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Oit DR i; DES DÉCAPODES. 629
loire tantôt une espèce d'auge destinée à servir de réservoir pour l'eau nécessaire au maintien de l'humidité autour des branchies, tantôt une membrane spongieuse, placée à la voûte de cette cavité. Les ïourlouroux se nourrissent principalement de substances végétales; ils sont nocturnes et crépusculaires. Ces animaux, qui habitent quelquefois des collines très-éloignées de la côte, quittent, à l'époque des pluies, leur demeure terrestre pour se rendre à la mer; alors ils se réunissent en troupes nombreuses et se mettent en route. Pour le voyageur qui chemine la nuit dans les campagnes de l'Amérique méridionale, c'est une singulière rencontre que celle d'une armée de Tourlouroux traversant au pas de course les bois, les prairies, les rivières, ne se laissant arrêter par aucun obstacle, et dévastant tout sur son passage. On a remarqué que leurs étapes sont disposées de manière à leur permettre de renouveler régulièrement la provision d'eau nécessaire à l'humeçtation de leurs branchies. — L'amiral Drake, ayant débarqué, en ^03, quelques hommes de son équipage dans une île déserte des côtes de l'Amérique, ces Crabes affamés s'attachèrent, dit-on, à leurs jambes, les renversèrent et les dévorèrent.
Les Araignées de mer sont des Crabes dont la carapace est triangulaire, et se prolonge ordinairement par son extrémité antérieure, de manière à former un bec très-aigu; leurs pattes sont très-longues, ce qui leur a valu leur nom populaire. Tel est le Maïa squinapo (Cancer Mata, de Scopoli), qui est long de quatre pouces, et large de trois; sa carapace est toute couverte de tubercules velus; deux longues épines, un peu déprimées, divergent en avant de son front. On voit une grande pointe au-dessus de chaque orbite, cinq pointes fortes de chaque côté de la carapace, et une sixième au-dessous de l'orbite. Cette espèce est très-commune dans l'Océan et la Méditerranée. Les anciens en avaient fait un attribut de Diane d'Épbèse; ils lui attribuaient une grande sagesse, et la croyaient sensible aux charmes de la musique. On trouve sur beaucoup de médailles grecques la figure de ce Crustacé.
Les Décapodes constituant le grand genre Écrevisse ont la queue au moins aussi longue que le corps (de là leur nom de Macroures, qui signifie longue queue), et terminée par cinq lames disposées en éventail, et formant une nageoire. Ces Crustacés sont essentiellement nageurs; la plupart ne viennent pas à terre, et ne marchent que peu au fond de l'eau ; ils nagent presque toujours, et les mouvements vigoureux de leur queue les poussent en arrière avec une vitesse extrême
Les Langoustes, qui appartiennent à cette division, sont des Crustacés de grande taille dont les antennes sont cylindriques, très-longues, et hérissées de piquants; toutes leurs pattes sont sans pinces, c'esl-à-dire à un seul doigt; leur front est armé de deux grosses cornes recourbées, et leur carapace est hérissée d'une multitude d'épines. Telle est la Langouste commune (Asiacns elephas, de Leach), qui atteint quelquefois un pied et demi de longueur, et qui, chargée d'œufs, pèse de douze à quatorze livres. Son test est épineux, garni de duvet, avec deux fortes dents dentelées, au devant des yeux. Le dessus du corps est d'un brun verdâtre ou rougeâtre. La queue est tachetée et ponctuée de jaunâtre. Ses segments ont un sillon transversal, interrompu au milieu, et se» bords latéraux forment un angle avec des dentelures. Les pattes sont entre-
CRUSTACÉS BttOYEUKS.
coupées de rouge et de jaunâtre. Cette espèce habite nos côtes, et se tient pendant l'hiver dans les profondeurs de la mer; elle ne se rapproche du rivage qu'au retour du printemps. C'est dans les rochers qu'elle pond des œufs petits, très-nombreux et d'un beau rouge.
Les Écrevisses proprement dites ont au-dessus de la base des antennes externes un appendice Iamelleux et mobile; la carapace se termine antérieurement par une espèce de corne médiane nommée rostre. Les paltes antérieures sont très-grosses, et armées de pinces extrêmement fortes; celles des deux paires suivantes, quoique grêles, sont également munies de pinces ; celles de la qualrième et de la cinquième paire sont à un seul doigt. La chair de ces Crustacés est très-estimée. Les deux principales espèces sont VEereriue fluviale et VÉcrevisse marine ou Homard.
L'Échevisse , W vun»(A«««. fluvktilîs, de Fabncus) a ses pinces antérieures chagrinées et finement dentelées à leur bord interne ; le museau du rostre a une dent de chaque côté, et deux à sa base ; les bords latéraux des anneaux de la queue forment un angle aigu; sa couleur, qui varie accidentellement est d'un brun verdâtre. Les Écrevisses habitent les eaux douces de 1 Lurope se tiennent sous les pierres ou dans des trous, et n'en sortent que pour chercher leur nourriture, qui consiste en petits Mollusques, Poissons, ou larves d'Insectes; elles se nourrissent également de chairs corrompues et de cadavres de Quadrupèdes flottant dans l'eau, que l'homme place dans des filets pour y attirer ces Crustacés. On les pêche aussi aux flambeaux. Elles vive,, au delà de vingt ans, et leur taille s'accroît jusqu'à la fin de leur vie. La femelle, après sa ponte, rassemble ses œufs en las et les colle à ses fausses pattes ; ils sont d'un rouge brun, et grossissent avant d'éclore; ««^J*^*^ molles au moment de leur naissance, et tout a fait semblables a lu mes réfugient sous sa queue, et y restent plusieurs jours, jusqu a ce que le,,, tes.
S °L e'S'de ,a mue est une époque critique pour les Écrevisses : l'o^atio,, par laquelle ces animaux se séparent de leur cuirasse protectrice est tres^borieuse II vous est facile d'en être témoin, en tenant une Ecrevis e dam .un bocal, et l'observant assidûment pendant la belle saison. Quelques jouis avant le dépouillement, l'Écrevisse cesse de manger, son test se détache peu a pe» de ses chairs, sans cesser de les envelopper; bientôt l'Ecrev.sse frotte ses pattes les unes contre les autres, se renverse sur le dos, replie et étend sa queue différentes fois, agite ses antennes, gonfle son corps, et opère une lente dans son test entre l'abdomen et le corselet. Après cette rupture, l'animal reste quelque temps en repos; ensuite, en gonflant les parties situées sous la carapace, il soulève celle-ci, tire sa tête en arrière, dégage ses yeux, ses antennes ses bras, et successivement toutes ses pattes; puis il se donne brusquement, un mouvement en avant, étend la queue, et se dépouille de ses anneaux. Ainsi finit la mue, qui est souvent mortelle, et toujours très-pénible; la nouvelle peau se durcit en vingt-quatre heures. Cen'est pas seulement la peau externe qui se renouvelle; un nouvel estomac se forme au-dessous de l'ancien, et le detnu peu à peu. Dans les Écrevisses prêtes à muer, on trouve toujours sur les co es de l'estomac deux corps calcaires, improprement nommés yeux d'herevisses.