‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 22 sur 219 · ROUSSETTES A QUEUE · texte numérisé non relu

ROUSSETTES A QUEUE

La Roussette d'Egypte {Pteropus œgyptiacus , Geoff. Pteropus Gi-offroyii , Temm.) a d'un pied à dix-huit pouces (0,32S à 0,487)

Les Chauves-Souris, vue des bords du Nil.

pur sur le menton , les joues et le chanfrein; une large bantle brune couvre la gorge ; le dos est grisâtre, le haut du corps d'un jaune paille, le ventre brunâtre glacé de jaune roux. Celte espèce vit en troupes peu nombreuses; elle fait beaucoup de ravage dans les vergers.

(^(•tlc roussette est une des plus jidics, ou, si Ion veut, une des moins laides (pie l'on coiuiaissp. Elle habite les Moluipics; et 'on dit ((u'elle aime beaucoup la sévc du ])almier, dont les habitants font une liqueur fermentée fort spiri tueuse et très-enivrante. Si l'on s'en rapporte aux voyageurs, lorsque les Indiens ont |)ercé un paluiicr pour en tirer la sève et placé dans la pl.de le ( lialuuieau ((iii doit dirig<'r la li([ueur dans le vase destint' à la recevoir, les roussettes ont l'intelligcnie d'aller mettre leur bouche au bout du chalumeau, et de boire cette sève sucrée à mesure qu'elle coule. Mais leur gourmandise est bientôt punie, car elles s'enivrent , tombent au pied île l'arbre et sont jirises par les habitants, (pii le.s mangent et leur trouvent un excellent goùlde

d'envcrguro; sa tête est plus large et plus courte que celle des autres animaux de son genre; son pelage est laineux, d'un gris brunâtre. On la trouve en Egypte, suspendue aux voûtes des monuments en ruine.

La Roussette pmi.i.ée {Pteropus stramineus, Geokf. Le Chien vidiml? ^f.u\) a environ deux pieds {ÙfiliO) d'envergure ; elle est d'un jaune roussMre , et sa queue est Irès-ciuirle Elle habile Timor.

La Roussette ampi.exicauue {Pteropus amplc.rkamhitus , Ceoif.) a un pied (pialrc pouces ((1,105) d'envergure; elle est d'un gris roux , et la moitié de sa queue est ])risc dans la membrane in- Icrfémorale; la queue est de la longueur de la cuisse. Elle se trouve à Timor.

La Roussette martelée {Plcrupiin pallialus, Ceoif.) est iieiitêtre, comme le pense Temminck, un individu jeune de I hypodcrme de Pt'ron. Sa tête, son cou, ses épaules et son ventre sont couverts de poils rares, longs, soyeux, d'un jaune de paille; au

LES CARNASSIERS CHÉIROPTÈRES

milieu du dos est une saillie longiludinale, haute d'une ligne (0,002), qui donne naissance aux membranes des ailes. Sa patrie est inconnue.

31= Genre. Les IIYPUDERMES (Hypoderma Geoff. Cephdlotes, Less.) ont trente-deu.x dents : quatre incisives en haut et six en bas; deux canines à chaque mâchoire; dix molaires supérieures et trois inférieures. Une seule espèce (céphalote de Pérou) a un petit ongle à l'index; leur tète est conique; leurs oreilles courte;;; la queue très-peu apparente, et, comme dans la roussette ci-dessus, la membrane de leurs ailes naît de la partie moyenne du dos; la membrane interfémorale est échancree.

. L'IlYPObEUMF, DE Pf.ron {H>ipoderma Peronii et Cephaloles Peronii, GtoFF.) a deux pieds (0,650) d'envergure; elle est brune ou rousse, à pelage court, et elle manque d'ongle à l'index. I>e Timor.

- 52" Genre. Les M.ACROGLOSSES (Macroglossa . Fr. Cuv.) ont trente-quatre dents : quatre incisives et deux canines en haul et en bas, dix molaires à la mâchoire siipéiieure et douze à l'inférieure; leur tête est extrêmement longue, leur langue e.xtensible.

\. Le Lowo-Assu [Macroglossa kiodoles et Hors/irldii , Fr. Cuv. Plernpus mini mm tt rcstratux, Gioff.); tête fort allongée; ailes de dix pouces (0,271) d'enverguie; pelage laineux, d'un roux vif en dessus et terne en dessous, ou d'un biiin pâle iinifurnie passant au gris isahelle ; point de (puue; langue lrès-exte^^il)le, pouvant s'allonger île deux pouces. Elle habile Java , où , dil-on , elle se nourrit de fruits ; mais sa longue langue annonce aussi qu'elle altacpie les petits insectes.

ôô" Genre. Les CYiNOPTÈRES (Cynnpterus, F«. Cuv.) ont quatre incisives et deux fausses molaires rudimentaires à cha(|ue mâchoire , comme les rous^eties, mais ils mauipient enlièieiiieiil de dernières molaires ; leur lêle a de la resseuddauce avec celle des céphalotes, et leurs mâchoires sont raccourdes.

Le Cynoptèke a oueilles doudées ( Cynopterus marfiinalim , Fr. Cuv. Pleropu': marginalus , GcoFr ) a onze pouces (0,208) d'envergure : il est d'un brun olivâtre, à poils courts et ras; il a 'ui liséré blanc autour de l'oreille. Du Bengale.

3i= Genre. Les CÉPHALOTES (Cephalotef, Geoff. llnpijn, Ii.i.ic. — Less.). Elles ont vingt quatre dents : deux ineMves en haut et point en bas; deux canines à chaciue mâchoire; huit luolafres supérieures et dix inférieures. Ce genic ne dilTi're des h,V|ioilermes (pie i)ar le manque des inci^ive^ inférieures et des deriiièies petites molaires en haut et en bas. Si , comme le pense M. Geoffroy, ceci n'est que le résultat du jeune âge, il faudra rejiorler re.-^pèce sur laiiuelle ce genre est fondé à côté de l'hypodcriiie de Péron.

La Cépii.mote .\ oreu.i.es iîtroiies (Céphalotes leniotis, li.riN.)

est d'un gris brunâtre; la moitié de sa queue est libre; elle a une verrue entre les deux incisives. Elle habite la Sicile. Appartientelle à ce genre? ,

. La Cépiialote de pAi.r.AS (Cephaloles Pallasii, Geoff. Harpija Pallfisii, Ilmg. Vespertilio cephaloles. Pâli.. — Li.n. Cepha'oles l'ailasii, Gr.OFF. Ln Céplialole, Bfff). Elle est d'un gris cendré en dessus et d'un blanc pâle en dessous , à poils rares et doux ; ses ailes ont quatorze pouces (0.37'.t) d'envergure, et l'index est muni d'un ongle. Elle habile les Molui(ues.

, 53" Genre. Les PACIIYSOMES [Pachysoma, Geoff.) n'ont que trente dents; quatre incisives et deux canines en haut et en bas; huit molaires à la mâchoire supérieure et dix à l'inft'rieure ; corps lourd et trapu; museau gros; manu-tlcs placées sur la iioilriiie et non sur les côtés au-dessous de l'aisselle.

Le B\T(EAUWEL (Pachysoma melanocephalus, Isid. Geoff. Plerupus melanocepha'us , 'rr.M.M.) a deux pouces dix lignes (0,077) de longueur, el ses ailes ont onze pouces (0 2'.i8) d'envergure ; ses poils sont d'un blanc Jaunâtre à la base tt d'un cendré noirâtre à la piiinte; sa tête est noire, el le dessous de son corps est d un bhuK^jauiiàlre el terne; une humeur odoiante suiiile de cliaipic côté de son cou. Dans les miinlagiies de lianlam a 1 Ile de Java.

Le Pacuvsome «lASiMiurùVRE {Pachysoma liithœclieilus, Is. Geoff Piciopus lillhaicÂeilus, Te.mm.) est long de cimi pcnices 0,155), et ses ailes ont environ dix-huit pouces (0,487) d'envirgure; ses ])()ils, li>ses et tins, divergent .'•ur les eôli'S du cou; le mâle a le dos d'un brun rous.'-âtre; la lèle el les côtés de la p:iitrine sont roux, devenant orangés ([Uiind l'animal vieillit; un lisc'ié blanchâtre borde les oreilles; son ventre e.^tgris; la femelle, qui est un peu plus grande, est olivâtre, teinlée de roux sur les eôt(S du cou; la ((iieue a sepl lignes de longueur. On le trouve à Siam, dans la Coehincliine el d.ins les Iles ih' Java el de Sumatra.

Le PaCiiyso.me de Duvaucel (l'iichyfoiua Uuvauceld, Geoff.) est long de trois [louces un quart ^0,088); son pelage (■^t d'où laove bniiiâlre uniforme; pou.e de l'aile fort allongi', pris tri grande partie dans la nieiiibraiie; queue ccmrle, ne d pa^sanl la membrane (pie de trois ligiKS (0,007). De Sumatra.

Le I'ai iivsoME DE DiAKi) {Parliysoma D'Uidii , Gkoff.) est brun sur la télé, le dos ei les bras, gris autour du cou d sur le miliiu du ventre; d'un binn grisâtre sur l< s flancs; s-a longueur lidale est de quatre pou<es et deu.i (0,1i2), el ses ailes ont dixliii.t pouces ,0,4H7j d envergure ; la (pieue déjiasse de huil lignes (0,018) «a uiendiiaiie. Sumatra.

J Le Paci!ïso.ue a courte queue {Pacluisoma brevicaudaUnn . Is Geoff.), d un roux olivâtre en de.sjus, gris en dessous sur le milieu du ventre; lianes, gorge et côti'S (Ui (OU d'un giis plus ou moins roussâlre ou d'un roux vif; oi cilles eiitduri'es d un liséré' blau'-; (pieue ili'passaut à peine la niembiane, ce ipii le disliiigue du maiiimilèvre ; longueur totale, ipialre pouces ^0, 108); les ailes ont treize pouces (0,ri.''j2) d'envergure. On le trouve à Sumatra.

LES CARNASSIERS INSECTIVORES

TH(11SIKME OnDRK DES M AMM I K K U ES.

Comme les chc'iroplères, ils ont les mâchelières hérissées de pointes coniques, et une vie nocimne ou souterraine; dans les climats froids, beaucoup d'entre eux tombent en li'liiargie et passent l'hiver dans un état plus ou moins complet d'engourdissement. Leurs pieds sont courts, arme's d'ongles robustes, et ceux de derrière ont toujours cinq doigts ; tous appuient la plante

entière du i)ied sur la terre en marchant. Leurs mamelles sont placées sur le ventre, conune chez tous les carnassiers qui vont suivre. Tous ont une clavicule.

Je partagerai cet ordre en trois petites familles , celle des diodontes, celle des triodontes à courtes canines, et celle des triodontes à longues canines.

LES DIODONTES

n'ont que deux sortes de dents : deux longues incisives en avant, suivies d'autres intisives plus courtes que les molaires; ils manquent de canines, caractère les rapprochant un peu des rongeurs.

i" Geniie. Les HÉRISSONS (Erinaceus, Lin.) ont trente-six dents : six incisives supérieures, dont les mitoyennes écartées et cylinilri(|U(s; point de canines; quatorze molaires à chaque mâchoire; leur corps, couvert de fiiiiuanls très-ilurs, a la faculté de se rouler en boule, au moyen de muscles puissants dont la peau du dos est munie ; tous leurs pieds ont cinq doigts, et leur queue est très-courte.

Le Hérisso.n ( Erinaceus' europœus , Lin. Le Hérisson ordinaire , Blif. — C.Cuv.).

Ce petit animal se distingiii' de ses congénères par ses oreilles courtes, n'ayant jamais une longueur égale aux deux tiers de sa tète ; son corps est couvert d'aiguillons cornés , robustes , entrecroisés irrégulièrement, d'une longueur médiocre et trè.s-piquants. fl se trouve dans toute rEurojJe tempérée, et il e.vt coiuiiiiin en France dans la plupart de nos dt'parteiiieiils. Les naturalistes ont avancé ipi'il y en a deux variétés: lune à museau de cociion , nommée codwn ou pourceau de terre; l'autre à museau de chien, que l'on appelle hérisson-chien. Ceci est certainement une errem-. Ce qu'il y a de bien certain, c'est que le museau du hérisson n'a de ressemblance ni avec celui d'un chien, ni avec celui d'iui cochon. Tous les hérissons (pic j'ai observés, soit vivants, soit dans les nombreuses collections que j'ai visitées, se ressemblaient itb ntiquement; et nul naturaliste n'a vu autrement que moi, méuu: ceux qui ont admis l'existence des deux variétés sur la foi des chasseurs.

Ou a dit aussi (pie le lu'risson monte sur les arbres fruitiers, qu'il en fait touiber les fmits, puis ipi'il se roule ensuite sur sa récolte pour cm|)orter dans son lerriei' les pommes qui restent attachées à ses piquants. Il y a là presipie autant d'erreurs que de mots : le hérisson ne grimi)e jias et ne peut pas grim|i(r sur les arbres, car il n'a pour cela ni agilité ni griffes; il n'emporte pas les fruits à la pointe de ses aiguillons, mais avec sa gueule; enlin il n habile ni ne creuse de terrier, quoi qu'en aient dit liulFoii et Us naturalistes qui l'ont suivi.

C'est dans les trous que le temps a creusi^s au i)icd des arbres, sous les racines des vieilles souches, dans des amas de iiierres et les feules de rocher, et iiu'me sur la terre plate à l'abri d'un l'pais buisson, (jue ce petit animal établit son domicile, au milieu d'un tas de mousse et de feuilles sèches qu'il amoncelle. C'e^t^là qu'il se relire l'hiver pour s'engourdir; c'est là que la femelle dépose ses petits, ordinairement au nombre de quatre à sept : une seule fois j'en ai trouvé neuf, mais j'ai lieu de croire (lue c'était la n'union de deux familles. En naissant, les petits sont d'un blanc

rosé, et déjà Ion aperçoit sur leur peau des points saillants et plus foncés ipii .'ont les rudiments de leurs aiguillons. Dès (pi'ils ont atteint la grosseur d'un œuf ilc pnuie, ils sont di'jà aussi bien armés que leur mère Elle les soigne et les conduit avec elle pendant l'allailcment ; mais dès qu'il est fini, elle les abandonne et ne s'en occupe plus. Peut-être est-ce par manque d'affection , et ce (|iie dit Bufl'im pourrait le faire croire ; « .l'ai voulu en élever quehpies-uns , dil-il ; on a mis j)liis d'une fois la mère et les petits dans un tonneau avec une abondante provision; mais au lieu de les allaiter, elle les a dévorés les uns ajirès les autres; ce n'était pas le manque de nourriture, car elle mangeait de la viande, du pain, du son, des fruits, etc. »

l'i'iit-étre (pie si le héiissoii abandonne ses petits aussitcit après lallailement, (''est jiarce (pi'il sent son impuissance à les défendre, et 1 inutilité absolue donl il serait pour eux. Cet animal ne peut opposer à l'ennemi qui l'attaque ni grifï'es aiguës, ni dents foruiiilables; il ne peut s'échapper par la fuite, car il ne sait pas coiiiir, (pi()i(pi'il marche assez vile; mais dans les aiguillons ac('r('s (pii lui lecouvrenl tout le di ssiis du corps, la nature lui a donné une arme défensive qui lui suffit. S'il aperçoit une fouine, un oiseau de proie , ou tout autre ennemi , il ne tente pas de s'échapper par la fuite, mais il se roule aussitôt en boule. Au moyen des muscles puissants dont la peau de son dos est nuinie, après avoir rassemblé sa tète et ses paltes sous son ventie, il se renferme entièrement dans sa cuirasse é|)iiieuse comme dans une bourse à coulisse, et présente de toutes parts ses pi([uants à son anlagouiste. Celui-ci est forcé de l'abandonner après avoir vainement essayé de le saisir en se d('chiraut la gueule. Ce|)endant j'ai vu des chiens assez adroits pour s en emparer. Voici comment. Après avoir i)lacé le hérisson sur la partie (pii correspond au vcnlie, ils lui appuyaient une patte sur le dos, mais pas assez fortement pour se pi(pier; puis ils lui donnaient un mouvement assez lent de balancement, qui, soit que cela lui fatiguât le nez, (pii frottait alors sur la terre, soit (pi'il en fut étourdi , le forçait bicnUU à s'étendre, à se dévelop|)er, et à montrer sa UHr, (pie le cliicn écrasait d'un seul coup de dents et en cab niant le moment favorable. Il est à croire que les renards emploient la même inétiiode ou un procédé analogue pour s'emiiarer de ces animaux, car on en voit souvent des débris autour de leurs terr ers.

Les cha.sseurs (pii trouvent un liéiijson eiuploicnt un moyen I)('auiou|> plus court et plus l'acile |)our le contraindre à se développer. Ils le jettent tout simplement dans l'eau, et le pauvre animal , pour ne pas se noyer, est bien force' de s'étendre et de iiagci'; du' reste il esl habile à cet exercice, et de lui-même il se met à l'eau pour traverser des ruisseaux et des rivières assez larges. Qiiebpicfois les paysans, (pii mangent sa chair, toute fade et détestable (pi'ellc est, ont la cruauté de le plonger vivant dans

LES CARNASSIERS INSECTIVORES

de l'eau bouillante , afin d'avoir la facilité de le dépouiller. La peau servait autrefois de peigne pour séraneer le chanvre.

Le hérisson met bas du conunencement à la fin de juin , et les petits prennent à peu près tout leur développement dans le cours d'une année. Ils se nourrissent de fruits quand ils en trouvent, mais plus ordinairement d'insectes, comme hannetons, géotrupes, sauterelles, grillons, etc., et même de cantharides par centaines, sans en éprouver aucun inconvénient; ce qui est d'autant plus singulier, qu'une seule cause des tourments horribles aux chiens et aux chats, et que trois ou quatre tueraient certainement un homme. Ils mangent aussi la chair des cadavres d'animaux, et principalement la cervelle. Avec leur nez ils fouillent la terre

figure de Seba (tab. SI, fig. l), et pourrait bien n'être pas suffîsamment authentique. II a huit pouces (0,217) de longueur; son museau est court, ainsi que ses oreilles, qui sont pendantes; ses piquants sont très-longs, parallèles, ce qui lui donne un peu de ressemblance avec un porc-épic. 11 serait de la presqu'île de Malaca, et on le trouverait aussi à Java et à Sumatra. Ses mœurs ne différeraient pas de celles du nôtre.

2= Genre. Les MUSARAIGNES {Sorex, Li.n.) ont trente dents : deux incisives à chatpje mâchoire, dont les supérieures moyennes, crochues et dentées à leur base; point de canines; seize molaires en haut et dix en bas Leur corps est poilu, sans piquants; leur

Le Hérisson.

pour en arracher les vers, dont ils sont très-friands, ou pour y trouver (pielipies racines, qu'ils mangent faute de mieux. D'un caractère timide, le hérisson aime la vie solitaire et trampiillc; au.ssi s'approche-t-il rarement de nos habitations. S'il y est apporté, il y vit et paraît s'accoutumer assez bien aux habitudes domesliipies ; mais il ne s'attache à personne, et, tout en cessant d'être farouche, il ne s'apprivoise jamais , et ne manque aucune occasion de reconquérir sa liberté.

On doit regarder comme de simples variétés de celte espèce : Le Hérisson d'Egypte (Erinaceua (rfiyptiacus , Geoff.), qui ne s'en distingue (pie par les jioils de dessous son corps, qui sont bruns quand il est adulte, au lieu d élie d'un blanc rou.ssAtre; — le IIi'.iiissoN m; SniÉRiF. [l-'rhiarrns Siihiricus, Eu\i..), animal dont l'existence est douteuse, et (jui différerait du nôtre par ses oreilles plaies et courtes, par ses piquants roux à la base et jaunes au sommet, cnnu par la teinte d'un cendré jaunâtre des poils de dessous.

Le Hérisson a lon(;i;i;s oui ii lis [F.rinaccus aurilwy, I'am . — ScHRtn. — G. (;uv.), plus petit (|ue le nôtre; ses piquants sont cannelés longitudinalement et tuberculeux sur les cannelures, et non plantés en quinconce comme dans le hérisson d'Europe ; <à museau court, et oreilles gramles comme le< deux tiers de la l<Me. On le trouve depuis le nord de la iiht Casi)ienne jMS(preii Egypte , et il est commun sur les bords du lac ,\ral aux enviions d'Astracan. Dans cette dernière ville, on s'en sert coiniuc de rlial pour di'lruire les souris dans les maisons.

Le Hérisson a oreilles im.ndantes (Erinaceus malaccensis, Desm. — Briss. Porcus aculeatus, Sera) ne nous est connu (pu- par uni'

museau long, trèss-effilé; leurs oreilles sont arrondies et courtes; leurs doigts, au nond)re de cint] à chaque l)ii'd, sont munis d'iuigles médiocrement forts. Ces petits animaux sont très-vorares.

i" MUSARAIGNES D'EUROPE.

La .Musette ou Musaraigne commune {Sorex araneus. Lin. Crucidura aranea, Selys. La Musaraigne, Buff. — G. Cuv. Voir la figure du fond, dans notre gravure).

Elle atteint rarement la grosseur d'une souris; ses oreilles sont grandes et nues, ayant en dedans deux lobes ou replis placés l'un au-dessus de l'autre; elle est d'un gris de souris plus pâle en dessous, quehpiefois tirant un peu sur le fauve ou le brun; sa queue, un peu moins longue (jne son corps, est carrée.

Toutes les musaraignes offrent une singularité (rès-bizarre, cl dont la science n'a i)as encore ]iu se rendre compte. (»ii leur trouve sur chacpu' (lanc, sous le poil ordinaire, une petite bande de soies roides et serrées, entre lesquelles suinte une humeur odorante , produite par des glandes particulières. On ignore absolument de quelle utilité cet organe peut être ;'i l'animal.

La musette esl, dans nos campagnes, la victime innocente d'un pr('iug(' ; on croit que par sa morsure elle cau.se aux chevaux une maladie souvent mortelle, et on lui fait la chasse en conséquence. Celte imputation est d'autant plus fausse (pie non-seulement elle n'est pas venimeuse, mais encore que sa bouche est si i)etite, (pi'elle ne i)Ourrail en aucune manière mordre un cheval , faute de |i()inoir saisir sa peau.

DlOUOiNTES.

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