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il ne cherche à repousser l'agression par l'agression , la force par la force, quelles que soient l'injusline et la barbarie de son suplilice, et s'il se sent blessé mortellement, en mourant, son dernier regard est encore un regard de pardcm et de tendresse.
liernanlin de Saint-Pierre a dit que c'est tMre à nuiili(= anlliropophage que de manger le chien, et je partage tout à l'ait cctie opinion. Je crois aussi que l'homme qui n'aime pas les animaux, (pu reste insensible à tant d'atrection ou de services rendus avec désinléressement, qui n'a pas pitié de leurs douleurs, de leurs souirranees physiciues, est plus brute (pieux, et ne fera jamais ni un bon citoyen, ni un bon père de famille; je crois que les hommes n'ont rien à attendre de lui que le plus froid égoïsme. Qu'on n'aille ])as croire que dans ce ipie je viens dire de ce iioble et bon animal, il y ait de l'exagi'ratiou ; je n'ai jias écrit une seule |dirase que je ne puisse justilier i)ardes fait< niiml>reux, et je terminerai par une citation di' lïufl'on cpii complétera le portrait : « Le chien , indépendamment de la beauté de sa forme , de la vivacité, de la force, de la légèreté, a par excellence toutes les qualitc's intérieures ([ui peuvent lui attirer les regards de l'homme : un naturel ardent, tolère, même féroce et sanguinaire," rend le chien sauvage redoutable à tous les animaux , et cède dans le chien domestique aux sentiments les plus doux, au plaisir de s'attacher et au désir de plaire.... Plus docih; que l'homme, plus souple qu'aucun des animaux, non-seulement le chien s'instruit en peu de temps, mais même il se confoi'me aux mouvements, aux manières, à toutes les habitudes deceuxcpii lui commandent; il prend le ton de la maison (pi'il habite; comme les autres domestiques, il est dédaigneux chez les grands et rustre à la campagne; toujours empressé pour son maître et prévenant pour ses seuls amis, il ne fait aucune attention aux gens indifférents, et se déclare contre ceux qui par état sont faits pour importuner : il les connaît aux vêtements, à la voix, à leurs gestes, et les empêche d'approcher. Lorsqu'on lui a confié, pendant la nuit, la garde de la maison, il devient plus fier et (|uelquefois féroce; il veille, il fait sa ronde; il sent de loin les étrangers, et pour peu qu'ils s'arrêtent ou tentent de franchir les barrières, il s'élance, s'oppose, et, par des aboiements réitérés, des efforts et des cris de colère, il donne l'alarme , avertit et combat. Aussi furieux contre les hommes de proie que contre les animaux carnassiers, il se précipite sur eux, les blesse, les déchire, leur ôte ce ipi'ils s'efforçaient d'enlever ; mais content d'avoir vaincu , il se repose sur les dépouilles, n'y touche pas, même pour satisfaire son appétit, et donne en même temps des exemples de courage, de tempérance et de fidélité. »
Quel(|ues-uns de nos jeunes écrivains, probablement pour dire du nouveau, ce (pii n'est pas aisé, viennent d'élever la voix contre ro|>inion de liulfiui , et d'imprimer que le chien n'est que le modèle parfilt de l'esclave abject dont le cœur avili se plait dans la servitude; ceux-là ne comprendront jamais l'amour ni le dévouement. Mais ce ((u'il y a de plus singulier, c'est que le chien, déclaré propriété par nos lois, est mis, sans réclamation, hors la loi par un i)r('fet de police de Paris ou par un maire de village. Sans respect |)our la propriété, s'aii|iuyaiil sur un vieux préjugé qui a été cent fois renversé par la science, et faisant même Imit ce qu'il faut pour amener l'hydrophobie qu'ils prétendent éviter, ■ ils font semer de l'arsenic et de la noix vomiipie sur la voie publi(pie, au ri.sque d'empoi-^onner, non |ias toujours des chicu';, mais des enfants, ce qui, préleml-on, est arrivi: plus d'une lois. En ell'tM , le chien est sujet à une maladie terrible, la rage; mais les plus habiles vétérinaires de l'Institut vl de l'école d'Alforl ont fait, pendant plusieurs années, de noud)reuses et cruelles expi'riences i)Our coiuiailre les causes du développement de celle maladie; cl ils oui positivement lecmiiui «pie celte caiisi; n'est ni dans la chaleui- atmosphéiiipie , ni dans la soif par manque d'eau, mais uniquement ilaiis une |U'ivali(jn longiu' et totale de hi n'union des sc.kcs. La chienne porte -ojxanle trois jours et fait di'
quatre à huit petits, quelquefois jusqu'à douze. La durée ordinaire de la vie, dans ces animaux, est de douze à quinze ans. Cependant il n'est pas rare d'en trouver qui atteignent vingt ans, et j'en ai vu un ipii en a vécu vingt-cinq.
Le chien a suivi l'hoiume sur tous les points de la terre, et a dû, comme lui, éprouver les iniluences des divers climats; outre cela, soumis à la plus antique des domesticités, il en a subi les consé(|uences. Aussi n'est-il pas d'animal connu qui fournisse des races plus variées et mieux caractérisées, et peut-être plus constantes quand on veut les conserver pures. Nous ne citerons ici (|ue les principales reconnues i>ar les naturalistes.
LES MATl.NS.
i" Le M.^TiN onniNAuiF. [Catiis laniarins, Lin, Le Mali», P.m-f.) est de grande taille; il a la (pu'ue rclevi'e; son pelage est assez court, d'un fauve jaunâtre, quehpiefois blanc et noir; le nez un peu allongé et constamment noir. Quoique de taille assez h'gère, il est rob\iste et courageux. On s'en sert à la garde <les fermes.
2" Le c.r.ANii D.\nois {Canis danicus major, le grand Danois, IJcrr.) est le plus grand île tous les chiens; il tient un peu du niMin, mais jl a les formes plus épaisses , le museau nlus gros et plus carré, et les lèvres un peu pendantes. Son pelage est constamment d'un fauve noirâtre, rayé transversalement de bandes à iieii près disposées comme celles du tigre. Quoitpie bon de garde, c'est i)eùt-être de tous jes chiens le plus inofTcnsif.
0° j.ie pANOis (Çanis clanicus, fir.SM. iS'on le grand Danois de Burfon) est un peu plus niince ej; j)|us léger que le matin, dont il atteint souvent la taille; son pelage est ordinairement blanc, marqui' de taches arrondies, petites et nondireuses; sa ipieue est grêle, relev('e, recourbée: ses yeux ont souvent une partie de l'iris d un blanc de porcelaine. Purement de luxe, il était de mode autrefois de le faire courir devant les chevaux des carrosses. Le Petit Danois {Canis variegatus. Lin.) en est une sous-variété, |)lus petite, plus trapue, à front plus bombé et à museau plus pointu.
i» Le Lévrier (Canis grajus, Lin.) est le plus svelle, le i)lus léger de tous; son museau est pointu, fort allongé; son abdomen très-rétréci ; ses jambes très-longues et très-menues; son pelage est ordinairement lisse. On en compte plusieurs sous-variétés, savoir :
Le gra7ul Lévrier, à pelage d'un gris ardoisé ou d'un gris de souris, ordinairement court et lisse, quelquefois assez long et hérissé. On l'emploie à la chasse du lièvre, qu'il atteint à la course; mais il n'a pas d'odorat et a fort peu d'intelligence; Le Lévrifr d'Irlainh-:
Le Lévrier de lahautu hJcoitse ; Le Léorier de Russie :
Le Lévron ou Lévrier d'Italie (le Canis ilalicus, Lin.); Le Lévrier cliien-turc.
5'i Le (jiiEN DE iiEiiCER (Canis domesticHS, Lin.), setnblablc au m.Min , mais à oreilles courtes et droites, (pii'ii»^ horizontale ou pendante, pelage long, hérissé, noir ou noir:Mre. Il est plein d intelligence, surtout pour la garde des iroiipeaux.
Après ces variéli's indigènes, on peut placer les chiens exoti- (pies suivants :
(i" Le DiNco ou Chien de i.a Norvri.i.E-lIoi.i anue [Canis Ausiralasid', l'ii. Ci;v. — I>ESM.), à pelage très-épais, fauve en dessus, l)1us pMe en dessous; le ])oil exti'rieur soyeux, celui de dessous plus lin et duveteux; sa queue est loulfiie. Cet animal misérable a peu d'intclliginre, parce ijue les habitants ne réjèvent guère ()ue pour le manger, et l'élèveiit en conséipicm'e.
7" Le Waii (Canis Iiimahniensis) a le museau pointu et la lêle allongée; ses oreillt<t sont dmilcs el pointues; ses poils extérieurs sont bruus et soyeux, lis intérieurs cendrés et laineux; il est d'uM "i-is cendré sous la gorge, avec ilcux taches nniiàlies sur