I KS OISEAUX
ORDRE DES GRIMPEURS
Les Oiseaux qui forment cet ordre ont le même régime el la même organisation que les Passereaux; ils en diffèrent par leur doigt externe dirigé en arrière comme le pouce, et cette disposition des doigts, dont deux sont en avant et deux en arrière, leur permettant de se cramponner plus solidement aux Iji inches des arbres, la plupart en profitent pour grimper dans toutes les directions : de là le nom de Grimpeurs. Mais il ne Tant pas prendre ce nom à la rigueur; car si nous avons vu parmi les Passereaux des Oiseaux qui grimpent, nous allons voir parmi les Grimpeurs des Oiseaux qui ne grimpent pas, tels que le Coucou, par exemple. Voilà l'inconvénient des noms dont la signification est trop exclusive : un ordre d'animaux désigné par un de ses caractères physiologiques se trouve tout à coup disloqué, dés qu'il vient s'y joindre une espèce nouvelle, dont les allures sont différentes, quoique la structure anatomique soit exactement la même,
Le genre nombreux des Pics nous occupera d'abord : c'est surtout aux espèces de ce genre que convient la dénomination donnée à l'ordre que nous éludions. Les Pics montent perpendiculairement, el en décrivant une spirale le long du tronc et des grosses branches des arbres. Leur queue est composée de dix pennes roides et élastiques, qui les soutiennent en arc-bnutant lorsqu'ils grimpent; ils ont le bec long, droit, anguleux, propre à fendre reçoive des arbres: la langue est grêle, munie vers le bout d'épines recourbées eu arrière et grâce aux longues cornes de l'os lingual qui la poussent en avant, elle a s'allonger considérablement hors du bec Leur nourriture consiste surtout en larves d Insectes coléoptères, appartenant aux genres Lucane et Capricorne, qui viveni
entre le bois et l'écorce des arbres : ils s'en emparent, soit en IV; ant avec
leur bec sur le tronc, et produisant une secousse qui l'ait sortir l'Insecte de son trou, soit en enfonçant rapidement leur langue gluante dans 1rs fentes de l'écorce. On les voit, après qu'ils ont frappé sur un côté, courir aussitôt vers le côté opposé; ce n'est pas, comme le croienl bien des gens, pour voir si l'arbre esi perce, mais bien pour saisir les Insectes qu'ils ont réveillés el mis en mouvement. Buffon pense que le s endu par la partie du bois qu'ils frappent leur fait connaîtreles endroits creux où se oichenl les Vers, ou bie
cavité dans laquelle ils pourront se Loger eux-mêmes el disposer leur nid. Les
Pics sont inquiets, farouches, et presque toujours ils rivent s aires. Dans I.
saison des œufs, ils s'appellent en < , an i des coups de bec rapides sur une
branche sèche. Nous allons vous faire connaître les principales espèces de ce genre intéressant,
1-e Grand Pic nom [Pi c „ s Maniu*. de Linné) a dix-sept pouces de longueur, c'esUà-dire presque la taille d'une Corneille; tout son plumage est d'un oea« non-, à l'exception de la tête, qui esl entièremenl rouge dans le mâle, ci -eiileuiee.t vers la nuque dans la femelle. Cet Oiseau x i t dans les bois de sapins
" ord " 'I" 'dommage, non-seulei eu souleva,.! l'écorce ,,• v saisir sa
ORDRE DES GRIMPEURS. I
proie, mais eu creusant l'intérieur do l'arbre à coups de bec, afin d'y nicher. Celle espèce est friande d'Abeilles, de Guêpes, de Fourmis et de Chenilles; elle est quelquefois frugivore. — Le Pic-vert (Picus viritlis, de Linné), nommé vulgairement Pivert, est un de nos plus beaux Oiseaux d'Europe. Sa taille est de douze pouces et demi, à peu près celle d'une Tourterelle ; il est vert en dessus, blanchâtre en dessous, la calotte est rouge et la croupe jaune; la femelle a peu de rouge, la lête et les moustaches noires. Le Pic-vert habite les forêts peu épaisses, et surtout les bois de hêtres et d'ormes. Son vol est par élans et par bonds; il plonge, se relève et (race eu l'air des arcs ondulés, ce qui ne l'empêche pas de s'y soutenir assez longtemps, car il franchit d'assez grands intervalles de terres découvertes pour passer d'une forêt à l'autre. Il annonce son arrivée par un cri dur el aigre, liacacan, tiacacctn ; il a de plus (pie ce cri un chant d'appel qui ressemble ; > un éclat de rire, t'ià, lié, lïà, ùô, et qu'il répèle jusqu'à trente et quarante l'ois de suite; enfin on lui en connaît un autre plaintif et (rainé, plhu, plieu, Plieu, qui annonce, dit-on, la pluie. Son goût pour les Insectes logés dans les arbres n'est pas exclusif : au printemps et en été, il se tient souvent à terre, habitude que n'ont pas les autres Pics européens : c'est pour manger des Fourmis, dont il est très-friand. Quand arrive la saison des œufs, le mâle et la femelle choisissent un arbre tendre, rarement un chêne, el travaillent de concerl à Y creuser un trou oblique et profond pour leur nid. C'est sur un lit de mousse 1,1 de laine que la femelle pond quatre à six œufs blancs.— Le Pic-vert doit vous '"appeler nue des plus aimables fictions de la mythologie ancienne : c'est l'histoire édifiante de Picus, prince du Latium, époux de la belle Canenle, dont la v °ix mélodieuse ébranlait les rochers, apprivoisait les hèles féroces, retardai! le cours des fleuves, el arrêtail les discaux dans leur vol rapide. On pouvail "H'e d'elle, .nissi bien que d'Orphée :
Sa voix clouée sail les tigres îles déserts, Et 1rs chênes émus s'inclinaient dans les airs.
'm jour que son époux était allé chasser le Sanglier dans les forêts de Lau- "'"^ il fut rencontré par Circe, fille du Soleil, qui cherchait des plantes vénères pour ses enchantements. A la vue du beau Picus, la farouche magicienne sei| lil s'amollir son âme, cl les herbes malfaisantes tombèrent de ses mains:
Q tôt, pour arrêter l'objet de s >uvel amour, elle a recours à ses plus puis-
sauts sortilèges : elle envelO] le nuages le front de son père, elle fait Irem-
bler la terre, mugir les les, siffler les vents, hurler les mânes sortis de leurs
'"'"'"■"ix; puis.au milieu de ce bouleversement, elle paraît devant Picus, et lui Impose d'être le gendre du Soleil. Picus lui répond froidement qu'il veut rester , " 1 '' 1 '' à Canenle. Circé rurieuse, le frappe de sa baguette, et le malheureux Cha S8eur (levienl un < liseau qui conserve encore sur son plumage 1 or, la pourpre
,H lc vert brillant de son ces ,e de prince. L'infortunée Canenle, ne voyant pas
l, ' v,; " i >- son époux le chercha par toute l'Italie, oubliant le sommeil el la nom -
''"'"v. «1 faisanl rete ■ l'air de ses cris u-eùx. Elle vinl enfin s asseoir
S| "' 'es bords du Tibre; la s ;orps se dissipa en vapeur, H il ne resta d elle
' l '"' Sil voix, que l'on nomme encore aujourd'hui L'écho de Cane
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Le Pjc ÉPE1CHKTTJ5 (/ J fCM« »«/,«,-, ,1c Linné 1, nommé aussi ptf< Épetcfe. est grand comme un Moineau; les parties supérieures sont noires, tachetées de
blanc; le front, la région des yeux, les côtés du co] et les parties inférieures
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sont d'un blanc finement strié de noir sur la poitrine et sur les lianes; le sommet de la tête est rouge; la nuque, le manteau et les couvertures des ailes sonl
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noirs, ainsi que les moustaches, qui descendent sur les cotés du col; les lec-
trices latérales sont terminées de blanc el rayées de noir, le bec et les pieds
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noirâtres cl l'iris rouge. La femelle n'a pas de rouge sur la tête; s lumage
est en général plus nuancé de brun et couvert de taches plus nombreuses. Celle
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espèce n'est guère commune en France, elle es) plus répand lans le nord de
l'Europe et les parties orientales de la Sibérie; elle ne creuse pas son nid dans les arbres, elle choisi! un trou naturel, qu'elle dispute quelquefois à la Mésange
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charbonnière.
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Le Pic labooheob [Pieu» arator, de Cuvier) appartient à l'Afrique méri-
dionale. Sa taille est de dix pouces, les pallies supérieures sont d'un brun oli-
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vâtre,, tacheté el vermiculé de faove, la gorge el le devant du col sonl d'un brun sombre tacheté de lame; l .« poitrine, le rnili lu ventre el la croup*"
" r ""K''*. les flancs l.ru.iàles. le bec unir el les pieds bruns. Le Pif IrdoM"
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,, grimpe jamais : c'est à lerre qu'il cherche sa proie, c'est en . tant tles pieds et en la piochant du bec qu'il découvre les trous pratiqués pa. les larves des Hannetons, des Carabes et autres Insectes dont le Ver a une vie souterraine; c'est avec sa longue langue à harpons qu'il retire ces larves de leurs trous, comme le pratiquent les autres Pics à l'égard de celles qui vivent sous l'écorce des arbres. Les Pics laboureurs habitent les montagnes rocheuses de l'Afrique méridionale, d'où ils s'échappent pendant le jour pour se répandre dans les plaines, et où ils reviennent le soir pour regagner des cavernes dans lesquelles ils élèvent aussi leurs petits.
Le Pic aux ailes dobées ( Pieux anralus, de Latham) est un Oiseau de l'Amérique septentrionale, dont la taille est de onze pouces; il a les parties supérieures brunes, rayées de noirâtre, le sommet de la tète et le col d'un gris plombé, la nuque d'un rouge vil', les moustaches noires, la croupe blanche, les couvertures de la queue variées de noir et de blanc, les tiges des rémiges et des rectrices d'un brun jaune doré, le devant du col d'un cendré vineux, un large croissant noir sur la poitrine, les parties inférieures blanchâtres, lavées de roussâtre, le bec noir et les pieds bruns. Cet Oiseau est vulgairement appelé Piquebois jaune par les Français de la Louisiane. Dès que le temps des œufs est arrivé, sa voix se l'ait entendre du sommet des arbres vieux et desséchés, proclamant joyeusement l'ouverture de la belle saison. Son chant est la joie ellemême, car il imite un rire jovial et prolonge. On voit une douzaine de mâles
attaches a c User une seule femelle, voltiger autour d'elle, monter, descendre,
baisser la tète, étendre la queue, se balancer en avant, en arrière, à droite, a
gauche, exécuter enfi e espèce de ballet burlesque, dont il est difficile d'être
témoin sans rire. C'est ainsi que les prétendants témoignent à leur belle le désir
(| c lui plaire et de l'a ser. Point île jalousie, point de haine entre ces dandys
emplumés ; d'arbre en arbre, de buisson en buisson, les mêmes cérémonies se répètent : la coquette, après bien des indécisions, donne un coup de bec à celui ««'elle honore ,1e son choix, aussitôt tous les prétendants s'envolent, et le couple S'occupe de chercher une habitation commode pour la future famille ; ils partent ""semble et choisissent dans le bois un tronc d'arbre facile à creuser. Tour a toi"' le mâle et sa compagne opèrent à coups de bec l'excavation qiu doit contenir eux et leurs petits. A mesure qu'un débris de l'arbre vole dans 1 air sous le bec de l'un d'eux l'autre le félicite par un cri aigu qui exprime la joie. Enfin le nid s'achève et c'est plaisir de voir les deux Oiseaux monter et redescendre ''arbre dans tous les sens, aiguiser leur bec sur fous les rameaux, chasser inexorablement les Rouges-Gorges, les Geais pourprés et les autres Oiseaux dont 'e voisinage leur est suspect, aller en course lointaine a la recherche de Fourra, de larves et d'Insectes. Quinze jours après, six œufs blancs et transpa-
''entscom le cristal s déposés dans le nid. Hélas! ils n échappent pas
'«"jours à la voracité de la C uvre noire; les parents eux-mêmes sont atomes par l'Épervier, mais ils trouvent facilement un asile unpenetrable dans
l(1 s trous étroits et profonds des arbres, le ,. , , , r i .rive une laitue allongeable comme celle des
Le petit genre des Torcok ottie une mugue »
fies, mais dépourvue de barbelures : leur queue n'a que des pennes de forme binaire; ils ne grimpent que très-peu; ils ont. >\u reste, les mœurs des I .es.
LES OISEAUX
°." "«'■" '•"""»" <l>"' Hois espèces, donl une habite repavs: le ïorcoi
d Euhope {Tmx Torqnilla, de Lin,,, a six pouces et demi de hauteur, c'est-' ;';'«'■■" eoTiron la taille dune Alouette; ,1 esl brun en dessus et marqué de pelues ondes noirâtres et de mèches longitudinales fauves qui produisent un ffet tres-agreable; le dessous es, blanchâtre avec des raies transversales noirâtres; son cri est un sifflement plus ou moins aigu; il vit et émigré solitairement, et cherche sa nourriture plutôt à terre que sur les arbres; c'est surtout de Ion,,,,, qui] se repaît; il plonge dans les fourmilières sa langue cylininque e glutineuse, el la retire garnie de butin. Son nom générique lui ie , «I une habitude singulière : lorsqu'on le surprend ou qu'il a percoi quelque „».
JCl r t T' " t0UI * ne '" C01 '' '" """'" I l "" 1 « 8 in»eux, de „ anie e
que la tête se renverse en tous sens.
Les Concovs forment un genre dont le caractère esl d'avoir le bec médiocre assez fendu, compnme, légèrement arque el la queue longue. Ils sont insectivores el voyageurs. Les Coucous proprement dits ont les tarses rour.s'e. la queue composée de dix pennes seulement. Ces Oiseaux son. célèbres par uno
j 1ai ' ll, " l:in , 1 ' mœursquia longtemps occupé el occupe encore m ce moment
es naturalistes: non-seulemenl ils ne construisent pas de nids pour leurs peits, mais ,1s déposent leurs œufs dans des nids étrangers, laissant au proprié- '""•e les soins de (incubation e, de l'éducation d, leur progéniture : ils n'en
^^<I™> dans chaque nid, et leur instinct les porte Ljours à sir
celui d un Oiseau insectivore; en outre, l'espèce a laquelle ils accorden, cette triSte P refer '<' a des petits lue,, moins loris que les leurs el von
dm hienlol quelle esl la prew.vance oui les d r,„e ,., , ? DPWB "
,i , ' ■ I" 1 l(s 'oii^e dans en, choix La rsmae
" P M l*J»ne. P^que „„„, ans l'histoire des Oiseaux s encore T
-mue. Les,,,, pensent que la femelle agi, ainsi pour dérober ses œufs à la
i^etemp^conséquemm C^^JZll^^^Z
d mère, qu, est s, nécessaire dans l'ineuha.ion ; peut-être m ' a 7e
melle écraserait ses œufs donl la roque esl très-miL „•„• i , ece même os. D'autres enfin .«riW «Ï^S^p^T;
sier, qu, sérail comprimé par l'incubi „. Quoi mule,, J , g ,
s < "Idans son bec, qui est très-large el le te, '--■Ile prend
dégorger dans le nid de la Fauvette d ' ^ mi avale, elle va le
Rossig du Bruant, de la Griv 'd „ M , 1 ^ - *' *»*?"*> dB
'igaMe. Mais si l'an» 'm*^^™^^™*****
siens des étrangers qui se son, !„„,, ? ' '" faire adopter comme
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<or ses eoonn,.,, ' ' ' '' l " l ' l " lr s, ' s l,,m '* "aissanles a exp.,1- I , '" l'insladdesque,,,,: ,r v parvenir, i, se ,l,sse sous
tées e™ûiu ^ r t Ur 80n dos - °« il le retient à l'aide de ses Les «car-
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dessus- nuis ™ , "'"" s J ns q« «u bord du nid. il le jette par-
" Iw r "l"' llll; "" quelquefois qu'il vil en bonne intelligence
Oit Dit t. DES GRIMPEURS.
avec eux; cela doit nécessairement dépendre de la quantité de nourriture que peut lui fournir sa mère adoptive. Quelquefois aussi c'est la marâtre qui , avant de déposer son œuf, a soin de détruire ceux qui se trouvent dans le nid qu'elle veut usurper. Dans tous les cas, les parents du petit Coucou restent voisins de l'endroit où les œufs ont été déposés, et leurs petits, quand ils sont assez forts pour voler, quittent leurs premiers pourvoyeurs pour rejoindre leurs parents naturels, qui se chargent de compléter leur éducation.
L e Coucoi, eus n'UuuoPK {Cucutus canorm, de Linné] a onze pouces de lon g«<Hir; bs partit* supérieures sont d'un cendré bleuâtre, plus fonce sur les ai,es > Plus clair sur la gorge et la poitrine; des taches blanches sur les barbes ,nt ernes des rémiges- les reclrices noirâtres, tachées et terminées de blanc; les P 8rl 'es inférieures blanchâtres, rayées transversalement de noir; le bord du
''• lir 's et les pieds [aunes. - Cet Oiseau arrive dans nos climats en avril et ii. ''
i;s oiseaux.
s'annonce par un chant assez monotone auquel il doit son nom. Il habite les bois si lues sur les coteaux, vit seul et change déplace à tons moments pour chercher sa nourriture, qui consiste en Insectes et en Chenilles : il peut même avaler les Chenilles velues, ce que ne font pas les autres petits Oiseaux ; de même que les Kapaces nocturnes, il vomit les poils roulés en boulette dans son estomac. Il mange aussi les œufs des petits Oiseaux. Le Coucou se laisse approcher difficilement, et vole d'arbre en arbre sans s'éloigner beaucoup du chasseur. Sa chair est grasse et bonne à manger vers l'arrière-saison; c'est à son arrivée en avril que la comparaison proverbiale, maigre comme un Coucou, a sa jusle application Il émigré en voyageant de nuit, et va chercher sous les tropiques la nourriture qui lui manquerait chez nous en hiver.
Le Coucou solitaire (Cuculus solilarius, de Cuvier) est une espèce d'Afrique dont la taille est de dix pouces; les parties supérieures sont noirâtres avec l'extrémité des barbules cendrée; les reclrices sont terminées de blanc el les rémiges noirâtres; les parties inférieures sont rousses ; le bec est brun, jaunâtre en dessous à sa base. — Cet Oiseau a été nommé Solitaire par Levaillanl. parce qu'on en rencontre rarement plus d'un couple dans une assez vaste étendue de pays. C'est le mâle qui fait entendre continuellement un chant plaintif el lamentable : cou-a-aeli, composé de trois notes, dont la première est basse, la deuxième est la quarte de la première, et la troisième l'octave de la précédente. La femelle fait entendre une espèce de roucoulement sonore, qui exprime le contentement. C'est surtout au Jan-Frédric el au Capocier que ce Coucou laisse le soin de couver ses œufs et d'élever ses petits. Levaillant a vu ces œufs éelore le vingt-troisième jour chez le Capocier et le dix-neuvième chez le Jan-Frédric. ce qui prouve que la durée de l'incubation dépend uniquement de la couveuse.
Le Coucou criard (Cuculus c/amosus, de Cuvier) appartient aussi à l'Afrique méridionale. Sa taille est de douze pouces; son plumage est d'un noir bleuâtre; les rémiges sont noires vers l'extrémité; les reclrices étagées et terminées de blanc; le bec noir et les pieds jaunâtres. — Cet Oiseau a une voix forte et retentissante qui se fait entendre à des distances prodigieuses; il commence sa triste chanson dès l'aube du jour et la reprend le soir : c'est une phrase de trois notes, se succédant par tierces et exprimant les syllabes ha, Imita, uch. Il dépose ses œufs dans le nid du Capocier, et comme ce nid est entièrement fermé, a la réserve d'un petit trou par où pénètre l'Oiseau qui la fait, on ne peut admettre que le Coucou y soit entré pour y pondre son œuf; c'est ce qui conduisit Levaillant à soupçonner que les Coucous transportaient dans leur bec l'œuf qu'ils voulaient déposer dans le nid hospitalier. Ce fut une autre espèce de Coucou, le Dridric, dont nous allons parler, qui confirma les soupçons de cet ingénieux observateur.
LeCoucou Drioric (Cuculus «uraïus, de Linné) a, coi e les espèces précédentes, été observé en Afrique par Levaillant. Sa taille est de sept pouces et demi ; les parties supérieures sont, d'un vert doré avec cinq bandes blanches sur la tète; les rémiges sont d'un brun venlâlre, laclielede blanc; les réel rices peu étalées, terminées de blanc; les parties inférieures soûl blanches; le bec et les pieds bruns, l'iris orange. Le Dridric diffère des espères précédentes par son bec un peu plus déprime. Ce magnifique Coucou est peu difficile à découvrir:
ORDRE DES GfilMPEUUS. !5I
le maie chaule sans cesse d'un Ion égal el traînant les syllabes (ti*di~di-dric, qui lui ont donné son nom ; la femelle n'a qu'un cri, wic, wla, par lequel elle répond à l'appel de son compagnon.
Les Coucals sont des espèces d'Afrique et des Indes qui diffèrent des Coucous par l'ongle de leur pouce, qui est long, droit et pointu comme chez les Alouettes (de là le mot Coucal, composé de Coucou et d'Alouette). Ils en diffèrent surtout par leurs mœurs, car ils couvent eux-mêmes leurs œufs, qu'ils pondent dans des creux d'arbre : tel est le Coucal Houhou (Cuculus œgypiius et senegaknsie, du Latbain), dont la taille est de quinze pouces ; les parties supérieures sont d'un vert obscur irisé; les tectrices de l'aile, d'un roux verdâtre; les rémiges rousses terminées de vert; la croupe brune, les rectrices vertes, avec des reflets brillants ; les parties inférieures d'un blanc roussàtre, le bec noir, l'iris rouge et les pieds noirâtres.— Le Houhou exprime très-distinctement par ses cris les syllabes courou, couroueou, cou, cou, cou. Comme tous les Oiseaux chanteurs, les Houbous sont (rès-faciles à approcher pendant qu'ils chantent : dans tout autre moment ils sont très-défiants et ne se laissent jamais surprendre. Si on tue le mâle le premier, on n'aura pas la femelle ; mais en tuant la femelle, ou est sûr d'avoir le mâle, qui vient l'appeler par des cris perçants, sans cesser pour cela de chanter le matin, cl le soir aux heures accoutumées. Les Houbous "ni l'habitude singulière de se percher dans le sens longitudinal des branches basses des arbres.
Les Indicateurs ont été, comme les Coucals, séparés par Levaillantdes Coucous l'^M'i'cmcnt dits, dont ils se distinguent, non-seulement par leurs mœurs (car 'ls couvent leurs œufs), mais par leur bec, qui est court, haut, presque conique comme celui du Moineau, et par leur queue composée de douze pennes, qui est •' 'a fois un peu étagée et un peu fourchue. On en connaît deux espèces africaines : ce sont le petit et le grand Indu titans. Le gbahd Indicateur ((ai- ''</(« indwaior, de Calham) a six pouces de hauteur; il est d'un pouce plus grand 'lue l'autre ; les parties supérieures de son corps sont d'un gris roussàtre ; les couvertures de l'aile sont, marquées d'une tache jaune; les rémiges sont brimes. ''" sommet de la tète gris, la gorge el la poitrine blanchâtres el le ventre blancs. L «s Indicateurs se nourrissent du miel qu'ils découvrent dans les forêts, et comme leur voix criarde, leur vol court et leur caractère peu farouche permetle "t â l'homme de 1rs suivre, les habitants de l'Afrique croient que ce Coucou ''l'Iule le voyageur pour lui indiquer les ruches d'Abeilles et partager ensuite ;,v,! <' 'ni le fruit de sa découverte. Vous n'aurez pas de peine à comprendre que S| L "> Indicateur avait besoin, pour vivre, de l'intervention de l'homme, il '"ourrail de faim dans les déserts où l'Homme ne pénètre jamais, et s'il crie |! UaQ <J mi chasseur le suit, ces cris expriment plutôt la crainte que le plaisir. ^'Indicateur niche dans des trous d'arbre, et pond ses œufs sur le bois ver- " ,ou| U- H se repaît du miel et de la cire des ruches qu'il a découvertes; mais 11 '"' mange pas les Abeilles, quoiqu'il en détruise beaucoup en se défendant co "tre leurs piqûres. Celles-ci le harcèlent avec persévérance en l'attaquant tou-
1 'S aux yeux, et il n'est pas rare de rencontrer au pied des ruches le cadavre
,lu " Indicateur qui, après avoir été aveuglé par les Abeilles, n'a pu gagner un a8il «- «"I est mort dé faim devant la cité qu'il était venu dévaster.
LES OISEAUX
Les Barbus ont un gros bec conique, renflé aux côtés de sa base, et garni île cinq faisceaux de barbes roides, dirigées en avant : leurs ailes sont courtes, et leur vol assez lourd ; ils vivent d'Insectes, de fruits, et quelquefois de petits Oiseaux.
Le Barbu élégant (Bttcco elegnna, de Linné ), -nommé aussi Cubezon élégant, est un Oiseau de l'Amérique méridionale, dont la taille est de cinq pouces trois lignes; il a les parties supérieures vertes; le sommet de la tête, le menton et la gorge rouges, bordés de bleu, la poitrine jaune avec une plaque d'un rose sale, qui descend sur le ventre, dont la couleur, ainsi que celle des cuisses, est le verdâtre rayé de vert; les rectriecs sont vertes ; les pieds sont plombés, ainsi que le bec qui a une teinte jaunâtre à la pointe et sur le bord des mandibules. Ce rare et bel Oiseau habite les rives du fleuve îles Amazones, et comme les contrées encore sauvages où il a tixé son séjour offrent d'insurmontables obstacles aux investigations des naturalistes, il est peu de Musées en Europe où on puisse le rencontrer. Le Cabczon élégant détruit une immense quantité de Mouches et de Papillons, qu'il saisit adroitement par le cor|>s en faisant sauter les ailes d'un seul coup de bec. Patient comme tous les Insectivores chasseurs, il reste des heures entières immobile et l'œil au guet. S'il aperçoit un Papillon, il déploie ses ailes courtes et. le suit dans son vol tortueux; l'Insecte cherche vainement à fuir; ses circonvolutions retardent de peu d'instants une mort inévitable. Le Gabezon le saisit de son bec tranchant, et les ailes diaprées de; la gracieuse victime flottent abandonnées an vent.
Les CouroliCOUS ont, avec, les faisceaux de poils des Barbus, le bec court, plus large que haut, courbé dans sa base, et à arête supérieure arquée, mousse. Leurs pieds sont emplumés jusque près des doigts, la queue est longue et large, le plumage fin et fourni. Ils nichent dans des trous d'arbre, se nourrissent d'Insectes, et ne volent que le malin et le soir.
Le CouHoucou rosalba Trogon variegatus, de Spix ; est une espèce de la Guyane, dont la taille est de sept ponces; les parties supérieures sont d'un vert d'émeraude ; la gorge est verte avec un collier blanc sur le col ; les parties inférieures sont rouges; les troisreclric.es latérales sont barrées alternativement de noir et de blanc ; le bec il les pieds sont bruns. Cet Oiseau est fort raie a Cayenne, où on ne le trouve que dans l'intérieur des terres.
Le genre des Anis renferme deux espèces appartenant aux régions équatoriales de l'Amérique; elles se distinguent des antres genres de Grimpeurs par leur bec gros, comprimé, arqué, sans dentelures, et surmonté d'une crête verticale tranchante. On les rencontre, dans les cantons chauds et humides, par troupes de quinze à vingt, toujours unis entre eux et .serrés les uns contre les autres; ils se tiennent dans les lieux découverts, sur les buissons îles savanes; ils vivent de maïs, de riz, de fruils et surtout d'Insectes; ils s'abattent même souvent but le dos îles Bœufs, qu'ils débarrassent des larves d'Insectes parasites logées sous leur peau. Quand la saison des nuls est arrivée, les Anis continuent de vivre en
commun, caractère exceptionnel de sociabilité qui les distingue de la plupaJ
des autres oiseaux ; un seul ci mè nid reçoil toutes les couveuses de la troupe ,
il est proportionné au nombre des œufs, et construit solidement entre de larges
bifurcations d'un huiss qiais ou d'un arbre touffu : chaque femelle v pOIK
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dans la saison des œuls, mais hors le temps de la ponte, ils sont réunis en troupes. Ils se tiennent sur le bord des ruisseaux et s'y baignent plusieurs lois le jour; leur voix naturelle est dure et criarde, et leur plumage offre des couleurs tres-vanees, mais presque toujours pures et brillantes : le Vert domine nuis le rouge, ensuite le bleu et le jaune. Ces Oiseaux sont pour la plupart habitants de la zone torr.de : ,1 y en a dans les deux continents, et les espèces sont différentes dans chacun des deux. Chaque grande île a même ses espèces particulières. On a subdivisé ce genre nombreux en plusieurs sections, fondées en mènerai sur les formes de la queue. °
Les Aras ont la queue longue et étagéc, et les joues dénuées de plumes ■ ils appartiennent a l'Amérique méridionale; la plupart sont de grande taille et offrent les couleurs les plus brillantes. — L'A a a rocge (Psittacus Macao' de Linue) a trente pouces du bec à la queue; le sommet de la tête est d'un rôuffe vif, ainsi que le haut du dos, le col, la poitrine, le ventre et les cuisses- les rémiges sont verles en dessus, azurées et noires en dessous; les tectrices son! nuancées de bleu, la peau nue des joues est blanche, ornée de petites plumes rouges disposées en lignes autour des yeux. Cette espèce habite les Antilles et le continent de l'Amérique méridionale : elle est peu farouche et s'accoutume à la captivité, mais alors, dit-on, elle devient très-sujette à l'épilepsie.
Ira Araranga
L Au.v à«ACAH« v (AitiMiM Aracanga. de Linné) ressemble à l'Ara rouge; 1 est plug peut ( | ( . ,,„.„,,, |) „ m ,. >; , ( . rouge (|| , |M pj umage ,. s , (| . ||1|( . amuce
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