‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 34 sur 219 · CIVETTES · texte numérisé non relu

CIVETTES

ceux (le noire fouine. Ils mangeaient de la viande et des fruits, mais ils piv'ft'iaient ces derniers, et montraient surtout un goût l>lus d('cidi' pour les bananes, sur les(|uelles ils se jetaient avec voracité. Cet animal est très-sauvage, fort diflicile à apprivoiser; et, quoique e'ievé bien, jeune, il conserve toujours un air et u" caractère de férocité, ce qui m'a paru extraordinaire dans un aniuial (pii vit volontiers de fruils. L'neil de la fossane ne présente ipiiin globe noir fort grand, comparé à la grosseur de sa tête, ce (pii donne à cet animal un air méchant. »

La Genette a queue nouie (Genetta caudâ nigricante. — La Genctte de France, Buff.) a vingt pouces (0,3i2) de longueur totale; son pelage, surtout sur le cou, est plus long ([uc celui de la genette ordinaire, gris mêlé de grands poils noirs à reflets ondoyants, avec le dessus du dos rayé et mouclieté de noir ; le dessous (lu corps est blanc; les jambes et les cuisses sont noires; les deux tiers de la queue sont noirs , et il n'y a d'anneaux distincts (pi'au premier tiers; les oreilles sont rondes; l'feil grand, à piqtille ('troite. Cette genette a véi u à la ménagerie; elle avait été a'-liet('e à Londres, mais on ignorait sa i)alrie. Elle était toujours en mouvement, et ne se reposait (]ue pour dormir.

La Genette a eaniieau {Genetia fasciata, Less. \'iverra fasciala, Geoff.) est de la grandeur d'une fouine. Son pelage est d'un jaune clair marqué de taches d'un brun marron , disposées par séries longitudinales; le bout du museau, la mAchoire inférieure et le front sont d'im blanc jaunâtre ; tout le dessous du corps est d'im gris uniforme. Sa patrie est inconnue, mais on la soupçonne de Java.

X La Genette de l'Inde [Genelta indica, Less. Viverra indica, Geoff. Viverra rasae, FIorsf.) est un peu plus grande que la gpuelle ordinaire, avec la queue plus courte; son pelage est d'un blanc jaunâtre, avec huit bandes longitudinales étroites et brunes, et trois ou quatre lignes de points bruns parallèles sur les flancs; elle a le tour des yeux brun, la lèvre et le menton blancs, la queue annelée de brun et de blanc jaunâtre. Elle habite l'Inde. Le cabinet en possède, sous le nom de Genette de Java, nue variét(' qui n'en difTère que par sa taille plus petite.

La Genette rayée {Genetta striata, Less. Viverra fasciata, Lin. Viverra striata, Desm. Le Putois rayé de l'Inde, Cuff. Lf; Chat sauvage à bandes noires de l'Inde, Sonnebat) ressemble à notre putois par la taille , la forme du corps et des oreilles; sa queue et sa tête sont d'uu br(m fauve, plus pâl(> autour des yeux, aux joues et sous la mâchoirt; ; elle a six larges bandes noires et cinq plus étroites d'un blanc jaunâtre le long du dos et de.s flancs. Elle habite la c6lv de Coromandel.

Le lîoMiAr. (Genetta hondar, de Ri.mnv. Viverra hondar, Desm.) a le fond du pelage fauve, avec la ])ointe des grands poils noire; il a sur le dos une bande noire, avec deux bandelettes parallèles de la même couleur sur eha(]ue flanc; ses quatre pieds et le bout de sa queue sont également noirs. Il habite le Bengale.

La Genette iieilmapurodite (Genetia hermaphrodila. — Viverra hermaphntdila , Pm.i.) a le museau, la gorge, les moustaches et les pieds noirs; une ta( lie blan(lie sous les yeux; le poil cendré à la base, noir à la pointe; trois liiiil'lcs noires le long du dos; la queue \\n peu plus longue que le porps et noire à l'exlrémitc'. Elle habite la Bi|rbarie.

.■" Genre. Les MANGOUSTES (Ilerpestes, hua.) ont le même système dentaire que les deux genres |)récéden(s; elles ont ime poche volumineuse, siniple , ayant l'anus perc(' dans sa profondeur; leurs poils sont courts sur la tête et sur les pattes; leur queue est longue, très-grosse à sa |}^se, et leurs doigts sont à demi palm('s.

Le 'Sr.«s (Ilerpestes griseus. — IVrerrfi cafra, Lin. khiieumun 'griseus. Less. Le Xems, Buff.) est d'un (■in(pMème ]dus grand que le sunsa; il a vingt-deux pouces (0,,WG) de longueur, non compris la queue, ipii en a vingt (0,Si2). Son |)elage est dm-, redressé,

]dus ( lair (pie dans le sunsa , en géne'ral d'un jaune paille , d'un gris briMiâtre uniforme au dos et aux pattes; les ongles sont noirs; liris est d'un fauve foncé. BulTon le dit d'Afrique et Geod'roy de llnde.

Le Sunsa ou Gagabanc.an [Herpesles mu7igo. — Viuerfa mungo, Lin. Ichneumon mungoz, Less. La Mangouste do l'Inde, Buff. Le Chiré ou Kirpelé du .Malabar) est à peu près de la taille d'une fouine, le fond de son pelage est brunâtre; il a sur le dos vingtquatre à trente bandes transversales alternativement rousses et noirâtres; le dessous de sa mâchoire est fauve; ses pieds sont noirs ; sa queue , un peu moins longue que son corps , e.st d'un brun noirâtre uniforme. Cet animal a (le la célébrité dans l'Inde, comme riihneumon en Egypie.

Le sunsa iiabite l'Iiule, et n'est pas rare au Malabar et à Java. C'est un joli petit animal , (]ui se plaît le long des ruisseaux et des rivières, qui nage fort bien, et qui aime surtout à clapoter au bord de l'eau. Il fait une chasse continuelle aux re])tiles , aux œufs des oiseaux aquati(pies, aux petits mammifères et aux insectes. Il mange même des fruits (piand sa chasse n a pas ('té heureuse; il boit beaucoup, est d'une propreté' recherchi'e. et se roule en boule pour dormir, à peu près comme fait le hérisson.

C'est surtout par ses combats avec les serpents que le sunsa s'i^sf acipiis ime grande célébrité. Sans cesse on le voit fureter sur le bord des marais, et partout où il |)ense pouvoir remontrer de ces reptiles. Dès qu'il en apcr(;oit un, il s'élance dessus d'un seul bond s'il est à portée, et lui écrase la tête avant que le serpent ait eu le temps de se n^etlrP en défense. S'il est à une certaine dislance lor.sque le sunsa l'aperi^oit, rien n'est cinieux comme les mines qu'il fait ])our l'aiiprocher sans en être vu , ou au moins sans l'cfFrayer ; tantôt il se lève debout sur ses pattes de derrière pour l'examiner; puis, cette vue le mettant en fureur, il marclie à lui en haussant et courbant le dos comnip un chamiMu , et se roidissant sur ses quatre jjattes tendues comme des bAt(uis; tantôt, apercevant le reptile ipii fait un nuiuvenu'ut pour fuir, il se laisse tofiiber sur le ventre, s'('tend , se colle à la terre, et se glisse doijceipent à travers les herbes en rampant. Parvenu à sa portée , il se jette sur son dangereux ennemi, pt glors commence une lutte terrible qui ne finit jamais que par la mort de l'un deux, et quolipu'fois par celle de tous deux. La mangouste cherche à saisir le serpent sur le cou ou sur le crâne, et le combat est fini dès qu'elle y parvient. Mais, connue si l'animal venimeux connaissait les intentions de son adversaire , il roule continuellement son corps pour abriter ces ])arlies sous .ses anneaux écailleux, et de temps à autre, jiar un mouvement rapide comme l'éclair, il lance sa tête sur son antagoniste, et, avec ses crochets venimeux, lin fait une bicssme mortelle. Tous les edorts du sunsa changent alors d'objet, et il ne cherche plus qu'à se de'barra.sser des replis dont il est enlacé; il y parvient, s'éloigne en se traînant avec douleur, et cherche dans les environs une plante merveilleuse dont il mange (piebpies feuilles et sur b-upielle il se roule à plusieurs reprises. Aussitôt, el comme par enchantement, plein d'une nouvelle vigueur et d'un nouveau courage, il retourne au combat et finit |)ar tuer le serpent. Les Indiens, témoins de ce fait extraordinaire, ont observé la plante que cherchai! la mangouste, et l'ont nomuu'e chiri, du uom (pi'ils donnent à l'animal (pii la leur a fait diuîouvrir; les botanistes l'ont a|)pele'e ophiorhiza inungo>i. Depuis ('c tem|is, on emploie dans I Inde la racine de cette plante contre la morsure des ser|ients venimeux.

Voilà l'histoire telle que la racontent les anciens voyageurs, et d'après eux (piebpies naturalistes; mais est-elle vraie? peut-elle se soutenir devant nue crili(|ue (■(•lair('e'? C est ce (pie je ne ])ense pas. In voyageur allemand s'est lroiiv('dcnx fois dans le cas de voir le combat d'une mangouste avec un ser|ient venimeux, et il prétend (pie ce petit mammifère, lors(pril est mordu, va en effet se rouler sur le gazon, (ju'il y ail ou (jii'il n'y ait pas d'o|ihiorhiza, mais (|iie cela ne l'empêciie pas de mourir de sa blessure.

LES CARNASSIEHS DIGITIGRADES.

La Mangouste indienne (Herpesles Edwarsii, Geoff. — Desm, Ichneumon Edwarsii, Less.) a le museau d'un brun rougeâtro; le dos et la queue annelés de brun sur un fond olivâtre; cette espèce et le nems sont les seuls qui aient les ongles noirs. Elle se trouve dans les Indes orientales.

Le VoHANG-SiURA (Herpestes galera. — Mustela gâtera, Lin. Ichneumon galera, Less. Le Vansire, Buff.) est plus petit que le sunsa; son pelage est d'un gris brun, pointillé de jaunâtre; ses pattes sont brunes; sa queue est e'galement grosse et e'galement touffue dans toute sa longueur.

Ce petit animal habite Madagascar, se plait sur le bord des rivières, et aime à s'y baigner tous les jours. Les Made'casses le prennent jeune , l'apprivoisent et l'élèvent dans leur maison, qu'il délivre des souris et autres petits animaux nuisibles. Les services qu'il rend, joints à sa familiarité et à sa douceur, l'ont fait rechercher par les habitants de l'ile de France; ils l'ont transporté chez eux , et quelques années après il était naturalisé dans leur île. Du reste, il a les mômes habitudes que les autres mangoustes , et il fait une guerre à mort aux lézards , serpents et autres reptiles. La ménagerie en a possédé deux qui y ont vécu assez longtemps.

;• La Mangouste de Java (Herpesles javanicus. — Ichneumon javanicus, Less.) a le pelage marron ou presque roux, pointillé de blanc jaunâtre ; la tête et les jambes sont d'un marron foncé uniforme; la queue est d'égale grosseur dans toute sa longueur. Elle habite .lava.

La .Mangouste iiouge (Ikrpestes ruher. — Idmeumun ruber, Geoff,). Sa taille dépasse d'un cin([uième celle du sun.sa; elle a le pelage d'un rouge ferrugineux lrès-('clatant, plus particulièrement sur la léte et les épaules; ses poils sont aniielés de toiik et de fauvo; sa queue est très-épaisse et fort longue. On ignore son pays.

La Grande Mangouste {Ilerpeales major. — Ichneumon major, Geoff.) a trois pieds six pouces (1,437) de longueur totab;; ses poils sont annelés de fauve et de marron , mais les anneaux fauves sont si étroits «pie le marron domine partout; la ijueue, plus ln'rissée et plus longue (pie le rorps, .se termine en pointe d'une couleur plus foncée ; ses doigts sont couverts tU\ |)oils ras et serrés, comme chez les animaux a(iuatiqiies, ce ([ui fait supjioser •pie ses habitudes doivent se rapprocher beaucoup de celles de la loutre. Sa |)atrie est inconnue.

Le Tf.zEiiDÉA ou Ichneumon (Herpesles ichneumon. — Ichneumon rharmmis, Geoff.) Viverra ichneumon. Lin. Le Nems des Arabe-. \: Ichneumon d'.\iiiSTOTE. Le liai de Pharaon de Iîelon ) est phis lielil d un sixiriiic (|iie la f^r.iiulc mangouste; son pelage entier

paraît être mélangé également de brun marron et fauve, chaque poil étant annelé de ces deux couleurs; les pieds et le museau sont noirs ou d'un marron foncé; les poils sont plus gros, plus secs et plus cassants que dans les autres espèces; la queue est aussi longue que le corps, terminée par mie touffe de très-longs poils noirs étalés en éventail. Il habite l'Egypte.

L'ichneumon est un joli petit animal qui se ])laît sur le bord des ruisseaux et des rivières; il est commun sur les rives du Nil. Sa marche est légère et sa prudence extrême; il se glisse toujours à l'abri d'une haie ou d'un sillon, tt il ne lui suflit pas de ne rien voir de suspect, il n'est tranquille et ne continue sa route qu'après avoir flairé tout ce qui est à sa portée. L'odorat est son guide le plus sur; même (juand il est apprivoisé, il va sans cesse flairant, remuant continuellement ses narines avec un petit bruit imitant le souflle liaictaut d'un animal qui vient de faire une longue course. Il se nourrit de petits mammifères, d'oiseaux , d'œufs, de serpents , de lézards et de reptiles en général, et même d'insectes, quand il ne trouve pas mieux. En domesticité, il est d'une très-grande douceur, caressant, répondant à la voix de son maître, et se laissant volontiers prendre par lui. Dans ce cas, on le saisit, non par le corps, mais par la base de sa grosse queue conique, on le soulève et on le porte ainsi sans qu'il perde sa position horizontale. Sa prudence ne tient ni de la timidité ni de la ])oltronnerie; il est au contraire très-courageux, et non-seulement il se défend contre des animaux beaucoup plus gros (jue lui , mais encore il n'a pas l'air de les craindre. Le tézerdéa étrangle fort souvent le chat assez maladroit pour lui chercher querelle, et il se fait respecter par les plus gros chiens, auxquels il saute audacieusement à la face, pour peu qu'ils aient l'air de le menacer. Dans la maison où il est élevé , il s'est bientôt rendu maître delà cuisine et des opparicmculs, où nul autre animal ne peut s'introduire sans son bon i)laisir. Il est vrai qu'il n'est pas querelleur, et qu'ordinairement il vit bien avec les autres domesticpies de sa classe, pourvu qu'ils ne lui disputent rien , pas même la i)lace du coussin sur le(piel il a l'habitude de dormir.

Ccl anim.il , quoi (pi'en dis<' lîuflon , n'a jamais été vcril.ibleineiit domeslique ni en Egy])te ni ailleurs, car il ne pnuhiit pas en captivité , et les petits que les fellahs ou paysans apportent

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