LES CHIENS
Ils ont deux dents tuberculeuses plates derrière la carnassière supérieure; celle-ci a iii] talon assez large. Ils ont tous un petit
cœcum.
•l'^' Genre. Les CfllENS {Canis, Lin.) ont quarante-deux dents : six inrisives et deux canines en haut et en bas; douze molaires à la mâchoire supérieure, et quatorze à la mâchoire inférieure; les deux molaires tuberculeuses sont placées (lerrière c)iaque molaii'c carnassière, cl la |jremière lulierculeuse supérjeure est fort grande; jçur langue e^[ ("louce; ils ont cin(i doigj^' aux'i)ieds de devant, e|, quatre aux pieds de dcriière , munis d'oiigjes non rétractiles; enfin la pupille de leurs yeux est ronile.
i" LES CHIENS DOMESTIQUES.
Le Chien domf.stiule [Canis familiaris, Lin.) ne se distingue du loup , du chacal et autres variétés sauvages, (jue par sa cpieue toujours plus ou moins recourbée, tandis que dans les autres elle est constamment droite. Du reste, il varje de mille manières pour la taille, les couleurs, et même les formes!.
La question de savoir si le chien domestique vient du louj) et du ciiacal a beaucou]) occupé les anciens naturalistes. Aujourd'hui que l'on sait que le chien, le loup et le chacal sont trois va- 1-iétés dans la même espèce, puisque par Je croisement ils produisent des individus capables de se reproduire eux-mêmes, cette discussion serait tout à fait oiseuse et' sa solution de nulle importance. Elle se borner.iit à nous apjirendre (pu'lle est la variété (|ui est venue la première. Mais, d'ailleurs, il n'est pas i)ossible d'obtenir cette .solution, puisque l'on trouve, même en France , parmi les auiniaux perdus, dont il ne reste que les S(picletles fossiles, une douzaine d'espèces de chiens tpii ont jdus ou moins d'analogie avec plusi<'urs <l('s races <pii existent aujourd'hui, et (pii ont iieujilé la (erre avant l'Iionuiie, d.ins les l'poiiues antédiluviennes.
Le chien!... A ce nom il n'est pas m\ lioinme qui n'.iit un souvenir agréable on touchant, celui d'un gai com|iagiion des jeux de son enfance, d'un gardien sur et vigilant à la maison, d'un aide indisi)ensable à la chasse, d'un guide ou d un éilair<'ui' dans un voyage, d'un défenseur inlréi)idc dans le danger, d'un sauveur ijiiehiuefois, mais toujours d'un ami désintéressé, aussi dévoué que (idèle, prêt à partager avec le même empressement les misères ou les joies de son niailre. Le chien n'a (pi'uiie penstV, <|u'un besoin, (|Mune passion, c'est ladcrlion; il faut (pi'il aime on qu'il meure. Pour t('moigncr son amoiu' à celui qui l'a élevé, dont il a rein les jjremières caresses, il est capable de tous les dévouements les plus .sublimes : les daugers , la fatigue, la faim, jes intempéries de Tair, les privations de tout genre ne sont rien, s'il les supporte avec lui ou pour lui. l'ar ses cares>es il
console le malheureux, qui, sans son chien, n'aurait pas un ami sur la terre; il [leuple, il embellit la solitude de son obscur réduit; il occupe son cœur et l'aide à traverser une misérable vie oubliée par les hounnes; il l'encourage et semble l'aimer d'autant plus ipi'il est plus opprimé i)ar l'adversité. Dans ses durs travaux , il l'aide même au delà de ses forces; il s'excède à tirer une voiture, à tourner la roue d'un soufflet de forge, à maintenir l'ordre dans un troupeau; il fait ses commissions à la ville, et lui évite même la honte de la mendicité en tendant pour lui une écuelle de bois aux passants. Il n'est jamais plus heureux que lorsqu'il croit se rendre utile, qu'il reçoit un sourire pour l'encourager et une caresse pour son salaire. C'est alors surtout qu'il déploie celte admirable intelligence qui le met tant au-dessus des animaux et qui ne le cède qu'à l'homme, à l'honirae, qui serait un être parfait s'il avait les (pialités morales du chien.
Pour défendre son maître, le chien ne connaît ni crainte ni danger, et fùt-il sur de ])érir dans la lutte, il s'élance avec intré- ])idité, attaque avec fureur, et ne cesse de combattre de toutes ses forces, de tout son courage, qu'en cessant de vivre. 11 le défend contre les animaux féroces dix fois plus forts que lui; contre les brigands (|ui menacent ses jours, et il vit pour le venger, s'il n'a i)u le dérober aux meurtriers; il veille sur lui s'il est blessé, et ne le (|uitte (pu- ]iour aller chercher du secours; il le sauve des flots ([ui allaient l'engloutir; il le réchaull'e de son haleine, de son corps, après s'être volontairement enfoncé avec lui dans les abîmes de neige ; enfin il oublie l'instinct je sa propre conservation pour ne penser qu'à la conservation ()e celui qu'il aime.
Ouand il s'agit de son maître, de celui au(|uel il a voué son existence entière, rien ne lui est indilt.rent; il ne sent ipie i)ar lui et pour lui, et parjage tout sans hésiter ; haines et affections, joies et chagrins, fortune cf pauvreté. l'orlune!... non, car il n'exige rien en retour de son dévouement; et ordinairement le chien de l'hoinme (jont, )a rlcbesse a n'Iréci le cœur est jdus mal nourri, plus mahr.iité ipie celui du juiuvre, abandonné qu'il est à des valets. I.e chien se plaît où son maître se plait, quitte sans regret les lieux ipiil abandonne, et, avec lui, passe gaiement de la cuisine du juinee au baiiuet de la gargote. 11 caresse les vieux parents et vient dormir à Icin-s ]iieds; il aime la femme; il protège les enfants et joue bien doucement avec eux; en nu mot, il ne vit tpie de la vie de son maître; et si la cruelle mort vient le lui arracher, il se traîm; sur son tonibcau, s'y couche et y meurt de tristesse et de douleur.
Aussi g<'m'reux qu'aimaiil , il supporte avec patience l'ingratitude et les mauvais trailemiuls dont lr(qi souvent on paye ses .Miviccs et son an'cclion. Si on le gronde, il s'humilie; si on le frappe, il se i>lainl, il gémit; son œil supi)liant, si doux, si expressif, demande grâce pour une faute que parfois il n'a pas commise. Il se traîne aux i)ieds de son brutal tyran, lui lèche les mains, lente de l'allendrii-, de di's.iiiner sa lolère. mais jam.iis
CHIENS