‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 166 sur 219 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Conclusion.

La conclusion de cet ouvrage est, je le crois, de nature li encourager les émigrants de mon pays natal aux cheveux blonds, aux yeux bleus, aux longues jambes, au cccur intrépide, pour peu qu'ils soient tentés d'embrasser dans ces temps difliciles la profession de coureurs d'aventures. J'avais déjà confié ces pages à la presse; mais j'ai pour conseil un ami dévoué , un de ces hommes qui aiment autant que le meilleur souchong le morceau de sucre qu'on trouve au fond d'une lasse de thé. Il m'a adressé de sévères remontrances; il exige que je donne des détails précis sur les noces du jeune héritier de Glcn- Houlakin et de l'aimable comtesse bourguignonne ; (|ue je rende compte des tournois qui les signalèrent, des lances qu'on y rompit; enfin que je fasse connaître aux curieux le nombre de garçons qui héritèrent du courage de Quentin Durward, et de filles auxquelles Isabelle de Croye transmit ses charmes.

J'ai répondu courrier pour courrier que les temps étaient changés, et que les épousailles publiques étaient entièrement passées de mode. A une époque que je me rappelle encore, les amis de l'heureux couple, même au ((uinziènie degré, étaient conviés à la cérémonie, et les musiciens prolongeaient leurs accords jusqu'à l'aube du jour. On mangeait la rôtie dans la chambre nuptiale; on se disputait la jarretière de la mariée. Les auteurs du temps ne manquaient pas d'être minutieux dans leurs descriptions : ils n'oubliaient ni la rougeur pudique de la fiancée ni les transports de l'époux; ils comptaient les diamants mêlés aux cheveux de la belle, les boutons qui fermaient le gilet brodé du jeune homme, et conduisaient leurs personnages jusqu'à la chambre à coucher. Que ces détails sont peu conformes à la réserve de nos modernes épousées, douces et timides créatures, qui fuient le luxe et l'admiration, l'éclat et les flatteries! Certes, elles ne goûteraient nullement le récit d'un mariage célébré nu quinzième siècle. Raconter celui d'Isabelle de Croye, ce serait la ravaler à leurs yeux au niveau d'une servante de ferme; car celle-ci refuserait la main du cordonnier son prétendu, même aux portes de l'église, s'il lui proposait de faire nopcfis et fe>ilinf:, comme disent les enseignes de Paris, au lieu de monter sur l'impériale d'une diligence pour aller passer la lune de miel à Deptford ou à Greenwich. Je me tairai donc à ce sujet; je glisserai sur ces noces, comme l'Ariostesur celles d'Angélique, laissant au lecteur la faculté de se les figurer au gré de son imagination.

D'autres bardes diront avec plus de succès Comment de Braoquemont s'ouvrit la grande porte, Et commf nt les vassaux composèrent l'escorte De l'aimoble héritière et du bel Écossais.

E corne a rilornare in sua contrada Trovasse e buon iiaiiçjlio e viiylior tempo E deW India a Medor dense lo scellro Forse altri contera con miijlior plettro.

OiiLANDO Flriosù, canto X.XX, stanza 1B.

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