ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES
Dans les trois urdres d'Insectes que nous avons étudiés, vous avez eu mainte occasion d'admirer les ressources que chaque espèce a reçues de la nature Pour suffire à ses besoins; mais, à part les Termites qui vivent en société, et quelques Coléoptères, tels que les Nécrophores et les Bousiers, qui se portent mutuellement assistance, vous avez pu voir que chaque individu exerce son industrie pour son bénéfice particulier, et ne travaille que pour assurer 1 avenir de sa postérité. L'ordre des Hyménoptères va vous montrer l'instinct de la sociabilité développé au plus haut degré, et vous Taire comprendre, smon mesurer, l'immensité de ce grand livre de l'histoire naturelle, dontquelquespages à peine sont remplies, et qui ne sera pas encore écrit en entier dans des milliers d'années. • i i î il
Les Hyménoptères confirmeront encore une fois pour vous la vente de la belle Pensée de Linné, que nous avons souvent déjà citée : La Nature ne marche point Par sauts (Natura non fach saltum). En effet, ces Insectes établissent le passage entre les broyeurs et les suceurs; ils ont, comme les Coléoptères, les Ortnople! es et les Névroptères, un labre, une lèvre, des mandibules et des mâchoires, mais 'es mâchoires et la languette se sont considérablement allongées; les deux mâchoires forment par leur ensemble un tube qui engaine longitudma ement les côtés de la languette, de façon que ces organes réunis en faisceau constituent une trompe ou siphon, qui sert de conduit aux aliments, toujours mous ou liquides, dont ces Insectes se nourrissent : cette trompe est mobile a sa base, et flexible
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dans le reste de son étendue, mais elle ne s'enroule jamais comme celle des Papillons, dont nous parlerons bientôt. Quant aux mandibules, elles servent uniquement à découper les matières dont les Hyménoptères font leur nid, ou bien a saisir et à mettre à mort la proie dont ces Insectes sucent les humeurs. 11 existe en outre, dans l'intérieur de la bouche, des pièces solides qui manquent chez les Broyeurs, et qui constituent des valvules destinées à fermer l'arrière-bouche ou gosier, tant que l'animal n'est pas occupé à avaler sa nourriture.
Les Hyménoptères ont quatre ailes membraneuses (c'est ce qu'exprime leur nom, qui est assez impropre, puisque les Névroptères et les Diptères ou Mouches ont également des ailes membraneuses) ; les ailes supérieures sont toujours plus grandes, ont moins de nervures que celles des Névroptères, et ne sont que veinées ; les femelles ont l'abdomen terminé par une tarière ou un aiguillon. Tous, outre les yeux composés, ont trois petits yeux lisses, des antennes très-variables, filiformes ou sétacéesdans la plupart; quatre palpes, dont deux maxillaires et deux labiaux; le thorax est de trois anneaux qui sont réunis en une masse, et dont l'antérieur est très-court, les deux autres confondus en un ; les ailes sont croisées horizontalement sur le corps, les tarses sont à cinq articles. La tarière, qui termine l'extrémité postérieure et inférieure de l'abdomen chez les femelles, est un appareil destiné à pratiquer des ouvertures ou incision? dans les corps mous, pour y loger des œufs, qui descendent dans la plaie le long de la gouttière formée par les lames ou filets de la tarière; de là le nom ù'oviduete (conduit des œufs) qu'on a donné à cet instrument; il se compose ordinairement de trois pièces, dont deux latérales servent de fourreau à la troisième, laquelle est quelquefois double. Cette tarière, dans beaucoup de familles, se transforme en aiguillon, et alors l'appareil se compose d'une pièce supérieure creusée inférieurement d'un canal ou coulisse pour emboîter les deux pièces placées au-dessous d'elle. Les Hyménoptères subissent une métamorphose complète; leurs larves, pour la plupart, sont dépourvues de pattes, et ressemblent à un Ver; quelques-unes ont six pattes écailleuses, et douze à seize autres simplement membraneuses, ce qui les a fait nommer Fausses Chenilles ; les unes et les autres ont la tête écailleuse, avec des mandibules, des mâchoires et une lèvre munie d'une filière pour le passage de la matière soyeuse qui doit être employée à la construction de la coque de la nymphe. — Les Hyménoptères, dans leur état parfait, vivent presque tous sur les fleurs, et sont en général plus abondants dans les contrées méridionales. La durée de leur vie, depuis leur naissance jusqu'à leur dernière métamorphose, est bornée au cercle d'une année.
Cet ordre a été divisé en deux grandes sections : celle des Hyménoptères porte-tarière et celle des Hyménoptères porte-aiguillon. Commençons par les Porte-tarière nommés aussi Térébranls, d'un mot latin qui a la même signification : ils se divisent en deux familles, les Porte-Scie et les Pnpivores.
Famille des PohïE-Scie. — Les Hyménoptères qui la composent ont l'abdomen sessile, c'est-à-dire non séparé du corselet par un rétrécissement en forme de pédicule, et paraissant être une continuation du thorax ; la tarière des femelles est en forme de scie, et sert à préparer un logement pour les œuls, aussi bien qu'à les y déposer. Les larves ont six pieds écailleux. — Cette fa* mille se compose des deux genres Teniftrède et Sirex, de Linné.