‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 142 sur 219 · CHAPITRE Xin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xin

Galeotti llartlvalle.

Les occupations et les aventures se succédaient pour notre héros avec la force des vaijues d'une marée d'été. liientôt il fut mandé chez son capitaine, qu'il trouva, à sa grande surprise, en compagnie du roi.

Aux premières paroles qui lui annoncèrent qu'on allait lui confier une mission importante, Quentin craignit d'avoir encore à faire le guet, comme pendant le dîner donné au comte de (Jrèvecœur, ou d'être chargé de quelque fonction plus désagréable et plus répugnante.

Quel fut sou ravissement quand il apprit qu'il était désigné pour escorter les

il inies de Ooye jusi[u'à la cour de leur parent révê(|ue de Liège! Trois archers et un guide étaient placés sous ses ordres. Le plus grand secret lui était recommandé; une note qui lui fut remise lui indii|uait pour étapes îles villages peu connus, des monastères isolés, et II lui fallait redoubler de précautions en approchant des frontières de liourgogui'. Les dames île (^roye devaient passer jiour dcu\ Vnglaises de qualité , qui , après être allées en pèlerinage à Saint- [Martin de Tours, voulaient visiter la sainte cité de (Pologne et honorer les reliques des trois Mages. Quentin Durxvard était censé leur maître d'holel.

Sans bien définir la cause de son ivresse, Quentin Diirward sentit battre son cu'ur à l'idée de se rapprocher de la beaiilc de la tourelle, d'acquérir des droits à sa confiance, de la protéger dans un long voyage, il se promit de réussir; il ne iloiila pas nièiiie du succès. La jeunesse songe rarement aux dangers, et Durward , élevé dans une indépendance compli'te, liabitiié ii compter sur ses propres forces, ne s'occupait des périls que pour les braver. Il lui tardait il être aflranclii de la présence royale pour goûter la joie que lui causaient ces nouvelles inattendues, et s'abandonner ii des transports qui aiiriient éli' d'une liaiile inconvenance devant .Sa M.ijesté Irès-Chrétieiine.

Mais Louis n'avait pas fini avec lui. Le prévoyant iiioiiari|ue avait à consulter un conlident d'une autre espèce qu'Olivier le Diable, et il-2.

Ouenlin Dursvard accompagDait Isabelle et Hami'hne.

qui passait pour recevoir ses inspirations des astres, comme Olivier de Satan en personne, car on jugeait de la cause par l'eftet.

Suivi de l'impatienl Quentin, louis s'achemina vers une tour isolée , où était maijiiifiquemenl installé l'illustre astroloi;ue, poète et philosophe, Galeotti M.irti, Marlias ou Martivalle, natif de ^arni en Italie. Auteur du fameux traité Ue vuliji) iniiiiiuilis , il était l'objet de l'admiration de son siècle et des panégyriques de Paul Jove. Il avait longtemps tleiiri à la cour du célèbre Malliias Corvin, roi de Hongrie, auquel l'avait enlevé Louis Xî, qui lui enviait un sage si habile à lire les décrets des cieux.

Alartivalle n'était pas de ces savants frêles et décharnés qui s'usaient la vue auprès de leurs fourneaux ardents, et se fatiijuaient à observer l'Ourse polaire. Il s'abandonnait à tous les plaisirs de la cour; avant de devenir obèse, il avait excellé dans les jeux et les exercices militaires. Il triompha un jour, en présence du roi de Hongrie, d'un lutteur renommé, et sa victoire fui chantie par Jaiius Pannonius

dans une épigraiiime laline qui est parvenue jusqu'à nous.

Les appartements dr cet astrologue mondain étaient meubles avec un faste c|Ur Duruard n'avait pas encore remarqué dans le château royal. Les boiseries sculptées de la bibliothèque , les tapisseries , exécutées avec art, attestaient les goûts élégants du savant italien l ne portede son cabinet donnait sur sa chambre ii coucher; une autre conduisait à la tourelle qui lui serv.iit d'ob servatoire. La grande table de chêne sur laquelle il étudiait était couverte d'un riche lapis de Turquie pris dans la tente d'un pacha après la grande bataille de Jaiza, où l'astrologue a\ail combattu à côté de Mathias Corvin pour la défense de la chrétienté. Cette table était couverte d'une multitude d'instruments de mathématiiiues et d'astrologie, lemarquables parla richesse de la matière et la beauté du travail. Son astrolabe d'argent lui avait été donné parTempereurd' Allemagne, et son bâton de .lacob eu ébène, enrichi d'or ciselé, était un témoignage d'estime du pape .Sixte VS .

Divers autres objets étaient étalés sur la table ou suspendus à la muraille. On y distinguait deux armures complètes. Tune de mailles, l'autre deplates.qui, vu leur dimension , ne pouvaient guère appartenir qu'au gigantesque astrologue; puis un poignard de 'Tolède, un cimeterre turc, une claviuore écossaise, des arcs, des lleches, et autres armes. On y voyait encore dilTéreiites espèces d'inslru ments de musique, un crucifix d'argent, une unie sépulcrale antique, de petits pénates en bronze; enfin des curiosités lenominées, qui , d'après les idées superstitieuses de l'époque, étaient consacrées ii des pratiques de sorcellerie. La bibliollièqiie. en harmonie avec le mobilier, contenait des manuscrits antiques, des ouvrages de théologie, des traités de chimie et de philosophie hermétique, composés par ces hommes laborieux qui avaient la préleiitioii de dévoiler les plus impénétrables secrets de la nature. Quclqms-uns de ces volumes étaient écrits en caractères oriiulaiiv; d'autres étaient couverts d'hiéroglyphes et d'images cabalistiques qui en cachaient le sens ou Tabsurdilc. I.'apparlenuùl tout entier frappait d'autant plus vivement Timaginatioii. que lursonne au quinzième siècle ne révoquait en doute la vérité des sciences occultes.

I.'eflel qu'il produisait était augnienlé par l'extérieur et les ma nières de (;aleolti Martivalle, qui, enfoncé dans uii large fauteuil, examinait avec curiosité un spécimen de l'art de l'imprimerie qui était encore tout nouveau.

L'astrologue était de haute taille, et iruiie tournure imposante, malgré sa corpulence. Il avait depuis loni;tenips dépassé Tàge mûr. Les 'exercices violents auxquels il s'était livré dans sa jeunesse, cl

QDE^TIN DURWARD.

(|u'il repimait encore par intervalles, n'avaient pu combattre une lendanc:' à l'embonpoint, aujiinenlée par lies travaux sédentaires et par les plaisirs de la table. Ses traits, quoique fortement accentues, avaient de la dignité et de la noblesse, et un santon aurait envié la lonj;ue barbe noire qui lui descendait jusqu'à la poitrine. Il était vêtu d'une robe de chambre de velours de Gènes, à manclies à bombarde, attachée avec des aifrafes d'or, et bordée de martre zibeline. Les signes du zodiaque étaient peints en rouge sur sa ceinture de parchemin vi<Tge. Jl se leva pour saluer le roi, mais de l'air d'un homme accoutumé à être honoré de semblables visites, et peu disposé ■d compromettre, même en présence du souverain, la dignité qui devait caractériser un savanl.

— Mon père, vous vous occupez, à ce que je vois, de ce nouvel art de multiplier les manuscrits au moyen d'une machine. Iles inveritions aussi terrestres peuvent-elles intéresser un homme pour qui le ciel déroule ses mystérieux volumes ?

— Mon frère, répondit Martivalle, car je dois nommer ainsi même le roi de France puisqu'il daigne me visiter en disci])le , so\ez persuadé qu'en calculant les conséquences de celte invention j'entrevois avec certitude les ehaug'cments les plus merveilleux. Ju.;i|u'à ce jour, la science nous est arrivée lentement; le cours en était renfermé dans d'étroites limites; ceux qui la cherchaienl avec le plus d'ardeur ne se la procuraient (|u'.i travers mille obstacles; elle était bien vite abandonnée par les hommes incapaliles de lui sacrifier leur bien-être; la source en était détournée ou tarie par les invasions des barbares, (jue le sort des générations futures sera différent ! Le savoir descendra sur elles comme un torrent, sans interruption, sans relâche, sans bornes, sans obstacles. Ici il fertilisera le sol; là il l'inondera. 11 modifiera profondément toutes les formes de la vie sociale; il établira ou renverseia des religions; il créera ou détruira «les royaumes...

— Arrêtez, Galeolti ! ces changements auront-ils lieu de notre temps ?

— Non, mon royal frère; l'imprimerie peut être comparée à un jeune arbre qui vient d'être planté, mais qui portera ]dus tard du fruit aussi funeste et pourtant aussi précieux que celui d'Éden : c'està-dire la science du bien et du mal.

Louis répondit après un moment de silence : — Laissons h l'avenir ce qui le regarde; nous sommes de notre temps, et c'est de ses affaires qu'il faut nous occuper. Nous avons assez de mal aujourd'hui... Dites-tnoi, avez-vous achevé l'horoscope que je vous avais envoyé, et dont vous m'aviez déjà parlé ? Je vous ai amené le sujet, afin que vous puissiez lui appliquer la chiromancie. L'affaire presse.

L'astrologue replet se leva, et s'approchant de l'archer, fixa sur lui ses grands yeux noirs et perçanls, comme pour analyser les moindres lignes de la physionomie du jeune homme, t^elui-ci, confus d'être inspecté si attentivement par un homme dont l'extérieur commandait le respect, baissa la tête, el ne la releva que )iour obéir aux ordres du ehirnniancien, qui lui dit :

— IN'aie pas peur; regarde-moi, et tends la main.

Quand Martivalle eut examiné cette main, suivant les règles de son art mystérieux, il entraîna Liuiis XI à l'écart.

— Alon royal frère, dit-il, la physionomie de «'c jeune homme et les lignes tracées sur sa main eonfirmrnt d'une manière étonnante les résultats de son horoscope, et le jugi nient que vos connaissances en cabale vous ont mis à même de porter. Tout promet que ce jeune homme ser.i brave, heureux...

— i;t fidèle;' interrompit le roi, car la valeur et le succès sont inséparables de la fidélité.

— Et lidcle, reprit Cialeiilti; il y a dans ses regards une mâle fermeté. Sa ligne de vie, nette el prorondciuenl m:tr(|uee, annonce un dévouement loyal aiiv intérêts de ceux «|ui se heroni à lui. là pourtant...

— Ouoi? demanda Louis \l; père (laleotli, pour(|uoi hésitez-vous?

— Les oreilles des rois sont comme le palais de ces malades dill'iciles, qui ne peut siipiiorler l'amertume des drogues nécessaires à leur guérison.

— Mes oreilles et ninn palais n'ont pas tant de délicatesse; j'écoute volontiirs les avis utiles, <le même r|ue j'avale les médecines salutaires, l'eu m'importe la rudesse des uns, le mauvais goût des autres, .le n'ai pas été gâté jiar exci's d'indulgence; ma jeunesse s'est passéi' dans les souffrances el dans l'exil , et je ne m'offense pas des conseils hardis.

— l"-n ce cas, sire, si la mission dont vous chargez ce jeune homme est de nature à troubler une conscience timorée, ne la lui confiez pas.

\ttendez au moins que quelques années de service l'aient mis, sous le rapport des scrupules, nu niveau de vos autres serviteurs.

— Voila ce que tu hé.itais à me dire, mon bon (ialeotti ! Tu croyais in'ofl'enser en parlant de la sorte! Ne sais-tu ])as que les maximes abstraites de la religion et <le la morale ne peuvent toujours diri ;er hi conduite des rois comme celle des particuliers? Si, nous autres princes de la terre, nous fondons des églises et des couvents, si nous allons en pèlerinage, si nous nous soumettons à des pénitences dont nos sujets peuvent se dispenser, c'est parce i|ue le salut public, le bien île nos Ltats nous forcent à des mesures que

nous désavouons comme chrétiens. 'Sïah le ciel est miséricordieux; l'Eglise a des mérites infinis; l'intercession de Notre-Dame d'Embrun et des saints est d'une efficacité toute-puissante.

Là-dessus, Louis déposa son chapeau sur la table; et s'agenouillant devant les images placées dans le cordon, il répéta avec ferveur: Sancte Hubi'rte,t^ancte Juliane. sartcte Martini'. sancta Hosalia.sanili qwitiiuot adeslis. orale pro me peccatore !

Vprès s'être frappé la poitrine, il reprit son chapeau, se releva, et poursuivit en ces termes :

— S'il se trouve dans la mission dont il s'agit des détails scabreux, mon bon père, soyez persuadé que ce jeune homme n'y sera pas initié.

— Tant mieux! reprit l'astrologue. On peut aussi craindre de sa part les effets de l'impétuosité naturelle aux tempéraments sanguins; mais, d'après les règles de lart, ce défaut est amplement compensé par les qualités ((ue signale son horoscope.

— Je compte le faire partir ce soir, à minuit. Est-ce une heure propice pour commencer un jiérilleux voyage?... Tenez, consultez vos éphémérides; vous voyez la position de la lune à l'égard de Saturne, et la marche ascendante de Jupiter. Je m'en rapporte à vos lumières supérieures; mais cette conjonction, suivant moi, présage le succès à quicon(|ue choisira cette heure pour envoyer au loin une expédition.

— Vous avez raison, mon frère, dit l'astrologue après un moment de réflexion, mais Saturne parait tout en feu. 11 meliace de dangers et de malheurs ceux qui feront partie de l'expédition projetée. Le voyage peut leur être fatal: les influences sidérales leur annoncent la violence et la captivité.

— \ iolcnce el captivité pour ceux qui parlent, succès pour celui qui les envoie, n'est-ce pas là ce que vous lisez dans les astres, mon bon père ?

— Précisément.

Le roi n'ajouta rien. Son conseiller avait probablement hasardé la prédiction, parce qu'il conjecturait i|ue le voyage avait (pielque but sinistre. Louis ne ilit pas si elle cadrait avec ses vues. Comme nos lecteurs en sont instruits, il voulait livrer par trahison Isabelle de Croye à Guillaume de la iMarck, noble de haute naissance, mais d'un caractère turbulent et féroce, qui s'était déshonoré en se plaçant à la tète d'une horde de bandits.

Le roi tira un papier de sa poche, et avant de le remettre à Martivalle, il lui dit, en manière de préambule: — Savant Galeotti, possédant en vous un génie divinatoire d'une incontestable supériorité, ne soyez pas surpris (jne j'utilise vos talents pour éclaircir les doutes qui assiègent tout monarque eu lutte avec des rebelles à l'intérieur, avec des ennemis acharnés au dehors.

— Sire, dit le philosophe, lors([ue j'ai quitté la cour de liude pour celle du Plessis, c'était avec a résoliiti(Ui de mettre à vos ordres toutes les ressources de ma science.

— Il suffit, bon Martivalle, reprit le roi en consultant son papier, voici l'importante question que je le prie d'examiner : Un homme engagé dans une grave contestation, .pi'il faut terminer par la force ou par des moyens pacifiques, désire arriver à un accommodement en ayant une entrevue personnelle avec la partie adverse. Quel jour sera favorable à l'accomplissement d'un pareil ju-ojcl.' Quelle sera l'issue de la négociation? Son antagoniste se mcnitrera-t-il reconnaissant de cette preuve de confiance, ou abusera-t-il des avantages que lui olïrira la conférence? Tels sont les points à éclaircir.

— Le problème esl diflicile, sire, et sa solution exige que je trace une figure |)lanétaire, sur laquelle je ferai d(' |irofonds calculs.

— Il faut t'en occuper, mon bon père, et tu sauras ce (|u'on gagne à obliger un roi de France. Si notre art nous enseigne que les constellations ne s'opposent pas à nos desseins, nous sommes décidé à courir des ris((ues personnels pour mettre un terme à ces guerres antiehrétiennes.

— Puissent les saints proléger vos pieuses inlenlioiis el garder votre personne sacrée!

— Merci, mon maître; voici de (|uoi augmenter votre riche bibliothèque.

En disant ces mots, Louis plaça sous un lixre une petite bourse d'or. lOconome jiis(|ue dans ses superstitions, il croyait l'astrologue suffisamment rétribué p;ir la pension i|u'il lui avait assurée et même dans les grandes occasions il pensait avoir le droit de le consulter à bon m.irché. Après lui avoir donné un supplément d honoraires, il se tourna du côté de (^liicntin.

— Suis-moi, dit-il, mon vaillant Ecossais, \t: roi de l'rance et la destinée t'cnit clioisi pour mener ii bonne fin une entreprise hardie.

\riani;e-toi pour être |irèl à mettre 1<^ pi<d dans l'étrier au moment même oii la cinihe de S.iiiit Martin sonnera minuit. Une minute de plus ou de moins coiupromcttrail l'aspect favorable des constellations qui siMuient à nos i)rojet;î.

Làclessns le roi et son ifarde (luitlèrent la salle. Dès (|u'ils furent partis, I astrologue s'ab.indonnn à des sentiments tout dilTcri'iits de ceux (|u'il avait manilcslés en présence du roi. D'une prodigalité sans bornes, il avait toujours besoin d'argeni ; aussi s'empressa-t-il de peser la bourse qui lui avait été laissée.

OURNTIN DDRWNHD.

— I,e ladre! s l'cria-t-il : li femme d'un maître d'cquipnije m'en donnerait plus pour savoir si son mari a traversé sans <lan(;er la Manche. Et il espère acquérir quelfpie teinture des sciences! Oui, quand les (;lapissements du renard et les liurleuii iils du loup seront harmonieux. Kt II se tiattc de déchiffrer le glorieux lilason du lirmament! Oui, quand les taupes auront des yeux de lynx. Posl toi proinissa , après tant de promesses pour m'enlever à la cour du maiinii'i([uc Matthias Corvin, oii le Hun et le Turc, le chrétien cl l'inhdèle, | le ezar de Moseovie et le kan des Tartares me comhhiient à l'envi de présents, croit-il que j<' veuille rester pour rien dans ce vieux château ! Me prend-il pour un bouvreuil en ca;;e, qui chante tous les airs qu'on lui siltle pourvu (|u'on lui donne du chènevis et de l'eani' Je sortirai de cette position intolérable, n'importe à quel prix! Aiit invp.niam viam, aut faciaiii. I.e cardinal la lialuc est politi(|ue et libéral : je lui soumettrai le problème, et ce sera la faute de Son Eminence si les astres ne parlent jias comme elle le désire.

Après avoir pesé de nouveau la bourse, il ajouta: — \u fait, il peut se trouver sous cette misérable enveloppe quel([ue joyau, i(uelque perle de prix; on m'a dit que Louis était capalde de libéralité quand il consultait son caprice ou son intérêt.

Il vida la bourse, qui ne contenait ni plus ni moins que dix pièces d'or.

— Roi sonlide! reprit l'astrolopfue avec un redoublement d'indignation; croit-il que je pratique pour un aussi misérable salaire la science céleste que j'ai étudiée avec l'abbé arnuMiien Ibrakoff, qui n'avait pas vu le soleil depuis quannte ans; avec le Grec Dubravius, qui passait pour être ressuscité d'entre les morts; a\ec le cheik Ébn-Hali, (|ue j'ai visité dans unerjrotte de la ThébaVde? jNon, par le ciel ! (x'Iui (|iii méprise l'art périra par son iijnoranee. Dix pièces d'or! j'anniis houle d'otîrir cette somme à Toinette pour s'acheter un plastron de dentelle !

iMalgré ces récriminations, (ialeolti plon(;ea les pièces d'or dédaijjnées dans une p,ibecière qu'il |)ortail à la ceinture. Toinette et autres complices des folles dépenses dvi philosophe trouvaient moyen de vider ce réceptacle beaucoup plus vile (|u'il ne parvenait il le remplir.

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