle y fixe celui qu'elle tient, de sorte que ce nouveau fil complète un triangle avec le fil central et le fil de la bordure, puis elle redescend le long du fil nouvellement attaché, et le double en passant jusqu'au centre de la corde première; de là elle remonte le long du dernier fil et en dévide un troisième, qu'elle attache à la bordure comme le second; elle continue ainsi jusqu'à ce qu'elle ait établi des rayons à égale distance les uns des autres, et partant tous en divergeant d'un centre commun. Cette première trame terminée, elle s'occupe à tracer le fil spiral qui doit traverser tous les rayons, de manière à former avec eux des espaces figurant un trapèze. Le point de départ est au centre; les premiers circuits, étant peu étendus, se font facilement, vu le voisinage des rayons ; mais à mesure qu'elle s'approche de la circonférence, la difficulté augmente en raison de l'écartement des rayons : alors, parcourant les trois côtés du trapèze qu'elle veut compléter, elle tire après elle un fil qu'elle tient écarté avec ses pattes pour l'empêcher de s'agglutiner aux trois fils qu'elle parcourt, puis elle tire un peu ce fil et le roidil jusqu'à ce qu'il devienne transversal, et forme la base du trapèze qu'elle voulait clore; elle continue de la même manière sa spirale, jusqu'à ce qu'elle ait embrassé les rayons dans toute leur étendue.

L Epéire diadème n'habite pas, comme plusieurs autres races, le centre de sa toile, mais elle se construit vers l'extrémité supérieure, entre quelques feuilles rapprochées, une petite loge qui lui sert de retraite et d'abri contre les Oiseaux et plusieurs Insectes qui sont friands de sa chair. Du centre du réseau part un fil plusieurs fois redoublé, aboutissant à la loge, et sur lequel elle tient posée l'extrémité d'une patte ; ce fil lui transmet les moindres mouvements opérés dans la toile par un Insecte, et lui sert aussi comme de corde pour descendre rapidement sur sa proie. Si la Mouche prise au piège est trop grosse, l'Araignée la garrotte et l'enveloppe d'une couche de soie qu'elle tire de ses filières, la suspend à l'extrémité de son abdomen, et l'emporte dans sa loge pour la sucer à son aise. Si la Mouche est petite, elle l'emporte sans l'envelopper; si, au contraire, l'Insecte tombé dans la toile est plus fort qu'elle, elle l'aide à se dégager, en rompant quelques fils, qu'elle raccommode ensuite.

Les Araignées vagabondes sont chasseuses et ne font pas de toile; leurs yeux sont toujours au nombre de huit, et s'étendent plus dans le sens de la longueur du corselet que dans celui de sa largeur; les unes, appelées Araignées-Loups, ont les pieds propres à la course; la plupart des femelles se tiennent sur le cocon renfermant leurs œufs, ou l'emportent même avec elles et ne l'abandonnent qu'à la dernière extrémité ; encore les voit-on revenir les chercher quand le danger est passé, et elles veillent aussi quelque temps à la conservation de leurs petits. Telle est la Lycos e Tauentule (Aranea Tareniula,(\e Linné), qui

est longue d'environ un pouce ■r.

entièrement noire, avec le dessus de son abdo-

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