ORDRE DES CHONDROPTÉRYGIENS SÉLACIENS
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Requin.
e Requin (Squulm cari- harkis, de Linné) a la première nageoire dorsale
e bieii avant les ventrales, et la deuxième à peu près an-dessus de l'anale ;
I ""useau est aplati, eL les derniers Irons des branchies s'étendent sur
nageoires pectorales; il atteint jusqu'à trente pieds de longueur; sa vaste
' e est garnie de dents triangulaires et mobiles, dont le nombre augmente
dVec l'a e ■ .....
5 : sa force, ses mouvements agiles, sa voracité insatiable, en l'ont
I u s dangereux des Poissons. Son nom de Requin est une altération du
'atui requiem, faisant allusion au repos éternel {requiem œternam) dont,
menacé celui (pie peuvent saisir ses redoutables mâchoires. Le Requin
°uve dans toutes les mers; il suit les navires de long cours pendant des
. Bntlers ' to »jours prêt à dévorer les débris de la nourriture des équi-
■ B k - et à faire sa proie du matelot imprudent ou malheureux qui tomberait à
'••nier.
l'on r ' eaMï sont des Squales qui joignent aux caractères des Requins une
lior" ** te tout à fait exceptionnelle dans le Règne Animal. Elle est aplatie
'fan eim ' nt et tronquée en avant; ses côtés se prolongent en branches
exip . e ' sa "îs qui la font ressembler à la tête d'un marteau; les yeux sont aux jj 'tes de ces prolongements, et les narines à leur bord antérieur. — Le 'pief • EAU COMmln {Sqiialus maliens, de Linné), qui habile nos mers, a quel- 0ls jusqu'à douze pieds de long.
Le genre des Haies se reconnaît à leur corps aplati horizontalement et semblable à un disque ; celle forme provient de l'union du tronc et de la tèle avec des nageoires pectorales extrêmement amples, horizontales et charnues, qui, en avant, se joignent au museau, ou même l'entourent pour se réunir entre elles, et en arrière s'étendent des deux côtés de l'abdomen jusque vers la base des nageoires ventrales; les yeux occupent la face dorsale de la tête ; les narines, la bouche i'l les ouvertures des branchies sont situées a la face ventrale ; enfin les nageoires dorsales sont petites et presque toujours placées sur la queue. — La Raie bouclée (Ram clavala.de Linné) a le corps âpre, et ses deux
2SG LES POISSONS
surfaces sont hérissées irrégulièrement de gros tubercules osseux, o\ules, garnis chacun d'un aiguillon recourbé. La chair de ce Poisson est coriace, niais elle s'attendrit par le transport et la conservation. — La Raie blanche ou cendrée (Itaia bniis, de Linné) ne porte des aiguillons que sur la queue, et atteint des dimensions beaucotip plus considérables; il y en a qui pèsent plus de deux cents livres. Cette espèce est vivipare, et fréquente nos côtes pendant la belle saison ; elle est tachetée dans le jeune âge, et prend plus tard unir teinte plus pâle cl plus uniforme.
Les Torpille* sont des Haies dont la queue est courte, niais encore assez charnue. Leur corps est lisse cl a la forme d'un disque dont le bord antérieur est tonné par deux prolongements du museau, qui de chaque côté vont rejoindre les nageoires pectorales, et laissent entre ces organes, la tète et les branchies, un espace ovalaire servant à loger un appareil électrique. Cet appareil se compose de tubes membraneux verticaux, serrés les uns contre les autres comme des rayons d'abeilles, subdivisés par des cloisons horizontales en petites cellule remplies de mucosités, et recevant des branches nerveuses Ires-grosses. Les Torpilles peuvent, à l'aide de ces organes, donner des secousses très-fortes, capables d'engourdir le bras de celui qui les louche. C'est probablement une armure offensive et défensive que la nature leur a donnée; elle est, du reste, beaucoup moins puissante que celle des Gymnotes. Linné a confondu, sous h' nom de Itaia lor/ieilo, plusieurs espèces distinctes qui fréquentent les côtes de . la Vendée et de la Provence.
Ordre des Cyclostomes. — Les Cyclostomes ou Suceur i, qui forment I e dernier ordre de la classe des Poissons, sont les plus incomplets des Poissons et même des animaux vertébrés. Leur squelette est cartilagineux, leurs branchies sont adhérentes par les deux bords et ont plusieurs ouvertures; leurs mâchoires sont soudées en un cercle immobile. Ils n'ont ni pectorales ni ventrales; leur corps long, nu et visqueux, se termine en avant par une lèvre charnue et circulaire. Les branchies, au lieu de former îles peignes comme dans tous les autres Poissons, présentent l'apparence de bourses, résultant de la réunion d'une des faces d'une branchie avec la face opposée de la branchie voisine.
Les Lamproie*, qui forment le genre principal de cet ordre, ontsept ouvertures branchiales qui se voient de chaque côté du col ; l'anneau que forment h' 1 "'* lèvres est armé de plusieurs rangées de fortes dents, leur langue est aussi fortement dentée, et sa mobilité en avant et en arrière en l'ait un piston au moyen duquel l'animal exerce unir succion puissante, et peut se servir du disque de b '' bouche, non-seulement pour pomper le suc dont il se nourrit, mais pour ' e fixer sur les corps solides. Ces Poissons ont pour toutes nageoires une crête longitudinale en dessus et eu dessous, formée par la peau et soutenue par de
vestiges de l'ayons. Le; Vessaire a la respiration arrive delà bouche ail
branchies par un canal situe au-dessous de l'iesopbage et percé de trous la * raux. — La Lampboie m a m. ne Petromyzon marinus, de Linné) est long de deux à trois pieds ; son corps est jaunâtre, marbré de brun; sa pren» 6 nageoire dorsale est bien distincte de la seconde ; ce Poisson remonte au |»'' n temps dans les fleuves pour y déposer ses ci-nls : sa chair est trés-eslioi'' 1 '-
ORDHR DES CHONDROPTEHYGIENS CYCLÔSTOMES.
Lamproie.
R,RA °ii Lamproie oe rivière [Pelromyson fluviatilis, de Linné),
' °'i nomme aussi Sepl-ml, a dix-huit ponces de longueur; son corps est
«\ i«, le dos est olivâtre ; la première dorsale est bien distincte de la seconde :
loiivedans leslacsd'eaudoucequ'il abandonnent! printemps pourremonter
' os rivières, (les espèces se fixent par la succion aux pierres et aux autres
1 solides; elles attaquent par le même moyen les plus grands Poissons.
e 'es parviennent à percer et à dévorer.
! ' ™!l>cmrs, qui forment le second genre des Chondroptérygiens cycloslo-
> ont 1 anneau de la bouche tout à fait membraneux; les dentelures latérales
ut langue sont fortes et disposées sur deux rangs de chaque côté, de sorte
. . pourrait prendre, au premier coup d'oeil, ces Poissons pour des animaux
i'a ■ ° S ' '' ""^choires latérales ; Linné lui-même y a été trompé, et les avait
(;o s s l '*' l,s la classe des Vers. La langue des Myxines fait l'effet d'un piston
>Uta ° CG ( ' es Lamproies, et de même que ces derniers, les Myxines
clip 6 ' P ercen ' ' es animaux. Nous ne citerons de ces Poissons mal ébau-
l'iiii • ' es l^ ce nommée le Lamprillos ( Prlromysmi brancliialis , de
de «' ' ' c s< I ,,e l ( 'lle est tout h fait mou et membraneux ; elle est longue
,| a '' n " 1 ' pouces; sa grosseur est celle d'un tuyau de plume , elle se tient
s Prv Vase l ' es ruisseaux, et a toutes les habitudes des Vers. Les pêcheurs se
' e ee petit animal pour amorcer leurs hameçons.
«on 1 Veno,1s ( ' e V0,IS exposer l'histoire des Poissons, en ayant soin de passer t en ' ence ,fis détails qui ne présentent aucun intérêt. Vous connaissez mains 0||1 , es espèces utiles à l'homme, et vous avez pu comprendre quelle res- ()•„ lnp puisable nous a ménagée la Providence en entourant nos continents n'atte f" 1 '" 1 ' mai 'itime habitée par d'innombrables bancs de Poissons, qui noi n K, Cnt l 10 " 1 ' "ourrlr le genre humain tout entier que des pêcheurs plus Coij, fia( ;i U , X ' Cl '' es moyens de transport plus rapides. L'abondance des Poissons aie
estib
ns prouve la bonté de l'Etre suprême, tout aussi bien que les au Ires 61 Ies de la nature. Racine a pu dire, pour célébrer les bienfaits de Dieu :
lionne :\u\ fleurs leur aimable peinture, Il f'aii naître et mûrir les fruits; Il leur dispense avec mesure
LES POISSONS
Et la chaleur dos jours et la fraîcheur des nuits Le champ qui les reçut les rend avec usure.
Mais
croyez bien qu'un pêcheur de là Norwége, de la Bretagne, ou de la MéclirefraiT |)refere, ' ait à CeUe S "'° 1,1,e I ' 1 "' , » ''ie"se un cantique ayant pour
Adorons le Seigneur, dont la honte divine Nous donna le Hareng, le Thon et la Sardine.
-Cela peutêtre.direz-vous.Legraindesablc raconte la gloire du Créateur n« .noms eloquemment que les sphères célestes; mais, dans une Sardine mater* ses écaillée argentées, ses formes élégantes, ses allures agiles, il esi bien difficile de voir autant de poésie que dans la Fleur, qui, après avoir charme nos yeux cl noire odorat par son calice, sa corolle et ses elamines, rafraîchit délicieusement noire palais par son pistil «lèvent. fruk.-Que ne puis-je, au lieu de chercher a vous réfuter par des raisons qui ne vous convaincraient pas; que ne puis-je vous transporter en Bretagne, sur les promontoires du Finistère ou «lu Morbihan, et vous faire assister à la bénédiction ,le la mer, cérémonie simple et severe, qui a lieu vers le solstice d'été, et sert de signal à la pèche de la Sardine ! '
Sur ces côtes pittoresques, vous trouveriez de charmantes églises construits nu temps des croisades, et dont Saim-Snlp-.ce et Sabu-Roch seraient jaloux; vous croiriez von- No.re-Dame Ue Paris en petite proportion, ma Not -Dante debout, svelte, élancée, posant délicatement son pied sur un ère de gazon,
e non pas accroupie entre les immondices de l'Hôtel-Di , ,es cloaques de I.
C. ..connue la géante parisienne; ce serait Notre-Dame festonnée e brodée, mon S 11C h ment que celle de la métropole, mais en revanche exempte de U.U- «lat.o B 8, et resp.rant a I aise dans une atmosphère spacieuse, que limite une bordure de vieux noyers. '
Dans ces temples modestes se réunissent, de pauvres pêcheurs, don. le front, haie par les orages, porte „., caractère touchant de résignation : ils passent à genoux sur la p.erre .es heures consacrées a„ ,,,,os, et labourent des rocher*, quand ,1s ne luttent pas contre les lames courroucées de la Manche. Chez ces ::: ' ll ^' 1 '-V''':; l ;''- 1 ^'-Hson,unsigrandbesoindel'espe, il ,o '1 «ne v e fu „.e, .noms pen.bfe et moins agitée, que leur loi ne saurait faiblir!
«m. ans toute la Bretagne, le christianisi st-il del , et lec dt crissant-
Les habitants des cotes trouvent encore, maigre leur misère, le moyen de faire
tlfZïn t S ; ' ° rner l ™* *"*<»' Vous y verrez, suspendues à la
""le, de petites lrega.es ,,,„ son, des ex-voto de marins sauves du naufrage, et ;-■ ont COUté des années de travail et de privations ; dans ces chefs-d'œuvre dé ' '""'"• i* rande ,r "^ 1 " <** « P'étemenl représentée; toutes les pièces en
lïTi " IS """ l ,n 'l"» lli '»" 'ingt mille ibis moi -e : cordages.
„, ;- Si,l ""-' l '\':"."..s. is'v tr 'e réduit en miniature, avec tant aWti-
''" Prison, qu'un ingénieur pourrai., sur ce modèle construire en
LES POISSONS. 28
h'itnd un bâlimenl de guerre, et'le lancer à l'eau, sans craindre qu'il pût manlUerd équilibre, ou éprouver quelque accident.
y est "pour demander à Dieu la subsistance de ces populations laborieuses
I a |' eu chaque année la bénédiction de la mer. Le jour de la Saint-Jean, tous
. P e °heurs du pays se rendent processionnellement dans les eaux où se pêche
a rdine ; en têle de leurs bateaux s'avance celui qui porte le prêtre, dont
" ercession doit appeler sur eux la clémence du Trés-IIaut. Il y a loin de ce
rustique à la brillante théorie des vierges athéniennes, revenant paisi-
b| ement de Délos
Ce n'est pas sur les mers une poupe dorée,
Au bruit des hymnes saints voguant vers le Pirée ;
M)1U des l'arques grossières, entrouvertes par l'éternel assaut des vagues, el
ai 't sur l'abîme des hommes, des femmes, des enfants, qui lancent de toutes
eUrs for ces vers le ciel les litanies de la Vierge.
. ec quelle profonde émotion vous saisiriez dans ce vaste concert le cri
al de la détresse ! Comme il vibrerait à vois oreilles, cet unisson de voix
c iues et sauvages, qui ressemble plutôt aux mugissements de la douleur qu'à
1 «modié tranquille du plain-chant! Cette scène, toute biblique, vous mon- ' ''en ii i
' l le peuple de Dieu qui crie vers le Seigneur; vous verriez des hommes
, ls P ar une nécessité commune, agités des mêmes craintes, soutenus par la
L Cl '°yanee, ramer péniblement sous le soleil, el jeter de temps en temps
lei plein de loi et d'espérance sur la vieille croix de cuivre enfumé qui
11 <le bannière. Ces malheureux, couverts de haillons, vous les entendriez a la Vierge, dans une langue inconnue pour eux, mais que leur
ïuer
leur
Pl'Of)
ion semble comprendre, les métaphores les plus magnifiques du style a ! ils ne sauraient analyser le sens de leurs paroles, mais ils savent que - "t des louanges qui, parties de leur cœur, doivent plaire aux oreilles de "' ''" Christ. Ils la comparent à tout ce qu'il y a de plus précieux dans la . -• de plu s révéré parmi les croyants : Tour d'ivoire, Maison d'or, Vase """"' Rose mystérieuse, Étoile tin matin, Porte du ciel... Que demandentfée v I ' , ' , ' s chrétiens, à celle qu'ils décorent de titres si pompeux? La Qu ■ un chétif Poisson qui les nourrira pendant l'été, et leur donnera de
m„ ' ' le,( - r ' pendant l'hiver, un nain noir et grossier... Ah ! sans doute, en ce
"'orrioni il i
croi • ' cieux la douce Marie regarde avec miséricorde leur pauvre
lors c,llv re, leurs poitrines haletantes, leurs visages baignés de sueur, et,
i ( , ® , " on prêtre, qui chancelle au boni de son bateau ballotté par la houle,
( ' ;i " bénite sur les flots amers. Dieu ratifie la bénédiction prononcée
par
son ii
Ullislre