‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 15 sur 219 · OUISTITIS · texte numérisé non relu

OUISTITIS

pas capable, et il n'est prive' que par le seul effet de l'habitude. 11 grimpe sur les arbres avec facilite', et ses mœurs, sa manière de vivre, rappellent beaucoup celles de l'ccureuil. Tout ce que nous en disons peut e'galement s'appliquer aux autres espèces du genre.

Le Tamarin nègre [Midas ursulus, Geofp. — G. Cuv. Hapale ursulus, Fii. Cuv. Jacchus ursulus, Desm. Saguinus ursula, Hoffm.). Il a beaucoup d'analogie avec le précédent , mais il s'en dislingue aisément par ses mains constamment noires. Son pelage est noir, ondulé de roux vif sur le dos. Oa le trouve au Para. 11 s'apprivoise difficilement, est très-irritable, et mord serré quand on le louche.

rosalia, Fr. Cuv. Simia rosalia, Lin. Le Sinye soyeux, Penn. Le Singe lion et le Marikina, Buff. — G. Cuv.). il est d'un roux doré ou d'un jaune clair un peu plus doré à la crinière, à la poitrine et sur la croupe, un peu plus pâle sur le dos, les cuisses, la base de la queue et le ventre : ses poils, longs, soyeux et très-fins, lui forment une belle crinière, ce qui lui donne un peu l'apparence d'un lion, mais en miniature, car il n'a pas plus de six pouces de longueur (0,163); sa face est nue et livide, ainsi que la peau de ses mains. Il est du Brésil.

Ce que nous avons dit des habitudes du lili et du taraary' convient en grande partie au marikina. Il est un peu plus robuste que le premier, et dans nos climats, si^l'on a un soin minutieux

'èès: ^ZM

Chasse au singo, paysage de l'Amérique du Sud.

Le Tamarin ladié (il/idas labiatus , Geoff. — llujin.) habite le Brésil. Son pelage est d'un noir roussàlre ferrugineux en dessous; sa tête est noire; le bord des lèvres et le nez sont blancs. Je pense avec Temminrk ipiil faut rapporter à cette espèce les iiiidas Tiigricollis, fascicollis et mysla.e de Spix.

Le Tamarin a front jaune (Midas chrijsomelas , Kuiii,. Jacchus chrtisomelas, Dfsm.) est noir, avec le front et le dessus de la queue d'un jaune doré; les côtés de la tête, la poitrine, les genoux et l'avant-liras sont d'un roux marron. 11 vit dans les grandes forêts du Para et du Br('sil, mais il y est rare.

Le Tahauin de Neuwied [Midas chnjsurus, Max. de Neuw.) a le dessus du pied, l'avant-bras, la main, le dessous de la queue dans la première moitié, d'un beau roux doré; les [loils (jui entourent la face et ceux de la gorge, très-longs, <run jaune dor(' tirant |)his ou moins sur le roux; ceux qui avoisinent la compie de l'oreille, ceux ilu coude et (pielcpies uns enireiiièlés sur la poitrine, d lin roux marron; tout le reste du pelage est noir. Cette espèce, du Brésil, fait-elle double emploi avec le chrysomelas?

Le Marikina {Midas rusalia, Geoff. Jacchus rosalia. Des.m. llu\ialr

de le garantir du froid et de l'humidité de l'hiver, on peut le conserver pendant plusieurs années. 11 est aussi un peu moins indifférent aux caresses qu'on lui fait, et il parait s'attacher jus(iu'à un certain point à ceux qui le nourrissent. Cette qualit(', jointe a sa délicatesse et à sa beauté, le fait beaucoup rechercher par les riches créoles du Brésil, ipii l'apprivoisent aisément et lui prodiguent les soins les plus attentifs.

Le marikina habite les forêts et passe sa vie à sauter d'arbre en arbre. Comme, dans l'esclavage, il est d'une )>ropreté recherchée, on peut conclure, par induction, ([u'il se construit un nid à la manière des écureuils, ipi'il y élève ses petits et s'y retire pour se reposer. Il se nourrit d'insectes et de fruits doux, et il ne parait pas qu'il soit carnassier comme le titi. Il est défiant, ainsi que tous les êtres faibles <pii sont obligés de vivre au milieu des dangers; mais sa |)rudeiice ne le sauve pas toujours de la (-ruelle serre de l'oiseau de proie .S il eu aperçoit un planant dans les airs, aussitôt il pousse un sifflement doux et prolongé pour avertir sa petite famille ; tous ses petits aussitôt se blr)tlissent en tremblant dans le feuillage et restent là sans mouvement, jusqu'à ce

LES QUADRUMANES

que l'ennemi se soit relire!. La couleur roussàlre de leui- pelage se confond assez nvec le vert jaunAlre des feuilles pour les dérober à l'œil de l'oiseau de proie. Mais ils n'i'eliappent pas aussi aise'ment à d'autres ennemis. Le yagouaroundi, le calocolla, le margay et d'autres espèces de chats leur font une guerre incessante et vont les saisir la nuit , pendant leur sommeil, jusque .sur le plus haut sommet des arbres.

Dans la servilnde, le niarikina .se nourrit assez liien avec du lait, du hiscuit, des fi'uiîs sucres et des sauterelles; mais, s'il est seul de son espèce, il est sujet à prendie de l'ennui, et dans ce cas il tombe malade et meurt dans le marasme. Si on veut assurer sa conservation, il faut donc, quand cela est possible, le réunir à un ou plusieurs individus de son espèce. Le niarikina (pii a vécu à la uK'uagerie était excessivement timide et se cachait dès (ju'il avait la moindre inquiétude. Il aimait à recevoir des caresses, mais il n'en rendait point. Il fuyait avec défiance les personnes qui lui e'taient étrangères, et même il les menaçait de ses faibles dents.

Le PiNciiE ou Tin de Cvrthagène U/klasœilipus, Gnur. Ilapale cedipus. Fr. Cuv. Jacchus wclrpus , Desm. Siiiiia (pdipus , Li.n. Le petit Singe du Mexicjiie, Buiss. Le Pinclic, Uirr. — G. (av.). Il est nn peu plus grand que les précédents, et atteint neuf pouces de longueur (0,24i), non compris la queue. Il est d'un brtin plus ou moins fauve en dessus, et blanc en dessous, à poils Soyeux; il a sur la tète une longue chevelure blanche qui lui l'clonibe sur le cou ; sa face et toutes ses parties nues sont d'un noir de suie. Il liabite les forêts retii-ées.

Le piiiche est un animal méchant, atrabilaire, ipii dort toiit le jour dans les forêts de Cayenne et des environs de Carthagèhe. Il se réveille avec le crépuscule du soir , et déj)loie pendant la nuit toute son activité. Il chasse alors au\ insectes , et il clicrL-he les fruits dont il .se nouri'it. Son caraclère farouclii' , inlrailable, ne .se plie jamais à la domesticité, el, si on vetil le garder vivant, il faut le renfermer dans une cage, tlbht il Occupe le coiri le pllls obscur depuis le malin jusqu'au soir. D'ailleiiis, il est fort délicat et ne vil pas longlcmps en captivité; ce n'esl qil'avec beaiirniip de jieincs cl de soins (ju'on est parvenu (pielipiefois à en conserver de vivants pendant la traversée d'Amérique en Europe. «Il est si glorieux, dit l'ancien voyageur Jean de Lery, que pour peu de fâcherie qu'on lui fasse, il se laisse mourir de dépit. »

Le Lr.OMiiTO (Midas leoninus, Grorr. Jacchus leoninus, Df.s.m. Simia leunina, le Leoncito ou le petit Lion, Humd.) est d'un brun olivâtre avec la ipieue noirâtre en dessus, brune en dessous; il porte sur la tête et le cou une longue crinière brune ; sa face est noire et sa bouche blanche.

C'est dans les plaines à l'est des Cordillères, dans les forêts qui ombragent les rives du Putumayo et du Caipieta , enfin dans les parties les plus tempérées de ces vastes contrées, que l'on trouve cet animal, plus petit (jue le])inche, et dont la longueur, la queue comprise, ne (h'passe pas seize pouces (0,435). Il est très-vif, trèsirascible, et, du reste, a les mêmes habitudes que les autres espèces de son genre.

Le T.\MAiiiN Acx FESSES i)0«T^;ES ( Midas rhrysopyfjus. — Jacchus chri/sopygus, MiiiK.) est noir, avec les fesses et la partie interne des cuisses d'un jaune doré, et le front jaunâtre; il a une longue crinière noire qui tombe de la tête jusque surlesitras, et sa queue forme plus de la moitié de sa longueur totale. 11 habite la capitainerie de SaiutPaul au Brésil.

Ce joli petit animal a une vie tout à fait nocUirue, et ne sort de son lit de mou.sse , ipiii sait se faire dans les troncs d'arbre crcus('s par le temps, que lorsque le crépuscule est descendu sur leS forêts tju'il habite. 11 est assez doux, mais sa mélancolie nalurelle et son amotir jionr la vie solilaire le rendent Irès-dilTicile à conserver dans l'esclavage. Sa chaîne lui pèse sur le ca-ur, et bieutiil le chagiin le fait mourir, mais hnlemenl, et jamais dans des accès de fiirciU' auxipiels la (dupart des animaux de son genre stJlil sUjelS. il est plus frugivore que Carnivore, et, si parfois il sfi détei'inine a allacpter quelques pelils oiseaux, il faut ijU'il y stilt l^oussi! par lUIé faim exlrême; encore, dans ce cas, doime-til la prt'férinec aux papillons de nuit et autres insccics dont il peut facileiiicnl s'emparer. Quoiqu'il soit ass'z commun dans ceilaines forêls du Brésil, les chasseurs, néanmoins, le renconil'elil fort rarement; cela vient de ce (jn'il dort toute la journée d;lns son nid, et qu'il n'en sort ipie la nuit pour se mettre en quête de sa nouniliire. Le mâle vil lialiiluellement avec la feiuclle , et parait avoir pour elh^ beaucoiqi de tendresse ; nue personne qui a eu plusieurs fois l'occasion de l'étudier dans ses bois, m'a dit qu'il partageait avec elle les soins donnés à sa naissante postérité.

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