II
lîrtuipeieiiu il'Kuropf.
Le Gbimpebeau d'Europe {Cerihia famUiaris,.àe Linné) est-un petit Oiseau dont la longueur totale est de Cinq pouces; le dessus est cendré, varie de slr ifs blanches, rousses et noirâtres; les rémiges sont d'un brun foncé, termines par une tache jaunâtre, avec une bande de la même teinte vers le milieu; la gorge, la poitrine et le ventre sont blancs. Il fréquente les bois et les ver- S ci 's; sa vie est très-laborieuse, il grimpe sans cesse le long des arbres, visitant les branches qu'il parcourt avec rapidité, furetant sous leur écorce et saisissant de petits Insectes, des Larves et surtout des Punaises du pin, dont il es t très-friand : il jette en voltigeant un cri Irés-éclatant, qu'on est étonné (l entendre sortir du corps d'un si petit Oiseau.
Le Giumpereau- Pinson (Dacnis viridis, de Vieillot) est une espèce du B ''ésil remarquable par le beau vert de son plumage qui change de nuances. s,l| vant que la lumière le frappe plus ou moins obliquement : quelquefois soml "'°- d'autres fois d'une pureté éclatante, il est toujours soyeux et comme
lks OISEAUX.
argenté. Ce magnifique Oiseau se montre toute l'année, niais il paraîl plus commun d octobre à mars, dans la saison des pluies, qui est aussi celle de la rectification des arbustes dont les haies font sa nourriture; d'avril à septembre, ,1 hab.te les bananiers qui bordent les rivières dans l'intérieur du Brésil Les Sucners ou Gnilgmi* sont des espèces qui n'ont pas la queue usée et ne grimpent point, mais que leur bec range dans la section des Grimpereaux; ous apprennent a l'Amérique, recherchent le nectar des fleurs et sont très- Friands d Insectes. Les Soui-Mangns n'ont pas non plus la queue usée; leur bec, long et tres-gréle, a le bord ,1e ses deux mandibules finement dentelé en sc<e; la langue, qui peut s'allonger hors du bec, est terminée en fourche- ils vivent sur les fleurs dont ils pompent le miel ; c'est de là que leur vient le nom de bom-Manga, qui signifie, en langue madécassc. mangeur de sucre Ces petiK Oiseaux, dont le plumage brille des couleurs métalliques les plus éclatantes appartiennent a l'ancien continent, el y représentent les Colibris; leur naturel est gai et leur chant agréable.
Ces Colibris appartiennent tous à l'Amérique et habitent, sans la dépasser la «on* intertropicale. Leur bec est long, grêle et renferme une langue qui s'allonge '"'"me celle des Pics, et se divise en deux filets, servant à l'Oiseau de siphon pour pomper le nectar des fleurs; ils se nourrissent surtout d'Insectes; leurs pieds très-courts sont impropres à la marche, mais lesorganes du vol compensent complètement chez eux l'absenc cette faculté, qui leur serafcinùtile. Ces Oiseaux
les plus petits de leur classe, sont aussi ceux que la nature a parcs , les plus bnllanf.es couleurs; chacune de leurs plumes est pourvue d'une prodigieuse quantité de barbules, véritables réflecteurs qui, suivant l'angle d'incidence sous lequel tombe la lumière, décomposent ce fluide, et réfléchissent de la manière la plus variée les rayons coinces qu'ils n'ont pas absorbés Les Péruviens leur donnaient le nom de Cheveux dusoteil, et faisaient avec leurs plumes •les tableaux d'un éclat éblouissant. Leur caractère est peu sauva..,, ils se laissent approcher de très-près, mais ils partent comme un irait lorsqu'on veut les saisir; irascibles en proportion de leur petitesse, ils se battent entre eux avec acharnement; s'il s'agit de défendre leur couvée, ils attaquent courageusement •les Oiseaux dix l'ois plus gros qu'eux, et réussissent quelquefois à les mettre en fuite; mais leur plus terrible ennemi est la Mygale ou Araignée-Crabe dont ""us vous avons déjà parlé au sujet de la Pardalote. Leur nid, fout à la mis déliai et solide, est une petite capsule feutrée de soie el de colon, suspci ! à un
rameau, a une feuille et même souvent à un brin de chaume qui recouvre les
vases dans l'Amérique méridionale; il renferme deux œufsblancs. ayant; te
la grosseur d'un petit pois, et d'où sortent, après une incubation constante ,1c
douze jours, des Oiseaux qui ont le volume d', m lie ordinaire.
Les Colibris vivent difficilement en captivité; la cage les fait bientôt périr de langueur, on les privant du mouvement qui est une des conditions essenlielles de leur existence : on peut cependant les conserver pendant quelques •nois, en les nourrissant avec une pâtée trèS-flné, composée de biscuit, de vin ' Espagne et de miel, dont ils prennent la substance eu passant dessus leur
langue longue et flexible. In -encrai anglais <>si parvenu a les alimenter ■■
f |M.<i'-''inois avflc du sirop qu'il pi ; , (il ii ;ul | 1)ll( | ,| ( . Benrs artificielles, imi-
lant parfaitement les corolles en cloche que les Colibris aiment le plus à visiter, "u a vainement essayé de les transporter et de les conserver vivants en Europe. I- ornithologiste Lathatn rapporte qu'un jeune homme, partant de la Jamaïque pour retourner en Angleterre, coupa la branche portant le nid où couvait la leinelle du Col i uki Hausse -Col veut (Trothilus yramineus, de Linné;. La mère se familiarisa bientôt, et accepta la nourriture qui lui fut offerte. Elle continua de couver avec assiduité sur le navire, et quand ses petits furenl ''clos, elle mourut : ceux-ci arrivèrent vivants en Angleterre. Ils résistèrent à I influence du climat pendant deux mois chez lady Hamon, et leur familiarité •'lait devenue telle, qu'ils allaient prendre leur nourriture sur les lèvres de leur maîtresse.
On divise le genre nombreux des Colibris en deux sections : la première comprend les Oiseaux-Mouches, dont le bec est droit; la seconde, les ColibrU proprement dits, dont le bec est arqué. Le plus petit des Oiseaux-Mouches est I Oiseau-Mouche minime [Troekilus minutais, de Linné) dont la grosseur "e dépasse pas celle d'une Abeille ; son plumage est d'un gris violet. La plus grande espèce est I'Oiseau-Mopchegéamt (Trochilus gigas, de Vieillot) qui ''gale presque notre Martinet, et dont le bec est long, fort, renflé, le plumage v ert et brillant en dessus, plus foncé sur les petites couvertures et les rectrices. Ie corps d'un roux brun avec des flammettes brunes.
C'est surtout à l'occasion de l'Oiseau-Mouche qu'il convient de citer Buffon. " De tous les êtres animés, dit-il, voici le plus élégant pour la forme, et le plus brillant pour les couleurs. Les pierres et les métaux polis par notre art ne sont l' ;,s comparables à ce bijou de la nature; elle l'a placé dans l'ordre des Oiseaux. au dernier degré de l'échelle de grandeur : maxime miranda in minimis. Son '''ef-d'œuvre est le petit Oiseau-Mouche; elle l'a comblé de tous les dons qu'elle "afaitque partager aux autres Oiseaux : légèreté, rapidité, prestesse, grâce et ''■elle parure, tout appartient à ce petit favori. L'émeraude, le rubis, la topaze, '"''llwitsiirses babils; il ne les souille jamais de la poussière de la terre, et
llll,,s sa vie tout aéri e, on le voit à peine toucher le gazon par instants : il
,,sL toujours en l'air, volant de fleurs en fleurs; il a leur fraîcheur comme il a leu '' éclat; il vit de leur nectar, et n'habite que les climats où sans cesse elles se renouvellent. C'est dans les «•outrées les plus chaudes du nouveau inonde ' |ll( ' S( ' trouvent toutes 1rs espèces d'Oiseaux-Mouches. Elles sont assez noinbreuses, et paraissent confinées entre les deux tropiques; car celles qui s'avan- ' , ' 1 " ''" été dans les zones tempérées n'y font qu'un court séjour : elles semblent 8u jvre le soleil, s'avancer, se retirer avec lui, et voler sur l'aile des zéphyrs à la Sl1111 ' d'un printemps éternel... Leur bec est une aiguille line, et leur langue "" fi l délié; leurs petits veux noirs ne paraissent que deux points brillants. I ' , ' U1 ' vol esi continu, bourdonnant et rapide; le battement des ailes est si vif, ( l Ue l'Oiseau, s'arrêtant dans les airs, paraît non-seulement immobile, mais tout ''' foitsans action. On le voit s'arrêter ainsi quelques instants devant une fleur, et Partir comme un trait pour aller à une autre. Il les visite toutes, plonge sa
|,et »te lang Ia„s leur calice, les flattant de ses ailes, sans jamais s'y fixer, mais
aussi sans 1rs quitter jamais : il ne presse ses inconstances que pour mieux s " lvif ' ses amours el mnlliplier ses jouissances innocentes : car rel anianl léger
Ils
LES OISEAUX
des fleurs vit a leurs dépens sans les flétrir; il ne fait que pomper leur miel el c est a cet usage que sa langue paraît uniquement destinée »
Voilà une de ces pages brillantes qu'on ne saurait trop admirer, et qui oui place Buflon parmi les premiers prosateurs de notre langue. Le plumage de I Oiseau-Mouche n'a pas plus d'élégance, de richesse et de coloris que cette magnifique description; mais il s'agit ici d'histoire naturelle, et non pas d'allégones mythologiques : l'esprit le plus disposé aux illusions ne saurait voir dans l Uiseau-Mouche un volage amant des fleurs, espèce de petit-maître en miniature, pare de velours, d'or et de pierreries, voltigeant de belle en belle el distribuant ses faveurs à des êtres qui ne sont pas de son espèce. Si l'Oiseau- Mouctoe boit le nectar des fleurs, il y cherche avant tout une proie vivantevoila les jouissances innocentes qu'il leur demande, et son inconstance en amour consiste a quitter une fleur où il vient de becqueter un Insecte, pour se diriger vers une autre fleur, où il espère en becqueter un second. Comparez avec ce, gracieuses fictions la biographie authentique du petit liubis de la Caroline contée sans exagération, mais non sans chaleur, par un homme qui dit ce qu .1 a vu, et vous pourrez juger comparativement le poêle et l'historien. Avant de vous présenter cette traduction pâle el maigre du texte anglais d'Audubon exposons succinctement les caractères spécifiques de l'Oiseau- Mouche petit Hubis: cest le Troelnlvs colubris de Linné; on le nomme aux Étals-Unis l'Oi- ^au-muumube (Humnnnçj-Iihd), à cause du bourdonnement de ses aile, ha taille est de trois pouces; il est vert doré en dessus, blanc grisâtre en dessous et sa gorge est d'une couleur de rubis très-brillante, qui est remplacée chez là emelle par une cravate blanche; la queue est peu fourchue, composée de rec- Uices grêles; le bec est droit, noir, ainsi que les tarses
« Quel est celui qui, voyant celle mignonne créature bourdonner dans le vague des airs, soutenue par ses ailes harmonieuses, voler de Heur en Heur avec des mouvements vifs et gracieux, et parcourir les vastes régions de l'Ame-
uqne sur lesquelles on dirait qu'elle va semer des r sel des emeraudes :
quel est celui, dis-je, qui, voyant briller cette particule de l'arc-en-ciel ne sentira pas son âme s'élever vers l'auteur d'une telle merveille? Car si Dieu a a pas doté tous les hommes du génie qui crée à son exemple il ne refuse à aucun le don d'admiration. -Quand le soleil ramené le printemps et fait échue par m.Ihers les germes du Règne végétal, alors apparaîlee petit Oiseau-Mouche.
nanoui^t ' F*, T "" : "'" S ''" ' V '" ; H in8 P ecte ■"» 8 ™ *«I» *«*
le rrVi V e n IeslBsecte8 'I" 1 s 'î étaient introduits, de même qu'un fleuriste diligent veille sur sa plante chérie pour la délivrer des « .mis intérieurs qui pourraient altérer le tissu delical de ses pétales. On le voit suspendu dans es airs, qu .1 frappe d'un frémissement si rapide, que son vol simule une complète immobilité ; il plonge un regard scrutateur dans les recoins les plus
caches des corolles, et par les mouvements légers de ses plu s, il semble
éventail vivant, rafraîchir la fleur qu'il contemple; il produit en même temps
u-uessus délie un murmure doux et sonore, bien propre a assoupir les Insectes qui y sont occupés à butiner. Tout à coup il enfonce dans la corolle son bec
nge mena; sa langue molle, fourchue et enduite d'une salive glutineusB, ■ ai«»i K e dehcalemeot. „, v;) ,„„,.,„,,. nils „,. lr ,,„.,.„„ ^^^ . mssi| . | ;|V( . (: ,|| (;
KAMILLE DES PASSEREAUX TÉNUIROSTRES. II!»
dans le gosier de l'Oiseau. Cette manœuvre s'exécute en un clin d'œil, et ne coûte à la fleur qu'une gouttelette de nectar, enlevée en même temps que le petit Scarabée ; larcin qui n'appauvrit pas la plante, et la délivre d'un parasite nuisible.
'< Les prairies, les vergers, les champs et les forêts sont tour à tour visités Par l'Humming-Bird, et partout il trouve plaisir et nourriture. Sa gorge est au-dessus de toute description : c'est tantôt l'éclat mobile du feu, tantôt le noir Profond du velours; son corps, qui brille en dessus d'un vert doré, traverse l'es- Pace avec la vitesse de l'éclair, et tombe sur chaque fleur comme un rayon de «mière. Il se relève, se précipite, puis revient, monte ou descend, toujours Par bonds aussi brusques que rapides... C'est ainsi qu'il nous apparaît dans les Provinces septentrionales de l'Union, s'avançant avec les beaux jours, et se retirant prudemment aux approches de l'automne.
11 Que de plaisirs n'ai-je pas éprouvés à étudier les mœurs, et à suivre la vive expression des sentiments d'un couple de ces créatures célestes pendant la saison des œufs ! Le mâle étale son riche poitrail pour en faire reluire les écailles, pirouette sur une seule aile, et tournoie autour de sa douce compagne; puisse jette sur une fleur épanouie, charge son bec de butin, et vient déposer dans le 1e c de son amie l'insecte et le miel qu'il a recueillis pour elle... Lorsque ses attentions délicates sont accueillies, son allure est vive et peint le bonheur, et •"'dis que la femelle se régale des mets qu'il lui a présentés, il l'éventé avec os ailes. Quand la ponte approche, le mâle redouble de soins, et manifeste son evouement par un courage supérieur à ses forces : il ne craint pas de donner a chasse à V Oiseau- Hleu et au Martin; il ose même se mesurer avec le Gobeoiiche tyran, et, tout fier de son audace, il retourne vers sa compagne en agiru joyeusement ses ailes résonnantes.... Chacun peut comprendre, mais nul ■ peut exprimer par des paroles ces témoignages de tendresse courageuse et ( ele, que le mâle, si débile en apparence, donne à sa femelle, pour justifier
• confiance et la sécurité qu'elle devra conserver sur le nid où va bientôt la ,f, tcnii- l'amour maternel.
" Dans le nid de cet Oiseau-Mouche, que de fois j'ai jeté un regard furtif sur a Progéniture nouvellement éclose! deux petits, gros comme une abeille, nus. * Ve «glesel débiles, pouvaient à peine soulever le bec pour recevoir leur nourri - '"''' : mais combien d'alarmes douloureuses ma présence faisait éprouver au " ere «'I à la mère! Ils rasaient d'un vol inquiet mon visage, descendaient sur le l '"'"'' 1 " le plus voisin, remontaient, volaient a droite, à gauche, et attendaient ' lu,c une anxiété manifeste le résultai de ma visite; puis, dès qu'ils s'étaienl ', 8 surés que mi curiosité était inolfensive, quels transports de joie ils faisaieni
* aterl .Ir croyais voir, dans leur expression la plus naïve, les angoisses d'une Pauvre mère qui craint de perdre son fils atteint d'une maladie dangereuse, et
"Uiheur de cette mère quand le médecin vient d'annoncer que la crise esl |,nSS ^Clq McIVuf . m(( , s|sal|V( ;
" Le nid du Jt u |,i s est ,| ( , | a texture la plus délicate; la partie extérieure
St r °rmée d'un lichen gris, et semble faire partie intégrante de la branche.
|, ( 0rnni e «ne excroissance développée par accident. La partie attenante consiste en
^"Stances cotonneuses, et le fond en fibres soyeuses, obtenues de différentes
antes - Contre l'axiome qui dit que le nombre d'œufs esl en rapport avec la
LES OISEAUX
petitesse .le l'espèce, la femelle ne dépose dans ce berceau confortable que deux œufs d'un blanc pur. Dix jours sont nécessaires pour les faire éclore, et l'Oiseau élève deux couvées dans la même saison. Au bout d'une semaine, les petits peuvent voler, mais ils sont encore nourris par leurs parents pendant près d'une autre semaine : ils reçoivent leur nourriture directement du bec des vieux, qui la leur dégorgent comme des Pigeons; puis, quand ils sont en état de se pourvoir eux-mêmes, les petits s'associent à d'autres nouvelles couvées, et font leur migration à part des vieux oiseaux. Ils n'ont qu'au printemps suivant leur coloris complet, quoique déjà la gorge du mâle soit fortement empreinte de teintes rubis, avant la migration d'automne.
« Ces Oiseaux affectionnent surtout les fleurs dont la corolle est fabuleuse. telles que le Dalura siramoninm, le Bignama radkana et le Chèvrefeuille, noii pas seulement pour étancher leur soif en pompant le nectar qu'elles renferment, mais surtout pour se nourrir des petits Coléoptères el .les Mouches que ce nectar attire. Ils sont peu farouches, ne fuient pas l'homme, et entrent même dans les appartements où se trouvent des Heurs fraîches; ils abondent surtout dans h, Louisiane. On les prend en les tirant avec un fusil chargé d'eau, pour ménager leurs plumes, ou mieux encore en employant un filet à Papillons. »
Si quelques espèces de Colibris sont peu farouches et recherchent les lieux habités, il en est qui préfèrent les retraites solitaires des forêts vierges; de ce nombre est le Colibri chatoyant ( Troehilus radk$ms ) , nommé au Brésil Béja-Flnr, et dont le savant explorateur A. de Saint-Hilaire a fait connaître en Europe les premiers individus. Il se plaît sous les ombrages touffus des Malc- Vnçjems, au milieu des rochers granitiques parmi lesquels les torrents se fraye ni un passage sinueux, et coulent en bouillonnant sous les haies de Bambous qui bordent leur lit. L'éternelle fraîcheur ,le ces lieux favorise le développcneni d'une multitude de piaules parasites : les Vanilles, les Amaryllis, les tillandsia serpentent a l'envi sur une même branche, ou sur h. surface aride d'un roc cl s'entremêlent avec les Arums el les Scolopendres. C'est là que vil le Béja-Flor. Son caractère sauvage rend ses mœurs difficiles a observer: il a le vol rapide, et sa fuite esl accompagnée d'uu cri l'on el plaintif; s'il est en colère, ou s'il se défend contre l'attaque duo autre Oiseau, il étale sa queue richement, nuancée de pourpre incandescent.
Nous terminerons la famille des Passereaux térrairostres parle genre Huppe- Ces Oiseaux ont sur la tête un ornement formé dune double rangée de longues P 1 os, l"' S( ' redressenl au gré de l'Oiseau ; le bec est plus long que la tête, faiblement arqué, triangulaire à sa base; la mandibule supérieure est plus longue que 1 inférieure. -Les Huppes son i très-friandes de Scarabées : elles les lioissciii a coups de bec jusqu'à ce qu'elles en aient formé une sorlrdo bol allongé; puis elles rejettent en l'air de manière à pouvoir le saisir el l'avaler par sa longueur; s'il tombe en travers, elles recommencent. Tout en feisanl leur repas, elles se
tl( '' " ganfe contre lesOiseaux de proie, qui pourraienl venger sur elles les
Insectes qu'elles viennent d'immoler . lies qu'un Corbeau passe au-dessus d'elles, oll(>s ée '' lfa «nt a plat ventre, en étalant leurs ailes et leur queue, qui les entourent comme d'une couronne; la lète renversée sur le dos présente le bec en air: et dans celle posture singulière on prendrait l'Oiseau pour un vieux chiffon-
l'AMILLE DES PASSEREAUX TÉNUIROSTRES.
La Hnppi
La seule espèce que nous ayons on Europe est la Huppe commune [Upupa P°}>s, de Linné). Ce bel Oiseau ;i onze pouces de longueur totale; la tête, le °'i le manteau, la poitrine et le ventre d'un roux vineux; le bas-ventre et les Couvertures inférieures de la queue sont d'un blanc pur avec quelques taches ° n gitudinales noirâtres sur les lianes; les couvertures supérieures des ailes sont rayées transversalement de blanc et de noir. Les pennes primaires sont "Oireset traversées, vers le tiers de leur longueur, par une bande d'un blanc f" 11 "; les lectrices sont noires et traversées dans leur milieu par une bande ''•'""■ho. Les plumes de l'aigrette qui ornent sa tête sont, terminées par une a «he noire que précède une nuance blanchâtre. Cette aigrette a reçu le nom ' e huppe, a clins.- du r , r i de l'Oiseau, hovp, lump, et, par extension, le terme ' '' "Uppe a servi à désigner ce genre d'ornement dans tous les Oiseaux où on l(,| rouvo. ] ja Huppe vil solitaire, et se plaît à terre, dans les lieux humides, 1,11 e "e cherche des Vermisseaux, des Insectes aquatiques et, des Scarabées.
Luvier a rangé parmi les Huppes, les Craves, chez lesquels les narines sont Couvertes par des plumes dirigées en avant, comme chez les Corbeaux, dont ,( ' s Oiseaux ont aussi les mœurs. Le Ckavb d'Europe [Corvus graculus, de .'"""'! ( ' s l de la taille d'une Corneille; son plumage est noir à reflets violets, Verts et pourprés; le bec et les pieds sont d'un rouge de carmin éclatant; l'iris ''*' '"'"il. Cet Oiseau habite les Alpes et les Pyrénées; il niche dans les fentes „ es rochers escarpés; sa descente dans les vallées est un signe de neige et de 0l « : c'est ce qu'explique suffisamment son régime alimentaire, qui consiste
' '''"ils et en Insectes. Les Promêrops el les Epmaqim sont des Huppes exo-
n lt;
\±1 IIS OISEAUX
tiques qui ne portent point d'aigrette, niais dont le plumage brille des plus vives couleurs.
Famille des Syndactïles. — Nous voici arrivés à la dernière et à la moins nombreuse famille des Passereaux, qui diffère de toutes les autres par un caractère bien marqué dont elle a tiré son nom : c'est la famille des Syndaetyles. Chez les Oiseaux qui la composent, le doigt externe est presque aussi long que celui du milieu et lui est uni jusqu'à l'avant-dernière articulation, tandis que, dans les quatre autres familles, les deux doigts externes étaient inégaux et réunis par une ou deux phalanges seulement. — Les Guêpiers ont le bec allongé, triangulaire à sa base, légèrement arqué et terminé en pointe aiguë ; la brièveté de leurs pieds, la longueur de leurs ailes et la rapidité de leur vol, leur donnent quelque analogie avec les Hirondelles. — Le Guêpieh o'Europe (Meropsapiastcr, de Linné) a dix pouces de longueur, le dos fauve, le front et le ventre bleu d'aigue-marinc, et la gorge jaune entourée de noir. Ce bel Oiseau voyage en troupes nombreuses dans le midi de l'Europe ; il fréquenie les vergers pour y attraper au vol les Insectes à ailes membraneuses qui vont sucer le miel des fleurs, tels que les Guêpes, Frelons, Abeilles, et il n'est jamais piqué par ces animaux. Il place son nid le long des rives sablonneuses et escarpées des rivières, dans des trous qu'il creuse à quatre et cinq pieds de profondeur. Les petits y séjournent, longtemps avec leurs parents: ce qui a fait croire aux anciens que le Guêpier prenait soin de son père et de sa mère dans leur vieillesse.
FAMILLE l>ES PASSEREAUX SYNDACTYLES-
Les Martim-Pêcheurs ont le bec droit, anguleux, pointu, bien plus long que les Guêpiers; ils nichent comme eux dans les trous des rivages. Nous en avons en Europe une espèce qui, pour la beauté des couleurs, rivaliserait avec les plus brillants Passereaux des régions tropicales : c'est le Martin-Pèchecb Alcyon [Alcedo ispida, de Linné). Sa taille est celle d'un Moineau; son plumage est lissé, et lui permet de plonger dans l'eau sans inconvénient ; le dos, la croupe et les couvertures supérieures de sa queue sont d'un bleu d'azur éclatant; cette couleur forme des mouchetures sur la tète et les scapulaires, les autres parties supérieures du corps sont d'un verdàtre changeant en aiguemarine. Entre le bec et l'œil et sur les joues est une bande rousse; sur la gorge et sur les côtés du col une bande d'un blanc roux ; une belle couleur d'un roux ardent couvre la poitrine et s'étend sur l'abdomen, le ventre et les couvertures inférieures de la queue; les plumes de celles-ci sont très-courtes, noirâtres en dessous, d'un beau bleu eu dessus; de chaque côté du bec s'étend iuw bande colorée comme le dessus de la tête; les rémiges sont noires sur leurs barbes intérieures, d'un vert bleuâtre sur les extérieures; le bec est noir, rougeâlre en dessous ; l'iris et les pieds sonl rouges. — Le Martin-Pécheur est trisle, sau- Vil ge et méfiant; il vit solitaire pendant presque toute l'année. Il part d'un vol rapide et file le long des contours des ruisseaux en rasant la surlace de l'eau. Puis il va se poser sur une pierre ou sur une branche sèche qui s'avance audessus du courant : c'est de là qu'il guette patiemment sa proie et se précipite •''aplomb sur les Poissons et les Insectes aquatiques dont il se nourrit; après "ne courte immersion, il sort de l'eau tenant dans son bec le Poisson, qu'il va battre ensuite sur une pierre pour l'assommer avant de l'avaler. Il y a à la Nouvelle-Hollande îles espèces dont le plumage grisâtre et non lissé dénote ll «s habitudes terrestres : ces Oiseaux en effet ne fréquentent pas les eaux et v 'vent d'Insectes; on leur a donné le nom de Marlins-Chasfeurs.
Enfin le genre le plus bizarre de la famille des Syndaclyles, et même de 'ordre des Passereaux, est celui des Calaos. Il renferme des Oiseaux indiens et at '''icains, remarquables par un énorme bec dentelé, surmonté de proéminences quelquefois aussi grandes que lui. Leurs mœurs sont celles des Corbeaux; ils '"angent des fruits tendres, chassent aux Souris, aux petits Oiseaux, aux Repues, et se nourrissent même de cadavres. Le Calao Rhinocéros {Bitceros Rhinocéros, de Linné) a quatre pieds quatre pouces de longueur totale, eu y comprenant celle du bec, qui est d'environ no pied. Le plumage est noir, à
l 'excepti I,. l ;l cnuipe, du ventre, de la base et de l'extrémité des rectrices
,m ' soin blancs. Le bec a la ligure dune faux et porte un casque énorme, rec °urbé en haut, imitant la corne du Rhinocéros, dont la couleur est d'un beau rou ge et d'une teinte orangé..' que séparent deux lignes noires; les jeunes n'ont
( l"'"i' rudiment de cas et point de corne. On trouve celle espèce aux Indes
"Mentales.