‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 11 sur 219 · ANTHROPOMORPHES · texte numérisé non relu

ANTHROPOMORPHES

Il parait que cet animal n'habite pas onlinaiicment la côte iW Sumatra où il fut rencontre; car les hal)ilanls, ijui ne le reconnurent pas, déclarèrent que, depuis qupl([iie temps, ils entendaient, pendant la nuit, des cris pousses |iar une voi\ étrange n'ayant l'ien d'analogue avec celle des animaux du pays. En outre, il avait les pieds couverts de boue jusqu'aux genoux, comme un homme qui viendrait de faire un long voyage. Sa force était si prodigieuse, que, mortellement blessé et ayant déjà jierdu nue partie de son sang, il brisait comme une paille le bois des lances -dont on le frappait, Il fut mesuré après sa mort, et on liii trouva, depuis le sommet de la tète jusqu'au talon , ^^i.x l'ieds cin(| [louces.

i'^ Cenhe. Le SYiND.4CTYLE {SunihictijUia). 11 a le même caractère que les orangs , mais ses bras sont un peu plus longs , cl il a de légères callosités aux fesses; dans le mftle et la femelle, l'index et le médium des pieds de derrière sont réunis jus(ju'à la dernière phalange, ^i

Le Sumam; (pijndarliilus siamalig. — IhjhihaU'f. sijndachjlus ,^ Vv. Civ. Vithecus sxjiidactijiua , Desm. Siinia s)jndaclyla, Plufl.).

(let animal , qui habite ka forêts de Sumatra, a le pelage laineux, é|iais, d'un noir foncé ; il a sous la gorge un grand espace nu. Il est lent , pesant, manipie d'assurance quand il grimpe, et d'adresse quand il saule. Si on le reiuoulre à terre, un homme un peu agile l'alleint aisément à la course et s'en emiiare sans qu'il clierehe à se défendre. Son iiu[)uissauce à fuir le danger ou à le repousser par la force l'a rendu très-défiant; jamais sa vigilauie ne s'endort. Comme il a l'ouïe très-line, il entend à un mille de distance lui bruit assez léger, et s'il lui est inconnu, il \])reud aussitôt la fuite. Sa taijie est de deux pieds huit pouces.

Les siamangs se réiinissent en troupe nombreuse, et sont trèsattachés à leurs petits. Si l'un tombe blessé mortellement i»ar nue balle, sa mère se laisse tomber )U'ès de lui en jetant des cris all'reux , se roule de désespoir, et fait tout ce qu'elle peut ]ioui' rjp[)elei' son enfant à la vie ; aperçoit-elle l'ennemi ([ui a [loi'tt' le coup fatal, elle .se relève et se précipile sur lui en étendant les bras, ouvrant la gueule, et poussant des hurlements lamentables. Mais là se bornent ses efforts, car elle ne sait ni mordre, ni frapper, ni parer les coups, et elle meurt viclime innocente de lamour maternel.

Ce qu'il y a de fort singulier, c'est que les femelles ne iiorlent sur leurs bras que les jietites femelles, et que les mâles ne portent également que les pelils de leur sexe. « Les soins que les femelles prennent de leurs enfants, dit M. lluvaucel, sont si tendres, si recherchés, (pi'ou serait tenté de les attribuer à un senlimeut raisonné. C'est un speclach; curieux, dont, à force de précautions, j'ai pu jouir cpielipiefois, ipie devoir ces femelles porter leurs petits à la rivière, les débarbouiller malgré leurs l)laintes, les essuyer, les sécher, et donner à leur propreté un temps et des soins (pie, dans bien des cas, nos proi>res enfants jiourraient envier. »

Du reste, le siamang est peu iutelligcnl, apalliiipie. mal.idroit, mais fort doux. Huit jours après avoir été pris, il est aussi apprivoisé, aussi ac( outumé à l'esclavage que s'il eut passé toute sa vie eu domesticitt'. l'oiu- cela il n'en est pas plus aimable, car il parait aussi insensible aux bons Iraileuu'uts (pi'aiix mauvais, et, sans jani.iis chercher à faire du mal, il ne donne jam.iis non plus le moindre signe d'afl'eeliun; la reconnaissance et la haine sont pour lui des passions tout à fait étrangères. La peur et la stupidité exercent sur lui un tel empiie, ((uc, dans les forêts, s'il renconlrc un tigre, loin de diercher à se sauver, il reste iinm(diile connue une sialiu', se borne à jeter sur son ennemi lui œil ed'aré, et (elle fas( ination lui coule la vie.

ouaud CCS animaux voyagent, ils oui un ( hef ([ui marche à l('(U' l('lc cl eondiiit l.( troupe; comme ('est ordinairemcnl le

plus agile et le moins stupide, si la petite caravane fait une mauvaise rencontre, il vient toujoiu's à liouf de se sauver; il en résulte que les Malais croient ce chef invulnérable Chaque matin, au soleil levant, les siamangs font retentir les bois de leur voix assourdissante, et ils en font autant quand le soleil se couche; aussi servent-ils d'horloge aux paysans en leur annonçant exao lement l'heure du travail et celle du repos.

^ ",' Cenre, Les CirmDNS [Hiilobates , U.uc.) ne diffèrent des orangs ((ue parce qu'ils oDI des callosités aux fesses, et ([ue leurs bras sont d'une longueur encore plus démesurée/ ,

Le WoL'woi! (Hylnbales kuciscus, Lesson. Simia kuciscus , Scii. Le Gibbon cendn' de Cuv. Le Moluch, Ai;i).).

Lors même (jue le wouvou marche à ([ualre pattes, il se tient toujours debout , car ses bras sont si énormément longs, (pie, dans celle dernière posilion, ses mains loiichcnl à la terre. Sa taille atteint (pichpiefois quatre pieds (1,209) de hauteur; son corps est couvert de poils laineux d'un gris cendré; ceux de In face sont très-noirs, et un cercle de poils gris, (pii lui entoure le visage, lui donne un air fort original.

Cet animal vil dans les îles de la Sonde et dans les Moluques. Il est assez doux, qiioi(pie vif et capricieux. A r('lat sauvage, il se plaît sur le bord des eaiix, dans les roseaux qu'il habile. Autant ses longs bras le rendent disgracieux quand il est sur la terre, autant il es( leste, agile et gracieux ipiand, s'élancant su|' la cime (les plus hauts bambous, il s'y balance, et prend IouIch les positions extraordinaires (pie lui permet la longueur de ses bras. Il n'est pas de sallimbaïupics plus amusants et ipii inventent des poses aussi singulières que cet animal. Dans le même genre se placent les trois espèces suivantes :

Le CicnoN ..\(;ii.e"('//i//u?;i7/i's avilis, Fr. Cuv. Ilijlobalcs variegalus, Less. Le Wuuv'ou de Fr. Cuv.). Il habite les forêts de Sumatra , où il est assez rare; il a le pelage brun, cl jaune sur le dos; la face est d'un bleu noirAtre dans le màlc, brune dans la femelle. Il a sur les yeux un bandeau blanc qui descend de chaque côté et va s'unir à des favoris blanch.'itres; son front est très-bas, et ses arcades orbitaires fort saillantes. 11 a été découvert par M.M. Diard et Duvaucel.

La nature n'a pas doué cette espèce d'une grande intelligence, cc|icndant en captivité elle est susceptible d'acquérir quehpie éducation. Ce gibbon est quelquefois fort gai, et recherche les caresses de son mailrc; il est loujoii#s faiiiilici', curieux et gourmand Dans les bois, il vit par couple plus souvent (pieu famille. H est d'une agilité surprenante, et, (piand il s'('lancc de branche en branche, il .semble plutôt voler que sauter. Lorsqu'il est debout, il jieiit avoir trente et un à trente-deux pouces (0,859 à 0,91)7) de hauteur, et les doigts de ses bras touchent à terre.

Le CiiiiiON AUX MAINS ni.ANCiiES {Uijhihqtea lar , Less. Simia. lonijini'ina. Si.ini.- Le Gibbon, Iîijee. Le Gibbon noir, (',. (;iiv. Ililhtbales albimanus, !s. CroEr. ) Celui-ci a les bras un peu moins longs que le wouwou : sa taille serait de plus de trois pieds (0,97S) selon r.ulT'on, qui en a vu nu vivant, et ne serait communi'meut ipie d'un pied trois [loiices (0, iOli) selon .M. Lesson, qui me parait ici faire \ine errcin-. Sou corps est grêle, allongiî, couvert de poils grossiers, longs et noirs, excepté ceux qui entourent la face, qui sont gris; son nez est brun , plat; .ses yeux sont grands, mais enfoncés; ses oreilles arrondies, et bordées à lien près comme celles de riiomme. La piaule des pieds et les ongles sont n((irs.

Celle csiièce est de mnfiirs douces, d'un caractère tranquille, et SCS mouvements ne sont ni trop brus(|ues ni trop |>r('cii)ités. Iiaiis la ca|ilivil(', il prend as.sez doucement ce (pi'on lui présente, cl 1.1 uouriiliirc (lu'il paraît préférer est le pain, les fruits et le

LES QUADRUMANES

lait. Louis Lecomle , cité i)ar Bufibn , dit avoir vu aux Moluques, « une espèce lie singe , l'ounlio , marchant naturellement sur ses deux pieds, se servant de ses bras comme un homme, le visage à peu près comme celui d'un Ilottenlot , mais couvert d'une sorte

de laine grise, se coiiiporlaiit comme un cnTant, et exprimant parfaitement ses passions et ses appétits; il ajoute que ces singes sont d'un naturel très-doux; que, pour montrer leur airtclion aux personnes qu'ils connaissent, ils les embra.ssent et les baisent avec des transports singuliers; que l'un de ces singes, qu'il a vu, avait au moins quatre pieds de hauteur, et qu'il t'tail extrt'-

mement adroit, et encore plus agile. » .\ l'état sauvage , il se nourrit exclusivement de fruits. Il habite les iMoluques, la c6te de Coromandel, et la presqu'île de Malaka.

Le C.icBON VARIÉ (Hijlubates varieyatus , Lf.ss.) n'est qu'une varie'te du prfoedent. Il ne s'en distingue guère que par sa taille d'un tiers plus petite, et par son pelage mêle' de gris brun et de gris fonce'. On le trouve e'galement dans la presqu'île de Malaka.

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Galeries do géologie, de mintTalogIo et do lulaniquo.

SINGES

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