‹ Le jardin des plantesChapitre 130 sur 143 · ORDRE DES DÉCAPODES · texte numérisé non relu

ORDRE DES DÉCAPODES

Ces deux pierres sont destinées à fournir la matière du nouveau test; car si le lendemain de la mue, lorsque le test n'est encore qu a moH.e dura, on o m une Écrevisse, on remarque que ces globules sont diminues de moitié ; si on l'ouvre le troisième jour, on n'en voit plus qu'un atome, ensuite plus du tout.

L'Écrev.sse marine ( Asiacus marinus, de Fabncms), connue sous 1 nom vulgaire de Homard, atteint souvent une taille gigantesque. On en a trouvé qui avaient un pied et demi de longueur. La pointe en forme de bec nommée rostre, a trois dents de chaque côté et une autre double a sa base , .es pinces sont inégales, très-grandes : la pince la plus grande est ovale avec de grosses dents molaires; l'autre est plus allongée avec de petites den «s nombreuses. Ce Crustacé, dont la chair est très-estimée, quoique de digestion d.lficile, habile l'Océan européen, et même les cotes orientales de 1 Amérique

Les Palémans ont quatre pattes à deux doigts, dont les deux plus jeMM sont antérieures et repliées ; le bec est allongé ; on en trouve sur nos cotes deux espèces, désignées communément sous les noms de Lkemttei, o veites, de Snlicoqucs, et dont la chair est estimée.

La Palémon porle-scie ou Crevette.

„*. iPnlœmon serratus, de Leach)

Le Palémon porte-scie ou Crevette (• ma is plus vif sur les

a trois ou quatre pouces de long; il est d'un rouge p * ^ ^^ 8Hr la

antennes, sur le bord postérieur des anneaux «e 1 > nntenues mi-

■ \ ■ , o r , 1, Jinnwp le pédoncule des antennes

nageoire terminale. Sa corne frontale dépasse ie f ^ ^^ ]a ponlte

toyennes, se relève à son extrémité, porte sept a ■■ ^ ^ ^ ^ pro ,

non comprise, et cinq en dessous ; les doigts son tr ès-recherchée sur nos

prement dite ou l'avant-dernier article. Cette espèce ^ ^^ ^ ^ ^ ^ e tables. Vous aurez souvent lieu d'observer sur un ^^ ^ j mpa ^ M . c'est sorte de loupe qui recouvre un Crustacé paras ^ Manche croient que

le Bopiirus Crcmgorum, de Latreille. Les F^ dan s leur premier âge.ces petits animaux sont des Limandes ou aes ^^ s vte . ( i e Leach) est de Le Palémon Squillk ou Salicoque ( "*J ^ guere ] e pédoncule des moitié plus petit que la Crevette ; sa corne ne i ■ urbéei échancr é e au

antennes supérieures ; elle est presque droite i

WÊÊÊÊÊÊÊÊM

652 CRUSTACÉS BKOYEUKS.

bout, avec sept ou huit dents en dessus, et trois en dessous. Les doigts des serres sont un peu plus longs que la main; il est, commun sur les côtes de la Manche.

Les Pagures tiennent le milieu entre les Crabes et les Écrevisses; leur queue n'est pas aussi puissamment organisée pour la natation que celle de ces dernières; mais elle n'est pas avortée comme chez les Crabes. —Le Pagure Bernard (Cancer Bernhardm, de Linné) a l'abdomen gros, contourné sur lui-même, et tout à fait membraneux, tandis que les téguments du reste du corps sont coriaces. Cette conformation exposant l'arrière- train de l'animal à des dangers continuels, celui-ci, pour le fortifier et le munir d'une cuirasse que la Nature lui a refusée, a l'instinct de se loger dans une coquille univalve, au fond de laquelle il se fixe à l'aide de ses pattes postérieures ; il la traîne partout avec lui, et s'y retire en entier, ne laissant paraître au dehors que ses pinces antérieures. Tous les ans, au commencement de l'année, et au moment où il change de peau, il s'en va à la recherche d'une nouvelle coquille plus grande, et bien proportionnée à sa grosseur. On le voit alors visiter toutes les coquilles spirales qu'il rencontre, et en mesurer la capacité. Aussitôt qu'il a trouvé celle qui, par sa légèreté et sa surface polie, est propre à lui servir de maison mobile, il quitte l'ancienne, et entre précipitamment dans la nouvelle. Il y adhère si fortement qu'on ne peut l'en faire sortir que par le feu. C'est à ces habitudes que le Pagure doit ses noms populaires de soldai, A'ermile, de Diogcne, et nous n'avons pas besoin de vous en expliquer la signification.

Les Birgus sont de grands Crustacés de la mer des Indes, analogues aux Pagures, et dont la queue, sans être membraneuse, est à peu près arrondie. L'espèce la plus remarquable de ce sous-genre est le Crabe voleur (Cancer latro, de Linné), dont le thorax est divisé par quatre sutures, et dont l'abdomen est simple et ventru en dessous. Cet animal quitte la mer et monte la nuit aux Cocotiers pour en dérober les fruits, dont il est très-friand. Mais ce qu'il y a de plus curieux dans ces mœurs amphibies, c'est qu'elles semblent provoquer une anomalie bien plus rare encore chez un autre animal respirant comme le Crabe par des branchies : un Poisson acanthoptérygien du genre des Berches, le Perça scanden s, quitte aussi son élément naturel, comme s'il voulait suivre l'exemple qui lui est proposé par le Crabe voleur, et il poursuit celui-ci sur les Cocotiers où il a grimpé. Cette singulière faculté tient à une organisation particulière permettant à la Perche de retenir une certaine quantité d'eau pour arroser les branchies, qui d'ailleurs sont préservées du contact de l'air par la clôture exacte de leurs opercules.

Ordre des Stomapodbs. — L'ordre des Crustacés Siomapodes ne vous présentera que des espèces peu intéressantes. Nous citerons seulement les Squales, dont le test ne forme qu'un seul bouclier en carré allongé, recouvrant la tête, à l'exception des yeux et des antennes, et les premiers anneaux du thorax; tous les pieds-mâchoires, dont les seconds sont fort grands, et les quatre pieds antérieurs, sont très-iapprochés de la bouche (de là le nom de Siomapodes) sur deux lignes convergeant inférieurement; le corps est étroit et allonge. — Telle est la Squille mante (Cancer marais, de Linné), qui est longue d'environ sept pouces; le crochet des pinces a six dents, le corps a en

ORDRE DES L^MIPODES.

dessus plusieurs lignes élevées; l'anneau postérieur a deux taches roussâtres. Cette espèce, dont la chair est très-bonne, n'est pas rare sur les côtes de la Méditerranée; dans le midi delà France, on la nomme Prega-Diou, comme les Manies orthoptères, dont nous vous avons parlé.

L'ordre des Amplùpodes ne nous arrêtera pas plus que le précédent. Il pourrait être compris dans le genre Crevette de Fabricius. Nous n'en citerons que deux espèces. — La Talitre sauteuse (Gamniaru.i lociista, de Fabricius) a le corps très-comprimé, avec les hanches des dernières paires de pattes fort grandes; aucun des pieds n'est pourvu de pince; la queue a des épines bifides. La Talitre est très-commune sur le sable de la mer, où elle saute avec une agilité extrême.— La Crevette des ruisseaux (Gammarus pulex , de Linné), qu'il ne faut pas confondre avec la Crevette marine ou Palémon, a les quatre pieds antérieurs en forme de petites serres, avec la griffe se repliant en dessous. Sa taille ne dépasse guère un demi-pouce; le corps est allongé et très-comprimé, ce qui force l'animal à nager sur le flanc quand il est placé au fond de l'eau. Cette espèce est très-commune aux environs de Paris; elle est carnassière, se nourrit d'Insectes, de Poissons, et d'autres animaux privés de vie.

Ordre des Ltemipodes. — Les Crustacés de l'ordre des Lcmipodes ont l'abdomen à l'état rudimentaire. Nous citerons seulement parmi eux le Cvame de la Baleine (Oniscus Celi, de Linné)-

Le Cyame (te la Baleine

Son corps est très-élargi, ses pattes sont courtes; il babite en parasite sur le corps de la Baleine, ce qui lui a valu le nom vulgaire de Pou de Baleine. Il se trouve aussi sur le Maquereau.

1 A. Bouche. — V. Yeux Hère de la tète.

ières paires de pieds, dont l'antérieure est fixée en dessous et en ar- B. Troisième,' quatrième et cinquième W*wf^**-°' A PP endices t,cs " cuxi ™ c et ^

sième segments, portant a leur hase l'orifice des organes i

•espiraloires D D.

654 CKUSTACÉS BKOYEURS.

Okdkk des Isopodes. — Dans l'ordre des Isopodes, noirs remarquerons les Bopyres et les Cloportes. Les Bopyres sonl des parasites sans yeux et sans antennes, à corps plat, très-petit, dont les fausses pattes abdominales sont garnies d'appendices branchiaux rameux ; nous vous en avons parlé au sujet des Palémons, sous la carapace desquels ils séjournent. — Les Cloportes ont des antennes latérales de huit articles, à base recouverte par les bords de la tête; les branchies sont renfermées dans les premières écailles placées sous la queue; les deux appendices extérieurs du bout de la queue sont beaucoup plus grands que les deux internes. Leur nom est une contraction de clous à porte, et fait allusion à l'habitude qu'ils ont de se rouler en boule quand on les inquiète. Ils fréquentent les lieux retirés et sombres, comme les caves, les celliers, les fentes des murs; ils se trouvent aussi sous les pierres, lisse nourrissent de matières végétales et animales corrompues, et ne sortent guère de leurs retraites qne dans les temps humides. La femelle réunit ses œiiTs dans une poche membraneuse siluée sous le thorax ; les petits y éclosent, et la mère les transporte ainsi partout avec elle, lorsqu'elle va chercher pâture. Il suffil de saisir une femelle èl de la renverser pour voir les petits sortir de la poche membraneuse où ils étaient blottis.

Le Cloporte domestique.

Le C 1.0 po it te domestique [Oniscus Asellus, de Linné ) est lisse, cendré, lâché de noir, et d'un peu de jaune ; mais on en trouve dans la campagne deux autres variétés qui ont, comme lui, dix anneaux, sans compter la tête et la queue, et deux appendices à la queue. La première est très-lisse, de couleur brune tachetée de gris, mais sans aucune tache jaune; l'autre est d'un noir mat tout chagriné en dessus. — Le Cloporte Aiuiapille (Oniscus ArmadUlo, de Linné) est large, lisse et uni; sa couleur est noire avec un peu de blanc au bord des anneaux. Des dix anneaux qui composent le corps, sans compter la tête et la queue, les sept premiers sont larges, et les trois derniers courts; ceux-ci, avec celui delà queue, forment l'extrémité du corps de l'animal, qui est arrondi sans aucun appendice : ce qui fait le caractère spécifique de l'Armadille.

Les Ligies sont des Cloportes maritimes qui ont les antennes latérales com-

ORDRE DES CLADOCERES

posées d'un grand nombre de petits articles, et dont l'abdomen est terminé par deux Stylets partagés en deux branches. — Telle est la Ligie océanique (Onlscus océaniens, de Linné), longue d'un pouce, grise, avec deux grandes taches jaunâtres sur le dos ; les antennes latérales sont de moitié plus courtes que le corps, et leur tige est divisée en treize articles ; les stylets sont delà longueur de la queue. Cette espèce abonde sur nos côtes, où on la voit grimper le long des rochers. Lorsqu'on cherche à la prendre, elle replie prompteinent ses pattes et se laisse tomber.

Oudre des Copépodes. — Les quatre ordres suivants, Copépodes, Ostracodes, Cladocères, Phyllopodes, étaient autrefois compris dans le genre Monocle, de Linné (ce mot signifie Œil unique). —Dans les Copépodes, il n'y a pas de carapace, et les yeux, situés au milieu du front, sont confondus en une seule masse, de manière que ces petits animaux semblent n'avoir qu'un seul œil. Les Cyclopes, qui forment le principal genre de ce groupe, sont des Crustacés presque microscopiques, qui abondent dans les eaux douces et marines. — Le Cvclope quaoricorse (Monoculus qiiadrkornis, de Linné), dont la longueur totale est de deux lignes, a toutes les antennes simples ou sans divisions; les inférieures ont quatre articles, et leur longueur n'égale guère que le tiers des supérieures. Le corps est renflé et ovoïde, la queue est étroite et de six segments. La couleur varie du rougeâtre au verdâtre.

Ordre des Ostracodes. — Dans l'ordre des Oslracodes, qui ont le corps couvert d'un double bouclier semblable à une coquille bivalve, nous remarquerons la Cvpris brune (Cypris fusca, de Straus), dont la coquille est longue de deux tiers de ligne; elle habite les eaux tranquilles, et se nourrit de subslances animales mortes, mais non putréfiées; elle mange aussi des Conferves. Au lieu de porter ses œufs sous son abdomen, elle les dépose sur quelque corps solide, et les y fixe au moyen d'un filament vert, semblable à de la mousse. Ces œufs éclosent au bout de quatre jours et demi, et les jeunes qui en sortent naissent avec l'organisation qu'ils doivent toujours conserver. Ce qu'il y a de surprenant dans l'histoire de ces animaux, c'est que les mares où ils vivaient, ayant été desséchées, se trouvent de nouveau peuplées de Cypris quand une forte pluie est venue les remplir. Ce phénomène s'explique par la faculté qu'ont les Cypris de s'enfoncer sous la vase humide, et d'y rester vivantes jusqu'au retour des pluies. Si la vase est desséchée complètement, elles périssent sans retour ; mais leurs œufs se conservent et éclosent dès que l'humidité reparaît. — Le Polvphème des étangs {Monoculus pediculus, de Linné) a les antennes en forme de rames, divisées en deux branches, et chacune d'elles est composée de cinq articles; la queue est retroussée sur le dos.

Ordre des Cladocères. - Dans l'ordre des Cladocères, qui ont les antennes semblables à deux bras ramifiés, nous citerons les Daphnies. Ces petits Crustacés habitent les eaux douces et stagnantes. La Daphnie-Puce {Monoculus Pulex, de Linné), nommée par Swammerdam la Puce aquatique arborescente, et par Geoffroy, le Perroqvet d'eau, est la plus commune de toutes. Son bec est grand, convexe; son corps est aplati latéralement comme celui d'une Puce, et renfermé dans une espèce de bouclier bivalve transparent. Ses antennes lui servent de rames pour nager, et de membres pour avancer par sauts et par

HHH

«3« CRUSTACÉS SUCEUHS.

bonds. Il varie pour la couleur, étant quelquefois d'un blanc rougeâlru, d'autres ibis verdàtre, et quelquefois rouge. Cette dernière couleur, dit Geoffroy, donne, vers le printemps, aux eaux qui contiennent beaucoup de ces Crustacés, une teinte rouge qui épouvante le peuple, en lui faisant croire que l'eau est changée en sang.

Ordre des Pu yllopodes. - Dans l'ordre des Phyllopodes, on trouve les Apus, dont la tète et le thorax sont cachés sous un grand bouclier horizontal; tel est PAp us-Crabe (Apus cancriformb , de Latreille), nommé par Geoffroy Binocle à queue en filets : le mot binocle, qui signifie deux yeux, indique que les yeux sont séparés dans cette espèce. Le corps a dix-huit lignes de long sur dix de large, il est couvert de deux valves qui s'écartent en arrière et ne laissent voir que la queue : de là le nom à'Apus, signifiant sa?is pieds; les pieds existent cependant au nombre de six; la queue se termine en deux longs tilets assez durs, qui n'ont point de lames entre eux. Cette espèce habite les fossés, les inares, les eaux dormantes, où elle forme des sociétés innombrables; elle se nourrit de Têtards, et sert à son tour de nourriture à l'Oiseau nommé vulgairement Lavandière.

Division des Crustacés suceurs. — Nous avons rapidement passé en revue les Crustacés broyeurs; les Crustacés suceurs, qui forment la deuxième division de la classe, ne nous arrêteront pas longtemps. Us vivent parasites sur d'autres animaux ; leur bouche est en forme de bec ou de trompe, renfermant, des appendices styliformes propres à percer les téguments des Vertébrés dont ils sucent les humeurs. Tel est I'àbguae Foliacé (Monoculus foliaceus, de Linné), qui se fixe à la partie inférieure ducorps des Têtards de Grenouilles et des Poissons ; son bouclier est ovale, éebancré en arrière, et recouvre le corps, à l'exception de l'extrémité de l'abdomen; les pieds sont au nombre de douze ; le corps est aplati, d'un vert jaunâtre clair, et long d'environ deux lignes et demie.

Division des Crustacés Xiphosures. — La division des Crustacés Xiphosures ne se compose que d'un seul genre, celui des Limules, dont la structure est des plus anomales, et qui devrait, suivant M. Hercule Straus, être placé parmi les Arachnides. Ce sont de grands animaux, dont le corps est divisé en deux parties : la première, recouverte par un houclier demi-circulaire, porte les yeux, les antennes et six paires de pieds qui entourent la bouche, et qui servent à la fois pour marcher et broyer; la seconde portion du corps, recouverte par un autre bouclier presque triangulaire, porte en dessous cinq paires de pattes natatoires, dont la face postérieure est garnie de branchies, et elle se termine par une longue queue en forme d'épée (de là le nom de Xiphosures, queue en glaive). Ces Crustacés habitent les mers des pays chauds.

CLASSE DES CIltKII IPÈ DES.

Le Liinule PolyiiUéme.

Tel est le Limule Poi.yimième (MohochIhs Polyphemus, de Linné), nomme vulgairement Crabe des Molvqites, qui a la queue un peu plus courte que le corps, triangulaire, finement dentelée à l'arête supérieure, sans sillon prolonge en dessous. Cette espèce atteint quelquefois deux pieds de longueur, et se tient ordinairement sur les rivages de l'Océan des grandes Indes. — Le Limule cvclope [Limulus cyclops, de Fabricius), autre espèce de l'Océan américain, est désigné dans le pays sous le nom de Poisson casserole, parce qu'il en a la l'orme, et que son test, dégarni de ses pattes, peut servir à puiser de 1 eau. Les sauvages emploient le stylet de la queue à faire des flèches dont l'atteinte est redoutable. Les œufs de ces deux espèces sont comestibles.

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