CLASSE DES CRUSTACÉS
Les animaux articulés que nous allons étudier sont pourvus d'un cœur et de branchies pour respirer dans l'eau : les Crabes, les Ecrevisses et les Cloportes forment les types de ce groupe nombreux; mais en descendant dans la série des êtres qui le composent, on voit se modifier et se simplifier de plus en plus leur organisation; et les derniers Crustacés sont si imparfaits qu'ils ne peuvent vivre qu'en parasites : aussi beaucoup de naturalistes les ont-ils rangés parmi les Vers intestinaux.
Les Crustacés ont le corps divisé en anneaux, tantôt mobiles, tantôt presque tous soudés ensemble, et ne se distinguant que par des sillons situés à leur point de jonction; tantôt enfin intimement unis et ne formant qu'un tronçon, dont on ne peut juger la composition articulée que par analogie. Leur squelette tégumentaire offre en général une consistance pierreuse, due à une proportion très-considérable de carbonate de chaux; cette croûte, qui a donné lieu à la dénomination de Crustacés, et qu'on désigne aussi sous le nom de lest, est un véritable épiderme, et au-dessous d'elle on trouve une membrane analogue au derme des animaux supérieurs. A certaines époques, elle se détache, et tombe, comme vous avez vu tomber l'épiderme des Serpents et le tégument des Insectes. Chez les Crustacés, la nécessité des mues fréquentes est plus évidente encore que chez les Insectes, car la gaîne solide qui les enveloppe, étant inextensible, opposerait une résistance insurmontable au développement des organes intérieurs, si elle ne tombait pas du moment qu'elle est devenue trop étroite pour les loger commodément. La manière dont les Crustacés se dépouillent de leur enveloppe est singulière : en général, ils parviennent à en sortir sans y occasionner la moindre déformation; et lorsqu'ils la quittent, toute la surface de leur corps est déjà revêtue de sa nouvelle gaîne, mais celle-ci est encore entièrement molle, et n'acquiert qu'après quelques jours la consistance qu'elle doit avoir.
La tête est tantôt libre, tantôt soudée au thorax ; elle porte les yeux, les deux paires d'antennes et la bouche, qui est garnie d'appendices nombreux, dont quelques-uns sont analogues à de véritables pattes, et servent à la fois à la préhension des éléments, et à la progression de l'animal; ce qui les a fait nommer Pieds-Mâchoires. Les pattes sont fixées aux anneaux du thorax ; il y en a au moins cinq paires. A la suite de ces pattes proprement dites, on trouve ordinairement une double rangée d'appendices fixés à l'abdomen, et nommés fausses pattes; ils aident à la natation, et servent à porter les œufs.
Le système nerveux se compose d'une double série de ganglions situés sui la face ventrale, près de la ligne médiane du corps, et leur nombre correspond à celui des segments; ils sont plus ou moins rapprochés, selon que l'organisa-