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Pendant la belle saison, ce petit animal habite la campagne, et se relire dans les bois , où il se loge sous la mousse , les feuilles sèches, dans les vieilles souches d'arbre, dans les trous abandonne's de taupe et de mulot, et même dans des terriers qu'il sait se creuser lui-même. Autour de son habitation, dont il ne s'e'loigne guère , et où il rentre pre'cipitamment à la moindre ajiparence de danger, il fait la chasse aux insectes, dont il se nourrit le plus oriliiiairenient; mais il ne dédaigne pas le grain, et même quelquefois il mange la chair corrompue des cadavres d'animaux, (l'est à l'heure du crépuscule que la musette sort le plus ordinairement de son asile pour faire ses courtes promenades. Si (die se hasarde pendant le jour, elle devient aisément la viclime de
La musaraigne, lorsqu'on l'irrite, fuit en poussant un petit cri assez analogue à celui de la souris , mais beaucoup plus aigu. Elle met bas vers la fin du printemps, dans un nid de foin qu'elle s'est construit au fond de sa retraite, et ne fait ]>as moins de six à huit petits. On ])rétend qu'elle fait trois ou quatre portées par an. On la trouve partout, mais je ne l'ai vue très-commune nulle part.
Les espèces qui vont suivre ont toutes à peu près les mêmes mœurs.
La Musaraigne cabrelet (Sorea; tetragonurus, Herm. ) a de longueur, la queue comprise , trois pouces neuf lignes (0,101); elle (■>! noirâtre en dessus, d'un cendré brunâtre en dessous; ses
La Musaraigne d'eau et la Musaraigne de terre.
ses ennemis, car elle court mal et y voit à peme. Les pelils carnassiers la tuent, mais ne la mangent pas; du muins les chats luoiitrent pour elle une grande répugnance, qu'il faut sans doute attribuer à la forte odeur qu'exhalent ses glandes.
Lorsque bs aj)proches du froid commencent à dépouiller les Iiois de leur verdure, la musaraigne, ne Irouvant jibis d'inscctts, gagne ses logements 'd'hiver, et se rclirejdans les granges, les
greniers à foin, es écuries et aulres parties de nos ii.diil.ilion-;, où clic trouve pour .se nourrir (pielques grains ('garés, et parfois des débris de cuisine. Je ne crois pas (lu'elle s'eugourdi.sse pendant la mauvaise saison, au moins quand les gelées ne sont pas très-rignureuscs, car j'en ai vu plusieurs fois se promener sur la ucge.
oreilles sont courtes, sa queue est longue ctMoiit à fait carrée. On la trouve en France dans les granges.
La iMisAHAiG.NE RAYÉE {Sovcx liiieatus, tiEon.) a trois pouces six lignes (0,093) de longueur totale ; elle est d'un brun noirâtre en d(s>us, plus pâle en dessous, avec la gorge cendrée; elle a une pilile^ligne blanche sur le chanhcin , il une lâche sur chaque
■ ^^^fel■,.
oreille; sa (pieue est ronde, fortement larém'e en dess(uis. On la trouve aux environs de Paris.
La Musaraigne pi.aron {Sorex cuasirictus, Hicrm. Sorex cunirularius, BicciisT.) atteint quatre pouces (0,108) delonguein- lotale; elle est d'un noir ei'n<lr(f, ses oreilles sont velues, très-petites, I ai Ik'c-^ dans le^ [loils de la lêle; sa queue est ronde au milieu.
l'niis Tj|MP;(iii|iliic l'Ion fiirra, nie Ho Vaujjiiard. :lli.
LES CARNASSIERS IJNSECTl VORES.
ii[ilalie à l;i [luinte cl à l;i base. Elle se trouve en France, ilans les prairies.
La MisAP.AicNE M:i:(;miK {Sorcx kucodon, IIekm.) c>t longue de ([iiatre pouces ipialre lignes (0,117) la queue eouiprise; elle est Ijriine sur le dos, avec les flancs et le dessous blancs; sa queue est un peu cariée^ On la trouve aux environs de Strasbourg.
La Musaraigne naune (Sorex minimus, Pall.) n'a pas plus d'un pouce huit lignés (0,0i5) de longueur totale; elle est brune; sa queue est ronde, étranglée à Sii biisi'. Elb' se troine en Sibérie et en Silesie.
La MisAiiAiG.NE 1)1; Toscune (Sorex elruscus, Savi) est un peu plus grande que la précédente et atteint trois pouces (0,081) de longueur totale ; elle est d'un gris cendre, blancliftlre en dessous; ses oreilles snnl arrondies; elb' a la ([uçue niediocreuienl longue, grêle, et un iicu carre'e. On la trouve dans les racines et les soui-hcs des vieux arbres en Toscane. En bivcr, elle se rapproche des habitations, et se retire dans les las i]o fuuiier, où elle trouve à la fois de la chaleur et des insectes pour sa nourriture,
La MiSAiiAitM; d'eau [Sorex fuJiens , Gmi,. Sorex Daubentonii , (iEOFi-. — Eiixi.Eii. Sorex carinatus, IIi;iim. Le Greber, VicQ-u'Azïii. La Musaraigne d'eau, ISuir. — G. Cuv. Voir la figure (;n avant dans notre gravure) est noirâtre en dessU», blanche en ilessoiis; ses doigts sont bordés de poils roides qili lui aident à nager ; sa qiu'ue est carrée, un peu moins longue ipie le corps.
Dau!)enton esl le jirciuier naturaliste qui ait l'ait connaihe In musaraigne d'eau, et cepemlant elle esl beaucoup plus commune aujourd'hui que la musette, ([ui est connue depuis la plus haute anti(piité. Quoiipie \ivant iiabituellemcnt sur le bord des eaUx, pics(iue dans leur sein , elle n'a pas les pieds palmés, mais ils siuit garnis de cils roides, en éventail, ipii reui|dacent les membranes luterdigilaics, et lui donnent beaucoup de faciliiéà nager. Aussi passe-t-elle une grande partie de sa vie dans l'eau , où elle poursuit avec beaucoup d'agilité les insectes aquatiques, dont elle fait sa principale nourriture. Elle plonge avec autant d'aisance (pi'ellc nage , et , comme elle a l'oreille large et courle, la nature lui a donné la faculté de la fermer liermétiijuemeni cpiand elle s'enfonce s(jus les ondes; elle ouvre et ferme à volonté trois valvules qui répondent à l'hélix, au tragus et à l'antitragus, de manière (pi'il ne peut s'introduire la plus petite goultc d'eau dans son oreille. Du resie, toutes les espèces de ce genre jouissent de la mOuie faculu'.
Ce petit animal iiabile des trous qu'il sait se creuser dans la terre, sur le bord des ruisseaux, au moyen de ses ongles et de son nez , mobile comme celui d'une taupe , mais beaucoup plus mince et plus allongé, et ressemblant a une pclile trompe. Quelquefois, pour é\ lier la iiciue de .se l'aire iiiic demeure , il s'empare du terrier aiiaudonué d un rat d'eau, ou même il se conicule d'une fente de rocher ou d'un trou entre deux |)ierres. Il a juii d'ennemis, et les carnassiers ne l'attaquent Jamais, parce (pie l'odeur de ses glanilos leur répugne et les écarlc 11 n'a guère à craindre cpie la voracité des brochets et des truiles, qui liabileiit comme lui les eaux limpides el le iiappcnl ipieltpufoisaii jjassage.
I.a nuisaraigne d'eau n'e^l pas un animal nodurnc; cependant elle rentri' dans son trou nUssitrtt que le soleil .«e lèvi' sur l'horizon , el elle n'en sort qu'au crépusc ule piuir aller à la chasse. Quelques naturalistes pensent que, lorsfpi'idle luanipu' d'insectes, '■Ile se n(nnril de graines; mais ce fait me parait lrcs(louliu\. .le suis cerlain, par mes propres observations, qu'elle allaqiie les Jeunes écrevisses, les crevettes, les i)etits poissons, et même d'assez gros reptiles. Et en voici la preuve :
In jour, sur le bord d'une fontaine, (hms les bois de Meiidon, luiui alleiition fui captivée par le singulier ciMobat d'une musarai gue d eau et d'une grenouille aii.ssi grosse qu'elle. Le petit inaïuniilcre mêlait gli.ssi' doucement parmi les herbes pour surprendre sa proie, el il était parvenu à la .sai.sir par une patte. La grenouille, Be sentant prise, voulut se jeter à l'eau , croyant par là se débarras-
ser de son antagoniste ; mais celui-ci se cramponnait de toutes ses forces avec ses quatre pattes à tous les corps auxquels il pouvait s'accroiiier, et la pauvre grenouille, malgré la violence de ses inouvemenis convulsifs, a\ail bien de la peine à l'entrainer vers l'élément perfide, où elle espérait le noyer. Elle y parvint néanmoins peu à peu , et bientôt ils roulèrent tous deux dans les (uides, dont la transparence me pennetlail de voir parfaitement la suite de celle bizarre lulle. La grenouille entraîna d'abord son ennemie au fond de l'eau, mais la musaraigne ne lâcha pas prise, et [larvint à la ramener à la surface. Dix fois de suile ils s'enfon- «èrent et revinrent au grand jour, sans que le reptile se lassât de recommencer la même manœuvre, et sans ([ue le mammifère lâchât la patte dont il s'étaitsaisi. CependanI, par un mouvement brusque et heureux, la grenouille ))arvinl tout à loup à se débarrasser; elle |dongca subitement dans la vase, troubla le fond de l'eau, et se déroba ainsi aux yeux de son ennemie, qui l'avait suivie avec rapidité. Je les perdis un instant de vue tous les deux; mais la musaraigne ne larda pas à reparaître sur l'eau pour res- |)ircr, et j'observai ses petites manœuvres avec le plus grand intérêt.
Soit pour se reposer, suit pour donner à l'eau le temps de s éclaircir en déposant le limon que la grenouille avait soulevé, elle resta dans luie parfaite immobilité ]iendant cinq minutes; puis, lorsqu'on pul voir le bmd de la fontaine, elle se mit à nager en regardani en bas et en décrivant des cercles, absolument comme un l'aucun (|ui guette sa proie en lournoyanldans les airs. Plusieurs fois elle plongea, cl je la vis parcourir le fond en cherchant avec beaucoup de soin ; mais probablement (pie la grenouille s'était cachée profondi'inent dans la vase, car elle ne put la découvrir.
(;e fait prouve sulllsainment, ce me semble, ((ue la musaraigne d'eau est carnassière ) et que son courage est i)roportionné à ses forces. En détruisant le frai du poisson, elle peut faire quelque (h'gâl dans les étangs dont elle peu|ilc les bords en grand nombre. Elle met bas au |irinlciirps, et peut-être encore dans d'antres saisons de l'année, et elle ne fait pas moins de douze à (piinze petils par portée, ce qui explique fort bien pounpioi elle est si nombreu.se le long des ruisseaux et des rivières dont les eaux lui plaisent. Elle s'engourdit pendant la mauvaise saison , car, même dans les lieux où elle esl extrêmement commune, je n'en ai jamais rencontré en hiver. On la trouve dans toute la France.
La MusAiiAic.xE roRTE-iiAME (SoTcx Temifcr, Geofe.) est d'un brun noirâtre foncé en dessus, d'un brun cendré en dessous, avec la gorge d'un cendré clair; sa (jiieue est carrée à sa base, et cora- |u'iméc vers son extrémité. On la lrou\e en France, parlicnlièremcul dans les environs d'Abbeville, siu' le bord des eaux. Elle a, ainsi (pic la suivante , les mêmes liabiludcs ipu; la musaraigne d'eau.
La Ml :sAiiAi(;xE Aix ivents uolges [Sorex rubriJcns) a de l'aHinité avec la préc('d('nlc, mais elle est |)lus petite ; ses dent."! sont d'un rouge vif à leur exliémilé; la mâclioirc iuh'iieurc e.ît un peu plus longue; les quatre pieds et la ipieuc sont noii's , cl la tarhc de l'oreille est, non i)as loussâtre, mais d'un blanc i)ur. .l'ni eu sous les yeux plusieurs individus d'âge cl de sexe diflércnts qui m'ont coufiriiu! les ciuijeefures de M. Is. Geoll'roy. Elle habile la France.
La Ml sAUAicxE A ((M I lEii lu Axc [Sorcrcollaris, Giiu r.^ esl noire, avec iiii cidlicr blanc autour du cou. Elle habite les petilcs iics de l'embouchure de la Meuse et de lEscaul , où elle parait assez commune.
*• MLSAI'.AIGNES EXoTigUES.
La MisARAicNE A coLiiTE QUEUE [Sorex brevicaudalu^, Sav), d uil noir plombé en dessus, plus pâle en dessous ; oreilles très-larges, blanches, cachées par les pdils de la têle, el ayant deux demicloisons; sa queue est prcsipie nue, déprimée; ses pieds sont
DlOUOiNTES.
iinnes d'ongles aussi longs que les doigts. Celle esiièce est aquatique, et elle habite les leiiiers sur les bords du Missouri.
La PETiTR MiisAnAiiJNE {Sorcjoparvus, Say. SoreX personalus, l>, Okoi'I-.) est d'un brun cendre en dessus et seidemenl cendrée en dessous; sa queue est courte, un peu reullee vers son milieu, presque eylindrii[ue, et blanchiUre en dessous; ses dents sont noiriltres et ses ongles blancs. Comme la précédente, elle habite le Missouri.
La MusAiiAifiM: lus i'Imie {Sorex indicuf: , Ceoi-v.) a le pelage court, ras, d'un gris brun en dessus, teinté de roussftire en dessous; sa ipieue est ronde, de la longueur île la luoilié du corps. Llle habile les maisons à l'ondicliéry et à Tranquebar, Llle e\hale une odeur de muse forte et assei: désagréable.
La MusAiiAir.NE vu: Cap [Sorex cnpensis , (;i;orr.) a beaucoup d'analogie avec celle de llude, mais elle en didère en ce qu'elle est plus grande, en ce cpi'elle a la (lueue rousse, bcaucoiiii (dus longue, n'étant que moitié moins longue que le corps, entin en ce quelle a le museau plus long et plus eflilé. Elle a trois pouces huit lignes (0,(190) de longueur, non compris la queue , (jui a un (louce Tieuf lignes (0,0i7). Du C:i[> ou de lile de France. Peut-être n'est-ce (|u'une variété.
La MisAR.Mi.NE i:\it.LE {Sorex exiiis , Pail.) est de Irès-iietite taille ; on la reconnaît aisément à sa cpieue ronde et très-épaisse. On la trouve en Sibérie.
La .Mi s.MiAK.NE A QiEiiE iiE lUT (Sorex myosurus, Pâli,.) est du même i>avs; la l'emelle est blanche et le mMe brun; tous deux ont le museau rende, la (pieue pres(pie nue, épaisse et nuide.
L:i MiiSAiiAiGisE «iiAciËUSE { SoTCX pukhdlus , Pander) est Irèspetite, d'uu gris clair sur le haut de la tète, gris foncé sur le dos, et d'un blanc [lur sur les flancs; elle a une lâche blanche sur la nui|ue, avec les oreilles d'un gris ardoisé. Elle est une des plus petiles de son genre, et elle uuilli|ilie prodigieusement.
Celte jolie musaraigne liabitc les déserts sablonneux (jui sont placés entre Bukkara et Orcnbourg. Elle se ]>lalt à proximité des marais, où cha((ue soir elle va faire la chasse aux insectes et au Irai des grenouilles et d'autres i-epliles. Elle nage el plonge fort liicn , mais cc[ienilant elle a des habiludes moins a(]uatiqMes (]ue noire musaraigne d'eau. Au printemiis, elle se l'ait un nid d'herbes sèches qu'elle place au milieu d'une toufï'e de roseaux, et c'esl là qu'elle élève sa nombreuse famille.
La Musm;aii;m: n'Orivucn (Sore.i; Olivieri , Desm.) un peu plus grande ipu' la uuisaraignc connnune, rousse; cpieue prcsipie aussi grande (pie le corps (a'tle espèce n'a jias été vue vivante, et pciilèirc n'existe-t-elle plus. Elle a été trouvée à l'élal de momie, ])ar nlivier, dans les catacombes de Sakkara en Egypte. C'est peulèlre le Sorcx rcliijiaaus dis. Geoffroy.
La .MisARAic.NT. lui.ii.iEisE [Sorrx rclif)iosus , Is, (iEorr.) n'a élé trouv('e (pi'.a l'c'tat de momie , dans des autiiputi's égypiicnncs, et assez bien conservée poiu' pouvoir être déi rite jiar M Is. (ieof froy. Elle est de la taille du Sorex personalus; sa queue longue, qui atteindrait l'occiput, est parfailcmenl carrée, à angles trèssaillanls; ses oreilles sont grandes cl sou pouce assez court. On ne 1';; pas encore reirouvée vivante en Egypte, où peut-être elle n'existe jdus.
La MusARAiCNE luoNDE ( Sofex ftavescens , Is. Geoie. ) a la léle allongi'e , le dessus du corps et de la tète d'un blond roussMie, passant au cendré roussAire très-clair sur le dessus de la queue; tout le dessous, el le tour de la bouc lie, d'un blanc un peu ccii dré; une ligne longitudinale brunrtlrc sur le ihaulrcin. Elle a quatre pouces et demi (0,122), non compris la queue . qui c^i courte. Elle habile l'Afriipie méridionale.
Le MOMijoenoe (Sorcj' (/iganlnis . Is. Ckcui, Sorex indicus, Geofk. — Fn. Ciiv. — Desvi. Le Motijourou, Er.. Cev ) a éli' confondu jiar tous les naturalistes avec la musaraigne de l'Inde, excepté par M. Is. (Jcoffroy. Elle en diU'èrc par sa taille, qui est de près de six pouces (0,l<j2) , non compris la queue , qui a trois
pouces et demi iO,0!i."i de longueur, tandis que dans Vimlicns: le corps n'a que trois pouces dix lignes (0, lOi), et la queue un pouce el denu (0,0i1) de longueur. Cette espèce habite dans les maisons, àPondicbéry, où elle se rend iucouunodc par l'odeur mus(pii'e qu elle exhale, odeur qui, dit-on , fait fuir les seriicnls. Ses habitudes soni noclurnes , et elle fait souvent entendre le petit cri kouïlc.
Après ces espèces on placera la suivante quand elle sera mieux connue : Sure.v Pealei, de Lesson, Sorex araneus, dellAKiAX, que l'on trouve en Amérique.
ô« Genre. Les CLADOB.\TES {Cladubates, Fr. Ciiv. llijlutjale, Tevpm. Sorcxgliitj DiAïui.) ont trenle six dénis ; (piatre incisives eu haut et six en bas; point de canines; quatorze molaires à ehaipie mâchoire. Leur corps est cylindrique, allongé; leur museau pointu, portant une courte mousiache; leurs oreilles sont grandes; leurs yeux saillants; leurs ongles sont comprimés, aripiés, propres à fouir la terre; leur queue est très-longue, couverte de longs poils; enfin, ils ont (piatrc mamelles.
. Le II I'aia-Tana [Cladobates lana. Eu. (ji:v. Tupaia luna , P. vu .) a dix huil pouces ,<t,i8~) «le longiu'ur, la ipieue comprise; il est d'un brun roiissâlro piqueté de noir en dessus, avec une petilc ligne oblique et rousse sur chaque épaule; le dessous de son corps est roux; sa tète est allongée, et son museau très-pointu. Il habile Sumatra.
Le SisiuNc (ui Iîancsri.m; (Cladobalca javiuiicus , En. Crv.). Tupaia jaoatnca , Uafe.) a un pied dix lignes (Ii,5i8) de longueur totale; il est brun, piiiueté de gris en dessus, avec unfe ligne obliipie, d'un blanc grisMre, sur cha(pie épaule; il est gris en dessous; son museau est moins poinlu ipie dans le précédent, et sa queue est fort longue. Il habite Java.
Le PuEss [Cladohates ffrruijineus, Eu. Cev. Ttipaia fenuginea , lIoRSE.) a quatorze à quinze pouces .{I'),ô7!) à 0,i05) de longueur; il est d'un ferrugineux uniforme, et son museau est médiocrement poinlu. Il habile Java. Ce genre se compose des hylogales de Temminck.
i-- Genhe. Les MACUOCÉLIDES (.Uan-ocelides , Svuiii. Wiinoniiis. Liciisr.) ont vingt dents à chacpie mâchoire, savoir : six incisives en haut el quatre en bas; poini de canines; deux fausses molaires et cinq vraies de cha(iue coté, à la mâchoire supérieure; trois petiles fausses molaires anomales, deux grandes normales et trois vraies molaires de chacpie c«)lé à la mâchoire inférieure. Pieds il cinq doigis munis d'ongles à demi rétracliles.
M.vcuocÉi.iuE Tvi'i: [Macrocelidcs tiipus , Is. Geim r. Mas araiieus capfusis, Pi.iiM.ii). (aiiq iioucesde longueur non i oiiipris la queue ipii en a quatre; jambes antérieures Irès-courics; judage d un bniii tuiani'é de fauve, blanchâtre en dessous; oreilles grandes, arrondies. Cet animal vil au cap de l5onne-i;sj)«'i'aiice , habile un terrier, el vit d insectes cpiil poursuit en sautant sur ses longues jambes de derrière, à la manière des gerboises; il est irès-limide. On couiiait encore le .Uatrocelidcs Iiii:c!i , Dlveiix., qui se trouve en Algérie.
o" Cemu . Les DES.MANS {Mimalc, (i. Civ.) onl (piaranie-qualre dents ; deux incisives supérieui-cs en triangle el aplalics, luiit ou quatre inférieures, dont deux très-iietiles placées entre les deux glandes; vingt molaires en liaul el quatorze en bas; museau termine' par une (lelile trompe très-mobile; oreilles eourles; cinq iloigls (Uigiiiciilcs à chaipie pied, réuni- jiar une membrane ; ipieiie écailleiise, longue, eomiuiméc lalcialeiiieiit , formant une sorte de rame.
Le Desman ou Hat vu sqeI-; he Uissm; [Mtjijah moscovllica, (Jloi i . .Sore.r mosihatus , Lin. Le nesinan. Huée. — G. Cev.).
Cet animal a de longueur totale quinze pouces (0,101)) , c'eslà dire <pie sa taille dépasse un peu celle d'un hérisson; son pO-
LES CARNASSIERS INSECTIVORES
lage est d'un gris cendré ou brunâtre sur le dos , d'un blanc argenté' sous le ventre; il n'a point d'oreilles externes, et son œil est extrêmement petit; son museau s'allonge en une petite trompe très-flexible, et iju'il a^ite continuellement; ses pieds, outre leurs membranes , sont bordés d'une sorte de frange de poils roides qui lui aident à nager; sa queue est d'un quart plus courte que son corps, étranglée à sa base, comprimée latéralement, large, plate, ressemblant à la queue d'une anguille, el entièrement recouverte de petites écailles.
Le desman a sous la base de la queue sept ou huit follicules vésiculeux, formés par les replis de la peau , couchés transversalement l'un a côté de l'autre comme les écailles abdominales d'une couleuvre, et d'une couleur jaune très-prononccc. Si l'on presse avec le doigt un de ces follicules, une épaisse liqueur qu'ils contiennent, se trouvant comprimée, s'insinue dans des canaux très-
ber son nez de manière à en mettre le bout dans sa bouche, et il s'en sert comme d'une sorte de trompette.
11 vit toujours par couple avec sa femelle, et se construit assez artistement un terrier. Pour cela, il choisit une berge presque perpendiculaire , et assez élevée pour n'être jamais submergée pendant les inondations. Quand il a trouvé une place convenable, il plonge au pied de la berge , et commence à creuser sous l'eau assez profondément ])our que l'entrée de son terrier ne soit jamais à découvert, uièiue pendant les eaux basses des plus grandes sécheresses.
Son trou est à peu près aussi large que celui d'un lapin , el s'élève obliquement à mesure qu'il s'avance dans la berge , en sorte qu'il n'y a jamais de submergés qu'un ou deux mètres de longueur dans la partie qui aboutit à l'entrée. Parvenu au-dessus du niveau de l'eau du lac ou de la rivière , le terrier se divise eu
Les Desmans.
déliés qui la conduisent sous les écailles de la queue, où elle trouve une issue au dehors. Cette liqueur est grasse, analogue à celle que les canards et autres oiseaux ont dans des folli( ules ou des glandes placés sur le coccyx , et elle sert aux mêmes usages. L'animal s'en imprègne tout le cor|)s, et rend ainsi sa fourrure im|)('nélr.d)le à l'eau; mais cette matière a une odeur de musc si forte et si pénétrante , (pi'elle inicclc tout ce qu'il touche, et l'on dit même jusqu'à la chair des brochets et autres gros poissons voraces qui mangent quelipicfois di's desmans.
Ce petit animal est très-rcmanpiablc par ses formes et ses haliiludes. Il habile la Moscovie et tout le midi do la Russie, où il est très-commun dans les étangs, les lacs, les rivières, et cependant Buffon ne le connaissait pour ainsi dire que de nom. 11 est bien rare qu'il sorte de l'eau volonlaireuient pour aller à terre , et s'il va d'un étang à un autre, c'est par des canaux souterrains ou par des rigoles remplies d'eau <|ui coiMuniniqiient de Inn à l'autre ; aussi n'a-t-il pour ennenùs (pie les i>oissons voraces et ipiclques aigles pêcheurs. Mais souvent il donne dans les (ilcts tendus dans les rivières el les lacs; et comme il ne sait pas les couper pour s'en débarrasser, on l'y trouve ii(iy('. Pour a|q>eler sa l'cnu'llc ou rasseruldcr sa jeune fanùlie autour de lui, il a un cri fort singulier, ayant Iieaucoup d'analogie avec celui du canard ; pour se faire entendre, il ot obligé, selon l'.dl.is, de cour-
deux branches, en forme d' xi, placées, non l'une à côté de l'autre, mais plus ordinairement l'une sur l'autre. La hanche supérieure s'étend (piel(|uefois sous les racines <les plantes (pii croissent à la surface du sol, mais jamais elle n'a d'ouverture en i)lcin air. Les racines des graminées (pie renccuilre le desman sont soigneusement recueillies par lui , et transportées dans la branche inférieure du terrier, pour former à sa femelle un nid i)lus doux que les fragments des joncs et des roseaux qu'il cueille dans les marais. Ce nid est placé au fond du trou, dans une petite chambre ovale, ayant au moins un pied (0,")2riJ de largeur, sui- dix-huit iiouccs (0,487) de longueur. Au printemps, la femelle met bas quatre ou cinq i)etits , qu'elle aime avec tendresse , et (|u'elle allaite avec beaucoup de soin. Elle ne les conduit à l'eau avec elle que lors- (pi'ils sont très-forts, et jnscpie-là elle se borne à les promener dans 1,1 branciie supérieure de son habitation.
Les desmans se nom-rissent de larves, de vers, cl plus particulièrement de sangsues, auxiiuelles ils fonl sans ces.se la cliasse. Avec leur petite trompe mobile, qu'ils enfoncent dans la vase, ils saisissent fort adroitement leur proie , et , ce (pii leur est, je crois particulier, ils la dévoient sous Icau, ce ipie ne fait pas la loutre , ni aucun des carnassiers a(piati(pies (pie je connaisse. Très-rarement ces animaux nagent à la surface des ondes, et s'ils y |iaraissciit de temps en temps, c'est uni(|uenicnt pour respirer.
DIODONTES.
Ils ont la singulière facultt' de m.ircher sur le sol au fond de l'eau avec autant d'aisance que les autres animau\ sur la terre, et rien n'est plus curieux que de les y voir se promener. Lorsqu'un hiver rigoureux vient charger la surface des étangs d'une e'paisse glace, ils sont, dit M. Desmoulins, exposes à pi'rir d'asphyxie par l'épuisement de l'air de leur terrier; mais ce fait me parait d'autant plus douteux qu'il ne s'exi)liipie pas du tout par la formation de la glace sur les étangs. Ensuite , s'il était vrai , l'espèce serait menacée de destruction, puisqu'elle n'habite que le Nord
Le Desman des Pyrénées (Miiyale pyrenaica , Geoff.) est beaucoup plus pclit que le précédent, et n a pas jikis de huit pouces et demi (0,251) de longueur, y compris sa queue, (pii est plus
long et terminé en une sorte de boutoir propre à fouiller la terre; ses pieds antérieurs sont en forme de uiains laiges, armées d'ongles forts, semblables aux mains d'une taupe, et comme elles Irèsajites à creuser le sol ; sa queue est courte et son pelage très-brun. Cet animal a les mêmes habitudes que la taupe; comme elle, il se creuse de longs boyaux souterrains diversement ramifiés, auxquels il travaille chaiiue jour à des heures déterminées, et il ne i)rocède pas autrement qu'elle pour chereiier les vers de terre, les larves et les petites racines bulbeuses dont il fait sa nourriture; comme elle encore, il ne quitte pas ses galeries souterraines; ou, s'il le fait, ce qui est très-rare, c'est jiour changer de domicile ou aller à la recherche de sa 'compagne. Il y a ce|)en-
Intérieur de l'amphithoAtre d'anatomie comparée.
longue i|ue .son corps, cylindrique dans les trois quarts de sa longueur, diuiiuuant insensiblement depuis sa base, et se terminant par une partie comprimée sur les cotés; il C'-t brun>n dessus, gris en dessous. Un le trouve le long des ruisseaux , aux environs de Tarbes, au pied des Pyrénées. 11 a des habitudes à peu près semblables à celles du précédent , mais il ne fait ])as son terrier avec autant d'art.
()" Genre Les SCALOPES {Scalops, G. Cuv.) ont trente-six dénis : deux incisives en haut et (piatre en bas; point de canines; dixhuit Miolnires à la mâchoire sup('rieurc et douze à l'inférieure; ils manquent d'oreilles externes; leur nuiseau est pointu, cartilagineux, robuste; ils ont trois doigts aux pieds antérieurs, cinq à ceux de derrière, et nm: queue courte.
Le ScALOi'K nu Canada (Scalops cayiadensis , Desm. Sorrx aq\^aticus, Lin. L'American irhile inole des Aiiu'ricainsl a le ne/ Irès-
dant cette diirérence entre la taupe et le scalope , que celle-là choisit, pour établir son domicile, les terres fraîches, mais non humides ; tandis que l'autre ne se plaît que sur les bords froids et niaréiageux des rivières et des (Icuves On le trouve aux Elats- I nis, depuis la Virginie jusqu'au Canada.
!■■ Genre. Les TALl'ASOnES ( Talpasore.v, Less.) ont ipiaraule dents : deux incisives supérieures et (piatie inférieures ; i)as de canines ; vingt- deux molaires à la mâchoire supérieure et douze h la mâchoire inférieure. Du reste, ils ne dillerent pas .lu genre précédent.
Le Taipasohe he Pensvivame (Talpasorex pcmylvanica , Less. Sralupa pensijlramai , IIaiman.) a six pouces et demi (0,170) de longueur totale; son pelage est brun et sa (picue courte; ses molaires sont extrêmement rapprochées; les supérieures ont la couronne b^gèrcmcnt dentelée , avec un sillon qui .se continue
LES CARNASSIERS INSECTIVORES
tout le long (lu côté intérieur , et sur le côté externe pour les molaires inféiieiires. On le trouve aux États-Unis. Ses impurs sont les mêmes que celles des scalopes.
S^Ci-NRE. LES CHRYSOCHLORES [Chnjsochloris, Lacép. ) ont quarante dents : deux incisives en haut et quatre en bas; pas de canines; dix-huit molaires supérieures et seize inférieures; le museau est court, large, relevé; le corps trapu; point d'oreilles externes; pieds de devant courts, robustes, propres à fouiller la terre, à trois ongles seulement, dont l'extérieur très-gros, elles autres allant en diminuant; pieds postérieurs à cinq doigts; pas de queue.
Le CiiiivsocHLORE nu Cap (Chnjsochloris capensis, Des.m. Talpa asialica, Gmkl. La Taupe dorée, G. Ciiv.) a de longueur totale quatre pouces et demi (0,122; ; il est d'un brun changeant; a cinq doigts aux pieds de derrière, et manqtie de queue. Il habite les environs du cap de Bonne-Espérance, où il se creuse des galeries souteri'aines a la manière des taupes.
La nature se plaît souvent à déjouer les suppositions systématiques des savants, et cet animal en est une preuve nouvelle. Les naturalistes avaient cru que les brillantes couleurs, le vert doré, le pourpre, le violet, les reflets métalliques qui étincellent sur la livrée des oiseaux des poissons, des insectes, etc., leur étaient dévolus par la nature, à l'exclusion des mammifères, qui devaient
toujours porter une robe terne ; et voici le chrysochlore qui vient donner un démenti à cette loi conclue par les analogies. En efTet, son poil est d'un vert changeant, passant au cuivré et au bronzé, et od'rant les plus brillants rellets niétalli(pies d'or, de pourpre et (le violet.
Cet animal est aveugle, et on ne lui voit aucune apparence d'yeux; dans le fait, à quoi lui servirait-il d'en avoir, puisqu'il ne quille jamais la galerie ténébreuse et souterraine dans la(pielle il vit à la manière des taupes? Mais si la nature l'a privé d'im sens qui lui serait inutile , elle l'en a indemnisé en lui donnant une ouïe très-fine, quoi(iue son oreille n'ait pas de conque extérieure, et en dotant d'une force prodigieuse les bras dont il se sert pour fouiller journellement la terre. Son avant-bras est soutenu , pour creuser, par un troisième os placé sous le cubitus, et nul autre animal n'offre cette singularité.
9" Ceniie. Les DOUCANS TAUPES (Ducantalpa) ont les mêmes caractères généraux que le genre précédent, mais leur formule dentaire n'est pas encore connue, au moins je le crois; ils ont une queue , et leurs pieds de derrière n'ont que quatre doigts.
Le DoucAN [Ducantalpa ruhra. — Chnjsochloris rufa, Desm. Tatpa rubra, Gmel.) est un peu plus grand cpie notre taupe, dont il a les mœurs; son pelage est d'un roux tirant sur le cendré clair; sa queue est courte. Ou le trouve à la Guyane.
LES TRIOnONTES .\ COURTES CANINES
ont les trois sortes de dents : deux grandes incisives supérieures en avant, accompagnées de deux autres de cha(pie cùlé, dont la jinslérieure en forme de canine; les vraies canines petites, non distinctes des fausses molaires; quatre incisives inférieures, penchées en avant , en forme de cuiller.
IO'Gexue. Les COM)YLURES (CoîiJy/itra , li.i.u;.) ont quarante (lents : deux incisives supérieures et quatre inférieures; deux canines en haut et en bas; seize molaires à la mâiMioire supérieure et (piatorze à linférieure. Ils ont le nez très-allongé, garni de crêtes membraneuses disposées en étoile autour des narines; leurs yeux sont très-petits; ils man<]uent d'oreilles extérieures; comme chez les taupes, leurs mains sont larges, à cinq doigts munis d'ongles |uiissants, propres à fouir la terre ; leur(|ueiie est de médiiicre longueur, et ils ont cinq doigts aux pieds de derrière.
Le CoMivi.uiiE lÎTOn.i': {Condijlura crislala, Des»). Sorecccr/s/atus, Lin. Talpa rristata , G. Ci;v. La Taupe à mnneau èloilé (tu Canada, G. Ciiv.) est d'un brun noiiAIre, et a ipialre jiouces (0,108) de longueur totale; ses narines sont entourées d'un cercle de lanières membraneuses, et sa ([ueue est longue comme le tiers ii
peu près de son corps. Il est assez comnuin dans le nord des Etats-Unis et au Canada. Ses mœurs sont semblables à celles de la tau|ie, ainsi que dans les espèces suivantes.
Le CoNiivi.UHE A citossE queue (Condylura macroura, IlAni.AN.) est d'un gris noirâtre en dessus, avec le museau fauve ; la crête étoilée de son nez est à vingt pointes; sa queue, presque aussi longue que sou cori>s, est légèrement comprinK'e. Il est commun dans le lNouveau-.lersey et se trouve dans tous les Etats-I^nis.
Le Co.Niivi.uRE vi.r.r [Condijlura prasijwla, Harkis.) a quatre pouces (0,122) de langueur totale; son pelage est long, fin, à reflet d'un vert brillant; la crête de son nez est à vingt-deux lanières; sa (pieiie, mince, sans rides ni sillons, à poils non verticillés, est longue comme les trois ([uarts de son corps. Il habite le Jlaiue aux Etats-Unis.
Le Coiidijlura lonyicaudala, Di.sm. Talpa lunyicaiidaUi , Gmei.., nie parait être un imimal imaginaire. S'il existe, ce n'est certainement pas un condylure. Selon les catalogues desrri[)tifs, il serait long île six pouces (0,102); sa ([ueue serait longue connue hi moitié de son corps, et il n'aurait point de crête nasale. On le trouverait en Américiue septentrionale.