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La Civette.
LKS CIVETTKS
ont (iiiarante dents, à une seule espèce près, qui n'en a que trente-six: douze incisives, quatre canines et douze molaires, dont trois fausses molaires en liaiil, ipialre en lias : les antérieures toiidianlquelipiefois ; deux tuberculeuses assez giandes en haut; une seule en bas; deux tubercules saillants au cote interne de leur carnassière inférieure en avant, le reste de cette dent étant plus ou moins tuberculeux. Leur langue est hérissée de papilles rudes et aiguës ; leurs ongles se redressent à demi dans la marche, el jnès de leur anus est une poche, |)liis ou moins |irofoii(le, où des glauiles parlieulières font suinter inie matière onctueuse et souvent odorante.
1<-T.i.NnF.. Les CIVETTES (Vivcrra, Cuv.) ont les pieds à cinq doigts, ainsi (|uc les genettes et les mangoustes. On les reconnaît à la poche jirofonde qu'elles ont entre l'anus et l'organe de la g('nt'ration , poche divisée en deux sacs qui se remplissent d'une ]iotnuiade ,d)ondante exhalant une forte odeur musquée.
Le NzFUSi ou Nzime ( Viverra civelta , Lin. La Civette ordinaire , G. Cuv. — BuiF. Le Kankan des Éthiopiens. Le Kastor des Guinéens) a environ deux pieds trois pouces (0,731) de longueur, non compris la queue; son museau est un |ieu moins pointu (jue celui du renard; ses oreilles sont courtes et arrondies; son pelage est long et grossier, gris, tacheté et couvert de bandes bruiu-s et noirùtres, avec une crinière tout le long de l'échiné ; sa ijucue est brune, moins longue que son corps; la tête est blanchâtre, excepté le toiu- des yeux, les joues et le nienlon, qui sont bruns ainsi ipte irs ipialre pattes.
La civette ou nziuie habite l'AfriiiiU' et surtout l'Aliyssinie ; on la trouve aussi en Asie. Elle a, outre les poches singulières dont nous avons parlé, un petit trou de chaque côté de l'anus, d'où suinte une humeur noir.Mre très-ft'tide. (l'est un auiin.d (|ui fuit les terres huuùdes et basses, et (pii si' [ilaît parliculicreiui rit dans les pl.iines élevées et les montagnes arides. Agile à la course connue un chien , leste à sauter comme un chat, .souple comme tous les animaux de son genre, ayant des yeux très-brillants et qui lui permettent de distinguer les objets pendant la nuit; étant, outre cela , d'un caractère courageux et cruel , la civette est le fléau des oiseaux et des petits mammifères, i|u'elle surpicud dans les ténèbres, qu'elle poursuit à la course pendant \i' jour, et qu'elle atteint d'un bond à une assez grande dislance. Son oi'cupation constante est de chasser; nuiis , quand elle ne trouve pas de gibier, elle vient en maraude autour des lieux habités, saisit
avec toute la riise du l'cnard bs volailles qui se sont écartées de la ferme, pénètre même quchpiefois dans la basse-cour, et met tout à mort avant de se retirer. Enlin, si toutes ces ressources lui manquent, elle se rabat sur les fruits et les racines, qu'il lui est facile de liroyer avec ses birges molaires tidierculeuses. Quoique nalurcliement farouche, la civette s'apprivoise assez facilement, mais jamais assez pour s'attacher à son maître et caresser la main ((ui la nourrit. Née dans les pays chauds, elle s'habitue cependant très-bien dans les climats tempérés, et même froids, pourvu que, iiendant Ihiver, on la tienne dans un lieu chaufTé. Il n'y a que quelques années (pi'oil en nourris'^ait encore beaucoiq) en Hollande, alors que le [larfum qu'elle produit était à la mode, et lelui qu'on en tirait était phis estimé que celui qui venait de .son |iays même, probablement parce qu'il n'était pas frelaté. Il paraît aussi que son odeur est d'autant plus forte et plus suave, et sa qualité d'autant jilus grande, que l'animal est mieux nourri; de la chair crue et hachée, des œufs, du riz, des petits animaux , des oiseaux, de la jeune volaille, et surtout du poisson, tels sont les aliments ([ui lui conviennent le mieux; il ne lui faut que peu d'eau, parce qu'il boit très-rarement. Pour recueillir ce parfum, on met l'animal dans 'ine cage étroite où il ne peut se tourner; on ouvre la cag(^ pai- un bout, et on tire la civette par la (picue; on la contraint à rester dans cette position en passant à travers les barreaux un bâton (jui lui entrave lesjambes de derrière ; alors on introdiùt une petite cuiller dans le sac (pii contient le parfum, on racle avec soin toutes les [larties intérieures des deux poches, et l'on met la matière odor.uite (pion en lire dans un vase ipie l'on ferme ensuite lieiuiéti(|iiemeiit. Si l'animal se porte bien, et qu'il soit convenablement nourri, on peut répéter cette opération deux ou trois fois par semaine. Cette matière exhale une odeur si forte, qu'elle se coinmunitpie à toutes les parties du corps de la civette ; le poil en est iuibn, et la peau pi'néln'e au point qu'elle se conserve encore longtemps après sa mort. Quand on irrite et tourmente laniiiial, il iu'risse sa crinière, se secoue en grondant, et il réiiand une odeur cpii devient violente, au point qu'on ne peut la supporter dans un appartement où l'on se trouve enfermé avec lui. Cette humeur onctueuse et parfumée, (pie nous appelons civclle, est conuiie dans le Levant et vn .Vrabic sous le nom de zibet ou alijalUa, et elle est encore en grande estime dans ces contrées et dans l'Inde. Aiitr(;fois, en Europe , la médecine s'en était emparée , et lui attribuait des propriétés merveilleuses , comme aphrodisiaque et stimulante; mais aujourd'hui ses pré-
ifie
LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.
tendues vertus sont oublif'es, cl il n'y a plus guère que les parfumeurs et les confiseurs qui en emploient encore quelquefois.
On sait parfaitement aujourd'hui que la civelle, quoiipie trèscommune, ne produit cependant que deux ou trois petits à la fois, et les anciens naturalistes auraient dû déduire ce fait du nombre de ses mamelles, qui est de quatre; mais comme elle refuse constamment de s'accoupler en domesticité, on ne sait pas le temps que dure sa gestation , ni même les circonstances qui accompagnent l'éducation de ses petits.
V La Civette d'Hardwicii (Viverra Uardirichii, Lçss.) a environ quinze pouces (0,406) de longueur, non eorapris la queue, (pii en a onze (0,298); elle est d'un blanc jaunfttre, marquée de larges lignes longitudinales et de taches noires allongées etcon- (hientes; la queue porte six anneaux noirs; le nez est noie, et une ligne de celte couletir va de l'œil au cou , de chaque côté. Elle est de Java, et ses mœurs, n'étant pas connues, \\f peuvent se déduire que par analogie.
V Le ZiBET ou SAWADu-PiJMtE (Viverra ziUtla, Lin. Le Ziheth, G. Cuv. Le Musc de la Pevrome. Le Qmtt et Baardes des Arabes) est plus petit que la civette, sa longueur ne dépassant pas douze ou quinze pouces (0,525 à 0,400), non compris la queue. Il a celle-ei beaucoup plus longue, couverte de poils courts, et annelée de noir; le fond de son pelage est d'un gris jaunAlre, avec de nombreuses taches noires, i)leines et quclipiefuis assez rapprochées pour former des lignes continues, surtout au train de derrière; le ventre est gris; une bande noire, naissant derrière la partie supérieure de l'oreille, s'étend en arc de cercle jusqu'au devant du bras, et sépare' la robe, tachetée de blanc pur, des côtés et du dessous du cou ; une autre bande un peu plus large, également noire, en est séparée par un cercle blanc; une troiième descend verticalement au-dessous de l'oreille, enfin une quatrième correspond à la branche montante de la mâchoire.
Le zibet habile les Indes, et se trouve principalement aux Philippines Ses liabitudes sont plus nnclurnes que celles de la civette, parce (pi'il voit mal pendant le jour, qu'il passe entièrement à dormir dans les fourrés où il fait sa demeure. La nuit il se met en chasse, et parcourt la campagne avec une grande activité, et dans un profond silence que rien ne peut lui faire rompre. A toutes les soites d'aliments il préfère les oiseaux et surtout leurs œufs , il attaque aussi les petits mammifères, mais il mange aussi les fruits, et il se contente de racines (piand il ne trouve pas mieux; en un mot, il est presque omnivore. T)u reste, il a toutes les autres habitudes de la civette, et jiroduit un parfum qui ne lui est i)as inférieur. Celui qui a vécu à la ménagerie était triste, silencieux, facile à se mettre en colère, et alors il se lu'rissail le dos comme s'il eût eu une crinière.
2" Genre. Les GENETTES (Genetta, Ciiv.) n'ont qu'une poche très-peu profonde, ri'duite à un enfoncement h'ger formé sur la saillie des glandes, et presque sans excrétion sensible quoicpi'il y ait une odeur très-manifeste.
, La Genette ordinaire [Genctia vuhjarh, Fr. Cuv. Viverra genetla. Lin. Viverra malaccensis, Gml. Viverra tigrina, Scii. La Genette et la Genette du Cap de Buff. La Civette de Malacca, Son- NERAT. Le Chat hizaam de Vosm. Le Chat du Cap de Forster) est ;i peu près de la grosseur, de la longueur et de la figure ri'une fouine, mais sa tète est (ilus ('Iroile, son museau jilus cdijé, ses oreilles plus grandes, plus minces et plus nues; ses |iattes moins grosses et sa queue plus longue. Son pelage est d'un gris mêlé lie roux, tacheté de jietites macules noires, lantrtt rondes et tantôt oblougues; la queue a quinze anneaux alternativement noirs et blanchâtres, avec des teintes rousses.
Cet animal, si l'on n'a pas confondu jdusieurs espèces en une seule, se trouverait en Afrique, au Cap, dans le midi de l'Asie, en Espagne , et même en France , dans le Poitou , selon Pjud'on ; mais ce dernier fait me paraît d'autant plus douteux que la figure
qu'il a jointe à sa description est celle d'une genette étrangère, .l'ai fait moi-même prendre dans le Rouergue et le Poitou des renseignements (pii ne m'ont rien appris, si ce n'est que cet animal est tout a fait inconnu aux chasseurs dans ces anciennes provinces. Quoi qu'il en soit, la genette n'habite ni les montagnes, ni les grandes forêts, ni les terres arides; elle ne se plaît ipie dans les vallées fraîches, ombragées par de simples bocages, et le long des ruisseaux, sur le bord desquels on prétend qu'elle se creuse un terrier. Elle a de la finesse dans la figure , de la grâce dans les mouvements, et beaucoup d'agilité pour poursuivre les oiseaux et les petits mammifères , dont elle se nourrit habituellement. Prise jeune, elle s'apprivoise parfaitement et devient un fidèle commensal de la maison, ayant à peu près les mêmes habitudes que le chat, et rendant les mêmes services en faisant une giieire active aux souris, aux mulots et aux rats. liellon dit en avoir vu dans les maisons à Conslantinople; elles étaient aussi privées que des chats, et on les laissait aller et courir partout, sans qu'elles fissent ni mal nidégftt. Deux geneltcs, un iiuMe et une femelle, qu'on avait envoyées de Tunis, ont vécu à la ménagerie, s'y sont accouplées à la manière des chats, et y ont fait un seul petit ([ui , en naissant , portait déjà la jolie livrée lie ses parents. Comme on les tenait dans une cage assez étroite, elles étaient tristes, ennuyées, et dormaient toute la journée enroidées l'une sur l'autre. Elles se réveillaient le soir et s'agitaient toute la nuit. La fourrure de cet animal était autrefois très à la mode pour faire à nos dames des manchons légers, (hauds et fort jolis, qui se vendaient un prix exorbitant; mais les industriels de ce temp.s-là parvinrent à peindre des taches noires sur des peaux de lapins gris, qu'ils vendirent pour de la genette; cette fraude en fit tomber la valeur, et la mode en passa.
La genette du Cap n'est, selon G. Cuvier et d'autres naturalistes, qu'une très-légère variété. Cependant ses bandes longitudinales sont au nombre de six au moins , tandis que celle cjue nous venons de décrire n'en a que quatre.
Le Berré ou Genette de Baiuiaiue [Cmetta afra, Fn. Cuv.) a le pelage gris plus ou moins mêlé'de jaunâtre; le chanfrein blanc; le menton et la ligne dorsale noirs ; ses bandes longitudinales sont plus régulières et au nombre de cimi. Elle habite le nord de rAfri(|ue.
, Le LiSAXG ou Delendung (Gcnelta lisang, Less. Vicerra gracilis, Desm.) a de longueur totale deux pieds six pouces 0,8(2). Il a la tête allongée, le mii.seau pointu; son pelage est d'un fauve très-clair, avec quatre très-larges bandes brunes transverses; sa queue a le bout noir, avec neuf anneaux dont les deux premiers plus étroits que les autres; il a des taches sur les épaules et les cuisses, et des bandes étroites sur le cou. Il habite Java. V- Le FossA (Cene'/a fosfa , Less. Viverra fo^sa. Lin. La Fossa7ie, RuEF. La Genette de Madagascar des voyageurs. Le Fossa des habitants de Madagascar) est d'un gris roux, marqué de taches brunes disposées sur le dos en qualrc! lio;nes longitudinales, et l'parses sur les flancs; sa ([ueu(; est roussâlre, faiblcnu>nt marquée d'anneaux d'un roux brun. l'Ile habile Madagascar, et se plaît dans les bois (pii sont à jiroximité des habilalions l'urales.
On ne sait de cet animal que ce que Poivre en a écrit à Butron : « La fossane que j'ai apport('e de Madagascar, disait-il, est nn animal (pii a les mœurs <lc notre fouine; les hidiilants de l'Ile m'ont assuré (pie la fossane mâle étant en chaleur , ses parties avaient une forte odeur de musc. Lors(]ue j'ai fait empailler celle (pii est au Jardin des Plantes, je l'examinai attentivement, je n'y découvris aucune |>oche , et je ne lui trouvai aucune odeur de parfum. J'ai élevé un animal semblable à la Coehinchine et un autre aux Iles Philippines, l'un et l'autre ('laient des mâles; ils étaient devenus un peu familiers; je les avais eus tiès-pclits, et Je lie les ai guère gardés que deux ou trois mois; je ne leur ai jamais trouvé de poche entre les parties (jue vous m'indi(|uez; je me suis seulement aperçu que leurs excréments avaient l'odeur de