FAMILLE DES IMG F ON S
courte membrane, et dentelés le long de leurs bords. Les Figeons, au contraire, sont constamment monogames, c'est-à-dire que chacun d'eux n'a qu'une seule compagne; ils volent bien, et nichent pour la plupart sur les arbres; leurs doigts sont entièrement libres, et leur queue n'a que douze pennes, tandis que, dans les Gallinacés proprement dits, la queue est de quatorze pennes, et même quelquefois de dix-huit.
Famille des Pigeojns. — Les Pigeons étant, à quelques égards, intermédiaires entre les Gallinacés et les Passereaux, c'est par eux que nous commencerons. Outre les caractères généraux que nous venons d'indiquer, ils ont le bec comprimé, courbé à sa pointe, et portant à la base de la mandibule supérieure une peau nue et molle dans laquelle s'ouvrent les narines, que recouvre une écaille cartilagineuse et renflée. Leurs moeurs sont douces et familières ; ils vivent par paires ; les deux époux montrent l'un pour l'autre une tendresse et nue constance remarquables, et leur première alliance est ordinairement la seule qu'ils contractent dans le cours de leur vie. Le mâle aide sa femelle à construire son nid et à couver. La ponte ne se compose ordinairement que de deux œufs, mais elle se renouvelle plusieurs fois dans l'année; les petits ne sont pas capables de marcher dès leur naissance, comme cela arrive chez les Gallinacés ordinaires: ils naissent aveugles et Irès-faibles, couverts d'un léger duvet, et ne quittent leur nid que très-garnis de plumes ; jusqu'à cette époque leurs parents les nourrissent en dégorgeant dans leur bec des aliments réduits à l'état de bouillie. Le régime des Pigeons consiste presque entièrement en graines et en baies; quelquefois ils mangenl des Escargots on des Insectes, et lorsqu'ils boivent, c'est tout d'un trait en plongeant la tète dans l'eau, tandis que les autres Gallinacés relèvent la tête à chaque gorgée. Quant à leur habitation, c'est surtout à la lisière des forêts et dans le voisinage des eaux qu'on les rencontre; ils ne vont guère en troupes que dans leurs migrations. Leur vol est lourd et bruyant, mais il peut être soutenu longtemps.
La famille des Pigeons se compose de trois genres: I" les Colombes, qui oui les pieds courts et le bec grêle et flexible; 2' les Çolombi-gallines, que leurs tarses élevés et leurs mœurs rapprochent des Gallinacés proprement dits; T>° les ''"tombais, qui forment une division bien tranchée, caractérisée par un bec gros 01 solide, des tarses courts, des pieds larges et bien bordes.
Nous n'avons en Europe que des espèces du genre Colombe; on en connaît quatre a l'état sauvage : ce sont le Ramier, le petit Ramier, le Biset et la Tour-
erelle. Toutes s'apprivoisent plus ou moins facilement, mais le Bisel est la seule Tu soit véritablement domestique. Nous l'estimons, non-seulement à cause de
a sapidité de sa chair, et de plusieurs autres qualités dont nous vous parlerons
°uta l'heure, mais on le recherche aussi comme objet d'agrément : son plumage chatoyant, sou roucoulement doux, accompagné de gestes bizarres, son caractère aimant, en font un oiseau de chambre aussi bien qu'un oiseau de c °loinbier. La Tourterelle n'est pas moins intéressante par ses mœurs aimantes.; mais ce qui décolore un peu la poésie dont notre imagination se plaît à
entourer, c'est que les habitants des contrées froides et humides de l'Europe
1,11 attribuent la singulière propriété d'altirer à elle leurs fluxions ei leurs ihu-
niaiismos : ils | ;) conservent en conséquence prés d'eux pendant l'hiver dans
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t.ES OISEAUX
leurs chambres à poêle. « Ce qu'il y a de vrai, dit Bcchstein, c'est que, tant que dure la maladie de ses maîtres, la Tourterelle est malade elle-même. » Sympathie qui peut s'expliquer par l'air étouffé des chambres chaudes où se tiennent, les rhumatisants. Revenons sur ces espèces.
Colombe ramier.
Le FIamier [Columba palumbus, de Linné ) est la plus grande des quatre; la tête est cendrée, les côtés et le dessus du col sont d'un vert doré changeant en bleu et en couleur de cuivre-rosette, selon les effets de la lumière; il y a un croissant blanc sur chaque côté du col ; ta poitrine a une teinte vineuse; le haut du dos et les couvertures supérieures des ailes sont d'un cendré brun ; les rémiges primaires sont brunes et bordées extérieurement de blanc; le bec est jaunâtre, l'iris jaune, les pieds rouges et emplumés presque complètement. Les Ramiers habitent toute l'Europe ; ils préfèrent toutefois les régions les plus méridionales. Ils arrivent au printemps et émigrent en automne; ils voyagent ordinairement en petites bandes, et quelquefois seuls; c'est dans les hautes futaies qu'ils s'établissent de préférence. Leur nid est construit avec des bûchettes, et ses dimensions sont assez considérables pour qu'il puisse recevoir le mâle et la femelle. Ces Oiseaux sont Ires-sauvages, et l'on ne peut les élever en domesticité : il paraît toutefois que les anciens en connaissaient le moyen-
Le Ooi.ommn {Columba mum, de Linné), nommé communément, le /"'"' Ramier, est un peu plus petit que le précédent; son plumage est d'un gris d'ardoise; la poitrine est vineuse, les côtés du col d'un vert changeant; il a deux taches noires à chaque aile, ordinairement sur les pennes bâtardes et sur les grandes couvertures. Les Colombine voyagent par bandes de trois à quatre cen s
individus, recherchant toujours les climats tempérés, et réglant leurs migrations sur les vicissitudes des saisons. Ils habitent les bois, et nichent sur les branches ou dans les trous des arbres; on les trouve très-communément en Afrique.
Le Biset ou Pigeon de roche {Columbalivia, de Brisson) est plus petit «lue les deux espèces précédentes; son plumage est d'un gris d'ardoise; le tour du col d'un vert à reflets changeants; l'aile porte une double bande noire, et la croupe est d'un blanc pur, tandis que dans le Colombin elle est d'un blanc cendre ; c'est cette dernière particularité qui distingue surtout le Biset. Cette espèce niche de préférence dans les rochers, les vieilles tours et les masures; jamais elle ne s'établit sur les branches comme le font les Bamiers et les Colombins, et c'est peut-être à cet instinct que nous devons la facilité avec laquelle nous retenons les Bisets dans nos colombiers. Les Bisets sauvages vivent en troupes, et Ton assure qu'ils veillent tour à tour en sentinelle autour de leurs compagnons, pendant que ceux-ci sont occupés à chercher leur nourriture. Ces Oiseaux se voient rarement à l'étal sauvage dans les contrées peuplées de 1 Europe : on ne trouve l'espèce indépendante que dans les îles de la Méditerranée. Chez nous "on-seulement elle s'habitue sans peine à la domesticité, ma.s elle quitte même volontairement son état de liberté pour vivre dans les colombiers : aussi estelle la souche principale de nos Pigeons domestiques, dont les varioles de i ace
sont multipliées à l'infini. , „•„.„„
Les Pigeons domestiques se divisent en Pigeons de colombier et Pigeons de volière : ceux-ci sont tenus constamment renfermés ; les premiers sont pre que libres, car ils quittent chaque jour leur demeure et se répandent dans la campagne; la variété nommée Bisel de colombier a conservé presque complètement son plumage et ses mœurs primitives; elle retourne quelquefois a la vu indépendante. Les Mondains forment une race qui ne diffère de celle d , Biset qne par ses formes plus sveltes, plus élégantes, et les nuances de «nphm^. c'est à cette race qu'appartient le Pnjeon messager, variété de j*Ute ttrfto. remarquable par sa fécondité, son vol léger, et surtout par la »£*. fecu qu'elle possède, de retrouver à des distances immenses le **>«*»*£ eUe st née, ou dans lequel elle a laissé ses petits. Les marchands dOiseau* etab « ^nt sur cette qualité une spéculation fort déloyale : quand '>> s nl ' ° e M cheteur a l'intention de tenir son Pigeon dans une volière nver£ A . !•£ vendent à bas prix, parce qu'Us savent que, malgré la distan ce mdg » le b. a être de sa nouvelle habitation, le Pigeon messager «T^'^pSÏ U 'nicile. Il n'est pas rare de rencontrer chez quelques oiseherscle, Pigeons qu -te.e vendus ix fois. Le Pigeon messager, que l'on nomme an» .P*J > «*«. est très-répandu à Paris; il est gris, bleu, rouge "-,«'; £, "oir et blanc : les bleus ressemblent au Biset de co om ,e, d n lj. Wtt^ I'«c leur taille plus fine et leur tête plus allongée. Ce »^°» < clie ,ninées
« reconnaît facilen.en, son colombier au nnheu des n fables -'e la capitale. Ces. de lu. que se servaient et que se se. vu cncoïc 'aux p 0m . , )01 ,er des messages. Béton rapporte que le ma. H
« * '-chipe, g, no,,n,ssaient sur leurs ,inv,es ' *J»^J ^
Pour les lâcher quand ils arrivaient a leur desta . n
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lis OISEAUX.
que la traversée avait ele heureuse. Eu Syrie, en Arabie, en Egypte, on traits porte des Pigeons clans des paniers, à des distances considérables, et ensuite. même après de longs intervalles, on leur rend la liberté, en leur attachant un billet sous l'aile: l'animal, une fois libre, s'élève d'abord verticalement à une hauteur considérable, cl là il semble s'orienter pendant quelques instants; puis, sans hésitation, il se dirige à lire-d'aile vers le lieu où il a laissé ses petits. Le Mogol fait nourrir des Pigeons qui servent à porter les lellres dans les occasions où l'on a besoin d'une extrême diligence. Ces Oiseaux volenl avec une rapidité extraordinaire : on les voit quelquefois couchés sur le sable, le bec ouvert, attendant la rosée pour se rafraîchir et reprendre haleine. On s'en sert pour faire passer des dépêches dans les villes assiégées, et l'histoire nous en rapporte plusieurs exemples mémorables. En 1574, le prince d'Orange se servit de ces fadeurs, auxquels il dut l'avantage de faire lever le siège d'une de ses places fortes : aussi voulut-il que les Pigeons qui avaient sauvé la ville fussent nourris aux dépens du public dans une volière faite exprès, et que, lorsqu'ils seraient morts, on les embaumât, pour être gardés à l'hôtel de ville, eu signe de reconnaissance perpétuelle. Vous n'aurez pas de peine à croire que ces utiles courriers ont été plus d'une fois employés à des messages qui n'avaient rien de politique, et nous pourrions vous citer à ce sujet un jeune avocat habitant le faubourg Saint-Jacques, qui envoya son vieil oncle demander pour lui la main d'une demoiselle demeurant avec son père dans la vallée de Montmorency : le bon oncle se chargea volontiers du message; mais comme il importai! surtout au jeune homme de connaître promptement la réponse à laquelle il attachait son bonheur, il voulut adjoindre à son tuteur des messagers supplémentaires, beaucoup plus expéditifs que les petites voilures de la banlieue, et il lui mit en conséquence deux pigeons volants dans les poches de sa redingote. — Un seul suffisait, direz-vous. — Mais les vrais amants sont prévoyants, quoi qu'en dise le proverbe, et le nôtre n'avait pas compté sans l' Anlour aux serres cruelles. L'oncle classique avait pour instructions de lâcher les Pigeons avec leur ruban rouge ( préalablement attaché à l'une de leurs pattes) si la réponse était affirmative, el de les laisser partir sans leur ruban, en cas de refus. Le pauvre petit avocat, posté dans son grenier, attendit, en palpitant, le retour de ses courriers : ils arrivèrent lous deux douze minutes après le oui du beaupère. Nous vous laissons à penser quel accueil ils recurent, eux et leurs rubans rouges, de celui qui les avait expédies.
Les Plaçons (/rosse gorge constituent aussi une race bien distincte, qui a reçu son nom de l'habitude qu'ont ces animaux d'enfler beaucoup la gorge en remplissant d'air leur jabot. Le Pigeon culbutant, type d'une autre race, s'élève très-haut, et souvent tourne six ou huit l'ois sur lui-même la tête en arrière. comme s'il avait des vertiges. Le Pigeon tournant décrit des cercles à la manière des Oiseaux de proie, en ballant des ailes; ces allures tiennent peut-être à la captivité dans laquelle ou élève ces Oiseaux. Ce qu'il y a de certain, c'est que. par l'effet seul de la libelle, elles ne lardent pas à se perdre. La race des Pigeons nonnaim se reconnaît à l'espèce de capuchon qui leur descend sur les épaules;
ds n'ont pas le vol rapide, mais ils s n 1 h -es-familiers ellres-fei Is Le Pigeon
h cravate es\ une variété voisine de la précédente, mais sa taille rbI très-petit»'.