‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 14 sur 219 · LES OUISTITIS · texte numérisé non relu

LES OUISTITIS

Ce sont de jolis animaux, qui s'a|iprivoisent aisémeul. Ils ont la télc ronde, le visage |dal, les narines latérales, les fesses velues, point d'abajoiH's, et la queue non i>reuautc, caraelèrcs qui les rapprorheiaieul îles genres précédents; uuiis , ((uuiqu ils soient de rAnH'ri(pie, ils n'ont que vingt miichelières, e esl-à-ilire (reniedeux dents , ainsi que Icj singes de l'ancien coiitinicnt. 'i'pus leurs ongles sont comprimés et pointus, excepté ceusj dus ponces de derrière, et leur pouce de devant s'écarte fort (leu des autres doigts.

25= Cexre. Les OUISTITIS proprement dits (Jaochus , Geoii.) ont les incisives supérieures intermédiaires plus larges que les latérales : celle.s-ci isolées de chaque coté; les incisives iul'iiriinres sont allongées, étroites, verticales: les latérales plus longues; les canines moyennes et coni(iucs : les Inft'rieures très-petites : eu tout trente-deux dents : selon G. Cuvier.

Le Tiii on le Sai;oi;v [Jacchus vulgaris, Ccorr. Simia juirltus, LiNX. C'agui minor, Mauci;, \j'Oui$lili ordinaire, G. Cuv. — Wvvv. Le Singe à queue annelée, Pexn.).

Ce cbarmaul iieiil auiuuil n'atteint pas la taille il un écureuil, car il a tout au i)lus six ]iouces de longu(nn' (O.Ki^), non ( ouqiris la queue, ipii est annelée de noir et de gris clair; son pelage est d un gris foncé jaunAtre, onde; la tête , les côtés et le de.^sous du cou sont noirs ou d'un brun roux ; la face, la plante dus pieds et la iiaïuue des mains S(Mit couleur de chair; il a un lubercnle saillant entre les yeux et une lai he blanche au front; l'oreille est entourée d une toulï'e de poils blancs ou cendrés ou noirs, roides et longs.

Le titi habite la Guyane et le Hrésil: jiarlout il est recherché, non à cause de sa gentillesse , mais parce (|u'il est joli et jicn eudiarrassant. Son caractère est loin de rt'pondre à lamilii' (pi on lui porte; il parait hou parce iju'il est faible, intelligent i)arce (pi il est déliant , doux parce qu il est iieureux. Dans les bois de l'Amérique il a une certaine vivacité, qu'il perd dans l'esclavage, surtout dans nos climats, où je n'en ai jamais vu vivre plus de deux ans. Il aime à poursuivre de branche en branche, en s'élancant de l'une à laiilre , les gros insectes et même bs iietils oiseaux, dont il l'ail sa proie II adjoint à celle nourriture des fruits et des graines, mais seuleuuMil quand sa chasse ne réussit pas, car il a des habitudes carnassières. 11 lui arrive souvent de dcsceinlre des arbres et de chasser aux limaçons et aux petits lézards. Il parait même «piil se hasarde au bord des eaux pour saisir à l'iuquovisle ([uehiues |ietils imissons. Ldwards, citi' par liiilT'on , raconte ipie l'un de ceux qu'il a vus, étant un jour déchuiné, se jeta sur un petit poisson dore de la Chine (pii était dans un bassin, (ju'il le

tua et le dévora avidement ; qn ensuite on lui donna de petites aiiguilles ipii l'eUrayèrenl d'abord en s'entortillant autour de son cou, mais ipie bientijt il s'en rendit maître et les mangea.

Lors(pie, eutiaiiié |)ar l'ardeur de la chasse, le m:Me s'est un peu éloigné de sa femell(\ il pousse un sifllement aigu longtemps prolongé sur le même Ion, pour rap|)cler auprès de lui. Ce cri le trahit pi le fait iK'èPUvrir par le chasseur, qui sans cela aurait beaucoup de peine à l'apercevoir dans le feuillage. Mais, (|uand ou veut le tirer, il faiit s'en approcher bien doucement et sans bruit, car, s'il aperçoit ipielqu'un , il se blottit à reuroiircbure de deux grosses brani^lies, s'y cache et ne fait plus aucun inoiivc- (1161)1, *|ë inatiiMl'e qu'il est presque impossible de l'y voir.

Le niàle et la femelle ne se ipiittent jamais , et cependant ils paraissent avoir assez i)eu d'ad'eetion l'un pour l'autre. La femelle surtout montre une sorte de férocité dans des cii-coiistances on jiresqiie tons les animaux développent des sentiuients de tendresse que leur a dévolus la nature; ainsi elle met bas trois on (pialre petits, et assez ordinairement elle débute dans les soins inaleriiels i)ar manger la lète d'un ou deux. Ce n'est que lorsqu'ils sont parvenus à saisir la mamelle, chose qu'ils chen-hent à faire aussitôt (pi'ils sont nés, (pi'ils sont à peu près suis de n'èlre pas di'Vorés. Dans-la suite de leur éducation elle ne montre guère plus de tendresse. Les petits se çrauiponnent sur son dos, et (|uand elle consent à les porter ce n'est pas imur longtemps; au moindre embarras (ju'ils lui causent, à la plus i)elile fatigue, elle se frolle le dos contre une branche ou un tronc d'arbre au risque de les écraser, les force ainsi à la lAcher, s'en débarrasse, et s'en va sans s'in(]uiéter davantage de ce qu'ils deviendront,

Heureusement pour eux que , s'ils ont une mauvaise mère , leur père se montre beaucoup plus afT'eelncux. En entendant leurs cris de détresse, il vient à leur secoius , les idaee sur son dos et les porte. De temps à autre il rejoint la femelle cl les lui présente pour qu'elle leur donne à leter, ce qu'elle fait presiiiie toujours en rechignant.

Dans la capli>ilé, le titi, tout chéri ipi'il est par nos dames, n'est guère plus aimable. Si on en jugeait par ses grands yeux toujours en mouvement et par la vivacit(' de ses regards, on croirait il sa pénétration, et l'on se tromperait, car ce n'est que la défiance de la peur. Les litis ne caressent jamais, et souvent même ne se laissent jias caresser. Ils se délient de toul le monde, de la main (pii les nourrit eouime des autres, et les mordent iiidilléreiument. S'ils sont peu susceptibles d'afTeclion, ils le sonl beaucoup de colère; la moindre ciuitrariété les irrite, et lorsiiu'ils sont elFrayés ils courent .se cai lier en poussant un petit cri court et pénétrant.

LES QUADRUMANES

Plusieurs fois ces petits quadrumanes ont produit à la me'nagerie , mais jamais on n'a pu les déterminer à élever leurs enfants plus de quinze à vingt jours. Passé ce terme, ils les laissaient mourir faute de soins et de nourriture. « Vers les derniers temps de la vie d'un de ces petits, dit Fr. Cuvier, lorsque son père se trouvait fatigué de le porter, n'étant plus reçu par sa mère, il montait jusqu'au haut de sa cage; arrivé là, et ne pouvant plus descendre , il jetait un cri de détresse, qui réveillait quelquefois la sollicitude de ses parents : alors ils allaient à son secours; mais le plus souvent ils restaient sourds à ses plaintes, et le jeune animal aurait été forcé de se laisser tomber si on n'avait pas eu soin de prévenir sa chute en lui tendant une main secourable. » Malgré tous ses défauts , le titi est très à la'mode chez les dames brésiliennes.

L'Ouistiti a tète blanche (Jacchus leucocephalus, Geoff. Simia Geoffroyi, IIumb.) a le pelage roux, la tête et le poitrail blancs, un hausse-col noir, de très-longs poils noirs devant et derrière les oreilles, et la queue annelée de brun et de cendré. On le trouve au Brésil.

L'OijTstiti a front blanc (Jacchus albifrons, Desm.) 11 a le pelage noir, légèrement varié de blanchâtre; les poils sont blancs à extrémité noire ; le front, les côtés du cou et la gorge sont blancs à poils très-courts; la face est noire : le tour des oreilles et l'occiput sont garnis de poils très-noirs, longs et droits; les environs de l'anus sont un peu roussàtres ; la queue est un peu plus longue que le corps, brune, légèrement variée de blanc, un peu plus foncée à son origine qn'à son extrémité. Il est de l'Amérique méridionale, probablement du Brésil.

Ouistiti à piQceau et Ouistiti oreillard.

Le Mico [Jacchus argentatus, Geoff. Simia argentata. Lin. Le Mico, Buff. — G. Cuv.) Son pelage est d'un gris blanc argenté, quelquefois tout blanc; ses pieds et ses mains sont rouges , et sa face, ainsi que ses oreilles, d'un rouge vermillonné; sa queue est d'un noir brunâtre ou blanche, non annelée. Ce petit animal habite le Para.

Le Mélanure (Jacchus melanurus, Geoff). 11 est brun m dessus et fauve en dessous; sa queue est non annelée, d'un noir uniforme. Il semble faire le passage des ouistitis aux tamarins. M. de Humbolill l'a trouvé au Brésil.

Le l'ouTE-C,\MAii, (Jacchus humeralifer. Geoff.). Il est d'un brun châtain , avec les l'paulos , la poitrine cl les bras blancs; sa (lucuc est légèrement annelée de cendré. 11 est du Brésil.

L'Ouistiti a pinceaux [Jacchus peniciltatus , Geoff. Hapalepenicillalus, Imi. Cuv.). Sa taille est celle du ouistiti ordinaire; son pelage est cendré ; la poitrine , les côtés du cou , la niiipie , le dessus 4les ('pailles, sont noirs; il a sur la croupe et les côtés du dos des bandes transversales noires, grises et fauves; sa tète est noire, avec une tache blanche en demi-lune sur le front ; il a un pinceau de poils noirs très-longs devant les oreilles. Sa queue, annelée comme dans les espèces qui suivent, est à anneaux blancs et noirs. Il est du Brésil.

L'Oreii.iaui) (Jacchus auritus , Geoff.) est noir, mêlé de brun; il a une tache blanche au front, et de très-longs poils blancs couvrent l'intérieur ni<!ine des oreilles; sa queue est annelée de noirâtre et de cendré. On le croit du Brésil.

24" Genre. Les TAMARINS [Midas, Geoff.) ont quatre incisives supérieures contiguës, les intermédiaires plus larges que les latérales; quatre incisives inférieures proclives, contiguës et formées en bec de flûte; leurs canines sont coniques, assez fortes, et se dirigeant de dedans en dehors ; leurs oreilles sont grandes , d'où leur est venu leur nom scientifique ; la saillie que fait en avant le bord supérieur des orbites rend leur front très-apparent.

Le Tamarv [Midas rufimanus, Geoff. Jacchus rufimanus, Desm. Siiru'a midas, Lin. Hapale rufimanus, Fr. Cuv. Le Tamarin, Buff. — (;, Cuv. Le petit Singe, noir, Ehwa.) n'a guère que six pouces de longueur (il,l*)2) non compris la (luciie, ipii est deux fois plus longue. H est noir, avec la crou]>e varii'C de brun ou de gris; ses mains et ses pieds sont d'un roux jaunâtre ou orangé. Il s'habitue ai.s('mcnt à la captivité, mais il n'y vit pas longtemps.

Ce joli ix'lit animal habite la Guyane et le Maiagnon. Il est vif, gai, ca|)ricieux, irritable, et n('aiinioins il s'ai)|)rivois(' ais('iiient. Son intelligence est assez bornée, et sous ce ra|)port il le cède beaucoup aux sapajous. 11 est sujet, quand on le contrarie, à tomber dans des accès de colère, (pic son impuissance rend plus risibles (pie dangereux; car ses mâchoires n'ont i)as assez de force jiour ciitainer la peau. Sa coniplexion est fort ih'licale, d'où il résulte ipie si on le transporte en Europe il ne tarde i)as à être tué ])ar les induences du climat. Dans son pays il vit d'in.sectcs et de fruits. Même lors(pi'on est parvenu à le rendre tout à fait familier, il ne faut pas compter sur son afTcclion , car il n'en est

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