‹ Le jardin des plantesChapitre 30 sur 143 · I.KS OISKAUX · texte numérisé non relu

I.KS OISKAUX

tique lorsqu'elle roucoule, mais elle l'ail quelques sauts en avant, s'arrête, baisse le bec jusqu'à terre, et enfle son jabot. — Parmi les Colombes à queue carrée ou ronde, nous ne devons pas omettre la Colombe rameron (Colnniba nrcuatrix, de Temminck), espèce du sud de l'Afrique, dont nous vous avons déjà parlé en traitant des Rapaces diurnes; elle est plus petite que le Itamier ordinaire, puisqu'elle n'a que quinze pouces de longueur totale; les parties supérieures sont d'un brun violàlre, le front est noirâtre ; le sommet de la tête d'un gris bleu; l'auréole des yeux d'un rouge orangé ; les joues grisâtres ; le col d'un gris vineux, avec les bords des plumes d'une teinte plus claire; une bande blanchâtre tachetée de noir sur la poitrine ; les tectrices de l'aile et les parties inférieures sont d'un brun vineux, et parsemées de petites taches blanches; le bec et les pieds sont jaunes. Cet Oiseau a des habitudes naturelles qui se rapprochent beaucoup de celles des Ramiers. 11 décrit en volant une suite de paraboles irrégulières, et fait entendre un chant fort agréable : il est, comme vous le savez, la pâture de prédilection de l'Aigle blanchard, qui lui l'ait une chasse active et savante.

Nous terminerons l'histoire du genre Colombe par celle de la Colombi: émigrante ou Pigeon TtE passage (Colmiibri migmtoria, de Linné), qui se distingue des espèces précédentes par une queue allongée et pointue ; sa longueur est de vingt-deux pouces, depuis le bout du bec jusqu'à l'extrémité des rectrices. La tète est d'un bleu d'ardoise, et celle teinte, parsemée de taches noires et brunes, domine sur le plumage de l'Oiseau; le col est orné des plus belles couleurs : l'or, le vert, le pourpre, l'écarlate y brillent avec des nuances mobiles magnifiques; le ventre est d'un blanc pur; les deux rectrices intermédiaires sont noires et les autres blancbes ; le bec et les ongles sont noirs, et l'iris orangé. Cetle espèce de l'Amérique septentrionale se nourrit des fruits de l'érable, de l'orme, du mûrier, du sarrasin, du chêne, du hêtre, du froment et du riz. Elle émigré du sud au nord, et de l'est à l'ouest, depuis le golfe du Mexique jusqu'à la baie d'Iludson, et ces migrations sont réglées, non sur les vicissitudes des saisons, mais sur les moyens de subsistance que lui offrent les contrées où elle voyage. La rapidité de son vol lient du prodige;. On a tué a New-York des Pigeons de passage, et l'on a trouvé dans leur gésier du riz (pli n'était pas encore altéré par la digestion. Or, ils n'avaient pu manger ce riz que dans la Caroline; et connue les aliments tes plus difficiles à digérer ne peuvent résister plus (h; douze heures à l'action du suc gastrique chez ces animaux, on " conclu qu'ils avaient en six heures parcouru quatre cents milles, c'est-à-dire vingl-cinq lieues par heure, ou plus d'un mille par minute.

Leur vue n'est pas moins puissante que leur vol ; ils découvrent, du haut des airs, les fruits et les graines qui peuvent les alimenter; et si, par accident, les arbres qui les nourrissaient l'année précédente n'ont pas fructifié, on les voit passer outre, et poursuivre leur course vers des contrées plus fertiles.

Mais ce qu'il y a de plus surprenant dans l'histoire des Pigeons de passage. c'est le nombre des individus qui composent leurs légions voyageuses. Audubou. parcourant le Kentucky dans l'automne de 18-15, en vil passer au-dessus île sa tête cent soixanti'-irois bandes en vingl minutes ; à la lin les bandes se touclu rent, ei un immense nuage de Pigeons lui déroba la lumière du soleil l"' 1 "

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cette éclipse d'un nouveau genre, la fiente des Pigeons tombait comme une neige épaisse, et leurs ailes produisaient un sifflement monotone qui provoquait le sommeil. Le calcul que fit Audubon pour évaluer la quantité de ces Oiseaux lui donna un résultat effrayant. « Supposons, dit-il, une colonne d'un mille de largeur ; supposons qu'elle effectue son passage en trois heures : comme sa vitesse est d'un mille par minute, sa longueur sera de cent quatre-vingts milles, composés chacun de mille sept cent soixante yards : si chaque yard carré est occupé par deux Pigeons, on trouvera que le nombre de ces Oiseaux est de un milliard cent quinze millions cent trente-six mille ( 1,1 45.45fi.000). Or, chaque individu consommant dans une journée une demi-pinte de fruits, la nourriture d une bande exige huit millions sept cent douze mille (8,74 2,000) boisseaux de graines par jour. »

Les troupes émigrantes se tiennent bien au-dessus de la portée d'une forte carabine; dès qu'un Faucon vient menacer leur arrière-garde, les rangs sont serrés, une masse compacte se forme, exécute les plus belles évolutions aériennes, se précipite vers la terre avec l'impétuosité d'un torrent; puis, lorsque ses zigzags multipliés ont lassé la persévérance de l'ennemi, elle rase le sol avec une vitesse inconcevable, et, se levant de nouveau comme une colonne majestueuse, elle reprend ses ondulations, imitant dans l'air, mais sur une échelle démesurée, la marche sinueuse d'un Serpent.

Dès que les Pigeons aperçoivent de loin une quantité suffisante de nourriture, sur les arbres ou dans les campagnes, ils se disposent pour une halte : on les ▼oit voler en tournant pour explorer les environs, et ces mouvements circulaires, «ans des plans diversement inclinés, font briller tour à tour les belles couleurs ( 'e leur plumage. Dans une position, toute la bande se revêt d'un bleu clair qui bientôt après est remplacé par un pourpre foncé : bientôt ils se glissent dans 'es bois, et disparaissent sous le feuillage. Ils dépouillent les arbres de leurs fruits, et découvrent adroitement, sous les feuilles desséchées qui jonchent le 8 °1. les fruits et les graines de l'année précédente. Vers midi les Oiseaux von *e reposer et faire la digestion sur les arbres voisins ; mais lorsque le soleil «isparaît sous l'horizon, tous s'envolent en même temps, et retournent en masse ^rs le juclunr commun, situé souvent à plus de cent lieues de leur re ce ta me

Cette fidélité au juchoir leur est fatale, depuis que l'homme est W«*e Possession des solitudes américaines. C'est toujours un bois de haute utaie que 'es Pigeons choisissent pour lieu de repos : mais sous ces arbres séculaire ou J 's vont arriver au commencement de la nuit, se préparc une horrible scène (le destruction. Des populations entières de chasseurs et de fermiers viennent es y attendre longtemps avant le coucher du soleil ; les uns arrivent avec de » ctari ots vides qui seront remplis dans quelques heures les autr es «™£te ^oupeaux de Porcs qui doivent s'engraisser sur place de la chair ^ féculente des Pigeons. Chacun fait ses 1+^*%*, t tX £ Relies allumées; les réchauds pleins de soufre dont la va peu do Pi geons, sont mets • enfin vers neuf heures du soir, un ci geneial se a. en o », soni prêts , eiiiin, vci» notaire a»ite Pair comme la brise

tendre : i etwAlà , Ils arrivent en effet, et leur passage a ne ^«i annonce l'ouragan : leurs innombrables légions ^^.^^l a 'ors commence une scène de carnage et de conius.on difficile a dccim

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LES OISEAUX

cris des assaillants, les coups de fusil multipliés, le fracas îles hautes branches brisées par le poids des malheureux Oiseaux qui s'y précipitent et écrasent leurs compagnons perchés sur les branches inférieures ; tout, dans cet effroyable tumulte, inspire un sentiment de peine autant que de surprise au naturaliste qui ne consent à détruire que dans le but d'observer. Pendant ce massacre, les Pigeons arrivent par millions; c'est à minuit seulement que les dernières bandes entrent dans la forêt, mais le carnage dure jusqu'au, jour. Dès que les rayons du soleil ont frappé la cime des arbres, les Pigeons quittent le juchoir, et, vont aux vivres, sans que leur nombre paraisse sensiblement diminué. En ce moment la scène change : au vacarme de la nuit succèdent les hurlements des Loups , des Renards , des Lynx, des Couguards, des Ours, qui accourent prendre leur part du festin que l'homme leur a préparé, et l'on voit arriver des Aigles, des Faucons, suivis de Buses et de Corbeaux, qui viennent aussi profiler de celle nuit de destruction.

Les Coloinbars forment un genre bien tranché dans la famille des Pigeons ; ils se reconnaissent à leur bec gros, solide, et aplati latéralement : leurs tarses sont courts, leurs pieds larges et bien bordés; on n'en connaît que quelques espèces, qui toutes appartiennent à la zone torride de l'ancien continent.

Le genre des Colombi-gnllhws établit le passage entre les autres Pigeons et les Gallinacés proprement dits ; elles ont les tarses élevés, cherchent leur nourriture à terre comme nos Coqs et ne se perchent pas; leur bec est grêle et llexi ble. Le Colombi-Hocco ou Pigeojs couronné (Columtm corwiftia, de Linné) habite l'archipel des Indes; il est tout entier d'un bleu d'ardoise, avec du marron et du blanc à l'aile; la tète porte une huppe verticale de longues plumes effilées, dette espèce est domestique à .lava, mais elle n'a pu se naturaliser en Europe.

Famille des Gallinacés. — Nous avons étudié comparativement les caractères distinctifs des Gallinacés proprement dits, nous allons maintenant vous faire connaître les principaux genres et les espèces les plus intéressantes de celte famille.

Les Aleelors sont de grands Gallinacés d'Amérique, analogues à nos Dindons, à queue large et arrondie, composée de pennes grandes et roules : ils vivent dans les bois de bourgeons cl de fruits, y nichent sur les arbres, se perchent, sont très-sociables, et même disposés à la domesticité. Le genre des llocros. qui appartient à cette petite tribu, a pour caractères un bec vigoureux et entouré à sa base d'une peau où sont percées les narines; la tète porte une hupl»' de plumes redressées, longues, étroites, recoquillées au bout. — Le Mnon-P"' h a.nga (Crax aleclor, de Linné) est une espèce dont la taille est celle du Dindon; le plumage est noir, le bas ventre est blanc, et la cire du bec jaune. Les Oiseaux vivent en bandes nombreuses dans les forêts de la Guyane; leur ci'" ractère est doux et confiant, au point que l'on peut en tuer plusieurs même coups de fusil, sans qu'ils s'éloignent plus que d'un arbre à l'autre. Ceux •"»' contraire qui fréquentent lis lieux habites par l'homme y deviennent farouches, eton ne les rencontre plus réunis en troupes. On peut, du reste, lèse ver en domesticité, et l'on mange aux colonies la chair des jeunes, qui estblanc ■

et d'un goût exquis. Les Pnii.ri ont le bec plus courl et plus gTOS, et I» l ,e

de sa base rsi recouverte de plumes courtes et serrées comme du velours

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FAMILLE KES GALLINACES.

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L'Oiseau a pierre ou Hocco du Mexique [Crax pauxi, de Linné a

les parties supérieures noires à reflets verdâtrcs, avec le bord de chaque plume d'un noir pur ; la tête et le col sont garnis de petites plumes veloutées •l'un noir mat; les rectrices sont noires, terminées de blanc; les parties inférieures sont d'un noir irisé; l'abdomen est d'un blanc pur ; le bec est d'un rouge foncé et, porte sur sa base une espèce de casque presque aussi gros que la tête, d'une couleur bleu clair et d'une dureté pierreuse. Cet Oiseau vit par troupes, comme lesHoccos, dans les vastes forêts de l'Amérique méridionale; il pond ses œufs à terre; son caractère est paisible et, peu bruyant, il est facile à réduire e n domesticité, et vit en bonne intelligence avec les autres Gallinacés.

Les Paons ont été nommés d'après leur cri aigre et discordant; et comme ce cri se compose de deux notes, on peut s'étonner que le mot paon, traduction liltéra le du latin pavo, ne soit dans notre langue qu'un monosyllabe, qui perd par cela même sa valeur imitative. Les Paons ont nue aigrette ou une huppe sur ,a tê te, et les couvertures de la queue (du mâle ), plus allongées que les recrées, peuvent se relever en roue ainsi que les rectrices, dont le nombre est de dix-huit.

L c Paon ordinaire {Pavo crisiatus, de Linné) est originaire du nord de llnt, e; ce fut Alexandre le Grand qui l'envoya en Europe, où il s'est facilement f°«mis à la domesticité L'espèce sauvage se tient constamment dans les fourrées les Plus épaisses des forêts ; elle pond ses œufs à terre dans des trous soigneusemenl cachés, nue savenl pourtant découvrir les Mammifères carnassiers, qui en

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LES 01 si; AUX.

sont très-friands. Vous avez admiré bien des l'ois le Paon domestique, soit lorsqu'il fait la roue devant sa compagne, soit lorsqu'il se perche cl laisse pendre sa queue magnifique; mais les individus sauvages ont encore plus d'éclat et de richesse dans leur parure, et leur queue est beaucoup mieux fournie : c'est le plumage du Paon indien que nous allons décrire : la tête, le col, la gorge et la poitrine sont d'un bleu brillant à reflets verts; l'aigrette qui couronne le sommet de la tête est d'un vert changeant en bleu; les petites tectrices de l'aile sont d'un vert foncé à reflets dorés; les moyennes d'un bleu brillant, bordées de vert doré, et les grandes d'un noir verdâtre, terminées de pourpre cuivreux; les dix grandes rémiges sont d'un brun ferrugineux, et les autres brunes, garnies extérieurement de vert bronzé, à l'exception de celles du poignet, qui sont entièrement brunes ; les tectrices de la queue sont très-longues, dépassant de beaucoup les reclrices, à barbes désunies, et terminées par un œil brillant; les parties inférieures sont noirâtres, à refiels dorés; les cuisses d'un gris noirâtre et bronzé, avec une bande fauve sur le genou; sa taille est de quatre pieds cinq pouces, c'est-à-dire supérieure d'un demi-pied à celle du Paon domestique. La femelle, vous le savez, n'a pas la riche livrée du mâle ; à l'état de domesticité, elle fait chaque année une ponte, composée de huit à douze oeufs, qu'elle couve pendant trente jours.

Le Paon spicifère ou Paon de Java [Paro japonensïs, de Brisson) a une queue presque aussi belle que celle du Paon ordinaire; les parties supérieures sont d'un bleu métallique noirâtre, avec le bord dé chaque plume d'un vert doré terminé par une frange d'un noir brillant; le sommet de la tête est garni de petites plumes veloutées d'un vert doré à reflets bleus, et surtout d'une aigrette composée de vingt plumes longues, effilées, à lige blanchâtre, ornée de chaque côté d'un rang de barbules libres, qui se réunissent vers l'extrémité pour former une belle barbule d'un vert bleuâtre, doré et très-éclatant ; h; col, la gorge et le devant de la poitrine sont couverts de plumes d'un bleu verdâtre éclatant, et entourés d'un cercle doré, bordé de franges bleues ; les petites et les moyennes tectrices de l'aile sont vertes à reflets bleus, les grandes sont d'un noir verdâtre, bordées de vert doré; les rémiges sont, d'un fauve marron, avec leur tige et leur extrémité d'un noir verdâtre; les tectrices supérieures de la queue sont d'un beau vert doré éclatant, coupé par intervalles de lignes chevronnées fauves ; les rectrices sont d'un noir verdâtre brillant, ondées et terminées de brunâtre ; les parties inférieures sont noires à reflets dorés, le bec et les pieds noirâtres. Ce bel Oiseau, dont la taille est de trois pieds six pouces, habite le Japon.

Les Loplwpliores ont la tète surmontée d'une aigrette semblable â celle du Paon, et une queue plane semblable à la sienne, mais dont les couvertures ne se prolongent pas sur les rectrices. Le Lophopiiohe éclatant ( Ijtpliophorns refnlgeru, de Temminck | est grand comme une Dinde, et noir ; l'aigretle el les plumes du dos sont diversement changeantes en couleurs d'or, de cuivre, «le saphir el d'émeraude; les pennes de la queue sont rousses : la femelle est de couleur brune, flambée de gris et de fauve. Cette magnifique espère habite les montagnes du nord de l'Inde.

Le genre des Dindon* est facile à distinguer par la peau nue el mamelonnée

h AMILLb 1>KS GALLINACES.

qui recouvre la lète et le haut du col, ainsi que par les appendices charnus dont l'un pend le long du col, et dont l'autre, posé sur le front, peut s'enfler et se prolonger au point de pendre par-dessus la pointe du bec, lorsque le mâle est agité de passions violentes. Le bas du col porte un pinceau de poils roides; les couvertures de la queue, plus courtes que dans le Paon, se relèvent aussi pour faire la roue.

Dindon commun.

Le Dindon commun (Meleagris gallo-pavo, de Linné) a tout le plumage d'un brun foncé avec les plumes du col, de la gorge, du dos, et les scapulaires bordées de reflets azurés; les pieds d'un gris roiigeàtre; les ongles et le bec noirs, l'iris rouge brun ; sa taille est de quatre pieds ; son plumage varie beaucoup dans la domesticité. C'est de tous les Gallinacés le plus irascible : la vue du l'ouge le jette dans des accès de colère qu'il vous est peut-être arrivé bien des fois de provoquer, pour vous en amuser, au risque d'attraper de vigoureux coups de bec. Les Dindons sont originaires de l'Amérique ; ce n'est qu'au milieu du seizième siècle qu'ils ont été naturalisés en Europe, à cause de la bonté de leur chair, de leur grosseur et de leur fécondité. Les premiers furent apportés en Espagne par les missionnaires, vers l'année 1552, et dix-huit ans après, aux noces de Charles IX , on servit les premiers Dindons qui aient élé mangés en Erance.

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LES OISEAUX

Les Dindons communs se trouvent à letat sauvage dans diverses parties de l'intérieur de l'Amérique septentrionale; ils abondent surtout dans les immenses prairies qui bordent l'Ohio, le Mississipi et le Missouri ; on les voit cheminer à pied, et émigrer d'une contrée à une autre, suivant qu'ils trouvent en plus grande abondance les baies et les graines d'arbres dont ils se nourrissent. Les mâles voyagent par bandes de dix à cent individus; les femellcs s'avancent séparément, avec leurs petits, ou réunies avec d'autres familles : elles évitent avec soin les mâles, qui attaquent leurs petits et souvent les tuent, et cependant tous suivent la même direction. Lorsqu'ils arrivent sur le bord d'une rivière, ils se portent sur le point le plus élevé de la rive, y restent un ou deux jours en délibération, puis montent sur les arbres, et à un signal donné par le chef de la troupe, ils prennent leur vol vers la rive opposée. Les vieux y parviennent sans peine, lors même que la rivière a un tiers de lieue de largeur, mais les petits tombent dans l'eau, et achèvent la traversée à la nage A la lin de l'hiver, les femelles se séparent de leur famille devenue adulte, el s'occupent delà ponte et de l'incubation : elles déposent dans un nid, construit à terre avec quelques feuilles desséchées, dix à quinze œufs, qu'elles ont à défendre contre les Corbeaux, les Chats sauvages et même contre les Dindons. Il arrive souvent que plusieurs femelles se réunissent pour couver et élever leurs jietils en commun. Nos Dindons domestiques sont moins gros que les Dindons sauvages; leur plumage est noir, tandis que, dans l'état de nature, il est d'un brun verdâtre glacé de teintes cuivrées. La chair des Dindons domestiques est aussi moins savoureuse; cependant elle est très-eslimée, et nos agriculteurs élèvent un grand nombre de ces Oiseaux. Dans le midi de la France, on les lui' ordinairement avant l'âge de trois ans, car, en vieillissant, ils deviennent méchants et coriaces.

On connaît depuis pou uno autre espèce de Dindon, découverte près de U baie d'Honduras: c'est le DipinoN ocellé [Meleagris ocellata,Ae Cuvier). Cet Oiseau est remarquable par l'éclat de ses couleurs, qui rivalisent avec celles du Faon, et surtout par les miroirs couleur de saphir, entourés de cercles d'or el de rubis, qui décorent sa queue.

Les Pintades ont aussi la peau de la tête nue , des barbillons charnus au bas des joues, laqueue courte et pendante ; les plumes de leur croupe donnent à leur corps une forme bombée, et leur crâne est en général surmonté d'une crête calleuse; les pieds sont sans éperons. La Pintade méléaguiok [iSumidu meleagris, de Linné) est originaire d'Afrique; son plumage est ardoisé, couvert partout de taches noires et blanches. A l'état sauvage, les Pintades vivent en glandes troupes dans les lieux marécageux. Du temps d'Aristote, elles étaient déjà acclimatées en Europe, et les Domains faisaient grand cas de sa chair, qui est exquise : la race s'en est perdue dans le moyen âge, mais les Portugais l'ont paturalisée de nouveau chez nous et dans l'Amérique méridionale. Toutefois il est difficile d'élever des Pintades en compagnie des autres Gallinacés, à cause de leur naturel criard, querelleur et tyrannique, qui les rend le fléau de la basse-cour. Le genre des Faisans comprend des espèces qui ont pour caractère commun les joues en partie dénuées de plumes el garnies d'une peau rouge, et les pennes

de la

'l'"' liversement disposées en toit.

KAMILI.L l>KS GALLINACÉS

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Le Coq domestique (Phasianus gatlits, de Linné), et, sa femelle, nommée I'oule, forment une espèce que la domesticité a fait varier à l'infini. Ses caractères distinctifs sont : la crête, d'un rouge vif, charnue, festonnée, et souvent disposée en couronne, qui orne sa tète, et les deux appendices de même nature qui pendent de chaque côté de la mandibule inférieure ; la queue est composée •le quatorze rectrices, relevées en deux plans verticaux, et dont les deux intermédiaires, plus longues et fortement arquées chez le mâle, retombent en panache flottant; les tarses sont armés d'ergots longs et fortement acérés. La Poule, beaucoup plus petite que le Coq, n'a point comme lui le col et l'extrémité du dos couverts de plumes longues et étroites. La patrie primitive du Coq domestique est inconnue. On pense qu'il descend d'une des espèces qui vivent encore à l'état sauvage dans les montagnes de l'Indostan et l'île de .lava : lune, nommée Coq de Sonnerai, est fort remarquable parles plumes du col, dans le mâle, dont les tiges s'élargissent vers le bas en trois disques successifs de matière cornée : la crête est, dentelée; l'autre, appelée Coq Bankiva, ne porte sur le col que de longues plumes tombantes d'un roux doré ; une troisième, le Coq ajamalm, est noire, a le col vert cuivré, maillé de noir, la crête sans dentelures, et sous la gorge un petit fanon sans barbillons latéraux. Au reste, le Coq domestique a subi des modifications infinies; outre les variétés de couleur et de grosseur, il y a des races où la crête est remplacée par une touffe de plumes redressées : c'est le Coq huppé; d'autres ont les tarses et même les doigts emplumés : c'est le Coq de Bentham; une autre variété, le Coq nègre, est remarquable par la couleur noire de sa crête et de ses barbillons; enfin il y a des races monstrueuses qui ont cinq et six doigts aux tarses.— Les Coqs domestiques s'accommodent de toute espèce de nourriture : ils sont sans cesse occupés à gratter la terre et le fumier pour y chercher des aliments; les graines, les larves et les Insectes qu'ils trouvent ainsi suffisent presque à leur entretien , et dans nos termes ils n'ont guère besoin d'un supplément de nourriture que pendant l'hiver; outre les débris de la table qui leur sont jetés, on leur établit des verminicres, en accumulant dans des fosses des matières animales, du sang, des intestins, etc., au milieu desquels les Mouches viennent eu grand nombre pondre leurs œufs, et convertissent bientôt cette masse putréfiée en un monceau de larves nommées Asticots. La fécondité des Poules ne se prolonge guère au delà «le quatre ans, mais elle dure toute l'année, excepté pendant l'hiver, qui est la saison de la mue : la foule qui n'est pas occupée à couver peut pondre presque tous les jours; terme moyen, une Poule donne plus de cinquante œufs par an. vuand elle a pondu un certain nombre d'œufs, elle éprouve le désir de les couv er, et le manifeste par un cri d'une expression particulière ; alors on lui en l;| isse une douzaine, et on lui ménage, dans un endroit tranquille, un nid garni |le paille brisée. Après vingt et un jours d'incubation, le petit brise sa coquille à aide du marteau dont son bec est provisoirement armé ; la mère prodigue à ses poussins les soins les plus tendres, les plus assidus, les plus prévoyants ; e, le les abrite sous ses ailes, leur cherche delà nourriture, et les défend avec courage contre l'Oiseau de proie et tous les autres ennemis. Le Coq ne s'occupe 111 de l'incubation ni de l'éducation des petits.

LKS OISEAUX.

.ni, c Poussins

On a trouvé le moyeu de l'aire éclore des œufs de l'oule sans les l'aire couver [jar la mère ; il suffit [jour cela de placer les œufs dans des tours dont la température ne dépasse pas celle du corps de la Poule. C'est ce que l'on fait en Egypte avec succès; on a aussi parfaitement réussi à pratiquer en France cette iueuhation artificielle qui, du reste, n'a pas produit tout le bénéfice qu'on en attendait.

Mous n'avons pas besoin de vous vanter la beauté du Coq domestique : quiconque a mis le pied dans nue basse-cour a remarqué la démarche grave, Hère et élégante de ce superbe Oiseau, contrastant avec les allures modestes, mais non sans grâce, des l'ouïes qui forment son cortège. L'homme a tourné au profit de ses plaisirs le caractère jaloux et impatient de toute rivalité, qui distingue le Coq. Il a trouvé le moyen de changer en gladiateurs ces courageux animaux, et il les a lancés les uns contre les autres après avoir arme leurs ergots de laines d'acier finement trempées. Les combats de Coqs sont devenue en Angleterre un plaisir national, dont toutes les classes se montrent avides : ce sont les atrocités du cirque romain, réduites en miniature, mais non inoins odieuses, maigre leurs mesquines proportions, que s'il s'agissait de faire s'enlre-décliirer des Lions et des Éléphants. Que deux Coqs rivaux se disputent à coups d'éperon l'empire de la basse-cour, ils obéissent à leur instinct naturel, et le spectacle de leurs assauts, qui sont rarement meurtriers, peut plaire un instant à l'observateur; mais exciter eu eux une fureur factice avec des liqueurs spiritueiises, ajouter un poignard aux armes que la nature leur a données, établir de ruineux paris sur la brav ç et la vigueur de ces pauvres bêles, applaudir avec transport au coup hardiment porté qui vient de percer transversalement le crâne de

FAMILLE DES GALLINACES.

l'un des combattants et de l'étendre expirant sur le sable, compter avec une inquiète curiosité les blessures du vainqueur, qui ne pourra peut-être plus reparaître dans l'arène, connaissez-vous un spectacle plus indigne d'un peuple civilisé ? Hâtons-nous de dire que ce triste divertissement appartient exclusivement aux mœurs anglaises, et que, malgré de nombreuses tentatives, il n'a pas été accueilli par le public français.

Les Faisans proprement dits ont la queue longue, étagée, et les pennes, ployées chacune en deux plans, se recouvrent comme des loils

Faisan ordinaire

L'espèce la plus anciennement connue est le Faisan oispin aire {Phasiamis c olchw,is, de Linné), qui a les parties supérieures d'un brun marron nuancé de ''"ussâtre, f ] P po,i r p r e et de blanc : le sommet de la tête est d'un vert obscur; les

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