‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 12 sur 219 · LES SINGES · texte numérisé non relu

LES SINGES

Ils ont le même nombre de tlenls (lue les anlliropomorplies , dont (|iiatie incisives à eliaque mftelioii'e, deux canines et dix molaires; mais l'os iiyoïde est en forme de bouclier; le foie est di visé en plusieurs lobes; le Cffcuni est gros, noiul et sans appendices. Ils ont une queue, quoiqu'elle soit r('(iiiile quelipiefois à un simple tubercule rudimentaire; leurs fesses sont calleuses. Tous appartiennent à l'ancien continent.

6" Genre. Les GUENONS (Cercopithecus, Linn.). Elles ont la léte ronde, le front rejeté' en arrière , le nez plat et ouvert à la hauteur des fosses nasales ; point de crêtes soiircilières ; l'angle facial ouvert à cinquante degrés ; l'oreille d'une grandeur moyenne; la tpieue plus longue que le corps. Toutes sont vives, ca[)ricieuses , et assez douces dans leur jeunesse ; mais elles deviennent nie'chantes en vieillissant.

La Mono.

La MoNE {Cercopithecus mona , Geofe. Simia mona et Simia monacha , Stnu. La Mone, Buef.

Gellc jolie i)cti(e guenon a les lèvres et le nez couleur de chair; la fac(^ lirunc, avec un bandeau noir sur le front; la tète d'un vcri doi'è en dessus, enlourèe de blanc; le dos et les flancs d'un brun vif et piqueté de noir; les membres noirs; le dessus de la queue d'un bleu ardoisé, et une tache blanche de chaque côté de la queue. Sa taille est d'environ dix-sept pouces {0,i60) depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue : celle-ci a deux pieds (0,f!yo) de longueur.

La mone est une des guenons les plus communément apportées en France, et celle qui supporte le plus aisément les intempéries de notre climat. L'élégance dans les formes , la grftee dans les mouvements, la do\iceur dans le caractère, la finesse dans l'intelligence, la pénétration dans le regard, tout ce (pii , dans un animal de ce genre, j)eut le faire reciicrclier et inspirer |)Our lui de l'aU'ection, la mone le possède. yuoi([ue vive jusqu'à la pétulance , elle n'a pas de méchanceté et s'attache assez aisément à son maître. Klle est même susceptible d'une certaine éducation , si toutefois on s'en fait craindre assez pour la forcer à obéir.

Contre riiabiliide des autres singes, clic ne grimace jamais, et elle a dans les traits une certaine gravité pleine de douceur. Klle mange volontiers tout ce iiu'on lui présente ; de la viande cuite, (Ui pain, des fruits et certains insectes; elle est particulièrement friande de fourmis et d'araigiK'es. Son adresse et son agilité sont extrêmes, et néanmoins tousses mouv('nienls sont doux. lOlle a

de la ténacité dans ses désirs, inais jamais ils ne la portent à la violence, et, lorsijue, après avoir sollicité longtem|is ]wm obtenir un objet (pii lui plaît, on persiste à le lui refuser, tout à coup elle cesse de demander, fait une gambade et paraît n'y plus penser. Sa moralilé n'est pas très-exemplaire sous le rapport du droit de propriété : elle a une telle tendance à la filouterie , qu'aucune correction ne peut vaincre ce penchant. Elle est fort liabile à glisser doucement la main dans les poches de ceux qui la caressent, et cela avec une adresse (jui ferait honneur au plus habile escamoteur. Pour s'emparer sans bruit des objets qu'elle convoite, pour voler quelques fruits ou quelques bonbons, elle sait fort bien tourner la clef d'une armoire, dénouer un paquet, ouvrir l'anneau d'une chaîne.

Un peu capricieuse et distraite, elle n'est pas toujours disposée à caresser son maître; cependant, quand rien ne la préoccupe et qu'elle est tranquille , elle répond avec grâce aux avances ((u'on lui fait. Dans ce cas elle joue , elle prend les attitudes les i)lus aimables, mord légèrement, se presse contre la personne qu'elle aime , et fait entendre un petit cii fort doux qui est l'expression ordinaire de sa joie. En général, elle aime peu les personnes qui lui sont étrangères, et rarement elle manque de mordre celles (lui sont assez hardies pour la toucher. Elle est sujette aussi à prendre certaines gens en antipathie, et cela sans cause et purement |>ar caprice.

La DiaDe, ou le Roloway.

Sa patrie est le nord de l'Africiue, et principalement la liarbarie. Il paraît (|u'on la trouve aussi en Abyssinie, en Arabie, en Perse, et même danscpiehpies autres parties de l'Asie Comme elle est assez timide, elle s'approche rarement des lieux liabil('s et ne l)énètre jamais dans les plantations. En temps de famine, c'est-àdire quand les fruits deviennent rares dans les forêts, elle descend en troui>cs dans les plaines, et là, elle tourne et renverse toutes les pierres, aussi bien (pu' pourrait le faire le plus ardent enlomologiste , afin de collcclionner les insectes (lu'elle trouve dessous. Elle a, pour serrer sa collection, non pas une boîte à épingles, comme celle dont se servent les savants (pii courent après les mouches, mais deux sacs très-commodes, dont la nature a fait toute la façon ; je veux ])arler de ses abajoues. Ce sont deux poclies mcudirancuses (pie la plupart des singes ont dans la bouche, une de clia(pu' C(jlé, sous les joues. La mone a ces poches tellement grandes, (pi'elle ])ourrait y serrer des provi-

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sions pour deux jours : mais sa ^ourmamlise est encore plus grande que ses abajoues, d'où il ii'sulle quelle ne manque jamais de consommer en quelques heures, c'est-à-dire aussi vile que son estomac le lui permet , ce qu'elle aurait pu économiser si elle avait un peu de prévoyance.

Rien n'est original comme sa figure lorsque ses poches remplies de lu'ovisions se distendent et lui gonflent lesjoues au point de lui faire paraiire la léle deux fois plus grosse que de coutume. V.n cet état elle ressemble assez bien à ces figures bonifies et joufflues par lesquelles les peintres anciens représentaient les vents. Alors la moue quitte sa troupe, et cherche un arbre isolé dans le feuillage duquel elle puisse se cacher, car elle craint (jiie ses camarades ne viennent mettre s{ui magasin au pillage, en la battant pour la forcer à ouvrir la bouche , ce qui arrive quelquefois. Au fond de sa cachette, très-tranquillement assise dans la bifurcation d'une branche, elle tire un à un de son sac les insectes qu'elle y a mis, les regarde avec un air de convoitise, les épluche avec ses petits doigts, leur arrache les ailes et les pattes qu'elle jette, puis y porte la dent, mais doucenu^nt et à [ilusiours reprises, en gastronome qui a des principes ; enfin elle les mange, et recommence la même opération jusqu'à ce que ses provisions soient é|iuisées. Alors seuleineul elle pense à rejoindre sa troupe.

Tout près de la moue viennent se grouper les espèces dont nous allons [larlcr.

Le Patas ou Sinc.e jioigz {Cercopilliecus ruher, Geovf. Simia rubra , CiMI,. Le l'citas, 0. Civ.). Cette guenon, ass<'z commune au Sénégal, est longue de dix-huit pouces, non com|U'is la queue. Sou pelage est roux en dessus, ceuilré en dessous, ses oreilles sont noii'cs ; sa face est couleur de chair , avec un bandeau noir sur les yeux , quelquefois surmonté de blanc. Elle est méchante, emi)ortée, capricieuse et sans afFeclion.

La CurNON iii..vnc-ce.\uri; [Cercupitliecus albo-rinormf:, Drsji.). Cette espèce habite Sumatra. Elle est grise en dessus, plus foncée sur les lombes; le dessous est blanc; sa queue est brune; ses pieds et ses mains sont noirâtres; elle a une ligne de poils roides et noirs en travers du front.

Le Vebvet (Cercopitheciis pijgerilhra'Hn , Des.m. Cercapilhccus pyt/crUhrus. Fr. Cuv.). Il est d'un gris verdAtre en dessus, blanc en dessous; il a un cercle de roux autour de l'anus; son scrotum est couleur de vert-de-gris, entouré d'un cerde de poils blancs; l'extrémité de sa queue est noire. Celte guenon est timide, farouche, et vit, au cap de Bonne-Espéranie , dans le f(Uid des loréis les plus retirées. On ne la rencontre jamais à proximité des habitations.

La Cur.NON a cnocriON blanc {Cercoptthccus h'ucopnjmnus, Otto). ,^ On ignore la patrie de cette jolie espèce qui, par son défaut d'analogie dans les formes avec les autres guenons, devrait ]ieut-èlre former un genre à jiart. Son cor|)S est grêle, et son estomac est néanmoins d'une grandeur reniaiMpiahle. Klle est brunAtre sur la nuque et le sommet de la léte; son dos, ses extrémités et sa face sont noirs; elle a la gorge d'un blanc cendré, le croupion et la queue d'un blanc sale. Elle appartient au genre Sctnnopithecus.

La (liENON m: Dva.w.whf. [Cercopithecus intsilhif!, Di.i.ai..) est d'un gris cendré uniforme , avec le bout de la {lucue noir; elle a de longs poils sur la nuque , le dos et les épaules ; sa gorge est grisMre; le dedans des membres est d'ini gris blanchâtre plus fonii'; une tache d'un gris brun se piolonge de dessous le menton jusqu'à la gorge; ses sourcils sont noirs, suriuontc's d'un bandeau grisâtre; sa face et ses mains sont de couleur fauve, l'Ile a dix pouces (0,271) de longueur, non compris la cpieue. l'.Ue a été trouvée au cap de lionne-Espérance, aux environs d(! (lootcvis-itiver, au Keirkama, par M. Delalandc. Je la crois le jeune ftge du vervet.

Le lIociiEiR [Ceicopilhccus niclilans, Dism. Simia niclitans,

Gml. La Guenon à long nez proéminent, Blff. Le Hocheur, G. Cuv.). Cette guenon a trois pieds quatre pouces (1,08") de longueur, la (picue comprise; son pelage est d'un noir intense, pointillé de gris verdàtre , avec les extrémités antérieures et la queue d'un noir foncé; son nez est large, mais proéminent, renflé, portant, vers la moitié inférieure, une tache blanche arrondie. Elle habite la Guinée, et paraît d'un caractère assez doux.

La DiAXE [Cercopilhecus Diana, Geoff. Simia Diana, Linn. La Diane,Fr. Cuvier. LeRoloicay, Buff. — G. Cuv. L'Exquima, Marc).

Cette jolie guenon a le dessus du corps d'un marron assez vif; les flancs d'un gris ardoisé, et une ligne de la même couleur lui traverse obliipu'ment les cuisses; le dessus de sa tète est couvert de poils courts et noirs, avec un bandeau de poils roideselblancs ; son menton porte une petite barbe blanche. Du reste, son pelage varie en raison de l'Age, et le blanc devient quelquefois jaunâtre.

On trouve le roloway dans le Congo et la Guinée , où il habile eu grandes troupes les Htrèts silencieuses. A l'état sauvage, il se nourrit de fruits, d'oeufs d'oiseaux et d'insectes. (Jmime il s'apprivoise très-aisément, les nègres lui font la chasse et le réduisent en captivité pour le vendre aux Européens qui font la traite sur la cote d'Afrique.

Le caractère de celte petite guenon est fort doux ; elle s'alTcctionne à son maître, au point qu'elle le suit sans chercher à s'enfuir, et qu'elle vient se faire prendre lors(ju'il l'appelle. In de mes amis en possédait une extrêmement caressante, qui l'accompagnait de la ville à une maison de campagne éloignée d'une lieue. Le chemin était bordé d'arbres, et comme elle était Irèscurieuse, elle grimpait sur tous sans en excepter un. Û"and les arbres étaient trop rapproches, elle s'élançait de l'un à l'autre avec une rapidité et une légèreté sans exemple. Mais cette manœuvre l'avait bientôt fatiguée, et alors elle montait sur le dos d'un épagneul (lu'elle forçait à la porter, La première foisfpi'elle s'avisa de faire sa luoiitiu'c de ce pauvre chien, il fut fort effrayé et voulut s'en débarrasser. Mais elle saisit ses longues toullès de poils avec ses tpiatre mains, et se cramponna de manière ((u'il eut beau courir, sauter, tourner, elle ne désempara pas. Quand le chien se roulait sur U'vm ou dans un fossé, d'un bond h'ger elle s'élançait à cinq ou six ]>as, s'asseyait et le regardait faire, ])uis, quand l'animal se relevait, d'un autre bond elle se replaçait sur son dos. Enfin, le chien, lassé d'une opi)osition inutile, prit son parti en brave, et depuis devint la monture obligée du roloway.

Cette guenon, toute bonne et toute caressante qu'elle ('lait, ne laissait pas (juc d'avoii' fréquemment des colères assez violentes , mais ijui toujours naissaient de la peur, l'ar exemple, si elle cassait un verre ou une porcelaine en les laissant tomber, aussil(U elle entrait dans une colère furieuse et poussait des cris aigus , dans l'atlenle d'une correction que le plus souvent elle ne recevait [las.

Comme la moue, elle était un peu voleuse, et elle avait l'habitude d'aller cacher dans les lits, entre les draps, le fruit de ses larcins. Souvent elle entrait dans la basse-cour, se glissait dans le poulailler, prenait un (ruf à chaque main, et se sauvait en marchaiil debout sur ses jncds de dcriière. Dans cette position son attitude était fort grotesipu'. Elle avait un goût très |)roiioncé pour les œufs crus; elle fra))pait doucement du bout sur It' carreau pour casser la co(iuille, avec son doigt elle agrandissait le trou, jiuis elle suçait toute la substance contenue dans la coquille, sans la casser davantage. Klle aimait beaucouii le café, et chaque fois qu'elle pouvait entrer fin-|iveuient à la cuisine, elle fui'ctait dans toutes les (tafelièi-esiioui' manger le marc (pii pouvait y être resté. Elle aimait les li(pieurs fortes, non pour les boire, mais pour s'en parfumer tout le corps avec ses petites mains qu'elle tremi>ait dans le vase. Du reste, elle mangeait de tout, de la viande cuite , du pain , des iietils oiseaux crus , mais seulement (|iiand on les lui donnait vivants, des fruits, des sucreries, des

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lionbons, etc. Kllc se servait d'une pierre pour casser les noix et les amnmlcs , et i)our beaucoup de choses elle paraissait avoir assez d'intelligence.

Cependant voici un fait tpii prouve combien elle avait ]ieu de mémoire , et que la i)lupart de ses actions e'taient irredechies. Lorsqu'on plaçait un (lambeau sur la table, le soir, aussitôt elle s'en approchait, et, prenant la flamme de la bougie pour (jnelipie chose de bon à manger, elle allongeait le museau et y portait la langue. Elle se brûlait et poussait des cris affreux en se sauvant , mais celte expérience douloureuse e'tait i)er(lue pour elle , et le lendemain , iiuebiuefois même une heure après , elle recommençait.

Lorsque son maître l'acheta , cette petite béte e'tait fort douce. 11 l'a conservc'e pendant trois ans , et j'ai cru m'apercevoir qu'à mesure qu'elle vieillissait, son caractère devenait ])lus méchant. Un pauvre chat de la maison était sa victime; elle le portait ou le traînait partout avec elle, le caressait et le battait dix fois par heure ; quelquefois elle lui remplissait la gueule de raisins ou de pommes, et, à force de coups, l'obligeait à avaler une nourriture qui ne lui convenait en aucune manière ; enfin elle le fit mourir de misère, et depuis lors on ne lui permit plus de s'emparer d'un autre.

Du reste, tout ce que j'ai dit de la mone lui convient parfaitement, et ces deux animaux ont dans les mœurs et le caractère, ainsi que dans les formes, une très-grande analogie.

La Guenon dorée [Cercopithecus aurotus ^Geoff.) se trouve aux Moluques et peut-être aux Indes. Son pelage est d'un beau jaune doré, avec une tache noire aux genoux; de longs poils lui ombragent les joues, le front et les oreilles; sa queue est longue et mince.

L'AscAGNE ou Iîlanc-Nez [Cercopithecus petmtrisla, Desm. Simia pelaxrista, Gml. L'Ascagne, G. Cev. Le Blanc-Xez , Audeb.). Cette guenon est rousse en dessus, blanche en dessous, olivâtre sur les membres, qui sont gris en dedans ; ses oreilles sont très-grandes ; sa face est couverte de poils courts et noirs; la moitié de son nez est d'un blanc tranchant.

L'ascagne se trouve en Barbarie. Ce singe est remarquable par l'hunnèleté de ses penciiants; jamais on ne lui voit de ces accès dégoûtants de lubricité si communs dans beaucoup d'autres espèces; on pourrait même legarder cette retenue comme une sorte de di'rence si l'on accordait cette vertu aux animaux. Ses gestes sont pleins de giAce et de douceur, et cependant il est d'iuie vivacit(i si extraordinaire, (juc lorsqu'il s'élance d'un arbre à un autre il semble plutôt voler que sauter. En repos , son attitude favorite est fort singulière : assis, il s'ap|)uie la tête dans une de ses mains de derrière, laisse errer au liasard son œil pensif, et reste ainsi fort loiiglenqis, comme s'il était idongi' dans une profonde méditation. Qui sait.' peut-être rêve-t-il alors à la vallée dans laquelle il est né 1 peut-être son imagination le reportet-elle sous rond)rage du baobab gigantesque où il aimait tant à jouer alors ipie, dans son enfance, sa mère dirigeait ses premiers bonds' ou pcut-êli'e encore, dans sa mélancolie, pense-t-il à la chalin; i|ui l'attache à une terre étrangère".' yuoi (pi'il en soit, quand on a vu celte jolie petite créature dans l'attitude que je viens de décrire, il est diflicile de croire que les animaux ne pensent i)as.

Malgré sa douceur et sa gentillesse, l'ascagne a aussi ses délauts. Par exemple, il est très-vaiiileux et n'aime pas qu'on le raille lorsque sa pétulance lui fait commettre une maladresse; dans ce cas il se met en fureur et pousse des cris aigus ; mais sa rolère n'est pas de longue durée et son bon caractère rei)rend iiien vile le dessus; pour l'apaiser il ne lui faut ipi'inic cai'csse on un bdtiiion. Il a la singulier!' haiiitiide de rouiei' dans ses mains, avant de le manger, tout ce (|u'un lui donne, absolumint comme font les pàtissieis pour allonger un morceau de pâte cvlindriipie.

La Guenon couuonnée [Cercopithecus pilealus , Geoff. ). On ignore sa patrie et ses mœurs. Des poils allongés lui recouvrent le front; son pelage est d'un brun fauve en dessus, qui s éclaircit sur la surface interne des membres.

Le iMousTAC i Cercopithecus cppbus , Geoff. Simia cephus , Lin, Le Mdusiac, Burr. — G.Cuv.). Il estd'Africpie et parait assez commun sur la cote de Guinée , du moins si nous en croyons liulTon. Sa face est d'un noir bleuâtre ; il a sur la lèvre supérieure une ligne blanche ou d'un bleu pâle, en forme de chevron renversé, ce (jui , joint à une touffe de ])oils jaunes au-devant de chaque oreille, lui donne une physionomie assez bizarre. Son pelage est d'un brun verdâlre, et sa (pieue, qui a vingt à vingt et un pouces de longueur (0,542 à 0,569), est brunâtre, avec l'extrémité d'un roux très-vif.

L'individu de cette espèce qui a vécu à la ménageiie avait de la douceur, de la gentillesse ; il était susceptible dairection.

Le Barbique ( Cercopithecus latibarbatus , Temm. La Guenon à face pourpre, Buff.). Sa patrie et ses mœurs sont inconnues. Dans le jeune âge il est d'un gris brun-pâle assez uniforme, ijui passe au noir quand il d<'vicnt adulte ; sa face est d'un pourpre violet; de longs poils blancs , (pii lui entourent le visage , lui forment comme une coifl'ure en ailes de pigeon. Sa queue est longue , terminée en pinceau.

Le TALAroiN ou Melarhine [Cercopithecus tatapoin , Geoff.). BufFon décrivit ce singe, et depuis lui on ne l'avait pas revu. 11 en était résulté que les naturalistes crurent que Ikiffon s'était trompé, et qu'ils regardèrent le talapoin comme un jeune malbroucl< , et quelques-uns pensent encore ainsi. Cependant Frédéric Cuvier fut assez heureux pour retrouver cette jolie esi)èce vivante, et réparer ainsi l'injure faite à Buffon. Le pelage de cet animal est olivâtre ou d'un vert jaunâtre en dessus, d'un blanc jaunâtre en dessous ; sa longueur, du bout du museau à l'origine de la queue, est d'environ un pied (0,225) , et sa queue , qui est cendrée en dessous , est longue de dix-huit pouces (0,t87). Les mains , les oreilles et le nez, excepté à sa base , sont noirs : le dessus des paupières est blanc, le dessous des yeux couleur d'ocre , le tour de la bouche couleur de chair.

On croit aujourd'hui que ce joli animal est d'Afrique, quoiqu'on ne l'y ait pas encore trouvé. Buflon le supposait de Siam et des autres parties de l'Asie orientale , parce qu'on le lui avait donné sous le nom de talapoin, que l'on sait être la (pialilication de certains prêtres banians, et (pi'il croyait le reconnaître dans ce passage d'un voyageur : « Les singes de Guzarate .sont d'un vert brun; ils ont la barbe et les sourcils longs et blancs : ces animaux, que les Banians laissent multiplier à l'infini par un princijie de religion, sont si familiers, qu'ils entrent dans les maisons, à toute heure et eu si grand noud)re, ([ue les marchands de fruits et de confitures ont beaucoup de peine à conserver leurs marchan<lises. »

"'• Gënbf. Les COLOBES [Culoljus, Geoff.). Ils ont l'angle facial ouvert à (|uarante degrés; leur museau est court et leur face nue; ils ont des abajoues; la main antérieure mampie de pouce, et leur queue est longue, mince, floconneuse au bout ; leur corps est mince, et ils ont les jambes très-grêles.

Le (^oi.oiir. a camau. [Çohibus polijcomos, (iKi-FF. Simia pohjcomos, l'ENN.). Habite la Guinée et se trouve princiiialement à Sierra- Léone, où les nègres lui donnent le nom de roi des siyxjes. ("est une jolie espèce dont les épaules, le cou et la lête sont recouverts d'une sorte de crinière en camail, jaune, mêb'e de noir, et lui relondiant sur les épaules; le reste tle son pelage est ras, trèscourt el d'un noir assez brillant ; s,i l'ace est brune, et sa ipieue , plus longue que son corps, d un idanc de neige. Ce colobe a trois jpieds (0,975) de longueur compris la queue.

Le Coi.oiiE im: Bili.i.'K [Colobus llullokii. — Culobus TeiniiiincUi ,

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KuHL.) est un peu plus petit et n'atleinl que deux pieds sept pouces (0,839), compris la queue. Son pelage est noir en dessus, ainsi que la face externe des cuisses et les ei>aules ; son ventre est d'un jaune roussàtre; sa face , ses mains et sa queue sont d'un rou\ pourpre, plus clair sur les membres. Il habite la côte occidentale d'Afrique.

8"-' Genre. Les LASIOPYGES (Lasiopijga , li.Lin. ). Leur tête est arrondie et leur museau médiocrement allonge'; ils ont la queue longue; des abajoues; les pouces ante'rieurs très-courts et trèsgréles; les mains plus longues que les avant-bras et les jambes; les fesses borde'es de longs poils, mais sans callosités.

Le premier et le seul singe de cette espèce qui ait été étudié en Europe, jusqu'au moment où M. G. Cuvier a publié la dernière édition de son Ité(j7ie animal, consistait en une peau mal bourrée, déposée au Muséum d'histoire naturelle. Ce grand naturaliste pensait que les callosités avaient pu disparaître lors de l'empaillage, et de là il doutait que ce genre fût bien fondé. D'autre part, M. Frédéric Cuvier, qui dit avoir vu plusieurs peaux envoyées de la Cochinciiine, prétend leur avoir trouvé des callosités aux fesses. Si ce naturaliste ne s'est pas trompé , il faudra supprimer ce genre, et reporter cet animal au genre Semnujnthecus.

O" Genbe. Les NASIQUES [Nasalis, Geoff.). Ils ont tous les ca-

^<§r^St^^

Enclos du porc-épic , près des loges des animaux féroces.

Le Doue {Lasiopyga nemœus, Iu.k. Cercopithecusnemœus, Desm. Simia nemœua , LrN. Le Ihnic, liurr. — G. Cuv. Semmipithecus wmœus, Less.) se fait remarquer entre tous les singes par la vivacité et la disposition de ses couleurs. Le dos, les bras, le ventre et les flancs .sont d'un gris vcrdAtre ; le dessus de la tête est brun, avec un étroit bandeau d'wu roiix-m.irron ; les joues .sont rmivertes d'un poil très-long et bianeliMre ; la face est en i)artle roussAtrc ; les épaules sont noires; les jambes d'un marron-roux très-vif, et la queue blanchâtre.

Le doue ou dok, mots qui dans la langue de sou pays signifient singe, n'a pas moins de trois pieds cl denii à cpialre jiieds {l,ir.7 à 1,20tl) de hauteur. Il haliile la Cocliiticliine cl, si l'on en croit les voyageurs , il niarehe au.ssi .souvent sur deux i)icds que sur quatre. Ils disent au.ssi (jue l'on trouve dans son estomac des bézoards dont la qualité est supérieure à ceux des chèvres et des gazelles; mais comme on ne croit plus aujourd'hui aux vertus merveilleuses que les anciens attribuaient au b(=zoaid , il en résulte que ceci est d'une très minime iin|iorlance.

ractères des guenons, mais leur nez est saillant et (U'uiesurénient long. Les oreilles sont petites et roiules ; le corps trapu ; les mains antérieures ont le pouce court; les pieds sont larges, avec des ongles t'pais; leur queue est plus longue que le corps, et ils ont des callosités aux fesses.

Le Kaii.vi {i\asalis larvatus, Geoff. Simia naaica, Sciir. Le Nasique ou h'ahau, G. Ciiv. La Guenon à long nez, ISiiff.) se trouve dans l'île de lîornéo, et peut-être aussi dans la Cochinchine. Il est très-remarquable par la longueur de son nez ; sa face est nue, noirâtre; il est couvert de poils courts, d'un fauve ious>:Hre, plus brun sur les i)arties supérieures (pii poiieiii qiiehpies taches jauuAlres. Il est à i>eu de chose ])rès de la grandeur du doue.

11 n'existe pas de pays au monde i)lus riche en animaux singuliers que celui habité par le kahau , et parmi ces animaux il n'en C'^l point de plii< exlr.iordin.iire que ce singe. Qu'on se figure un l)elit vieillard de lroi> pieds el <leuii (I ,ir)7)de hauteur, au dos voûté, à la mine rechigiiée, joignant à la caducité de l'Age toute la vivacité et la pélulanee de la première jeunesse, et Ion aura déjà une

SINGES

Irgèrc c>;<iuissc de son polirait. Mais ce qu'il a de plus étrange, ce (pie l'on ne peut regarder sans rire ou sans être effrayt', c'est son nez prodigieux. Si on s'imagine une spatule échancree , noire comme du charbon , longue de près de six pouces , placée sur son visage de manière à ùlcv a l'aninial toute possibilité de saisir quelque chose avec sa bouche, on aura de sa grotesque (igurc une idée assez juste.

Les nasiques sont capricieux, méchants, et ne s'ha!)itiient jamais bien à la servitude. Ils vivent en troupe dans les forêts et se (daisi'ut à venir, cluKiuc soir et chatpic malin, faire une excursion de gambades sur les arbres qui ombragent les bords des grandes rivières. Là ils jouent, ils bondissent de branche en branche , se poursuivent les uns les autres, et se livrent à la joie la jdus luuudtucuse. Ils accompagnent constamment leur jeu du cri kahau, kahau, d'où leur est venu leur nom. Mais ce tapage dont ils fout relenlir les foréls leur est (pnhpu'fois funeste, car il al lire les chasseurs, et quelques coups de fusil ont bientôt fait cesser les bruyants plaisirs et mis la troupe en fuite. Cei)endant, s il y en a quel([ues-uns de blessés, les autres ne les abandonnent pas, et ils li'ichent de les emporter avec eux. Lorsque la présence des chasseurs les empêche d'accomplir cette a'uvre d'amitié, les plus gros et les plus robustes de la bande restent en embuscade à ipielipie dislance, et, cachés parmi les branches touHues, ils attendent patiemment que l'ennemi se soit retiré pour aller au secours de leurs frères. Ne les retrouvant plus sur la place, ils les cherchent pendant (pu'bpie temps, puis, si tous leurs soins sont inutiles, ils regagnent le fond de leurs foréls dans le silence de la tristesse.

10" Gr.NtiE. Les CERCOCl'BES (Cercoee^its, Gfofi-.) ont la tête ))res(pie Iriangulaii'c et l'angle facial ouvert à (|iiarante-cin(i degrés. Le front fuit en arrière, et le museau est un iieu allongé; le nez est plat et haut, le bord postérieur de l'orbite de l'oeil relevé, échancré intérieurement; le pouce des mains est grêle, celui des pieds plus large et écarté; la queue est plus longue ipie le corps, et ils ont sur les fesses de fortes callosités.

Le C.u.i.iTiiic.iii; iCercocebus xabirus. Less. Cercnpithccus aahœus. Fil. Cuv. Simiasalxia, Lin. Le Singe vert, Bmss. Le Callilriche,

lîuFF. — G. Civ.). Il a le corps svelte, dégagé; son pelage est d'un vert olivfttre en dessus, et d'un blanc sale en dessous; sa tête est pyramidale; il a la face noire, ainsi que les oreilles et les mains; ses joues portent de longs poils jaunes, ainsi que le pinceau qui termine sa queue, ses sourcils et la couronne qui entoure le scrotum ; celui-ci est verdâlre. Ses oreilles sont peu arrondies et s'allongent légèrement en pointe. Sa longueur, non compris la queue, est d'environ treize à quatorze pouces (0,.552 à 0,079). Je le crois un cercopithè(|ue.

On en a eu plusieurs à la ménagerie. Une femelle était assez douce et aimait à se faire gratter par les personnes qu'elle connaissait. Lorsipi'elle éprouvait du contentement, elle faisait entendre un petit grognement particulier 'assez doux, i\\ic l'on ])0urrait imiter en prolongeant IV sur la syllabe rirou. Un mftle était au contraire fort méchant, entrait en fureur à la moindre contrariété, et poussait alors un cri très-aigu.

Cet animal silencieux vit en trou|ies nombreuses dans la Mauritanie , aux îles du cap Vert et au Sénégal. (In ne sait de lui que ce qu'Adanson en rapporte.'" Les environs des bois de Podor, le long du fleuve Niger, sont, dit-il, remplis de singes verts. Se n'aperçus ces singes que par les branches qu'ils cassaient au haut des arbres, d'où ils les jetaient sur moi, car ils étaient d'ailleurs fort silencieux, et si légers dans leurs gauibadcs ipi'il eût été diflicilc de les entendre. Je n'allai pas plus loin et j'en tuai d'abord un, deux et même trois, sans que les autres [tarassent effrayés. Cependant, lorsque la plupart se sentirent blessés, ils commencèrent à se mettre à l'abri : les uns en se cachant derrière les grosses branches, les autres en descendant à terre; d'autres enfin, et celait le i)lus grand nombre, s'élançaient de la pointe d'un arbre sur la cime d'un autre. Pendant ce petit manège , je continuai toujours à tirer dessus, et j'en tuai jusipi'au nombre de vingt-trois en moins d'une heure, et dans un espace de vingt toises , sans i|ii'aiicun d'eux eût jeté un seul cri , ipioiqu'ils se fussent plusieurs fois rassemblés par compagnie, en sourcillant, grinçant des dents et faisant mine de vouloir m'altaipier. »

L'espèce du callitriche est devenue très-nombreuse à l'Ile de France, où quelques colons l'ont introduite , au grand détriment des récoltes de bananes et de cannes à sucre.

Le Mangabey sans collier.

Le MAxr.AiiFv SANS coi.i.iek [Cercocebus fub'ginosus, Ceoff. Le Maniialicii, Pcff.).

Hiill'on croyait ijue cet animal était de Madagascar, mais on sait aujourd'hui qu'il n'y a pas de singes dans cette Ile, comme l'avait ib'jà dit Sonnerai, et que le mangabey est de la partie mérichonale de l'.Nfriipic. Il habile le Congo et la Côlc-d'dr, et M. Lesson dit l'avoir vu à Cap-Coast. C'est une des espèces (pie l'on apporte le jdus fréquemment en France, et qui supporte le

LES QUADRUMANES

mieux noire ilimat. Sa couleur est d'un brun gris-ardoise' uniforme et sans tache, mnis plus jiàle en dessous et passant même quelquefois au gris blanchâtre ; ses mains sont noires, ses oreilles violfttres. Sa face varie beaucoup : quelquefois elle est d'une teinte livide Irès-fonce'e , d'auties fois cuivrée avec le museau noiràlre; mais le dessus des paupières est eonslamment blanc. Il est très-remarquable «pic cette espèce porte presque constamment sa queue entièrement renversée sur le dos.

Les singes ont en ge'ne'ral un caractère qui est propre à chaque espèce , mais néanmoins ce caractère se modifie dans les in(li\idus de la même manière que dans les animaux d(imi'Sti<iues, le rhien, par exemple; et quelquefois ces nuances sont tellement prononcées que l'on a de la peine à en reconnaître le type. C'est ainsi que la mone, si douce ordinairement, pre'sente assez souvent des individus farouches, méchants et indomptables.

Il n'en est [las ainsi du mangabey, ou du moins les exceptions sont beaucoup i>lus rares dans celte es|H'ce que dans les autres. Tous ceux que j'ai vus en France avaient le plus heureux naturel; ils e'taient doux, familiers, caressants, et sujets à prendre de l'attiichement pour leur maître quand ils n'en e'taient pas maltraites. Il n est pas de singes plus jielulants ipie ceux-ci; toujours en action, ils prennent toutes les attitudes et souvent les plus grotesques. « A la variété et à la vivacité de leurs mouvements, dit Frédéric Cuvier, on les croirait pourvus d'un plus grand nombre d'articulations que les autres quadrumanes et de plus de force musculaire. » Ce sont surtout les mâles qui se font remarquer par leur agilité; les femelles, plus calmes, sont aussi plus caressantes.

Les mangabeys sont grimaciers, mais dans deux circonstances seulement, quand ils sautent et (|uand ils sont en colère. Dans le premier cas, ils relèvent les lèvres et font voir leurs incisives, de sorte que l'on croirait qu'ils rient ; dans le second, ils agitent les lèvres avec rapidité, à la manière des magots, connue s'ils parlaient avec vivacité et en injuriant; ils font alors cnicndre un petit son de voix aigu et comme articulé.

On ne peut appeler grimaces les jolies ])elites mines qu'ils font qu('h[uefois pour exprimer lems désirs. J'en avais un lellement doux et iiri\c que je le laissais libi'e de courir ilans toute la maison (Juanil sa convoitise était éveillée pour un fruit ou un bonbon, il mettait son doigt index dans sa bouclie, en appuyant le bout derrière ses incisives supérieures en tournant la paume de sn main eu dehors, et restait dans celle gracieuse altitude jus- (ju'.-! ce qu'on lui eut donné ce qu'il demandait avec un [letit cri suppliant et répété heu! heu! heu!

Il était du reste fort caressant et réiiétail fori doucement ce cri quand on lui passait la main sur le dos. Il était fort peu ca|iriciciix, mais Irès-voleur, et il ne le cédait pas à la mone et au roloway pour l'adresse qu'il mettait à commellrc ses larcins J'en citerai un exemple.

Une femme de la campagne vint un jour m'apporler un présnt d'dMifs frais, ipTelle avait déposés dans un panier à deux couvercles. Comme le jianicr renfermait, outre les (rufs, (|uclipies objcis assez lourds, elle l'appuya sur une table, sans li'iler de .sou bi'as, et, debout, elle se mil à me parler avec beaucoiqi d'attention. (.)uand elle eut Uni, elle m'annonça ses œufs frais, retira le panier de son bras, l'ouvrit , cl.... jugez de son étonur mi'nl quand elle n'y trouva plus lien! Je m'amusai un mouu^nt de sa siiiprisc et de sa confusion , puis je la lirai d'eiubarras eu sovdcvant l'oreiller d'un vieux sofa, et lui montrant ses œufs dessous, car j'avais vu la manœuvre de .lac(pml , nom ijuc portait mon mangabey.

La boinie fcuune , en enirant, n'avait pas aperçu le petit animal : celui-ci avait prolilc de .son incognito pour se glisser deirièrc elle, monter sur la table, ouvrir le ])auier sans biuit, y meltre la main avec autant d'adresse (pie de précaution pour fl'étre pas surpris en flagrant délit, enlever deux œufs, un dans

chaque main , les porter sous le coussin du sofa , et recommencer cette manœuvre jusqu'à ce qu'il les eût tous volés. Jacquot s'apercevait bien que je le suivais des yeux ; aussi de tenq)S à autre il s'interromi)ait et me jetait un regard suppliant pour me mettre dans sa complicité. 11 crut probablement y avoir réussi, car il entra dans une colère terrible quand je révélai son larcin , et suitoul sa cachette. Dans sa fureur, il se jeta, non pas sur moi ni sur la bonne feunnc, qui ne s'était aperçue absolument de rien, mais sur les œufs ; il en saisit deux et se sauva debout à toutes jambes.

J'ai C(uiservé ce charmant animal pendant deux ans, sans que jamais le climat ait paru l'incounnoder beaucouj). L'hiver il quittait rarement le coin de l.i cheminée, et il se chaulï'ait les quatre mains à la fois en tournant la paume vers la flamme. J'avais un bon vieux clden au(piel j'accordais le privilège de se coucher auprès (lu feu, à cause de sa fidélité et des anciens services qu'il m'avait rendus à la chasse. La place favorite de Jacquot était entre les quatre iialtcs de ce vieux serviteur, qui, avec beaucoup d'indulgence, le souffrait couché le long de lui. Du reste, ces deux animaux vivaient dans la meilleure intelligence. Mon singe mourut empoisonné par accident.

Le iMAXCiDEV A coLi.iEii (Cercocebus œthiops , Gr.orr. Cercopithecus œthiopicus, Fr. Cuv. Simia œthiops. Lin. Mangabey à collier, G. Cuv.). Il a toutes les parties supérieures du corps d'un beau gris d'ardoise, ou d'un roux vineux, changeant en roux ou en brun marron sur le sommet de la tète ; ses paupières supérieures sont blanches ; un bandeau blanc voile le dessus de ses yeux, et descend sur les côtés du cou. Du reste , pour les mœurs et le caractère, il ne (lilfèrc pas du précédent, aux grimaces près, qu'il fait par un mouvement de lèvres ipi'il relève en luoulraut les dents, manière (jui lui est i)roprc. 11 se trouve dans l'Afrique occidentale, au sud du cap Vert.

Le MAi.nuoucK [Cercocebus malbrouck , Ceoff. Cercopitliecus cynosurus , DiiSM. S/oiî'a /'aunus, G.mcl. Simia cijnosuros , Sciir. Le Malbrouck, G. Cuv.). Ce singe est remarquable ]iar l'extensibilité de ses lèvres, il est d'un gris verdiMre en dessus, blanchâtre en dessous, gris sur les membres et la queue; son front porte un bandeau blanc; sa face est couleur de chair; les poils de ses joues sont très-longs et rejelés en arrière. 11 a un pied (0,52[)) de longueur du bout du museau à la naissance de la queue.

La mcuagerie a possédé un grand nombre de malhroucks. « Il n'est point d'animaux plus agiles, dit Frédéric Cuvier ; ils s'élancent, en faisant j)lusieurs tours, comme en volant, couchés sur le cOlé, et ne se soutenant ainsi en l'air que par rinqmlsiou (pi'ils se douuent en frappant de leurs pieds les parois de leur cage. Ces lualbroucks faisaient rarement entendre leur voix, ipii ne fut jamais (ju'un cri aigre et faible, ou bien un grognement sourd. Les mâles, dans leur jeunesse, étaient assez dociles ; mais dès que l'âge adulte arrivait, ils devenaient méchants, même pour ceux qui les soignaient. Les femelles reslaient i)lus douces, et i)araissaicul seules susceptibles d attachement. Cependant les malhroucks sont excessivement irritables; mais si d'un crtlé ils sont violemment poussés par leurs penchants, de l'autre ils calculent tous leurs mouvemenis avec soin ; et lorsipi'ils atlaciuent, c'est toujours Iraîlreuscment par derrière , et lorsi(u'on n'est point occupé dCux : alors ils se pii'cipitcnt sur vous , vous blessent de leurs dents ou de leurs ongles , et s'élancent aussitôt j)our se UM'Ilre hors de votre portée, mais sans cependant vous |ierdrc de vue , et cela autant pour saisir le moment favorable à une nouvelle alla<pu- que pour se soustraire à votre vengeance. L'exli'Omc irrilaiiiliU' du malbrouck est cause ipron ne peut ni l'apprivoiser entièrement, ni lui faire sii|i|iorler de contraintes; c'estii-dirc (]u il n'est susceptii)lc d'aucune éducation que celle de la nature. Dès qu'en le violente et qu'on veut qu'il obéisse , sn pé-

SINGES

lulnnce cesse, il devienl trisie, taciliirne, et liienlôt .Tprès il meurl. n

Celte espèce habile le Bengale, elles Indoiis ont une grande ve'ne'ralion pour elle, parce ipiils croient tiuc l'Ame de leurs sages, de leurs i)liilosoplies, de leurs grands hommes, passe dans le corps d'un de ces animaux après la mort. Aussi dans Amadaliad , capitale de (luzarate , outils construit deux ou trois hôpitaux qui leur sont entièrement consacres. Là on nourrit et soigne non-seulement les singes invalides ou estropiés, mais encore ceux qui , sans èlre malades, veulent y demeurer , et il parait que la gourmandise el la paresse y en attirent hon nomlue.

« Deux fois par semaine, les singes du voisinage de cette ville, si l'on en croit lîufTon , se rendent d'eux-mêmes tous ensemble dans les rues; ensuite ils montenl sur les maisons qui ont chacune une petite terrasse où l'on va coucher pendant les grandes chaleurs. On ne manijue pas de mettre ces jours-là sur ces terrasses du riz, du mille! , des cannes à sucre dans la saison , el autres choses semblables; car si par hasard les singes ne trouvaient pas les provisions aux(juelles on les a accoutumes, ils rompraient les tuiles dont la maison est couverte , el feraient un grand désordre. Ils ne mangent rien sans l'avoir bien (lairé auparavant, et lorsqu ils sont repus, ils remplissent pour le lendemain les poches de leurs joues. » Si ces faits, que je rapporle textuellement , ne prouvent pas grand'chose dans l'histoire du malhrouck , ils prouvent au moins , par l'exemple de Buffon , qu'une grande crédulité peut s'allier à un grand génie.

Les malbroucks, à l'état sauvage, sont d habiles pillards , trèsdangereux pour les vergers et les champs de cannes à sucre. " L'un d'eux, dit Inigo de Biervillas, fait sentinelle sur un arbre pendant que les autres se chargent de butin ; s'il «perçoit quelqu'un, il crie houp, hmp, houp, d'une voix haute et distincte; au moment de l'nvis, tous jellent les cannes (ju'ils tenaient de la main gauciic, cl s'enfuient en courant à trois pieds; s'ils sont vivement poursuivis, ils jettent encore ce qu'ils tenaient dans la main droite, et se sauvent en grimpant sur les arbres, qui sont leur demeure ordinaire. Ils sautent d'arbre en arbre; les femelles mêmes, chargées de leurs )ictits qui les tiennent étroiteuicnl embrassées, sautent aussi comme les autres, mais toud)enl quelquefois. Lorsipie les fruits et les plantes succulentes leur manquent, ils mangent des insectes, et quehpiefois ils descendent sur le bord des fleuves et de la mer pour attraper des poissons el des crabes, i

Jusque-là l'iuileur resie dans le vraisemblable, et il est permis de le croire; mais ce (jui suit me ])arait lomlicr un peu dans ce merveilleux dont les anciens voyageurs aimnienl tant à broder leurs narrations. « Ils niellent leur iiueuc entre les pinces du crabe, ajoute-t-il, et dès <pi'elles serrent, ils l'enlèvent biiisquenienl et remportent pour le manger à leur aise. Ils cueillent des noix de coco et sa\ent fort bien en liier la liqueiu' pour la boire el le noyau pour h; manger. On les prend par le moyen de noix de coco, où l'on fait une petite ouverture; ils y fourrent la patte avec peine parce que l'ouverture esle'iroite, et les gens qui sont à l'affût les prennent avant qu'ils jiuisscnl se dt'gager. n lue dis choses de ce r('cit qui n'e.sl pas la moins admirable , est la naïveté avec hKjucllc liiiU'on le rapporle.

Les malbroucks sont grands dt-nicheui's il'oiseaux, aussi a-t-on remarqué que partout où les premiers ahomlcnl, les derniers sont fort rares. Ils ne craignent ni le ligre, ni les autres liCics féroces, mais ils ont un ennemi bien plus Icrribh' el bien plus dangereux, qui va les saisir sans bruit, pendant la nuit, jusque sur la cime des arbres les plus élevés. Ccl ennemi redoutable n'est autre (|u'unc sorte de Irès-grand serpent , probablement un boa, qui les avale d'un seul coup et s'occupe jour et nuit à leur faire la chasse.

Le Gbivet {Cercocebus yriseo-viridis, Dessi. Cercopithccus griscus,

Fr. Clv.). Celle espèce a beaucoup d'analogie avec le callilriche, le vervet et le malhrouck : il a la lOle de moins en longueur que ce dernier, el son scrotum, d'un vert cuivré et non bleu, est entouré de poils blancs; sa couleur est d'un vert grisâtre. Le bandeau blanc de ses yeux , ses favoris blancs el sa queue grise jusqu'à l'exlrémilé, le différencient du callitriche. Sa fa<'c est d'un noir violàlre , el le tour des yeux d'une couleur de chair livide. Il est de la Nubie, el d'autres parties de l'Afrique.

Un mâle et une femelle de cette espèce ont vécu à la ménagerie. Le premier, assez doux dans sa jeunesse, était devenu méchant en vieillissant. La femelle était douce, caressante jusqu'à limporlunilé, mais excessivement jalouse d(^ toutes les personnes qui approchaient son maître. lUi reste , tous les singes ont plus ou moins ce défaut.

« Ces animaux (les singes en général) sont très-susceptibles de jalousie, dit Kr. Cuvier, ou plutôt d'un sentiment qui a rap]>arence extérieure de celle passion, car elle ne peut pas exister chez les animaux avec les mêmes caractères que chez l'homme ; mais ils lexpriment indépendanunenl de tout rapport de sexe. Lorsqu'un singe femelle est attaché à sa maîtresse , il témoigne iniiid'éremment aux hommes el aux femmes son espèce de jalousie; el s'il en est quehpiefois arrivé autrement, cela a tenu sûrement à des circonstances fortuites <pii n'ont point été appréciées. » J'ai la conviction que Fr. Cuvier se trompe, et s'il ne s'était pas réfuté lui-même dans plusieurs parties de ses ouvrages , et particulièrement dans son article du mandrill , j'essayerais de le faire ici. L'erreur de ce naturaliste provient sans doute de ce «pi'il n'a Iroj) souvent étudié que les animaux vivant dans les cages de la ménagerie , el dont l'inslincl s'est abruti par un dur esclavage.

J'ai élé à même d'observer plusieurs fois des singes élevés avec douceur et parfailemcnt apprivoisés , conditions (pii sont indispensables si l'on veut juger avec quelque certitude de leur caractère; mais par \ui hasard fort singulier. Ions étaient des mâles. Je leur ai reconnu non-seulemenl une jalousie furieuse contre les hommes , mais encore une prédilection tout aussi remarquable pour les fenuues, prtMileclion souvent poussée jus(iu'à l'indécence. Ainsi donc , abstraction faite de tout esprit de système, j'ai lintime conviclion que les sexes ont, chez les animaux, une influence marquée sur leur manière d'être avec notre espèce. Je ne puis ni ne dois, dans cet ouvrage, donner plus d'extension à cette pensée.

4 ^rP^^-y^

,C^ -ç ^nvi A»^

LES QUADRUMANES

L'Houlman ou Entelle.

^1M;K^RE. Les SEMNoPlTlIKQrES [Semiiapilhecus, Vu. Cuv). Comme les préce'denls, ils ont tiente-tleiix dcnls, mais leurs canines sont beaucoup plus longues que leurs incisives; leur lélc est r()nile, à angle facial plus ouvert que celui des orangs. Us oui la face plane , les membres très-longs relativement aux autres dimensions du corps ; leurs poirces antérieurs sont très-courts ; ils ont des abajoues , des callosités aux fesses , la queue excessivement longue et très-mince.

1/IIoui.MAN ou Entelle (Semnopithecus enlellus, Fn. Cev. Ccrcopithecus eiilellus , Desm. — Geoff. Simia enlellus , Difr. Entelle, G. Cuv.). Cette espèce varie beaucoup de couleur à raison de l'âge. Son menton est garni d'imc petite barbe jaunftire, et sa g'irge est nue. Son pelage est d'un blond grisâtre , mélangé de poils noirs sur le dos et sur les membres, et de poils d'un fauve presque orangé sur les côtés de la poitrine; les mains et la face sont noires, et la queue presque noire , terminée par une touffe; les poils de la If te sont plus roux (jue les autres et formeni un ccnle eu divergeant du point qui leur donne naissance. Dans sa jeunc.-se, son pelage est presque entièrement blancliAire ou d'un blanc roux, et sa ipieue est d'un gris roussâlre. Il a un pied cinq pouces (0,460) de longueur, non compris la queue.

L'iioulman habile le liengale. Il offre un exemjde de la singulière iMi'Iamorpliosc dont nous avons pailé à l'article du |iongo. rciidaul sa preuiii're jeunes.sc , il a le museau très peu saillaTit, le front assez large, le (râne élevé et arrondi. Abus cet anluial jouit de facultés intelleetuellcs très-étendues; il a une ('tonnanic pénétration pour juger de ce qui peut lui être agréable ou nuisible ; il s'apprivoise aisément, est assez doux, s'atlaclie jusqu'à \m certain point à son maître, et n'emploie (pie la ruse ou l'adresse pour se procurer ce (pi'il d('sire.

A mesure ([u'il devient vieux, c'est tout autre chose; son front s'oblitère , son museau acquiert une proéminence considérable , et son crâne diminue beaucoup de capacité. Ses qualités morales se dégradent dans la même propoition ; l'apathie remplace la pénétration; il clierclic la solitude; il emploie la forci' à la place <le la ruse, et une méchanceté féroce, une colère poussée jusipi a la fmeur, simt excitées par la plus b^gère contrariété. l'Ius lard il faut le charger de chaînes , ou le renfermer dans une cage de

fer, dont sa ])lus grande occupation est de secouer les barreaux avec rage.

Ce portrait viai n'est jias si'duisant, et cependant les Indous ont déilié cet animal, auquel ils assignent une assez lionne place parmi leurs trente millions de divinités. Nous citerons ici ce qu'en a écrit M. Duvaucel.

« Quebpie zèle que j'aie mis dans mes recherches et mes poursuites, elles sont toujours restées infructueuses, a cause des soins empressés qu'ont mis les lîengalais à ni'empèchcr de tuer une bête aussi respectable. Les Indous chassaient le singe aussitôt (|u'ils voyaient mon fusil ; et jicndant plus d'un mois qu'ont séjourné à Chandernagor sept ou huit houlmans ipii venaient jus- (pie dans les maisons saisir les offrandes des (ils de Krama, mon jardin s'est trouvé entouré d'une garde de pieux brames, qui jouaient du tam-tam pour écarter le dieu quand il venait nuuigcr mes fruits. Ce que je sais de mieux sur celte espèce, c'est son histoire niylhologii|ue, mais il serait trop long de la rap|)orler ici. .le dirai seulement (pie l'houliuan est un lu'ros célèbre par sa force, son esiirit et son agilité, dans le recueil volumineux des myslèies du [leuple indou. Ou lui doit ici un des fruits les plus estimés, la mangue, qu'il vola dans les jardins d'un fanu'ux géant (■labli a Ceylan. C'est en punition de ce vol qu'il fut condamné au feu, et c'est en éteignant ce feu qu'il se brûla le visage et les mains, restés noiis depuis ce lemps-là.

)> .le suis entré à (louti|iar,i (lieu saint habil(: par des biaïues), it j ai vu les arbres couverts de houlmans à longue queue, qui se sont mis à fuii' en poussant des eris affreu.\. Les Indous, en voyant mon fusil , ont deviné, aussi bien que les singes, le sujet de ma visite , et douze d'entre eux sont venus au-devant de moi \Hti\r m'a|)prendre le danger que je courais en tirant sur des animaux qui n'élaienl rien moins que des jtrinces nu'tanmrphosés. J'allais passer outre, lorsque je rencontrai sur ma route une de ces princesses, si séduisante, que je ne pus résister au désir de la considérer de plus près. .le lui lâchai un coup de fusil , et je fus ti'nioin alors d'un trait vraiment louchant ; la jiauvre bête, qui portait un jeime sing(^ sur son dos, fut atteinte juès do Cd'ur; ell(! se sentit morlellemenl blessée, et, réunissant toutes ses liirecs, elle saisit son petit, l'accrocha à une branche, et tomba morte à mes pieds. Un trait si touchant d'amour maternel m'a

SINGES

fait plus d'impression que tous les discours des brahmes , et le plaisir d'avoir un bel animal n'a pu l'emporter cette fois sur le regret d'avoir tué un être qui semblait tenir à la vie par ce tpi il y a de plus respectable. "

Le LouTOu (Scmnopithecus mourus et le Tchincou, Fr. Cuv. Cer-

copithecus mourus, Desm. Simio cristata, Raffl. Simia maura,

Le TsciuNcou ou Tsciiin-coo (Scmnopithecus pruinosus, DesmJ me parait si ressemblant au précédent, surtout à la gravure que )i[. Fr. Cuvier en a (ionnée, que je le soupçonne beaucoup n'être qu'une variété de la même espèce. Son pelage est noirâtre, glacé de blanc, sans tache blanche à l'origine de la queue, qui est brune. Ses mains sont noires. On le trouve à Sumatra, mais on ne connaît pas ses mœurs

ForCt vierge de l'Amérique du Sud.

Lin.). Ce singe a deux pieds de longueur lù,C>",()) non compris l.i i]ueue, qui a deux pieds et demi (0,812) Ses formes sont grêles, ses membres allongés; .son pelage est entièrement noir, excepté une tacbe Idanclie en dessous, à l'origine de la queue, et quel- (pies polis de la même couleur près de la bouclie ; les mains sont noires; les oreilles et la face sont nues. Dans le jeune Age il esl fauve ou d'un brun rougefttre. Il esl de Java, et ses habitude-; sont inconnues.

Le r.iMf.rwE ou Pimpaï [Semnopithccus mclanophos, Fn. Clv. Simia melannphos, Haff.) a un jiicd six pouces (0, t87) de longueur, non compris la queue. Son pelage est d'un fauve roux brillant , soyeux en dessus, blanchAire en dessous; il a une aigrette de poils noirs en forme de bandeau; la face bleue; les lèvres et le menton couleur de chair II habile Sumatra et les lies de la Sonde; on ne sail rien de son histoire. ^/Le Ciioo ou Cnoi" {Semnopithecus comalus, Desm. — l'ii. Cuv.).

Paris. Typographie ÏMon ftf'ies , rtio do Vaiijlirani . 3G.

LES QL ADRUMAJNES.

Le nom de cet animal lui vient de son cri ; le dessus de son coqis et la face exlt-rieure de ses membres sont gris; sa léle est couverte en dessus de poils noirs, formant une sorte d'aigrette vers l'occiput; le dessous du cor|is cl des membres es! d'un blanc sale; sa queue est blanche en dessous, grise en dessus, et terndnéc pai' des poils blancs. Le nomenclalcur Temminck pense (ju'on doit rapporter cette espèce au presbylis mitrata d'EscIjollz. Il est de Sumatra et de Java, où les habitants le nomment quebpicfois eiro ; c'est tout ce qu'on sait de son histoire. y Le Soui.iLi {Seinnapilhccus fulro-griseus, Df,s.m.) est d'un gris fauve passant au brun ^-ur les épaules et le bas des quatre membres; les quatre mains sont noires, le visage tanné; les favoris, la gorge et le menton d'un gris blanchâtre sale; la queue est d'un quart plus longue que le corps; les doigts sont très longs, très-grcles, à jibalangcs arquées. Les canines supérieures sont très-grandes et creusées d'un profond sillon sur la face antérieure. Il hal)ite Java. Je crois (pie cette espèce fait double emploi avec la guenon à croui)ion blanc, page 38, qui me semble appartenir à ce genre,

/ 12" Genre. Les M.\CAQUES (Macacu8,-LkCEP.). Leur angle facial est ouvert à quarante ou quaraute-cinq degrés; ils ont des crêtes sourcilières et occipitales très-])rononcécs; des abajoues, des callosités aux fesses, et une (pieue plus ou moins longue; ils ont trenic-deux dents, dont la dernière mâchelièrc inférieure à talon , ce qui les distingue des guenons, et ils diffèrent des semnopithèques par de très-grandes abajoues.

Le MACAgcE ToguE (Macacus radiatus, Desji. — Kii. Cuv. Cercucebus radiatus, Geoff. Le Bonnet chinuis, Buff. "Voir notre gravure du Chacraa, où il est représenté j. Ce singe a une grande ressemblance avec le bonnet chinois, dont il n'est peut-être, quoi qu'en disent les naturalistes, qu'une simple variété. Son pelage est rluu brun verdàtre en dessus , et d'un cendré clair en dessous; les poils du dessus de la tête sont divergents et lui forment une sorte de calotte, mais bien moins prononcée; il a le museau plus mince et plus étroit que tous les autres macaques, la face et les oreilles dune couleur île chair livide, et les mains violâtres. Sa queue est un peu plus buigue que son corps.

Le to(pu; haliitc llnde cl se trouve principalement sur la côte de Malabar, où il Jouit des mêmes privili^gcs ,pie l'houlman au l5cngale. Il est défendu aux iialurcis .le le tiu'r, sous qucl.pie prétexte que ce soit, et sous des i.eines très-x^ières. .S'il arri\e a un Européen de commettre ce crime épouvantable, il n'est pas soumis aux peines prononcées contre les indigènes, et cela parce tiu'il serait difîicile de les lui faire appliquer; mais les brames sont parfaitement convaincus qu'un des dix ou douze dieux singes qui figurent dans leur Ihéogonie ne mauipicra pas de le fJire mourir dans laumV pour venger son repré.senlaiu sur la terre. Il en résulte que le macaque toque a ses coudées franches dans celle partie de l'Asie, et, comme dit le naïf voyageur Pvrard « ces singes sont si importuns, si fâcheux, et en si grand nmnbre qu'ils causent beaucoup de dmumage , et que les hal.ilauls des Villes et des campagnes sont obliges de mettre des treillis a leurs lenêtres pour les empêcli r d'entrer dans leurs maisons. »

,\ous n'avons, au moins à ma connaissance, aucun renseignement de date récente sur cette espèce, et ceux que nous Ir.mvons dans les voyageurs anciens sont assez confus. Wéaninoins il parait que le macaque toque est d un caractère caj)ricieux et méchant, au moins quand il a atteint un certain ûgc, et .piil se livre haluluciiemenl au iiillagc des vergers et des plantations de cannes a suriT. Il aime beaucoup la sève du palmier, dont on prépare, dans llnde, une liqueur fermentée nommée lan. Il se met en embuscade et observe les ludous .jui vont percer les palmiers et poser dans la plai,. de l'arbre une . annelle de bambou par laquelle la scve qui s.Vhapp,. doit être conduite dans un vase. Ce malicieux aunual, aussitôt qu'il voit l'Indou parti , sort de sa ca-

chette, grimpe sur le palmier, et boit la sève à mesure qu'elle coule du tronc. 11 arrive parfois, dit on, que cette liqueur l'enivre; alors il ne sait plus ce (pi'il fait, et on le prend aisément. Toutes ces anciennes observations ont besoin d'être conlirmées de nouveau.

Le BoxxET CHINOIS {Macacus sinkus, Fit. Ccv. Siinta sinica, Gml. Le Bunnet chinois, G. Ccv. — Bckf. La Guenon couronnée). Son corps est grêle; son pelage est d'un brun marron ou d'un fauve brillant doré en dessus; sa queue est un peu plus brune; sa poitrine, son ventre, ses favoris, le dessous de son cou et la face interne de ses membres sont blanchâtres; ses mains, ses pieds et ses oreilles noirùlres; sa face est couleur de chair. Les poils qui couvrent sa tête sont, comme dans le préct'dent, disposés en rayons divergents d'un point central, mais plus longs. Ce singe habile le Bengale, et son histoire est absolument la même que celle du maca.pie toque.

Le MAt;.\gi;E a face noike (Macacus carbonarius, Fr. Cuv.') a la plus grande analogie avec le macaque ordinaire et n'en dill'ère essenlielleuient que par sa face, qui est noire au lieu d'être tannée. Son pelage est d'un vert grisâtre en dessus; les favoris, les joues et tout le dessous sont gris; il a sur les yeux nu bandeau noir, élroil, et les paupières supérieures sont blanches. On le trouve à Sumatra.

■^ Le Macauie a face kouue [Macacus specinsus. Fit. Cuv.) a le pelage d'un gris vineux en dessus, d'un blancgrisâlre en dessous; sa face est d'un rouge pourpre et r.oii verinillonné, entourée d'un cercle de jioils noirs; sa ipieue est très-courte, iiresipie cachi'e par les poils; ses ongles sont noirs. Il est des Indes orientales. Peul-êlrc faudrait-il reporter cette espèce au genre suivant.

Le HiuiSL's [Macacus erythrœus, Fr. Cuv. Macacus rhésus, Desm. Le Rhésus, Auueb. — G, Cuv. Le Palas à'queue co\iYlv et 'Te Macaque à queue courte, Buff.). 11 ne faut pas confondre cttle espèce, comme l'ont fait M. Le'sson et quelipies autres naturalistes, avec le maimon de BiiHon. Son pelage est d'un beau gris verdàtre en dessus, gris sur les bras et les jambes, plus jaune sur les cuisses; gorge, cou, poitrine, ventre et face interne des membres d'un blanc pur; queue verdàtre en dessus, grise en dessous; face, oreilles et mains d'une teinte cuivrée très-claire ; fesses d'un rouge très-vif, cette couleur s'étendant un peu sur les cuisses, sur la croupe et sur la queue. Sa longueur est de onze à douze ponces (l),-2!)8 à 0,5;25) de l'occiput à l'origine de la (pieue, et cette dernière est longue de près de six pouces (0,l(i2). Le mâle est un peu )ilus grand, et ses favoris sont plus louH'us. Cet animal se trouve dans les forêts de l'Inde.

Le rhésus habite les bords du Gange, où il est en grande vénération. Encouragé par la répugnance invincible que les Indous ont pour tuer les animaux, il (piitle souvent les bois et vient justpie dans les villes p lier en plein jour une nourriture (pii lui |ia.alt d'cUitant plus agrt'able ipi'il l'a dérobée. Ainsi tpic tous les singes, il est assez doux dans sa jeunesse; mais en vieilii.s.saiit il devient méchant jusqu'à la férorité, et alors il est d'autant plus dangereux i(u'il a beaucoup d'intelligence et de pénétration pour cali nier et exécuter ses méchancetés.

Le Nii.-BANDAii ou OcAxuEiiou [Macacus silenus, Desm. Simia sihuus et leonina, Lin. — Gml. Le Macaque à crinière, G. Cuv. \.'()uanderou, Buff.). Il a di\-liiiil ipouccs île longueur (0,512) depuis le musi^m jusipi'à longiue de la ipieue ; celle-ci a dix pouces de longueur (0,271). Il est entièrement noir, exceplt' le ventre et la poitrine, qui sont blancs, ainsi (pi'une crinière et une longue barbe qui lui forment comme une sorte de fraise tout autour de la tête.

Le nil-bandar habile l'Ile de Ceylan et se relire au fond des bois les plus solitaires, où , ilit-on , il ne se nourrit que de reiiilles et de bourgeons. Ce dernier fait me parait d'autant plus douteux, que ceux qui ont vécu à la ménagerie aimaient beaucoup les fruits

SINGES

et se nourrissaient des mêmes aliments que les autres maciu|up-. L'un d'eux elait duux et caressant (prolialilcinent parce (jue c'était une jeune feinelle), mais lrcs-capriiien\; et souvent, .ni moMiPiil même où il |)araissail recevoir des caresses aven le ])lus de [)laisir, il poussait un cri de colère, mordait, et s'éloignait d'un hond. Quant aux niMes , ils e'Iaient très-me'chants.

Les anciens voyageurs pre'tendenl qu'au Malabar « les autres singes ont tant de respect pour celle espèce, (piils s'iiiunilienl en sa présence, comme s'ils étaient capables de reconnaître en elle ((uelque supériorilé. >' Nous remarquerons , en fiassant , qu'il ne faut jamais se presser de rcjeler comme des fables les faits rapportés par les voyageurs, même les pins crédules, et que si on a le talent de dé|iiiuillcr ces fails des interpr('talions fausses et merveilleuses (pi'ds leur donnent, ou y découvre assez souvent une vi'rité En ellet, ce que le [lère Vincent-Marie, que je viens de ciler, a pris pour du respect, n'est rien autre chose que de la crainle ; et si on en concluait que le nil-bandar est féroce , qu'il atla(|ue et chasse de ses bois les singes plus faibles (pic lui, que ces doj'niers le ciaignent et le fuient, qu'ils se cachent en Irem- • bl.int lorsq\i ils l'aperçoivent, on serait tombé jusie sur la vérité. Les Indous estiment beaucoup ce singe et lui donnent une large part dans la vém'ratiou qn'ils ont pour toute cette race, parce ipi'il a une longue barbe et une certaine gravité; ce qui, dans tout l'Orient, passe pour le signe infaillible d une haute intelligence.

Je ne sais si l'on doit regarder comme espèce, et Vf. Cuvierme parailrait être de cet avis, ou connue simple variété, un singe <ité par Bufl'on, mais que, à ma connaissance, on n'a jamais vu en Europe, ni vivant ni en peau; c'est :

Le LovvA^uo [Macacus elwandum ; — EUrandam zcijlanensibus ; Siinia ulha seu incanis piUs, barba nigra prumissa, H.w), qui ne dill'erc du précédent (pie |iarce (pi'il a la barbe noire el le cor])S gris. Il habile le niénie pays. On en trouverait encore un autre, selon Knox, (jui serait entièrement blanc, et qui n est probablement (pi'un albinos d'ime des deux espèces jirécédentes. 11 liabilerait lluile et probablcmenl l'Ile de Ceyian; mais s(Ui existence est douleuse.

« Les singei blancs, dit l'auleiu' de la Description du viacaçar, (pu sont i|uelipiefois aussi grands et aussi méchants (]ue les plus grands dogues d'Angleterre, sont plus dangereux (|ue les noirs. Ils en veulent princijialement aux femmes, et souvent, après leur avoir fait cent oniragcs, ils linissent par les élranglcr. (jucbpiefois ils viennent ju^pi a i\ habilalions; mais les habilanls, ipii sont très-jaloux de leurs femmes , n'ont garde de i)erineltre l'entrée de leurs maisons à de si raéchanis galants , el ils les chassent à coups de liAion. »

I/^Le Macaco (Macacus cynomulgus, (Irofk. — Fr. Crv. Simia cynoinol<iiix, ctjiuicrphalaa.e.laygitla, LiN. l.cMacaqtieelVAigrelIcJii.t-h'. — C.'Ciiv.j. Le m:'ile a^ du bout du museau à l'origine de la ((iieiie, dix-huit pouces de longueur (0,1.H7), el la (emelle (piatorzefd 7)7!)). Leur pelage est olivâtre ou brun , verdàlre en dessus, et blanchâtre en dessous; la tête est grosse, large, aplatie en dessus; une forle crêle soiircilière couvre les yeux; la face est livide et à peu près nue. La femelle a sur le haut de la tête un épi de poils redressi's en forme d'aigrelle

Le macaco se trouve principalemcnl à Sumalra, et peiil-cli-e là seulement, quoi(pie la plupart des auteurs, lîulFon, G. Ctivier, eto , le fassent venir île Guinée elde l'intérieur de rAfri((ue. La ménagerie en a possédé plusieurs qui y ont fait des pclils. Mais les l'emelles, (pii ont porté sept nmis, se sont eonslaninierit montrées uiaiivuses mères et n'ont i)as toujours voulu élever leurs eufanis. Celle espèce, que l'on voit cnininiini'iiient en l",tirupe, est turbulente, malicieu.se, et surtout fort grimacière. Tant qu'il est jeune, le macaco a une douceur el une intelligence remarquables; alors il se prête à une certaine eMiualion, et les

baladins des rues profilent de cette aptilnde pour lui apprendre à viilligcr sur la corde l:1che et à faire divers tours dont ils amusent le publie. Mais liirsipi'il altcini six à sept ans et (pie toute sa force est développer , il devient méchant , colère , se révolte contre la contrainte, et le plus obéissant peut devenir le plus farouche et le plus irascible.

Dans leur pays, ces singes vont souvent par troupes et se rassemblent surtoul pour voler les fruits, les b'gnmes et mettre les idanlalimis au pillage, lijsman, ciU'par Itiilliin, dit «qu'ils prennent dans chaque patte un ou deux pieds de milhio, autant sous leurs bras et autant dans leur bouche ; qu'ils s'en retournent ainsi chargi's, sautant continuellement sur les paltes de derrière, et (|ne, (piaiid on les (loursuit, ils jellent les tiges de milhio (pi'ils tenaient dans les mains et sous les bras, ne gardant (jne celles qui sont entre leurs dénis, afin de pouvoir fuir plus vite sur les (piaire pieds. Au reste, ils examinent avec la dernière exactitude chaipic tige de milhio qu'ils arrachent, et, si elle ne leur ]ilaît lias , ils la rejellenl à leiic et en arrachent d'autres . en sorte (juc, par leur bizarre délicatesse, ils causent encore [iliis de dommages «pie par leurs vols. » Si Hulfon s'est trompé et que, ainsi (|ue le dit M. lioyer, le macaco ne se trouve qu'à Sumatra, ce que Bosman en raconte doit se rapporter à une autre espèce. A la ménagerie, le maca(!o dort couché sur le c(Jl(' et reployé sur lui même, la tête entre les jambes, ou assis, avec le dos courbé et la tête appuyée sur la poitrine. Sa voix est un cri raiique ipii jieut éclater dans la colère avec beaucoup de force; mais lorsi(u'il n'exprime qu'un sentiment paisible, il fait entendre un petit sil'llcment assez doux.

-- Le l'i.Miitoii ou le Maihoin [Macacus nemeittrinus, Fr. Clv. Simia nerncstrina, Lin. Simia plalijfiigos, Scim, Papio iieinesirina, Forst. Le;l/(//mon, Bcrr. — Acni u. Lv Singe à queue de covliuii, Ei)\variis\ Sa longueur, de l'ociMput à l'origine de la (pieue, est de (|uatorzc pouces (0,579); sa queue est longue de cinq pouces (0,155). Son ])elage est d'un brun roussàtre ou d'un blond fonte verdàtre, avec une bande noire commençant sur la tête et s alï'aiblissant le long du dos: les cuisses et les (qiaules sont verdiilres avec un mi'lange de gris; tout le dessous du corps est blond; la face, les oreilles, lintérieur des mains et les callosités des fesses sont basanés. 11 est de Java et de Sumatra.

Au moral le maiinon ne diflère pres(pie pas du rhi'sus , ceixndant il ])araîl ipie les femelles siuil un iicu plus douces. Celle (|ue j'ai vue à la ini'nagcrie l'Iait (pieli|uel'ois allach('e à un arbre, sur lequel elle montait avec beaucoup d'adresse et de facililé. « Elle se plaisait, dit Fr. Cuvier, à en arracher les feuilles ipioi- (pi'elle ne les mangeât pas. Quebiiiefois elle dénouait avec beaucou|i d adresse la corde (pii la retenait, et alors elle courait visiter les maisons du voisinage. Jamais, cependant, elle ne chercliait à nuire, el si elle ne se laissait pas toujours reprendre volontiers, e était toujours du moins sans une grande résistani;e. Les enfants seuls excitaient son humeur, et elle le leur montrait en |iienant une posture et en faisant des grimaces Irès-bizarrcs ■ accroupie, les jambes rapprocht'es l'une de l'aiilre, le cou tendu horizontalement, clic avançait ses lèvres en les serrant fortemenl, el transformait ainsi sa bOuclie eu un bec mince et large. « On doit placer à la suite de cette espèce , comme variété très légère, le -I/rtca;us rehgiosus, si toutefois il existe.

I."'- Gemie. Les MAGOTS [Magus, Lrss.) ne dill'èrent des nia:a- (pies ipie i)ar leur (piciie, (pii consisle en nu .viinplc Inberciilc. Du reste, ils en ont à [len près le caraclèie et les habiludes.

/ Le Magot i Magus fijh-finu.^, Lfss. Macacus inuu!> , Desm. Macacus sylcamis, Fr.'Cuv. Simia inuus, siileanus et pilhccus, Lin Le Magol, le Pilhéque, et le petit Cynocéphale, Buif.).

Cet animal varie un peu pour la grandeur; n('anmoins il ;i assez ordinairement de seize à dixluiit pouces de longueur (0,i33

(iS

LES QUADRUMANES

à 0,487), depuis la nuque jusqu'aux fesses; sa tête est fort grosse, son museau large et saillant, son nez aplati, sa face nue et d'une couleur de chair livide, ainsi que les oreilles; son corps est épais et ramasse'; il a de très-grandes abajoues, et sa bouche est armée de fortes canines. Le dessus de son corps est d'un jaune doré assez vif, mélangé de quelques poils noirs, traversé çà et là par quelques bandes noires; le dessous est d'un gris jaunâtre. Les mains sont noirâtres et velues en dessus. 11 habite la Barbarie et l'Egypte.

De tous les singes que l'on apporte en Europe , celui-ci est à la

autre chose que des grimaces de cet animal récalcitrant , ce n'est qu'à force de coups. 11 est cependant très-intelligent, mais cette précieuse faculté ne se développe chez lui qu'avec sa parfaite indépendance. Il ne se soumet à l'homme que dans son extrême jeunesse; i|uand il devient adulte , il se refuse à toute soumission, lutte courageusement contre la tyrannie qui l'enchaîne , et se défend avec fureur contre les mauvais traitements. Vaincu par la l'orce, il cesse la lutte, tombe dans la tristesse et le marasme; il meurt, mais il n'obéit pas. Quelquefois, s'il est traité avec beaucoup de douceur, il consent à vivre dans la servitude : assis

Le Nil-B»iidar.

fois le plus commun et le ]ilus robuste; sans doute il doit à l'épaisseur de sa fouri'ure la faculté qu'il a de très-bien résister aux intempéries de notre climat, et de vivre chez nous beaucoup plus longtemps que les autres espèces de sa classe. On dit même qu'il s'est naturalisé en Espagne, sur le Mont-au-Singe, près de Gibraltar; mais un|otlicier'^,anglais '.(jui a été pendant plusieurs

Le Magot.

années en garnison dans cette ville et qui a souvent chassé sur le Mont-au-Singe ; m'a assin-é que cet animal y était tout à fait inconnu aux habitants du pays, et que, pour lui, il n'avait jamais pu l'y rencontrer quoi(|u'il l'y eût cherclu^

Il est peu lie montreurs ambulants d'ours et de chameaux <|iii n'aient à leur suite un ou plusieurs magots; et s'ils obtiennent

sur ses pattes de derrière , les bras appuyés sur ses genoux et les mains pendantes, plongé continuellement dans une languissante apathie, il semble ne plus vivre que de la vie végétative; il est aussi insensible aux caresses qu'aux corrections, aussi incapable d'amitié que de crainte; il suit d'un regard hébété ce qui se passe autour de lui , et ne sort momentanément de sa léthargie stupide que pour satisfaire sa faim.

Le magot en liberté ne semble [dus le même ; c'est le plus vif, le plus pétulant et le plus intelligent des singes; aussi dominet-il tous les autres animaux qui peuplent ses forêts; il élend même les effets de sa snpéi'iorité jusque sur les grands mammifères, en les effrayant par les branches (pi'il leur jette, et les poursuivant de ses cris jusipi'à ce qu'il les ait chassés de ses domaines. 11 n'a d'ennemis dangereux que le serval , le caracal , le lynx et autres grands chats ipii griin|ieTit sur les arbres, le saisissent pendant son sommeil et \v (h'Vorcnt

(.(•s singes vivent en troujies nombreuses et paraissent aimer la société jus([ue dans l'esclavage. Dans ce cas ils adoptent volontiers les petits animaux qu'on leur donne; ils les transportent |i,n'tnut avec eux en les tenant fortement embrassi's, et ils se Micllent en colèn^ lorsqu'on vent les leur <1tcr. Les femelles ont une grande tendresse ]iour leurs petits; elles ne les quittent jamais, roudiatient avec courage ])our leur défense, et ne cessent de les |)rotéger qu'en mourant. Elles leur donnent des soins remar(|ual)les et les tiennent très-proprement. Leiw plus grande occu])ation de tous les instants et de les lisser, de les éplucher jioil par poil, d'en enh^ver toutes les petites saletés, et de manger les in.sectes ou les ordures qu'elles y trouvent.

Dans l'état de nature, le magot vit jirincipalement de fruits et de feuilles; mais en domesticité il mange à peu près de tout. Néanmoins, comme il est déliant, il ne jtorte rien à sa bouche sans l'avoir regardé, tourn<' dans tous les sens et llairt'. Avant de manger, il couniieiice, par précaution, à remplir ses abajoues,

SINGES

et c'est aussi dans ces singulières poches qu'il cache tous les petits objets qu'il a vole's. Les aliments qu'il préfère sont les fruits, le pain et les légumes cuits. Le magot a une grande réputation de grimacier, et l'on dirait qu'il se pique de la mériter, tant il s'étudie à varier ses grimaces. Quand il est en colère, ses mâchoires se meuvent avec une agilité inconcevable , ses lèvres s'agitent avec vitesse, ses mouvements sont brusques, ses gestes saccadés; il fait entendre une voix forte et rude, (pii s'adoucit quand il se calme. Un croit que cette espèce est le pithèque des anciens, le singe dont Galien a donné l'anatoniie.

Le Magot de i.'I.nde (.]faffus maurus. Less. Macacus inaurus, Fr. Clv. Peut-être le Woodbaboon ou Babouin de Pennant). 11 est de l'Inde et diffère du précédent par sa face noire , par ses oreilles et ses mains brunes; enfin par son pelage, qui est d'un brun foncé uniforme. Ses habitudes sont peu connues à l'état sauvage, mais on en élève quelquefois dans son pays.

Ce magot, si on s'en rapporte aux personnes qui ont lial)llé l'Inde, serait d'un caractère moins indomptable que le précédent, et les jongleurs viendraient assez aisément à bout de l'apprivoiser. Un oflicier de notre marine m'a dit en avoir vu un t|ue l'on avait amené à Pondichéry, et auquel on avait appris plusieurs choses pour amuser le peuple. H faisait l'exercice avec un petit

mais on était obligé de lui ôter souvent celui-ci pour lui en remettre un autre; les jongleurs, malgré leur adresse connue pour élever et dresser les animaux même les plus sauvages, tels, par exemple, que les ours et les serpents, n'avaient jamais pu l'empêcher d'y faire ses ordures, et il semblait même qu'il y mettait de la malice, car il attendait presiiue toujours qu'on lui eût mis un vêtement propre. Du reste, cette dégoûtante malproprelé est le fait de tous les singes apprivoisés, sans exception, et il n'y a ni coups ni menaces tjui puissent les empêcher de se satisfaire, sur ce point , en tous lieux et dans l'instant même où la fantaisie leur en prend. Le magot dont nous parlons voltigeait sur la corde lâche et y faisait le moulinet avec une telle rapidité que les yeux ne pouvaient le suivre ni distinguer ses formes. 11 obéissait au

geste, à la parole, mais ce n'était jamais que par l'effet de la crainte , et il ne paraissait avoir aucun attachement pour son maître. 11 était très-gourmand, saisissait avec une brus(]ue vivacité ce qu'on lui présentait, le flairait, le retournait dans tous les sens , puis le cachait dans ses abajoues quand l'objet lui plaisait, ou le jetait avec une sorte de colère quand il ne lui convenait pas. Tous ces faits paraissent avoir peu d'importance, et cependant ils sont jusqu'à un certain point précieux pour le naturaliste parce qu'ils servent à montrer l'analogie frappante qui existe entre le magot de l'Inde et celui d'Afrique.

Lo Macaque nègre.

fusil de bols, mais il mettait dans le maniement de son arme beaucoup ]ilus de brusquerie que d'adresse; il liriiit de son fourreau un salire de fer blanc, et l'y reuicllail assez faiih'incnt. Il portait un cliai>eau à trois cornes, un habit brodé et un pantalon,

'-^>e NicciiR (Maf/us niijer, — Cynocephalus nigcr, Des.m. Macacus 7ii(icr, de la Zoological Society).

Cet animal esl enlièr<Mnent d'un noir de jais, excepté sur ses callosités, qui sont couleur de ciiair; ses oreilles sont petites; sa

LES QUADRUMANES

queue est reniplacée par un tubercule q\ii n"a pas un pouce de longueur (0,0:27); ses abajoues sont grandes, très-extensibles; son pelage est doux, laineux; il a sur le sommet de la tète une large toulTe de longs poils retombant par derrière et lui formant une sorte de buppe.

M. Desmarest, le premier (jui ait décrit cet animal, ne le connaissait que par une peau fort mal enipaille'e qui se trouvait au Cabinet ; cet liabile observateur fui celle fois induit en erreur, et il plaça ce singe avec les babouins, dans le genre des cynoce'phales. Depuis on en a vu deux, ou trois vivants dans la niériageiie de la Soi'i('lé zoologi(|ue de Londres, et les Anglais lonl place' dans le genre des macaques. Mais, en prenant en conside'ralion son manque de queue , ce qui le rapproche des magots , et ses narines non terminales, mais place'es très-obliquement sur la face supérieure du museau, ce ([ui le retii'e du genre des cynoc('piiales , j'ai cru devoir le placer dans le genre magus. Cependant son faciès, et surtout son museau tronque' au boui , lui donne (]uelque analogie avec les mandrills.

Quoi qu'il en soit, le nègre est un singe qui , pour le earaolère comme pour les formes, tient un peu du magot et du mandrill ; c'est à-dire qu'il est vif, prlulant, capricieux comme le premier, et méchant comme le second. A la ménagerie de Londres, on l'avait enfermé avec un pauvre gibbon, sur le(|uel il exerçait une tyrannie insupportable. Il le poussait, le tiraillait tant que le Jour durait, el si le malheureux animal témoignait la moindi'e colère, la plus petite impatience, le nègre ne manciuail jamais de le mordre et de le battre.

Ce magot habite l'une des iles de rarehi|)el des Tndes orientales, Cuvier dit l'une des Philippines Celui de Londres a, diton, été apporté de la mer du Sud, mais on ne sait de quelle localité.

■M" Geniii;. Le PRESBYTE {Presbytis, Esciisc). Ce singe a l'angle facial ouvert à soixante degrés; il manque d'abajoues; ses arcades zygouiati(pies sont très-projetées en avant; son nez est peu appar('iit; son front, les os de son nez, sa mûchoire supé rieure el la synq)hyse du menton, sont i)resque perpendiculaires; la queue est longue ; les mains atteignent les genoux , el les deux doigts du milieu sont plus longs que les autres.

Le PuESBYTi; a capi<:hon (Presbylis mitrata, Esciisc), queTemminck confond avec le Scmnopilhecus aimatus , a dix-liuit |)oiu'es de longueur (0,i87') de la léte à l'origine de la (pieue; .sa (if;ure est grippée c(unme celle d'une \itille femme, ce qui lui a valu le nom de presbyte. Son front est couvert de [)oils jaunâtres, el ses oreilles sont de la même couleur; les poils de son dos sont très-longs, ondulés, d'un jaune blanehAire à la base et d'un gris bleuâtre au bout; un bandeau noir lui passe sur le front. Celle espèce , ((ue le voyage de Kolzcbue a fait connaître , habite Sumatra.

i^' GKMiK. Les CV.NOCÉI'IIALES {Cijiiaceiéalus, Biuss.). Ils ont l'angle facial ouvert de trente à lrente-cin(| degrés; des crêtes soiircilières et occipllalcs très-prononee'es; leur museau est allongé, tronqué au bout, où sont percées les narines, comme dans les chiens, ce qui leur a valu leur nom; leurs canines sont gro.sses el longues; il ont des abajoues, des callosités aux fesses, el une queiu" plus ou moins longue. Les ein(| premières espèces que nous décrivons ici forment la section des babouim, dont laquelle est au moins aussi longue que le corps; la deuxième section, celle des mandrills, se caractérise par sa queue grêle et trèscourte. Tous ces animaux sont lascifs el féroces.

Le BAiioiiiN {Ciinocephalus babouin, Fn. Cuv. — DrsM. Cerc.oplihecm cynocpphalus , Bitiss. Smiia cynocephula. Lin. — Cju.. Le petit Papiun? Hiif.I. Sa longueur e.sl de vingt-cinq à viugl-six pouces (0,U77 à 0,7U'.) du bout du museau aux callosités des fe-- .ses; son iielagc e-ct d un jaune verdAtre; sa face, iVum couleur

de chair livide , est ornée de favoris blanchâtres. Il habile l'Afrique septentrionale, où il vit en troupes nombreuses.

Les auleurs sont assez d'accord poiu' reconnaître dans cette espèce le cynocéphale (en grec !éle Je r/iicn) si souvent sculpté parmi les hir'roglypes des antiques Égyptiens. Il a joué un grand rôle dans la théogonie de ce peuple, el il avait un temple célèbre à Hermopolis, où il était particulièrement adoré. Vainement chercherait-on dans l'histoire des autres nations un assemblage aussi hétérogène de connaissances astronomiques et jihilusophiqiies, d'idées saines, de politique avancée, et de croyances ridieules et su[)erslitieuses juscpi'à l'alisurdilé. Citons-en un exemple. Les Égyptiens étalent astronomes; ils sculptaient des zodiaques et calculaient des éclipses. Ils plaçaient à la porte des villes la statue d un cynocéphale ou d'un anubis comme symbole de la vigilance, el ils enseignaient aux ade|)les (pie s'ils avaient parlagiî le jour en douze heures, c'était pour honorer le dieu à tète de chien, (pii pissait (qu'on me passe ce terme) douze fois par jour.

Les babouins n'habitent pas les forêts, comme la plupart des autres singes, mais ils se plaisent dans les montagnes et les rochers arides, où se trouvent seulement ipielqucs buissons, et ils oui cela de commun avec la plupart des cynocéphales; ils ont encore de commun avec eux une brutalité furieuse et un courage à toute épreuve. Us se logent et font leurs petits dans des trous de rochers escarpés, où ils ne peuvent parvenir qu'en faisant des bonds prodigieux par-dessus des précipices infranchissables aux hommes.

Le CvNOcÉpiiALE ANUBIS (Ciinofephalus oiiubis , Fr. Crv.) a beaucoii|i d'analogie avec le précédeni, donl il me parait être le Vicnx mâle. Il liabile les mêmes conln-es. Son museau est plus allongé, son crâne plus aplati; son pelage est d'un vert beaucoup plus foncé ; la face est noire , avec les joues et le tour des yeux couleur de chair. Ses callosités sont violàlres.

Le Papiox {Cyiiocephalus papio, Fk. Cuv. — Desm. Le Papion, BuFF.) a au moins deux pieds de longueur (0,6,'jO) du bout du museau à l'anus, et sa queue pas moins de neuf |)ouees six lignes (0,12.')8). Son cori)S est trapu, couvert de poils d'un brun jaunâtre, rares en dessous : la face est noire, avec des favoris fauves dirigés en arrière; les paupières supérieures sont blanches et les mains noires. Il se trouve en Afrique, et ses mœurs sont analogues à celles (lu précédent. Connue lui, il n'haiiite que les buissons au milieu des rochers les (ilus escarpés.

La ménagerie a possédi' et possède encore un bon nombre de papions, el, il y a ipialre ans, une femelle qui y a fait son petit a donné un s|iectacle des plin singuliers el dont j'ai été l'un des témoins. Lors(pron la vit sur le point de mellie bas, on la fit passer dans une loge à rôu' de celle où (Ile vivait avec son mâle el ( in(| ou six aiiU'es singes de son espèce. Elle accoucha el fit un lU'til fort laid, mais qu'elle aimait avec temlresse et dont elle lueuait le [ilus grand soin. Huit ou dix jours après la naissance lit; s(ui enfant, on ouvrit la porte à coulisse qui si'parait les deux loges , et son mâle entra. Elle tenait le petit sur ses bras, absolument comme pourrait faire une nourrice , el elle était assise au milieu de la loge. I,e mâle s'a|)|)roeha, eiubiassa sa femelle sur les deux joues, juiis le petit, (]u'elle lui présenta, et s'assit en face d'elle, de manière qu'elle avait les genoux entre les siens. Alors ils commciK-èrent tous deux à remuer les lèvres avec rapidité en se reganiaiil , cl de temps en temps caressant le jielit (pi'elle mettait dans les bras de son jjère el (pi'elle reprenait aussilrtt ; on aurait dit ipiils avaient sur son compte une conversation fort animée. On ouviil de nouveau la coulisse, et on laissa enirer les autres jiapions les uns après les autres. Chacun à son tour vint embrasser la femelle; mais elle n'accorda à aucun In faveur dont le père jouissait seul, d'i mbrasser le petit el de le care^-ser en lui passant la main sur le dos. Ils s'assirent en cercle autour (1(? la relevée de couche, et tous se mirent à jouer des le-

SI^GES

Tt

vres à qui mieux mieux , peuMtre pour la féliciter sur son heureuse délivrance, sur le bonheur qu'elle avait de posse'der un si joli enfant, et qui sait même s'ils ne lui trouvèrent pas beaucoup de ressemblance avec son père! Cette scène ('tait la panfomiinc parfaite de ce ([ui se passe dans la loge d'une porlière (pii relève de couche, lorsque les compères et les commères du voisinage vienneni lui faire leurs frlicitalions bavardes et curieuses. Seulement, dans les compliments des commères, il y a toujours un fond de malice el de méchanceté qui certainement n'existait pas chez les pa|iion>.

Tous auraient bien voulu caresser le ])etit; mais aussitôt qu'ils avançaient la main , un bon coup de patte ipie la mère leur administrait sur le bras les avertissait de leur indiscrétion. Ceux (pu ('talent plac('s derrière elle allongeaient dont doucement la main, la gliss.iicnt impf-rcejiliblement sous son couilc, el parvenaient (|U( hpiefois, à leur grande joie, à tou(dier le petit sans qu'elle s'en aperçut, surtout ipiand elle était oecupc'c à faire la conversation. Mais bicnicjt une nouvelle correction venait leur apprendn; qu'ils étaient découverts , el ils reliraient bêlement la main. La papione avait probablement l'usage du monde singe, et savait parfaitement partager son attention entre ce (pi'elle devait de politesse à la société et de soins à sa famille. Jamais sa tendresse ne se montrait mieux pour son enfant que lorsque celui-ci, devenu un peu fcut, s'exerçait à grimper conire le treillage de fer de sa loge. Klle le suivait des yeux avec anxiété, se plaçait de<sons en tendant les mains pour le recevoir en cas qu'il se laissAI tomber, el cependant l'encourageait visiblement à faire l'essai de ses forces naissantes. Enfin elle n'a pas cessé de lui prodiguer les soins les plus affectueux tant qu'il n'a pas été assez grand ]iour se passer de sa mère.

Depuis (pie les singes de la ménagerie ont él(' transportés dans 1,1 vaste et belle rotonde (pi'ils occupent aujourd'hui, les papions ont donné une marque d'intelligence et de supériorit(' renianpiable L'un d'eux, le plus grand et le plus vieux des mâles, s'arrogea aussil('it une auloi'ilé souveraine sur celle gent tracassière et lurbuleute , compose'e de plus d'une vingtaine d'espèces toutes plus malignes les tmes (pie les autres, et toujours ]irètes à en venir aux coups. Depuis il a su établir la paix, maintenir l'ordre parmi eux, et les forcer à vivre ensemble en bons camarades, ce (pii n'est pas jibis aisé chez le peuple singe que chez les hommes. .VussiliH (pi'il entend une dispute, il sort de sa loge et regarde (le (pioi il s'agit : si re n'est (pi'une petite querelle, il se conlenle de donner un avertissement ])ar un cri (pii fait sur-le-champ rimtrer les individus dans le devoir, et alors il retourne gravement dans sa démesure. Mais si l'on méprise ses ordres e( (pie l'on en vienne à une bataille, c'est alors (pi'il d(q)li)ie le maximum de son aulorilé comme chef, comme juge et nu^iiie comme exi'euleiir. Il s'élance vers le lieu de la rixe, commence par séparer les combattants, puis il les bal tous les deux i)our être sur d(! ne pas se tromper. Cependant sa justice distribulive , (jiKiicpie prompte, n'est pas rendue sans disicrnement , el voici les règles gi'n('rales sur lesipielles il l'a fondée. Qiiiiud les deux antagonistes sont à peu près de même force, il les bat tous deux; s'ils sont de grosseur in('gale, il rosse le plus gros, pendant (pie le plus petit se sauve ; enfin si la dispute vient d'un g.'ileaii ou d'un bonbon sur leipiel les deux assaillants se dispiilenl leur droit , il s'empare de Idbjet en litige, se l'adjuge pour ses éinoliiinenls, le mange, el met ainsi les parties d'accord; c'est pres(pie comme chez nous.

Le CiioAK-KAMA {C]jnocpphalus pon-aHuR, Fu. Ciiv.— Df.sm. Simia pnrcaria, \\ inn. Simia univa, Punn. Simia sphijnrjiohi, HritM. I.e r/iflcmi, F». Cuv. Le Si'nge noir, Vmi.i.. La Gueuon a face aUimijér. Hnir. Le (îi)rhil^ des llollenlols, Spaum.)

Ce singe a beaucou|) d'analogie avec les préi-i'denls, mais il est plus grand et dune force terrible. Sur ses ipialre pattes, il n'a jias moins de deux pieds de hauteuV fO,l)SO), c'est-à-dire (pi'il at-

teint la taille des plus grands mAtins. Son pelage est d'un noir verdAIre ou jaunâtre, i)his pâle le long du dos , sur les flancs et les épaules; le cou du mâle seulement porte une longue crinière; sa face est d'un noir violâlre, plus pâle autour des yeux; ses jiau- [)ières siijK'rieiires sont blanche^; sa queue, longue de dix-huit pouces (0,187), se termine par une forte mèche noire. 11 b.ibite l'Afrique mi'ridionale.

Tous les cynocéphales sont brutaux et méchants, mais le choakkama est d'une férocité dont rien n'approche , et d'une force contre laquelle aucun homme ne peut lutter. J'en citerai un exenq)le (pii s'est passé presque sous mes yeux, ta la ménagerie , il y a plusieurs années. Un certain Richard, homme robuste, de eimi pieds sept à huit pouces, était alors gardien des singes, et sa cuisine donnait en face di^ l'aïqiartement où était la cage d'un clioakkama. Pendant l'absence du gardien, le singe |)arvint à ouvrir la i)orlc de sa cage; il enira dans la cuisine, sauta sur un rayon où l'on avait déposé une provision de carottes pour la nourriture des autres singes, et se mil à gaspiller à belles dents le diner de ses compagnons d'esclavage. Richard arriva dans cet instant; il voulut d'abord flatter l'animal pour l'engager à rentrer dans sa cage, mais le clioakkama se contenta de lui faire quelipies grimaces; il refusa d'obéir el continua tramiiiillement son gaspillage. Le gardien éleva la voix et en vint aux menaces sans obtenir aulre chose que de nouvelles grimaces, accompagnées de grincements de dents. Richard eut alors la malheureuse idée de prendre un bâton . et ce geste devint le signal d'une lutte épouvantable. Le singe se précipite sur lui et lui lance ses deux poings dans la poitrine avec une telle force que cet homme robuste recula en chancelant. Le choak-kama furieux se jette sur lui , le frappe, le renverse après l'avoir désarmé, et avec ses fortes canines lui fait à la cuisse trois profondes blessures qui iién('lrènnt jusipi'à l'os et donnèrent pendant (juclque temps des craintes séiieiises pour la vie de ce malheureux.

On ne réussit à faire rentrer l'animal qu'en mettant en jeu sa brutale jalousie. Richard avait une fille ipii donnait souventà manger au singe, et qui, par Là, se r('tait attaché; elle se jdaca derrière la cage , c'est-à-dire du céité opposé à la porte par la(iuelle il devait entrer, et un garçon du jardin (il semblant de vouloir l'embrasser. A cette vue, le choak-kama poussa un cri furieux, et s'('lança dans sa prison croyant pouvoir la traverser ])our se jeter sur l'homme ipii excitait sa rage; aussit(3t on ferma la (lorte, et il redevint ]irisonuier pour toujours.

Kolbe prétend que ce sont des animaux d'une lascivelé inexprimable, el, en ell'el, il n'est pas possible d'aflicher plus d'iinpudicité el d'efl'ionterie que le font ceux (pie l'on tient en captivité. Le même voyageur raconte ainsi les nidiirs de cet animal à l'état sauvage : « Les cboak-kanias aiment passionm'meul les raisins et les fruits en gém'ral (|ui croissent dans les jardins. Leurs dents el leurs grill'es les rendent redoutables aux chiens, (]ui ne les vaimpient (ju'avec peine, <à moins que quelque excès de raisins ne les ait rendus roidescl engourdis. Voici la manière dont ils pillent un verger, un Jardin ou une vigne

» Ils f(Uit ordinairement ces expéditions eu trouiie; une partie eu! le dans l'enclos, tandis qu'une autre partie reste sur la cbMure en sentinelle pour avertir de l'approche de quelque danger. Le reste de la troupe est placé au dehors du jardin, à une distance médioire les uns des autres, et forme ainsi une ligne (pii lient depuis l'endroit du pillage jusi|u'à celui du rendez-vous. Tout élaiit ainsi disposé , les choak-kamas c(Mnmencenl le pillage, et Jettent à ceux (pii .sont sur la cb'ilure les melons, les courges, les (lommes, les poires, etc., h mesure ipi ils les cueillent; ceux-ci les jettent à ceux ipii sont au bas, el ainsi de suite , tout le long de la ligne, (pii , pour l'ordinaire, finit sur ipielipie montagne. Ils sont si adroits et ils ont la vue si |>rompte et si juste , ipie rarement ils laissent tomber ces fruits à lerre en se les jetant les un» aux autres . et tout cela se fait dans un profond silence cl avec

LES QUADRUMANES

beaucoup de promptitude. Lorsque les sentinelles aperçoivent quelqu'un, elles poussent un cri , et à ce signal toute la troupe s'enfuit avec une vitesse étonnante. »

Choak-kania et Toque.

Les choak-kamas sont sociables et vivent en troupe , mais lorsqu'ils se sont fixe's dans une montaf^ne rocheuse (pii leur convient, ils ne tolèrent pas l'établissement d'une autre troupe dans les environs, lis défendent même leur territoire contre les autres mammifères, et particulièrement contre les hommes. S'ils aperçoivent un de ces derniers, aussitôt l'alarme sonne ; par de grands cris ils appellent leurs camarades, se réuni.ssent, s'encouragent mutuellement, et commencent l'attaque. Ils jettent d'abord à l'ennemi des branches d'arbre, des pierres, et tout ce qui leur tombe sous la main ; puis ils s'approchent , cherchant à le cerner de toutes parts et à lui couper la retraite. Les armes à feu seules les effrayent, mais cependant leur courage intrépide les empêche de fuir jusqu'à ce qu'ils aient vu plusieurs des leurs étendus sur la place. Si leur malheureux antagoniste est sans fusil , ou s'il manque de poudre, il est i)erdu ; les choak-kamas le pressent, l'entourent, l'attaquent corps à cor])s, le tuent et le mettent en pièces. Un imi>rudent Anglais, entraîné à la ])our.suil<' de ces féroces animaux, sur la montagne de la Table, j)rès du Cap, se vit bientôt cerné par eux et repoussé jusque sur la pointe d'un rocher dominant un précipice. Vainement il fit feu plusieurs fois sur ces animaux ; ils se jetèrent en avant en poussant des cris affreux, et le malheureux chasseur aima mieux se précipiter dans l'abime (pie d'être décliiré par eux ; il se tua dans sa i hule Les choack-kamas emploient eux-mêmes ce Irrrilile luoveri pour se soustraire à la captivité. Je liens de la bouche de M. Delalande, naturaliste voyageur que la mort a enlevé trop tôt à la science, un fait qui le prouve. Bien armé, et secondé par des chasseurs hottentots attachés à son service, M. Delalande parvint nu jour à blo(pier une petite lroup(' de res animaux sur des ranqies de jirécipice d'où la retraite leur était impossible. Ils n'hésitèrent jias à se lancer à trois cents pieds de profondeur (97,462) au ris(iue de se briser dans leur chute plutôt que de se laisser prendre.

Je regarde comme une simple variété de celui-ci le l'apio cumalus Gkoff., qui a le pelage brun, deux loufles de poils descendant de l'occiput, et les joues noires et striées.

Le Tartarin (Cynocephalus hamadryas, Desm. — Fii. Cuv. Simia hamadryas, Lm. Papiun à face de chien, l'tNN. Papion à perruque et Tarlarin, liKLON. Singe de Mocu , \iv\ï. Le Tarlarin, ('.. Cuv.). 11 a environ (piinze pouces de longueur (0,400) de l'oceiimt à la partie postérieure des fesses. Il est d'un gris cendré ou verdûtre, plus pâle sur les parties postérieures du corps; les jaudies de

devant sont presque noires; le ventre est blanchâtre, ainsi que les favoris. Sa face , ses oreilles et ses mains sont d'une couleur tannée; une épaisse crinière, longue de six pouces, couvre son cou et les parties antérieures de son corps. Cet animal habite l'Arabie et l'Abyssinie. Il paraît qu'il était autrefois commun dans les environs de Mococo, sur le golfe Persique, quoique, atijourd'hui, on l'y trouve très-rarement.

Il n'a jamais vécu à la ménagerie, au moins à ma connaissance, mais un marchand d'animaux l'a montré à Paris en 1808. Il avait le regard farouche et le naturel très-méchant , et ses gardiens étaient obligés de se défier beaucoup de sa perfidie; car la haine et la colère étaient les seuls sentiments qu'il partit être capable d'éprouver. Même lorsque la faim le pressait, si on lui jetait ses aliments, il s'en em|iarait brusqtiement, avec brutalité, en menalant du regard, du cesle et de la voix.

Le Dbii.l {Cynocephalus leucophcv.is, Fn. Cuv. — Desm. Simia sylvestris, Sciireb. Papion des bois, Pen.n. Le Papiun à queue courte, G. Cev.). Cette espèce a beaucoup d'analogie avec le mandrill. Son pelage est d'un gris jaunâtre clair ou d'un brun verdàtre , blanc en dessous; mais sa face est constamment d'un noir foncé dans les deux sexes et à tous les âges. 11 est aussi un peu plus petit, sa longueur, du sommet de la tête aux callosités des fesses, ne dépassant pas vingt-six pouces (0,704); sa queue est trèscourte et très- menue. On le croit d'Afrique, et ses moeurs sont inconnues.

^'■ti^â^ '""-'"v'

Le lioiico, BouGOC ou Manurii.i. (ri/Hocc/i/ia/i/s »Hon/iy/i, Fii. Ctv. — Desm. Simia mormon et Simia ntaimun, Linn. Le Mandrill, G. Cuv. Le Mandrill et le Chorus, Buif.). Son pelage est d'un gris brun , olivâtre en dessus , blanchâtre en dessous ; il a une petite barbe jaunâtre (dans la jeunesse) ou d'un jaune citron (dans l'âge adulte), qui lui |iend au menton ; les joues sont bleues et sillonnées; les mâles adultes |)rennent un nez rouge surtout au bout, où il devient écarlate; le tour de lanus^a les mêmes couleurs, et les fesses ont une belle teinte violette. Il habite la CôtedOr et la Guinée.

Le biiggo atteint presque la taille de riiomme, et l'on ne peut

SINGES

se figurer un animal plus extraordinaire et plus hideux. 11 a le caractère féroce et brutal des autres cynoct'iiliales , et ([uoique assez doux et confiant dans sa jeunesse, il devient de la plus atroce méchanceté' avec l'âge.» Les meilleurs trailemeuts, dit F. Cuvier, ne peuvent l'adoucir, et les actions les plus insignifiantes, un geste, im regard , une parole , suffisent pour exciter sa fureur ; mais aussi la circonstance la plus légère l'apaise , sans le rendre meilleur. Sa voix est sourde, semblable h un grognement, et formée des syllabes aou, aou. A l'état sauvage, toute sa force, toute su puissance d'organisation ne sont mises en jeu que par les passions les plus grossières et les plus cruelles. Il déleste tous les êtres vivants et ne semble pas avoir de plus grand plaisir que celui de la destruction. Ce penchant à déchirer tout ce qu'il peut atteindre se montre jusque sur les végétaux dont il fait sa nourriture : il se complaît à les déchiqueter, à les éparpiller brin à brin après les avoir brisés ou lacérés. Du reste , la conscience de sa force lui donne de l'audace et de l'intrépidité. Le bruit des armes à feu l'irrite sans l'effrayer, et la présence de l'homme ne l'intimide pas. Il défend avec courage l'entrée des forêts qu'il habite, et lorsqu'on l'y va attaquer, il s'efforce d'inspirer par ses cris une terreur à laquelle il est lui-même inaccessible. Il résiste. Il dispute le terrain pied à pied, et sait, dit-on, s'armer de pierres et de bâtons pour repousser l'agression. Il a l'esprit de sociuliililé assez développé, et il se réunit en troupe pour di'fendre la circonscription territoriale qu'il s'est adjugée , contre l'invasion de tout ennemi. Aussi les nègres de la Guinée le craignent beau-

coup , et c'est à peu près tout ce que l'on sait de certain sur son histoire ; car elle a été tellement embrouillée par les voyageurs , et par BufTon lui-même, avec celte du kimpézèy, et, par suite, de l'orang-outang, qu'il est impossible d'en rien démêler de plus. »

^Le CvsocÉpiiAi.E MALAIS (Cynoceplialus mataijanus , Desmoul. ) n'excède pas seize pouces (0,i33) de longueur, non compris la queue; son pelage est grossier, entièrement noir, lui formant une aigrette élargie sur la tête ; il a la face et les mains noires, la tète plus carrée (jue dans les autres espèces , le museau moins allongé , et la face beaucoup plus large. Ses joues ne se relèvent point en côtes le long de son nez. On le trouve à Solo , dans les îles Philippines.

Intérieur du palais des singes.

LES QUADRUMANES

LES SAPAJOUS

Les quadniinanos de cette fiiniille apparliennenl tous à l'Ami'rique. Ils ont quatre mâchelières île plus que les pre'ce'dcnls,"ce qui leur fait en tout trente six dents; ils ont les narines jH'ree'es au\ côtes, et non en dessous; ils nianiiuent d'abajoues; leurs fesses sont velues, sans callosités, et tous ont une longue queue.

Les uns ont une queue prenante , ayant la faculté de saisir les corps environnants en s'entortillant autour. Ce sont les vrais sapajous; tels sont les genres alèle, lagotriche, alouale et sajou.

Les autres ont la queue non prenante el composent la section des sagouins, qui renferme les genres sagouin, noclhore et saki.

•16= genre. Les ALOUATES [Mjicctes, kt-ir,.). Leur angle facial n'est ouvert qu'à trente degre's ; leur ttMe est pyramidale ; la mâchoire supérieure descend beaucoup plus bas que le crâne, et l'inférieure a ses branches très-hautes pour loger un tambour osseux, qui communique avec le larynx et donne à leur voix un volume énorme et un son effroyable. Leurs mains antérieuris sont pourvues de pouces; leur queue est très-longue , nue et calleuse en dessous dans sa partie prenante. Les voyageurs les ont souvent nommés singes hurleurs.

Le GouARiBA (Mycetesfuscus, 1)es>i. Simm beehebut. Lin. SIenlor fuscus, GicofF. L'Ouarine, G. Cuv. — Buff.) est un peu plus grand que le mono-colorado : sa tête est petite, sa face nue, d'un brun . obscur ainsi que ses mains, ses pieds et sa queue; son pelage est d'un brun marron ou d'un brun foncé, les poils du vertex , de l'occiput et du dos sont terminés par une pointe dorée.

Le gouariba est triste, farouche, méchant, et se retire dans les forêts les plus sauvages du Brésil. « On ne peut ni l'apprivoiser ni même le dompter, dit BufTiui; il mord cruellement, et quoiqu'il ne soit ])as du nomltre des animaux carnassiers et féroces, il ne laisse pas d'inspirer de la crainte, tant par sa voix effroyable que par son air d'inquidence. Gomme il ne vil que de fruits, de légumes, de graines et de (pielques insectes, sa chair n'est pas mauvaise ta manger. » Aussi les chasseurs du Brésil lui font une rude chasse. Bien ne surprend plus (pie l'instinct de ces gouaribas , qui savent distinguer , mieux que les autres animaux, les per.'onnes ipii leur font la guerre, el qui, lorscpi'ils sont attacpu'S, se défendent avec courage et se secourent mutuellement. Lorsqu'on les approche avec des intentions hostiles , ils se rassemblent, se réunissent en phalange, et cherchent d'abord à effrayer l'euiu'mi en iioussaut des ciis horribles et faisant un tapage épouvantabli'. Knsiiile ils jettent à la tête des chasseurs des branches sèches ronqjues, tout ce qui se trouve sous leurs mains, et jusqu'à leurs ordures. Ce n'est que lorsipi'ils voient l'impuissance de ces moyens qu'ils pensent à fuir; mais toujours dans le meilleur ordre et sans se disperser , afin de pouvoir se i)rotéger les uns bs autres. Dans celle circonstance, on les voit s'('lancer de branche en branche et d'arbre en arbre, avec une telle agilité , que la vue ne j)eut les suivre. Si , en se jetant à corps perdu d'une branche à une autre , ils viennent à manquer leur coup, ce ([ui est fort rare, ils ne tombent pas pour cela, et restent accrochés à ([utdqiie rauu'au par la (pu'ue ou par les pattes, avant de parvenir jusipi'à terre. Il en ri'sultc que si on ne les tue pas roiile d'un coup de fusil, ils restint suspendus à l'arbre, même après leur mort, jusipi'à ce que la décomposition les fasse tomber en morceaux. Aussi est-on fort heureux <piand , sans être obligé de grimper sur les arbres pour les aller chercher, on peut en avoir trois ou quatre pai- iprinze ou seize coîips de fusil.

Lors(pie l'un d'imx est blessé, tous s'assemblent autour de lui, sondent sa plaie avec les doigts, en retirent les grains de ploudi, et s'ils voient couler beaucoui) de sang , ils la tiennent fermée pendant que d'autres vont cliercber cpudipies feuilles (pi ils in.'ichenl el poussent adroitement dans l'ouverture de la jdaic. ÛF,x-

melin , Dauqiierre et d'autres voyageurs affirment ce fait comme le'moins oculaires. « Je puis affirmer, dit CExmelin , avoir vu cela plusiem-s fois, et l'avoir vu avec admiration. »

La femelle n a jamais qu'un petit, auquel elle est tendrement atlaclu'e , et qu'elle porte sur son dos de la même manière que les négresses portent leurs enfants. Il lui embrasse le cou avec ses deux jiaties de devant, el des deux de derrière il la tient par le milieu du corps. Quand elle veut lui donner à teter, elle le prend dans ses bras, et lui pn^sente la mamelle comme font les femmes. N'abandonnant jamais sa mère, si on veut le prendre il n'y a pas d'autre moyen (pie de tuer cette dernière ; et encore est-ce à granil'peine qu'on parvient à l'arracher de dessus son corps, où il se cramponne de toute sa force.

Ces animaux paraissent .s'aimer entre eux ; car non-seulement ils se portent secours, comme nous l'avons dit, mais encore ils s'aident mutuellement eu se tendant, non la main, mais la queue, ]iour se soutenir les uns les autres en traversant un ruisseau ou en passant d'un arbre à un autre.

Le MoNo-Coi.ORADO (Miicetes scniculas , Dfsm. Stentor seniculiis, Gf,off. Simia aeniculas, G. Cuv. Le Hurleur roux , Bi FF. V Alouale orclinuire, G. Cuv.). Sa taille est celle d'un fort renard ; son pelage est d'un roux marron clair, passant au marron fon( é et au roux vif sur la tête , la barbe , les membres et la queue ; sa face est noire , nue , et ses ongles sont en gouttière. Sa voix , selon le voyageur Ricord, ressemble à celle d'un cochon que l'on égorge.

Le mono-colorado vit en troupes nombreuses dans les forêts de la Guyane , à la Nouvelle-Espagne, el au Bn'sil, où il est plus rare. 11 est d'un naturel farouche, que rien ne peut apiirivoiser , el je ne pense pas qu'on en ait élevé en domesticité. Voici ce qu'en dit, dans son langage naïf, un ancen voyageur: « Il y a des guenons à Cayenne aussi grosses que des grands chiens, de couleur rouge de vache; on les ajipelle les hurleurs, parce qu'étant en troupe, ils hurlent d'une façon ipie d'abord on croit (pie c'est une troupe de pourceaux ipii se battent. Ils sont afl'reux et ont une gueule fort large; je crois tpi'ils sont furieux. Si les sauvages les flèchent, ils retirent la flèche de leur corps avec leurs mains comme une personne. La chair de ces hurleurs est très-bonne à manger; elle ressemble à la ch.iir du mouton; il y a à manger pour dix personnes. Ils ont un cornet intérieur en la gorge qui leur rend le cri effroyable. » D'autres voyageurs comparent la voix de ces animaux au cra(piemenl d'une grande (piaiitilé (le charrettes mal graissi'es, ou bien encore aux hurlements d'un troupeau de bêles féroces. Ils la fout entendre de temps à autre dans le courant de la journée, mais c'est surtout au lever et au coucher du soleil , ou à l'aïqiroche d'un orage , qu'ils poussent des cris si ('poiivantables, qu'on les entend d'une demi-lieue.

L'Ai.oiiATF A o'uaiF DOUÉK. {Mijcelrn cliriis^iruf. — Sicnlor chnjsuru^ , Dksmoiji.. ) a de l'analogie avec le mono Colorado pour les couleurs, mais elles sont tout autrement disposi'es ; dans le clirysurus la têlc et les membres sont unicolores, et la queue ainsi que le dessus du corps -sont de deux couleurs; tandis qu'au contraire dans le seniciilus la tête et les membres sont bicolores, le dessus du corps et la (|ucue unicolores. En outre, le mono-colorado est i)lus grand. Celui ipii fait le sujet de cet article a la (lernière moitié de la queue et le dessus du corps d'un fauve doré I lès-brillant, la base de la queue est d'un marron assez clair; le reste du corps, la tête tout entière et les membres sont d'un marron très-foncé, teinté de violacé sur les membres. 11 habile la (iidombie.

l.'AitAciATO ou Al oFATF OURSON (Mijcclex urniiHis. Di'sm.) a quel-

SAPAJOUS

TS

que analogie de forme avec le mono-cnlorado , mais son pelage est (l'un roux doru uniforme , et sa barlie esl iluiie teinte plus fouce'e : le tour de sa face est aussi d'un roux beaucoup plus pâle. iJu reste, il haliile les forêts du même pays.

C'est au Brésil, et particulièrement aux environs de Ve'ne'zuela, dafls la i\'(iuv('lle-Ks(iagne, tpie l'on trouve le plus rommunenient cette espèce. L'ai'.iguato n'habite guère ipie les nionlagues et les lieux élevés; il lecherche le bord des ruisseaux et des mares, et, là , assis en socitfle sous l'ombrage du palmier moriche , il fait retentir les rochers, à plus d'un mille à la ronde, de sa voix effrayante. Comme les autres alouates il mange des fruits, mais il se nourrit principalement de feuilles.

l.'.\v\ii\T\ {Mijceles straminpus , Utsyt.). Son pelage est d'un jaune de paille ainsi (pie la «piene, ([\\\ est seulement d'une teinte plus fi)nc('e; sa face, pres(pie entièrement couverte de |)oils, e.st couleur de chair. Il a une grande célébrité connue un e\cell''iit gibier.

Cette espèce, aussi farouclie (pie ions les animaux de ce genre, habile le Para. Cumilla raconte (pie les sauvages achagiias , de rOrénoipie, sont très-friands de ces singes Jaunes , et leur font journcllemeul la chasse. Il ajoute ipie, soir et malin, ces animaux font un bruit insupportable, et si lugubre, qu'ils font horreur.

D'après le rapport de (pielques voyageurs, il semblerait que la femelle de l'arabata , et de quelques autres espèces d'aloiiates, est moins attachée à son petit (|ue celle des autres singes; et (pie IMiur le lui faire abandonner , il ne s'agirait <[iie de l'eH'rayer en poussant de grands ciis. Cependant Spix, dans son ouvrage sur les singes du Brésil, raconte, comme témoin oculaire, un lait qui dément posilivemenl celte assertion. Ayant mortellement bles.sé nue femelle d un coup de fusil, elle continua de porter son petit sur son dos jiisiiu'à ce (pi'elle fût épuisée par la perte de son sang. Liirsipi'elle se .sentit près d'expirer, elle (il un dernier elTurt [lour lancer son enfant sur les branches voisines et tomba morte.

Peut-être cette espèce n'est elle que le jeune du caraya, et dans ce cas elle ferait double emjibii.

Le Ciior.o (.1/i/ce/es flavicamlatus , Desvi. Sirnior flavicaudalus , CroFF.). Son pelage est d'un brun noiiàtre, plus obscur sur le dos, très-fourni sur le ventre; sa face est courte, nue, ou munie de (piehpies i)oils rares; sa barbe est mêlée de brun et de jauiiiMie ; sa (jueue est d'un brun olivâtre , avec deux bandes longitudinales jaunes. Cette esi)èce se trouve dans la Nouvelle-Creuade, dans la iiroiince de Jaëii , et, mais jdus rarement, sur les luiids de la rivière des Amazones. Peut-être ce sa)iai(ui n'est encore qu une vari('té d'âge du caraya.

Comme les autres alouates, il vit en troupe et se relire dans les lieux les plus solitaires. On le chasse suitout pour avoir sa fourrure, (pi(^ , dans le pays, on emploie à divers usages, line jiarticularité (pi'otri-cnt les alouates, est (pie, contre l'ordinaiie des autres singes, (pii tous fuient l'eau , ils se plaisent dans les foiêls qui bordent les rives des grands lleiives et des marais ; ceci est afTiriné par tous les voyageurs. Il paraît même (pi'ils se hasardent (pi'hpiefois à se mettre à l'eau et à traverser à gué (piehpies bras assez larges, car on en trouve sur les îlots des rivières et dans ceux des grandes savanes noyées, ce fait est très reiuanpi.dile dans l'ordre des (piadrumanes.

Je ne sais si tous les singes ont pour les nappes d'eau la même frayeur qu(! le mangabey que j'ai possédé, mais je le supjxise; car celle crainte vient de ce (pie, bâtis à peu près comme riioiiiiue, ainsi (pie lui ils ne savent pas nager natuiclkuieiil La première fois (pie j'ai traversé la Saciiie, en batelet, avec mon singe, je n'avais pas fait cette réflexion et je f,iillis le perdre Malgré les témoignages énergiques de sa frayeur, je le jetai a l'eau, croyant ipi'il allait n.igcr et s.'en retirer ainsi que font les chiens. Mais je fus extrêmement surpris de le voir se dt'baltre dans le pei lidc

élément, de la même manière qu'un enfant qui se noie, et si je n'avais su nager moi-même, je perdais un animal fort aimable, et au(piel je tenais beaucoup. Au moment où je le saisis il coulait à fond, el (U'jà il était pour ainsi dire sans connaissance. Cette petite scène me (U perdre ses bonnes grâces |iendant plus de ((iiinze jours, et ne contribua pas peu à lui donner une nouvelle horreur de I eau.

Le Car.wa [Mijcetes caraya, Df.sm. Slenlorniger , Geoff.). II a, selon d'Azara, le corps gros et ventru et les membres robustes. Sa face est nue, d'un brun roiigeâtre : le mâle a le ])elage d'un noir foncé, ])assant au roux obscur sur le ventre et la poitrine; la femelle a les poils plus lins , d'un bai obscur. On le Iroiive depuis le Brésil jus(pi'au Paraguay.

L'Aloiatk aux mains noiissF.s {Mycetes ruflma7ius, Kci.ii. S/en<or rti fi mail lis, Ckoif.). U est entièrement noir, excepté les mains, qui sont rousses, ainsi ([ue la dernière moitié de la (pieiie. La face et le dessous du corps sont nus. Cette espèce habile |irincipalemeiil les terres de la baie de Campêche; mais on la trouve aussi dans d'autres parties de l'Amériipie.

Selon Damiiierre , ces animaux vivent en troupe de vingt à trente, rôdent sans cesse dans les bois, et s'ils trouvent une ])ersonne seule ils font mine de la vouloir dévorer. « Lorsque j'ai été seul, dit ce voyageur, je n'ai pas osé les tirer, surtout la première fois que je les vis. Il y en avait une grosse troupe qui se lançaient d'arbre en arbre par-dessus ma tête, craquetaient des dents et faisaient un bruit d'enragé; il y en avait même plusieurs ipii faisaient des grimaces de la bouche et des yeux, et mille postures grotesipies. yuelipie.s-uns rompaient des branches sèches et me les jetaient ; d'autres répandaient leur urine et leurs ordui'cs sur moi. A la lin il y en eut un plus gros (pie les autres qui vint sur une petite branche au-dessus de ma tête et lit mine de sauter loiit droit sur moi, ce ipii me lit reculer en arrière; mais il avait eu la prudente précaution de se prendre à la branche avec le bout de sa queue, de sorte (pi'il demeura là suspendu à se brandiller et à me faire la moue. Enfin je me relirai , et ils me suivirent jusqu'à nos huttes avec les mêmes postures menaçantes. »

17" Genre. Les COAITAS [Atcks. Geoff.) ont l'angle facial ouvert à soixante degrés; leurs membres sont grêles, très-longs; leur tête ronde; leurs mains anii'rieures dépourvues de pouce. Leur ([lieue est extrêmement longue, Irès-prenante, ayant une partie de son extrémité nue en dessous.

Le MiitiKi ou Kmii'o {Aleles hypoxanthus , Kuiii,.). Son pelage est d'un gris jaunâtre; la ri'gion anale et l'origine de la ipieue soûl, sur le pUis grand nombre d'individus, mais non sur tous, d un rouge ferrugineux; sa face est couleur de chair et moiichclée de gris ; il a un très-])etit pouce onguiculé aux mains antérieures, ce (pii le distingue de WiU'les aracluionles. Il se trouve dans les forêts du Brésil, où ces animaux vivent en troupes plus ou moins nombreuses dans les forêts les plus sauvages.

Tous les alèles ayant à peu près les mêmes nwurs, nous généraliserons ici leur histoire Kous ferons d'aburd rciiiar(pier, ciuiime chose fort singulière , ipie ces jielils aiiiiiiaux ont avec riiomme (piehpies ressemblances assez remar(piablcs dans le.s muscles, et qu'eux seuls, parmi les mammifères, ont le biceps de la cuisse absolument fait comme le n(^lre.

Les coaïlas sont fort intelligenls , dou\ , et s'atlachciil facilement aux i>crsonnes (pii en iireiincul soin et les Irailcnt avec douceur. Lue fois li('s par I an'cclion, ils ne cherchent ])lus à changer de siiiiation ni à s'enfuir; aussi n'a-t-on pas besoin de les tenir constamment à la chaîne comme les singes. Cependant ils ne nian([uctil pas de malice; et ils sont un peu voleurs, mais l)our des friandises seuleiiienl.

Dans leurs forêts ils vivent en grandes troupes et se prélent un

LES QUADRUMANES

mutuel secours. Dans les pays où ils ne sont pas inquiétés par les hommes, s'ils en rencontrent un, ils sautent de branche en branche pour s'approcher de lui, le considèrent attentivement, et l'agacent en lui jetant de petites branches, et (pielquefois leurs excréments, qui, du reste, sont sans odeur. Si l'un d'eux est blessé d'un coup de fusil , tous fuient au plus haut sommet des arbres, en poussant des cris lamentables. Le blessé porte ses doigts à sa plaie et regarde couler son sang, puis, quand il se sent près de sa fin, il entortille sa queue autour d'une branche, et reste suspendu à l'arbre après sa mort. Éminemment bien conformés pour vivre sur les arbres, les coaitas ne descendent Jamais à terre, et s'ils s'y trouvent par accident, ils y marchent avec beaucoup de difficulté et de maladresse. Pour cela , ils posent leurs mains fermées sur le sol , puis ils tirent leur derrière

ment de pouce , comme toutes les espèces qui vont suivre ; sa face est cuivrée. Il habite la Guyane et le Brésil. C'est un animal pleureur, excessivement lent, mais très-doux et très-intelligent. 11 vit en grande troupe et aime à se balancer suspendu par la queue aux branches d'arbre. En esclavage il s'apprivoise trèsfacilement.

Les coaïlas se nourrissent [irincipalement de fruits, mais, en cas de famine, ils mangent aussi des racines, des insectes, des mollusques et des petits poissons. On dit même qu'ils vont pêcher des coquillages pendant la marée basse, et qu'ils savent fort bien en briser la coquille entre deux pierres. bampierVe et Dacosta racontent que, lorsque ces animaux veulent h-averser une rivière, ou passer d'un arbre à l'autre sans descendre à terre, ils s'attachent les uns aux autres en se prenant tous la queue avec les

Le ttouariba.

après eux, tout d'ime pièce, absolument comme font les culs-dejalte. Leur voix consiste en un petit sifllenienl doux et llùté, qui rappelle le gazouillement des oiseaux.

Le Mo.NO {Ateles hemidaclylus.- — Eriodes lieiiiidactijlus, Desmoiji,.) a souvent été confondu avec le précédent. Sa longueur, non compris la queue, est de dix-huit pouces (0,i87); son pouce ne consiste pas en un simple tubercule, mais bien en un pelit doigt très-court et très gièle , minii d'un ongle, atteignant à peine l'origine du second doigt, et tout à fiit inutile à lanimal; son pelage est d'un fauve cendré, nu peu noirMre sur le dos; ses mains et sa queue sont d'un fauve plus vif, et les poils de la base de la (picue sont d'un roux fi'rrugineux; sa face est couleur de chair taché de gris. 11 est du Hrésil.

Le CiiAMECK [Ateles subpendactylus , Desm. Ateles pendactijlus, Ceoii'.). Il est d'un noir très-foncé, à ])oils secs et grossiers II est un peu plus grand que Vateles paniscus et il s'en distingue parfaitement par un rudiment de pouce (|u'il a aux mains su|)érieures. 11 habite la Guyane, et, selon Bull'un, le Pérou.

Le CoAÏT\ {Ateles paniscus, Geoff. Simia paniscus, Lin.) est absolument noir comme le préiéilent, mais il manque enlière-

mains, et forment ainsi une .sorte de chaîne qui se balance dans les airs en augmentant i>cu à peu le mouvement d'oscillation, jusqu'à ce ([ue le premier puisse atteindre et saisir avec les mains le but où ils tendent; alors il s'accroclie et tire tous les autres après lui.

Le Cavou (Ateles alor, Eu. Giv ) ressemble beaucoup au précédent; comme lui il a le ))elagc enlièrcment noir, mais sa face est d'un noir mat, ridée, au lieu d'être cuivrée. Il est de Cayenne, et a les mêmes mœurs et la même douceur de caractère que le coaïta.

Le cayou a toutes les habitudes du coaïta, doni peut-être n'eslil qu'une sinqile varirl(', comme le pensait GcoUroy, tpii le premier l'a fait connaître. Ainsi (jue chez tous les animaux de son genre, sa queue ne lui sert pas seulement à assurer sa translation en s'accrochant aux corps environnants et i)articulièrement aux branches d'arbres, mais c'est encore une véritable main, dont il se .sert |iour aller saisir hors de la ])ortée de ses bras, et sans se (h'ranger, les objets dont il veut s'emparer; c'est un organe de préhension dont le tact est si délicat, qu'en en touchant ini corps quelconcpie, sans le regarder, sans d(;tourner les yeux de dessus un autre objet , il en reconnall i)arfaitement la nature. Sa (pietie

SAPAJOUS

lui sert encore à se garantir du froid, auquel il est très-sensible, en l'enroulant autour de son corps comme nos dames font d'un boa. J'ai vu un mille et une femelle de cayou , tous deux renfermés dans une cage, se garantir de la fraîcheur des nuits en se tenant dans les bras l'un de l'autre, et roulant autour de leurs deux corps leurs longues queues qui les masquaient en bonne partie.

La Marimonda {Ateles belzebuth, Geoff. — Fr. Cuv. Simia belzebut , Briss. Coaïta à ventre blanc. G. Cuv.). Elle est d'un noir brunâtre en dessus, blanche ou d'un blanc jaunâtre en dessous; elle a le tour des yeux couleur de rhair. Elle vit en troupe sur les bords de l'Ore'noque, où les Indiens la chassent pour la manger, et quelquefois pour l'apprivoiser et la vendre.

Le Macaco vernello {Ateles arachnoïdes, Geoff. Le Coaïta fauve , G. Cuv. ) a le pelage fauve ou roux , court, lisse et moelleux, touffu à l'origine de la queue; sa face est nue, couleur de <hair ; son ventre est d'un blanc sale ou un peu jaunâtre. On le croit du Brésil,

Le MI•;l.A^oclIEIR {Ateles melanochir , Desm. — Fr. Cuv.) a le pelage gris , la face noire , les extrémités des membres d'un brun noirâtre, ainsi qu'une tache oblique, placée à la partie externe de chaque genou ; le dessus de la tête plus foncé que le reste du corps. 11 habite le Pérou.

Le MoNO-ZAMno {Ateles hijbridus , Desmoul.) a de longueur un pied dix pouces (0,S96) ; le dessous de la tête, du corps, de la partie non calleuse de la queue, et de la partie interne des mem-

Singe échappé dans le jardin, derrière les anciennes Serres.

«La marimonda, dit llumboldt, est un animal lent dans ses mouvements, d'un caractère doux, mélancoli(iue et craintif; c'est dans ses accès de ])eur (jn'il tnord même rpiix qui le soignent ; il annonce cette colère ])assagère en rappiochnnl la commissure des lèvres pour faire la moue, et en poussant un cri gullural ou-o... Lorsque les mariniondas sont réunies en grand nombre, elles s'entrelacent deux à deux et forment les groupes les plus bizarres. Leurs attitudes annoncent une parcs.se extrême.... Nous les avons vues souvent exposées à l'ardeur du soleil, jeter la tête en arrière, <liriger les yeux vers le ciel, re(illcr les deux bras sur le dos, et rester immobiles, dans cette position extraordinaire, pendant plusieurs heures. »

La CiiuvA (Ateles marcjinatus, Gkoff. — Fr. Cuv. Le Coaïta à face bordée, G. Cuv.) est d un noir uniforme et lustré excepté autour de la face, qui est bordc'e de poils blancs; la face est noire. Celle espèce est commune sur les rives du Santiago et de la rivière des Amazones. Selon llumboldt, elle est assez commune dans la province de Jaën de Bracamoros.

bres, est d'un blanc sale; le dessus est d'un brun cendré clair, qui, sur la tète, les membres antérieurs, les cuisses et le dessus de la queue, pa.sse au brun pur, et <iui , au contraire, prend une nuance jaune très-prononcée sur la croupe et les côtés de la queue; il a sur le front une tache blanche semi-lunaire, large d un pouce (0,027) au milieu, et dont les pointes vont se terminer au-dessus de l'angle externe des yeux. Il habite la Colombie.

18<^ Genre. Les LAGOTBICIIES {Lagothrix, Geoff.) ont l'angle facial ouvert à cinquante degrés environ; leur tête est ronde, leur museau saillant, et leurs membres, dans de justes proportions, n'ont pas ce prolongement que nous avons vu dans le genre précédent. Leurs mains antérieures ont un pouce; leur (picue, fortement prenante, est nue en dessous à l'extrémité. Enfin leur corps est couvert d'un poil moelleux et frisé.

Le Caparro {Lagothrix Humboldtii, Geoff.) est d'un cendré noirâtre ou d'un gris uniforme; son pelage est plus obscur et plus touITu sur la poitrine que sur le dos; sa tête est grosse; sa

LES QUADRUMANES

face noire, entourée de longs poils roitles. 11 s« trouve sur les bonis (lu UioGuaviare, et ses mœurs sont à i)eu près les mêmes que celles des coaïtas; mais il est d'un caractère un peu plus farouche, il s'apprivoise moins facilement.

Cet animal, haut de deux pieds trois pouces (0,731), vit en troupes nombreuses et parait d'un naturel a.sscz doux. Humbolilt, à qui l'on doit la découverte de ce genre, dit (pi'il se tient le i>liis souvent sur ses dcus pieds de derrière. Le son de sa voix ressemble à un claquement, selon Spix, et il ajoute que cet animal est extrêmement gourmand.

Le Lagotriciii'; grison [Laijoihrix canus , Geoff.), qui habile le Bre'sil, diffère du pre'ce'dent par des poils plus courts, d'un gris olivâtre sur le corps , et d'un gris roux sur la tête, les mains et la queue. Peul-élre faut-il ajouter à cette espèce ;

Le LAGOrr.iciiE emlmé (Lagolhrix wfuinatus. — (iafirimaryus infamalus, Sim\) qui se trouve au Brésil, et (pii ne diffère guère des prèce'dents que par son pelage entièrement enfumé. Il habile les forêts les \>\ui retirées, et vit, comme les précédents, de fruils et d'insectes.

Les lagolricbes grison et enfumé sont beaucoup moins farouches (|ue le précédent, et s'apprivoisent avee plus de facilité. Ils vivent également en bandes nombreuses, dans les forêts qui ombragent les bords des grandes rivières du Brésil. Us sonld'uu naturel doux et timide, s'habituent aisément à la servitude, mais s'attaehent peu à leur maître et en changent avec la (ilus grande indifférence. Moins agiles, moins pétulants ipie les autres sajous, ils se montrent [dus robustes, moins iuquiels , moins remuants, et plaisent davantage i)ar une expression de i)hysionouiie jilus douce et plus aimable. Peu criards, on ne les entend guère troubler le silence des foréis que lorsqu'un air lourd et chargé d'électricité annonce un prochain orage. Alors ils réunissent leur troupe épar|)iilée, s'appellent les uns les autres, et cherchent ensemble un abri contre la tcm|)ête. Ils se blottissent contre le tronc d'un arbre , à la bifurcation des branches basses les plus grosses , et là , dans la plus grande épouvante , serrés les uns contre les aulres en peliis groupes de trois ou ipiatre, ils attendent dans riann(diilil(' la plus complète que les éclairs aient cessé de sillonner les nues et le tonnerre de gronder. Le jaguar profite souvent de celte circonstance |ioin' les poursuivre , les saisir et les dévorer; dans leur effroi ils pensent à peine à fuir, cl il en fait aisément sa ]unie. Souvc'ul au.ssi ils deviennent les victimes du cougouard et d'autres grands chats sauvages.

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19" Genrk. Les SAJOUS [Cchu%, E«xleb.) ont l'angle facial ouvert à soixante degrés. Us ont la tête ronde, le museau court, les oreilles airondies, l'occiput saillant en arrière, les pouces distincts , o|(posables aux autres doigts , et la queue toute velue quoiijue prenante.

Le Sajohassou {Cebiis apella, Dksm. Siiiiia apella, Linn. Le Sajou, BciT. — G. Cuv.).

Son pelage est d'un brun plus ou moins foncé en dessus, jdus pôle en dessous ; les pieds , la queue , le sommet de la tête et la face sont bruns ; cette dernière est entonn'e de poils d'un brun noirAtre; le dessous du cou et la partie externe des bras tirent sur le jaune.

Celle es|ièce ne se trouverait point au Rrésil selon le prince Maximilien, et serait propre à la Guyane française. Comme tous les sajous ont absolument la même intelligence , les mêmes mœurs, et des habitudes semblables, il nous suffira de donner l'iiisloire de celui-ci poiu' faire connaiire Ions les autres.

Le sajouasso\i a toute l'intelligence des coaïlas, mais avec moins de circonsi>ection ; parce que la vivacité de ses impressions et la promptitude de son imagination ne lui i)ermetlent ni prudence ni réserve. Tous les sajous sont d'un naturel trè.s-doux, trèsiiffectueux, et s'attacheni vivemeiil à leur maître, surtout (piand ils sont Iraiti's avec douceur. yuoi(pie vifs cl turbulents, ils n'ont pas la pi'tulance capricieuse des singes; mais il est fâcheux ijuils en aient la malpropreté et un peu l'imi)udicité , car sans cela ils seraient les animaux les plus aimables que l'on puisse soiwnetire à l'esclavage. En oulre ils craignent beaucoup le fi'oid, et, dans nos pays, ils sont sujets à des maladies de poilnue (|ui les enlèvent promptemeul. Cependant, en les tenant dans des apparlenienls chauds , ils passent assez bien l'hiver et vivent plusieurs années. J'en ai vu beaucoup qui avaient l'étrange habitude de se manger la (|Hetie, malgré tout ce qu'on ])ouvait faire pour les en empêcher et malgré la douleur (]u'ils en ('prouvaient.

A l'élat sauvage ils vivent dans les bois en grandes troiqies. Ils se nourri-ssent principalement de fiiiits, mais ils mangent aussi des insectes, des œufs, et même des oiseaux (piand ils peuvent les attraper. J'ai reuK\r(pié (jue, de nu'nue (pie les petits maiumifères carnassiers, quand ils i)rennent un oiseau ils conniienccnt toujours par lui briser le derrière du crâne et lui manger la cervelie.

Le sajouassou est fort doux, mais capricieux et fanlas(iue. Il alFeclioniu' sans sujet de cti-laincs pei'sonncs, et prend les aiitres eu iiaiue sans cause appréciable. Il aime les caresses et fait aloi'S enlendie une ])elilc voix douce cl Ih'itée. S'il est effrayé ou eu colère, il fait des mouvements 1hus(JUcs d'assis et de levé, en ]>rononçant d'une voix forte et gutturale : heu, heu. Ce petit animal se reproduit en caprivilé dans de cerlaines circonstances. Le père et la mère aiment beaucoup Imr- enfant , en prennent le plus grand soin , et le porlent tour à tour dans leurs bras; ils s'em|iressent à lui apprendre à marcher, à grimper, à sauter; mais lorsqu'il a l'air de faire peu d'attention à leurs leçons : ils le corrigent et le mordent serré pour exciter son application.

Le Sajoij uoiidste [Cebtis ruhii^lus, Kian.) est brun ; le sommet de sa lêle est couvert de poils noirs (pii s'avancent sur le Iront, et deux lignes de la même couleur lui eulourent la face ; les mains, les avant-bras, Icsjambes, les pieds et la (pieue sont d'un brun fonei-; les épaules, le dessons du cou et la poitrine sont jauiiAIrcs; le cou et le ventr(ï sont d un marron roux. Cilte espèce a (ité dé('ouvert(; au Itréfil par le prince .Ma.ximilien de .Neuwied. Si ce n'est ))as la même ipie Kr. Cuvier a di'crite sous le nom de Sai femelle , elle a du moins une très-grande analogie avec elle.

Le Sajou ghh [Cebus uriseux, Dksm. Ccbus barhai\:r, Geoii. Le Sapajou gris, lîui r. Cebua capucinus, Ehxl. : probablement une va-

SAPAJOUS

rtt

rit'tfi de Vapella). On ne connaît pas la patrie de cet animal, mais on le suppose du Bre-il ou de la Guyane. I,e derrière de la ItHe , le cou , le dos , les Hancs , les cuisses , la partie postérieure des jambes de derrii're cl le dessus de la (pieue sont d'un brun Jaunâtre ou d'un brun l'aiive mêlé de grisAIre; le des^'ous est d'un l'aûve clair; une calolte noiriMre lui rouvre le somniel de la tfte; il n'a pas de barbe; sa face est entourée de poils d'un brun noir ; quelquefois le COU, la poitrine et le haut des bras sont blancs.

Le Sajou barbu (Cebas barbatiis, DtSM. Cebus albus , Ceuif. Le Sa'i varié, Audib). Son pelade est gris, ou d'un gris roux, ou blanc, selon l'i'ige oir le sexe ; le ventre est roux : sa barbe se prolonge sur ses joues. Ses poils sont longs et moelleux. Il habite la Guyane.

Le Sajou coiffé {Cebus frontatus, Kuhl. Cebus trepidus , Geoff. — Erxl. Le Sini/e à queue touffue, Edwa.). Son pelage est d'un noir presi|ue uud'orme, mais ce|>endant les e\lii'mitc-s des membres sont plus foncées; il a sur les mains ant('rieures et autour de la bouche quelipies poils blancs , ceux de son front sont relevés perpendiculairement et très-droits. On ne sait d'où il est.

Le Sajou ^^;GRK [Cebus niger, Gf-off. Sapajou nègre, Buff.). Peut-être, counne le pense llumboldt, n'est-ce (ju'une variété du saj(ni brun (Cebus capueinus), cpii lui-même est une variété de ïapella. Son pelage est d'un brun fonce, son front et la partie post('rieure des joues sont couverts de poils jaunâtres; sa face, ses mains et sa queue sont noires. Sa patrie e»t inconnue.

Le Sajou vaiué (Cebus variegatus, Geoff.). Sa tète est ronde, et sou museau saillant; l'espace de la face compris entre les yeux est d'un biun noirâtre; son pelage est noirâtre , pointillé de jaune doré en dessus, roussàtre en dessous; les poils de son dos sont bruns à leur base, roux au milieu et noirs à la pointe. On ne connaît pas son pays.

Le Sajou fauve (Cebus fulvus, Desm. Cebus flavus, Gioff.). Tout son pelage est fauve; il est lemarquablc par ses poils soyeux, droits, non ondulés.

L'OiAVAPAVi (Cebus albifrons , Gi off. — Humboldt) habite autour des cascades de l'Orénoque, près des Mai'iiures et des Attires. Son pelage est gris, jdus clair sur le ventre; le sommet ik' sa tète est noir ; ses extrémités sont d'un brun jaunâtre ; il a le front blanc ainsi que les orbites des yeux.

Le Sajou lunule [Cebus lunatus, Kuiii.. — Fji. Cuv.j. Il est d'un brun de suie , presque noir sur la tête et les membres ; il a sur cliaipie joue une tache blanche en croissant se portant dc|)uis le sourcil jusqu à la bouche; ses parties nues sont vioUMrcs. Sa jialiic u est pas connue.

Le Sajou coR^u (Cebus fatuellus , Dfsm. Simia fatuellus , Lim. Cebus crislatus, Fk. Cuv. Le Sajou à aigrette, du même. Le Sajou cornu, liuFF.). Son pelage est d un brun marron sur le dos, plus clair sur les flau's, passant au roux vif sur le ventre; la (pieue et les e\tr<'mités sont d'un brun noir; deux forts pinceaux de poils blancs, séparés en forme de corne, s'élèvent de la racine de son front. 11 habite la Guyane française.

Sajou a ioipet (Cebus cirri fer. Gnon.). Il a la tête ronde; son pelage est d'un brun chi'itain ; le vertex , les extrémités et la queue sont d'un marron tirant sur le noir; il a sur le front un toupet de poils noirâtres élevé en fer :\ cheval. On le croit du lirésil.

Le Sai (Cebus capucitius , Des.m. Siritia capucina , Li>. Le Saï , HciF. Le .SV;jou saï , Gioff.) Son pelage varie beaucoup et passe du gris brini au gris olivâtre; il a le vertex et Icsextn'uiilés noirs; le front, les joues et les épaules d'un gris blanchâtre.

Le sai habite les bois de la Guyane, où il se nourrit de fruits, de graines, de sauterelles et autres insectes. Il est très-farouche, et si l'on parvient à le prendre vivant, ce (|ui est fort diflicile, il se défend avec un courage bien au-dessus de sa taille et de sa force. Il niorit si opiniâln'ment , qu'il faut l'assommer iioiir lui faire lâcher prise. Les voyïgeurs ont quelquefois nounné ces

sajous singes pleureurs, parce qu'ils ont un cri plaintif et que, pour peu ([u'on les contrarie, ils ont l'air de se lamenter; d'autres les ont appelés singes musipiés. parce qu'ils ont, comme le macaque, une odeur de musc (dit Bufl'on). F.n captivité , le saï est doux , craintif et assez docile. Son cri ordinaire lessemble à peu prés à celui d un rat, et il le fait volontiers entendre ipiand il désiie (juchpie chose ou (pi'on le caresse; dès qu'on le menace, ce cri devient une sorte de gémissement. En France, il mange des fruits; mais il préfère à toute autre chose les limaçons et les hannetons.

Le Caiuiilaxco [Cebus hypoleucus , 1)es.m. — Fr. Cuv. Le Sa'i d gorge blmche , lii FF.) a ordinairement les épaules, les bras, les cotés de la tête et la gorge d'un blanc très-pur; le reste du pelage est d'un noir très-foncé. Sa face et son front sont nus, et de (Huileur de chair ainsi que ses oi'eilles. 11 vit à la Guyane et a les mêmes mœurs que le précédent.

Celui qui a vécu à la Ménagerie était d'une extrême douceur et avait assez d'intelligence. Son regard, qui était très-pénétrant, savait deviner dans vos yeux les sentiments ipie vous éprouviez |)oiir lui, et au moindre geste il comprenait parfaitement vos intentions à son égard. Son cri , lorsqu'il désirait quelipie chose , consistait en un petit sifflement très-doux, et surtout lorsqu'on le caressait; mais, quand il était colère ou elfrayé, il se changeait en une sorte d'aboiement rude et saccadé.

Le Sajou a poitrine jaune [Cebus xanthosiernos , Ki m,. Cebus macruccphalus, Fr. Cuv.) a été découvert au lîrésil , près du fleuve l3elmonte, par le prince Maximilien de Kcuvvicd. Il diflère de tous les autres sajous par la forme de sa tète. Son front large, arrondi , rejeté en arrière, est couvert de poils blancs et ras qui le font paraître chauve. Son museau est de couleur tannée; son pelage est châtain ; il a le cou et la poitrine d un jaune roussâlre très-clair; les mains d'un violâtre presipic noir.

Le Sajou a pjeus uorês [Cebus chnjsopus, Fr. Cuv.). Sa tête est grosse, arrondie, d'un brun grisâtre un peu foncé descendant sur la partie moyenne du dos, avec la face d'un couleur de chair un peu tanni' , entoiiri'e d un large cercle de poils blancs; le lirlage est d'un gris jaiinâire , blanc jaiinâlre en dessous ; les quatre membres sont d'un beau fauve doré ; les oreilles sont de la couleur de la face, et les mains blanchâtres. U habite l'Amériipie méridionale, mais on ne sait pas (pielle partie.

Le Sajou a tis ru fauve [Cebus j-imlhocephalus, Spix) a la région lombaire, la partie supérieure de la |)oilrine , le cou, la nu(pic et le dessus de la tête fauves; le milieu du corps, la croupe et le» cuisses bruns. Il habite le Brésil.

Le Sajou .maicre [Cebus gracills, Spix) est d'un brun fauve en dessus, blanchâtre en dessous ; vertex et occi|iul bruns : corps très-grêle. Cette espèce, qui n'est |)as siifTisamment déterminée, se trouve dans les forêts voisines de la rivière des Amazones.

Le Sajou a capuchon [Cebus cucullatus Srix) a les poils de la partie antérieure de la tête diriges en avant; le dos et la tête sont brunâtres; les bras, la gorge et la poitriiu^ sont roussâlres; le ventre est d'un roux ferrugineux; les membres et la (pieue .sont iu<'sque noirs. Il habite la Guyane et le lirésil.

Le Sajou iascif [Cebus iibidiiwsus, Spix). H a la calotte d'un noir brun ; la barbe entourant en cercle toute la face ; le dos , la gorge, la poitrine, les membres (excepté les cuisses et les bras), le dessous de la queue, d'un roux ferrugineux; le devant de la gorge d'un brun roux foncé; les joncs, le menton et les doigts d un roux plus clair; le corps d'un roux fauve, et la queue un peu \\h\^ courte que le corps. Il habite le Brésil.

20" Genre. Les SAGOIJINS [Snguinus, Lac. Callilhrix, Geoff. — Fr. cuv.), ainsi cpie tous les genres qui vont suivre, n'ont pas la queue prenanle ; leur angle faiial est ouvert à soixante degrés; leurs oreilles sont très-grandes , déformées ; leur Corps est grêlo,

LES QUADRUMANES

et leur queue est couverte de poils courts. Du reste ils ressemblent aux sajous.

Le Saïmiri [Saguinus sciureus, Less. Callithrix sciureus, Geoff. — Fr. Cuv. Simia sciurea , G. Cuv. Le Sajoujaune, Briss. Le Singe orange, Penn. Le Titide l'Orènoque, IIlimboliit. Le Saïmiri, Buff.) Son pelage est d'un gris jaunâtre ou verilâtre, blanc en dessous; les avant-bras et les quatre mains sont d'un roux vif; le bout de son museau est noir.

Ce joli petit animal se trouve au Brésil et à Cayenne. Comme nos écureuils, dont il a la taille, l'œil éveillé et la vivacité, il habite constamment sur les arbres, et se nourrit de fruits, de graines et quelquefois d'insectes. « Par la gentillesse de ses mouvements, dit BufTon, par sa petite taille, par la couleur brillantede sa robe, par la grandeur et le feu de ses yeux, par son petit visage arrondi, le saïmiri a toujours eu la préférence sur tous

quatre fois de suite. Du reste , ce charmant animal me paraît avoir plus de douceur que d'affection pour ses maîtres.

Le Saiiouassu ou Sagoi'i;* a masque (Saguinus personatus, Less. Callithrix personatus, Geoff. — Desm.). Cet animal a le pelage d'un gris fauve, la queue rousse, la tète et les quatre mains noirâtres.' Il se plaît dans les bois qui bordent les rivières au Brésil.

Ses mœurs, ainsi que celles des espèces qui vont suivre, ne diffèrent que peu de celles du saïmiri. Cependant ces animaux habitent moins les arbres et se plaisent beaucoup plus dans les broussailles que dans les forêts; ils nichent aussi plus volontiers dans les trous des rochers. Leurs yeux, fort bien disposés pourvoir la nuit, ont de la peine à soutenir la vive lumière du jour. Il en résulte que les sagouins en général passent la journée à dormir dans leur retraite, qu'ils n'en sortent qu'au crépuscule, et que

Le Sajouassou.

les autres sapajous, et c'est en cH'et le phis joli , le plus mignon de tous ; mais il est aussi le plus délicat, le plus difficile à transporter. Sa queue, sans être absolument inutile et lâche, comme celle des autres sagouins, n'est pas aussi musclée que celle des sajous ; elle n'est pour ainsi dire qu à demi prenante, et ipioiqu'il s'en serve pour s'aider à monter et à descendre, il ne peut ni s'attacher fortement, ni saisir avec fermeté, ni amener à lui les choses qu'il désire , et l'on ne peut plus comparer cette queue à une main, comme nous l'avons fait pour les autres sapajous. »

Le saïnuri est un animal très-gai et fort doux ; sa physionomie ressemble à celle d'un enfant; c'est la même ex|)ression d'innocence, de plaisir, de joie et de tristesse; il éprouve vivement les impressions de chacun, verse des larmes quand il est contrarié ou effrayé, et toute sa personne respire une grâce enfantine. Dans sa jeunesse , il est extrêmement attaché à sa mère, et ne l'abandonne pas même après sa mort. Lorsipi'il saisit (|uel(jue chose avec ses mains anti'rieures, son pouce est i)la(é à côté des autres doigts, parallèlement avec eux; mais il est o|)posable aux autres doitgs dans les mains de derrière. Quand il dort, son attitude est fort singulière ; il est assis, ses |)ieds de derrière éterulus en avant, ses mains appuyées sur eux , le dos courlx' eu deiui-cercii', sa tête placée entre ses jambes et touchant à terre. Soit qu'il veuille ti'moigner sa colère ou ses désirs, son cri consiste en un petit siftlemcnt plus ou moins doux ou aigu, qu'il répète trois ou

ce n'est (ju alors (ju ils jouissent de toute leur gaii,-lé. Ce .sont de j)elits animaux fort intelligents.

La Veuve (Saguinus lugcns , Less. CalHthri\v lugens , Geoff.) se trouve dans les bois qui ombragent le hord des rivières à San- Fernando de Atapabo. Son ])elage est noirâtre, sa gorge et ses mains antérieures sont blanches, <:t sa (pu'ue est à peine plus grande (jue son cori)S. Ses habitudes sont tristes et son caractère mélancolic|ue. Il vit isolé et ne se réunit jamais en troupe comme les autres, (pic l'on rencontre rarement moins de dix à douze ensemble.

.\ la suite de ces trois espèces, qui appartiennent au genre callithrix de Desmarest, (Geoffroy et F. Cuvier, genre fondé sur te que la queue est encore un ])eu prenante et sur d'autres légères considérations, viennent les véritables sagouins à queue tout à fait lâche.

Le Sai^oimn a coi.i.iek (Saguinus torquaius, Desm. Callithrix torquata, IIoffm. — Geoff.). Ou le trouve au Brésil. Son pelage est d'un brun châtain, jaune en dessous, avec un demi-collier blanc. Sa (pieue est un peu plus longue que son corps.

Le Sagouin a fiiaise [Siiguinus amiclus, Desm. Simia amicta , lli Mil.) habite, dit on , le Brésil, mais sa i)alrie n'est i>as bien eounue. Son pelage est d un iuiin noirâtre; il a un demi-collier blanc; ses mains antérieures sont d'un jaune terne et pâle, et sa queue est d'un quart plus longue que son corps.

SAPAJOUS

Le MoLOCH (Saguinus moloch, Desm. Callilhrix moloch, Geoff. Cebus moloch, IIoffm.) se trouve à Para. Il est couvert de poils ccndrt's, annele's en dessus, d'un roux vif en dessous, ainsi i|ue sur les tempes et les joues; ses mains sont d'un gris blanchâtre, ainsi que l'extrémité de sa queue. Cette espèce est rare.

Le Sacouin mitre {Saguinus infulatus, Desm. Callithrix infixlatus, KuiiL.) habite le Brésil. Il est gris en dessous, avec la (picue d'un jaune roussàtre à son origine, et noire à son extrémité; il a au-dessus des yeux une grande tache blanche, entourée de noir. Il n'est certainement qu'une variété du suivant.

est très-séparé et très-peu distinct des autres doigts, et tous leurs ongles sont plats; leur queue est longue, recouverte de poils courts.

Le DouROUCOHM ou cara-rayada (Noclhora trivirgata, Fr. Cuv. Aotus trivirgatua, Humu. Nyctipithecus felinus, Shix. Le Titi-tigre des voyageurs).

Cet animal a dix pouces (0,271) de longueur du sommet de la léte à l'origine de la queue. Son pelage est d'un gris cendré en dessus, d'un jaune roux ou orangé en dessous; les mains, les

Le Douroucouli, ou Cara-Rayada.

Le Gu;o ou Sagouin a mains noires [Saguinus melanochtr, Desm. Callithrix incanescens, Lichst. Callithrix melanochir, KiiiiL.). Il habite le Brésil, où il a été découvert par le prince Maximilien de Neuwied, Son pelage est d un gris cendré, excepté au bas du dos, aux lombes et à l'extrémité de la queue, où il est d'un brun roiissâtre. Ses mains antérieures sont fuligineuses. 11 est trèscommun dans les forêts, et, au lever du soleil, il pousse des cris rauques, désagréables, qui retentissent au loin. On ne connaît rien de plus de son histoire.

im.

21' r.iNBE. Les NOCTIIORES f Noclhora, Fr. Cuv.). Leurs dents sont sciiililabirs à celles des sajous; leur tête est arrondie et fort large; leur museau court; leurs yeux sont très-grands et à pupille ronde ; leur nez est saillant et leurs narines sont ouvertes en dessous autant que sur les côtés; la bouche est fort grande, ainsi que les oreilles, qui sont arrondies; leur pouce antérieur

oreilles , le nez sont couleur de chair ; le dessus des yeux est blanc, et trois lignes noires s'élèvent sur son front, l'une à partir du nez, les deux autres à partir de l'angle externe des yeux ; ces derniers sont tiès-grands, ronds et fauves.

Sur les bords de l'Orénoque , dans les forêts de May]>ures et de l'Éméralda, on entend qiiebiuefois, pendant l'obscurité des nuits, un cri terrible que l'on prend pour celui du jaguar, et qui elTraye le voyageur. Ce cri retentissant se rapproche et semble articuler les syllabes muh-muh ; tout à coup il lui succède une sorte de

miaulement, é-i'-oou, tout aussi sinistre. Déjà IFiiropéen épouvanté |)orle la main à ses armes, lorsijue l'aniiual fc'roce se laisse apercevoir aux rayons brillants de la lune... C'esl un tili-ligre, un douroucouli nocturne, à peine de la grandeur d'un petit lapin, moins dangereux ipi'uii écureuil , et qui n'a aucune résistance à opposer à l'épagnciil (pii l'altaque, car sa lenteur et sa nial-

l'aria. Typngrapbifl l'ion frrrcs , rue da Vangirard , 36.

LES gUAIJRUMANES.

adresse ne lui peniiptlcnt de se servir ni de ses dents ni de ses ongles pointus. Cependant il ne se rend pns sans avoir nu moins essaye' défaire peur à son ennemi; pour cela, il se he'risse, e'ièvc son dos reeourbe en arc comme fait un chat, il enfle sa gorge , et pousse un cri beaucoup moins terrible, mais tout aussi desagre'able que le premier, quer-quer.

(let animal, Irisle et solitaire, vit avec sa femelle dans le fond des forêts les plus dt^ertes, et rarement on en trouve plus d'un couple dans la même partie dun grand bois. 11 ne descend à terre que dans des circonstances rares, et par accident, et passe tout le jour à dormir sur un arbre, auprès de sa femelle, ipi'il ne «piitte jamais que lors(|ue la mort vient les st'iiarer. Il l'aime avec tendresse , l'aide , la prote'ge , et la défend avec courage au besoin. Il partage avec elle les ]ietils soins de famille et contribue beaucoup à l'éducation de ses enfants.

Pendant la nuit, le douroucouli se re'veiUe et se met en cliasse. 11 va furetant d'arbre en arbre, de branche en branche, pour saisir les petits oiseau\ (jui dorment sous le feuillage, ou prendre les mères couveuses sur leur nid. Ceci ne l'empèelie pas de saisir et de manger en passant des sauterelles, des fulgores, des coleojitères et autres gros insectes. Si aucune de ces (basses ne lui réussit, il se rabal .-ur les fruits sauvages, et même sur des grai. nés de mimosa et de berlhollelia. Si, jiar bonne fortune, il lenconlre dans ses petites excursions des cham])s de bananiers, de cannes à sucre ou des palmiers, il ne manque jamais de les piller; mais le tort qu'il y fait n'est pas grand, car une ou deux bananes peuvent fournir aux repas de lui et de sa famille pour toute une journée.

Le douroucouli ijui a vécu à la ménagerie se nourrissait de lait de biscuits et de fruits; il était fort doux, mais c'était une jeune femelle, et il jtarait (jue le m:\le, surtout à l'état adulte, reste farouche et ne peut pas s'apprivoiser. Du moins M. Ihnnboldt en a eu un qui, malgré tous les bons traitements, est constamment resté sauvage.

Le NocTiiORE HURLEUR (Nocthoro vociferanf:. — Nyctipithccus Dociferans, Spix) a le pelage d'un gris roux partoul, même sur la lêle ; il a le tiers seulement de la queue uoirAlre. Il habile le lirésil , et, comme le priicédent, fait retentir les foréis de sa voix effrayante.

Les nocthores sont de véritables animaux de nuit La sensibilité de leurs yeux est extrême et les enq)êebe de supi)orter la hitnière ; si on les y expose pendant le jour, leur iiis se ferme comlilélenienl ; au ( ommcncement de la nuil, au contraire, il s'ouvre h un tel point que la pupille a i)resque la grandeur de l'œil. Il résulte de celte organisation qu'ils dorment toute la journée repliés sur eux-mêmes , et la tête cachée entre les jambes de devant; mais dès que le crépuscule commence à paraître, ils s'éveillent et agissent,

2:2'- C,zyt.E. Les SAKIS {Vilhecin , Ceoii'.). Ils ont l'angle facial ouvert à soixante degrés; leur lêle est ronde, à museau court; leurs oreilles sont arrondies, médiocres; ils ont cin(| doigls ,iu\ mains; leur (|ueiu!, non ))renante, est généralenwnt tondue, ce qui leur a valu le non de singe à queue île renard.

Le Varké [Vilhecia Icucocephula , Geoff. Siinia pftheciu, Lin. Le Saki et le Varice, G. Cuv. — Buff.). Il est noirfttre ou noir, avec le tour du visage d'un blanc sale; il manque de barbe; chaipie i)oil est d'une couleur imiforme; sa ipieue est à |ieu près de la longueur de son corps.

Le yarké est un animal de la Guyane, où néanmoins il est assez rare. Moins grimpeur que les animaux des genres ])récédenls, il s'enfonce moins aussi dans la ])rofondeur des forêts, et habile plus volontiers, eu iietiles troupes de dix ou douze, les bois et les broussailles. Il se nom-rit (h; baies et de fruits sucrés, et (puhpiefois d'insectes. La femelle ne fait qu'un seul petit, qu'elle aime beau-

coup et qii'elle soigne avec la plus grande tendresse. Il est d'un caractère tranquille'' et doux, et cependant il s'apprivoise diflicilement. Sa taille est assez grande, et atteint dix-sept à dix-huit pouces, non compris la queue. Du reste, toutes les espèces ont à peu près les mêmes uujeurs; ce sont des animaux nocturnes, qui ne sortent de leur trou que le soir et le malin, pour aller à la recherche de leur nourriture, et principalement des ruches d'abeilles sauvages. Les habitants du pays prétendent que les sajous suivent les yarkés pour s'emparer du miel qu'ils ont découvert, et qu'ils les battent à outrance ))our les faire détaler s'ils font mine de s'opposer à ce brigandage.

Le Caca.'ao ou Carmrii: et Siiuciizo {l'illiecia vielanocephala , Geoff. Le Mono-rahun de quelques provinces de l'Amérique) se trouve particulièrement dans les forêts qui bordent les rives du Cassiquiare et du Hio-Negro. Il est d'un brun jaunâtre, avec la télé noire, sans barbe; sa queue est d'un sixième plus courte que son corps. 11 a à jteu près les mêmes habitudes que le précédent, mais il est moins lent , moins paresseux , et ne vit que de fruits sucrés, tels que goyaves, bananes, etc. ; du reste, son caractère est doux et paisible.

Le MoïKF (P///içem î«onac//((S , Gfoff.) habite le firésil. Il est varié delirun et de blanc sale jaunâtre, ses poils sont bruns dans la ])lus grande partie de leur longueur, et d'un roux doré vers leur extrémité; de l'occiput au verlex, sa tête est parée d'une sorte de chevelure rayonnante. Il n'a i)oint de barbe, et sa queue est à peu près de la longueur de son corps. Ce sajou et les deux suivants sont des variétés du rufiventris.

Le Saki a moustaches housses [Vilhecia rupharha, Kuiu,.) est d'un brun noirâtre en dessus, d'un roux pAleen dessous; le dessus des yeux est de la même couleur, et sa queue se termine en pointe. On le trouve à Surinam.

Le Saki a ■rl'iTE jaune (Pithecia oclirocepliala, Kuiil.) est d'un marron clair en dessus, d'un roux cendré jaunâtre en dessous; les poils du tour de la face et du front sont d'un jaune d'ocre , ses mains et ses pieds d'un brun noir. On le trouve à Cayenne.

Le Saki a ventre roux (Pithecia rufivenirix, Geoff. Le Si7ige de nuit, BuFi-. — 0. Cuv.), de la Guyane française, est d'un brun teiuh' de roussâtre ; les ])oils sont annelés de brun et de roux, entièrement roux sur le ventre; il n'a point de barbe; sa chevelure rayonne sur le vertex et aboutit au front ; sa queue est à peu j)rès de la longueur de son corps.

Le MiniyuouixA {Pithecia miriquouina, Geoff.) habite les bois de la province de Chaco et les liords de la rivière du l'aragnay. Il est gris iiiun en dessus, annelé en dessous; les poils du dos sont blancs à la liase et à l'extrémité, noirs au milieu ; il a deux taches blanches au-dessus des yeux; il manque de barbe, et sa queue est uii lien plus longue que son corps. Dans la captivité, il est dou'i, paisible, l't il a même de la doeilité jusipi'à nu certain point.

Le Couxio (Pithecia salarias, Geoff. Simia satanas, IIoffmans. lliaclnjurus israelita, Spix. Le Couxio, Humii. Le Saki 7wir, G. Cuv) se trouve sur les bords de l'Oréiioque, dans le Para. Le mftieest ilun brun noir, la femelle d'un brun roux; sa lêle est enlièremenl couverte d'une épaisse chevelure qui lui tombe .sur le front ; il a une barbe très-fournie, et sa queue est à peu près de la longueur de son corps, Lorsque cet animal est irrité, il se dresse sur ses pattes de derrière, grince des dents , se frotte la barbe et se lance sur son ennemi.

Le Capucin de i,'Oiii':nooue (Pithecia chiropotes, Geoff.) est d'un roux marron; il a une barbe longue et touffue; sa chevelure épaisse est séparée au milieu et se relève en deux toupets de chaque côté de la tête. Variété du pn'cédenl.

(;e saki est un animal triste, d'un naturel paisible et timide, Inyaiit la société de ses semldables et surliait celle de l'homme, se retirant dans la profondeur des forêts, où il vit solitaire avec sa femelle. Aussi, depuis (pie la population de la Guyane s'est

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