‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 50 sur 219 · LES MARMOTTES · texte numérisé non relu

LES MARMOTTES

ont dix màchelières supérieures et huit inférieures , toutes tuberculées; les incisives sont pointues; leur tête est grosse et leur ([ueue courte ou moyenne.

7'^^GENRE.LcsMAHM0TTES(/lrcfomi/s,r.ML.) ont vingt-deux dents, savoir : quatre incisives; pas de canines; dix molaires supérieures et huit inférieures; leur corps est trapu ; leur léte large et aplatie; leurs jambes sont courtes, ainsi que la queue, ([ui est velue; elles manquent d'abajoues, et leurs ongles sont robustes et comprimés.

f,a Marmotte des Alpes [Arctomijs marmotta , Gml.).

Cet animal, célèbre par son sommeil léthargique , a plus d'un pied (0,525) de longueur, sans comprendre la queue, qui est assez courte et noirâtre à l'extrémité; son [lelage est d'un gris jaunâtre, teinté de cendré vers la tête, dont le dessus est noirâtre; les pieds sont blanchâtres, et le tour du museau d'un blanc grisâtre.

La marmotte vit en petites sociétés sur le sommet- des montagnes alpines de toute l'Europe, près des glaciers; elle est assez commune dans les Alpes et dans les Pyrénées. Elle est fort douce de caractère, s'apprivoise aisément, et même s'attache à son maître jusqu'à un certain point. Lorsqu'elle est devenue familière dans une maison , et surtout quand elle se croit appuyée par son maître, elle montre un courage qui ne le cède en rien à celui de tous les autres animaux domestiques , et elle n'hésite pas à attaquer les chats et les plus gros chiens pour les chasser de la place qu'elle s'est adjugée au coin du feu. Puiroii dit « qu'elle apprend aisément à saisir un bâton, à gesticuler, à danser, et à obéira la voix de son maître ; » en un mot, qu'elle est suscejjlible d'éducation, et c'est ce que je ne crois pas. Il est vrai cpie les jeunes Savoyards qui montrent des marmottes au peuple leur font faire (piel(|ues exercices; mais, si on se donne la ])eine de les regarder sans [irévention, on verra que ces tours ne sont jamais que le résultat des tiraillements de la chaîne par laipielh? on les tient, et de la manœuvre du bâton qu'on leur passe entre les jambes. L'éducation n'est pour rien dans tout cela, du moins, je ne l'ai jamais vu autrement. En captivité on la nourrit avec tout ce que l'on veut, de la viande, du pain, des fruits, des racines, des herbes potagères, des cho\Lx, des hannetons, des sauterelles, etc., mais ce (pi'elle aime par-dessus tout, c'est le lait et le beurre. Quoi(pie moins prédisposée au vol que le chat, si elle peut se glisser furtivement dans une laiterie , elle manque rarement de le faire, et en se gorgeant de lait à n'en pouvoir pliLs, elle exjiiime le plaisir qu'elle éprouve par un petit murmure parlieuller fort expressif. Ce umrmure, quand on la caresse ou ipi'elle joue, devient plus fort, et alors il a de l'analogie avec la voix d'un ])etit chien. Quand, au contraire, elle est effrayée, son cri devient un sifflement si aigu et si ])ereant, qu'il est im|)ossible à l'oreille de le supporter. D'une propreté recherchée, elle se met

à l'écart, comme les chats, pour faire ses ordures; mais, ainsi que le rat, elle exhale une odeur qui la rend très-désagréable pour certaines personnes. Ce qu'il y a de plus étonnant dans la marmotte soumise à la domesticil(', c'est qu'elle ne s'engourdit pas l'hiver, et (prclle est tout aussi éveillée au mois de janvier qu'en été, pourvu cpi'elle habit(: les appartements.

A l'état sauvage, la marmotte montre assez d'industrie, sans pour cela avoir une intelligence très-remar(|ual)le. Sur les montagnes, elle établit toujours son domicile le long des pentes un peu roides regardant le midi ou le levant; elles se réunissent plusieurs ensemble pour se creuser une habitation commune , et elles donnent à leur terrier la forme invariable d'un •< grec couché. La branche d'en haut a une ouverture par laquelle elles entrent et sortent ; celle d'en bas, dont la pente va en dehors, ne leur sert qu'à faire leurs ordures, qui, au moyen de cette pente, sont facilement entraînées hors de riialiilalion. Ces deux branches, assez étroites, aboutissent toutes deux à un cul-de-sac profond et spacieux, qui est le lieu du séjour, et cette partie seule est creusée horizontalement. Elle est tapissée de mousse et de foin, dont ces animaux font une ample provision en été. «On assure même, dit BufTon, que cela se fait à frais ou travaux communs ; que les unes ccnqient les herbes les plus fines ; ([ue d'autres les ramassent, et cpu' tour à tour elles servent de voitures pour les transporter au gile; l'une, dit-on, se couche sur le dos, se laisse charger de foin , étend ses pattes en haut pour servir de ridelles, et ensuite se laisse traîner par les autres qui la tirent par la queue , et prennent garde en même lemjis (|ue la voilure ne verse. « Ce qui a donné lieu à ce conte de chasseur, c'est que l'on trouve beaucouj) de marmottes (pii ont le poil rongé sur le dos, et, selon l'usage, on a mieux aimé inventer un conte merveilleux pour expli(iuer ce fait, ipu; de n'y voir que l'efl'et fort simple du frottement souvent répété du dos contre la paroi su])érieure d'un terrier fort ('troit. Les marmottes ]>assent la |)lus grande partie de leur vie dans leiu- habitation; elles s'y retirent pendant la nuit, la pluie, l'orage, le brouillard, n'en sortent que pendant les [dus beaux joiu's, et ne s'en ('loignent guère. Pendant (}u'elles sont dehors à paître ou à jouer sur l'herbe, l'une d'elles, posli'e siu' inie roche voisine, fait sentinelle et observe la campagne; si (die aperçoit cpichpie danger, \\n chasseur, un chien ou un oiseau de proie, elle fait aussitôt entendre un long sifflement, et, à ce signal, toutes se précipitent dans leur trou.

Dès que la saison du froid commence à se faire sentir, les marmottes, retir('es dans leur leriier, eu boMchent les deux ouvertmes avec de la t('rre gâchée, et si bleu maçonnée, (pi'il est plus facile d'ouvrir le sol partout ailleiu's (jue dans l'endroit qu'elles ont muré. Elles .se blolli.ssent dans le foin et la mousse qu'elles y ont entass('s à cet effet, et toud)ent dans tm état de léthargie d'autant pUis profond (pie le froid a plus d'intensité. Elles restent

LES RONGEURS

dans cet état de mort apparente jusqu'au printemps prochain, c'est-à-dire depuis le commencement de de'cemijre jusqu'à la fin d'avril , et quelquefois depuis octobre jusqu'en mai , selon que l'hiver a e'te' plus ou moins long. Lorsque les chasseurs vont les de'lerrer, ils les trouvent resserrées en boule et enveloppées dans le foin. Ils les em])ortent tout engourdies, ou même ils les tuent sans qu'elles paraissent le sentir. Ils mangent les plus grasses, et souvent ils conservent les jeunes pour les donner à de pauvres enfants qui viennent les montrer en France et déguisent ainsi leur mendicité. Pour faire sortir ces animaux de leur engourdissement, les rendre à la vie et rappeler toute leur vivarité, il ne s'agit que de les placer devant un feu doux, et de les y laisser jusqu'à ce qu'ils se soient réchauffés. Leur chair serait fort bonne si elle était sans odeur ; mais il n'en est pas ainsi , et ce n'est qu'à forie d'assaisonnements éi>icés que l'on parvient à la déguiser.

bruns en dessus, et roux en dessous ; il a quelipies teintes rousses vers la tête; la queue et la gorge sont roussàtres; le tour des yeux est brun, et le bout du museau d'un gris argenté. Le bobak habite la Pologne et l'Asie septentrionale jusqu'au Kamtsehatka. 11 a les mêmes habitudes que notre marmotte, mais, vivant dans des pays plus froids, il ne creuse son habitation que sur des collines peu élevées, à l'exposition du midi.

Le MoNAX (Arclomys monax, Gjil. Cuniculus bahamensis, Catesb. La Marmotte du Canada, ou le Monax, Buff. Le Si/fleur de quelques voyageurs) a quatorze ou quinze pouces (0,379 à 0,400) de longueur, non compris la queue ; il est brun en dessus, plus pâle en dessous et sur les côtés; le museau est d'un gris bleuâtre et noirâtre; les oreilles sont arrondies; les ongles longs et aigus; la queue, longue comme la moitié du corps, est couverte de poils noirâtres. Cet animal, de la taille d'un lapin, habite toute l'Amé-

1,1'S Marmottes.

Cependant, j'ai mangé des marmottes fumées ijui avaient entièrement perdu celte odeur et(iui étaient d'un goût excellent.

La marmotte ne produit qu'une fois ]>ar an , et sa jiortée ordinaire n'est que de (juatre ou cinq petits dont l'accroissement est rapide; elle ne vit guère que neuf à dix ans. Nous terminerons cet article par une observation qui se rapporte à tous les animaux sujets à rengoiirilisseriient liibetnal. La létliargie, chez eux, n'est rien autre chose <|u'uii .sommeil profond , mais naturel, qui ralentit toutes les fonctions, mais n'en suspend aucune, (juel que soit le froid (ju'aient à supporter ces animaux sortis de leur état normal, soit par l'effet de la maladie, soit par toute airire cause, ils poinront moin'ir gelés, mais ils ne s'engourdirimt |)as. Il en résidlc i|ii(\ lorsque l'hiver est très rigoureux et le froid excessif, les animaux engourdis se r('v(!illent , soufli'cnt beaucoup, et finissent par mourir gelés si la température ne change pas a|)rès un certain t,enq)S. 11 en résulte encore qu'une excessive chaleur de l'été, connue celle des tropiques, peut ami'ner l'engourdissement tout aussi bien (|ue le froid. Heaucoup d'animaux, les reptiles par exemple, s'engourdissent l'hiver dans les pays tempérés, et l'été dans les pays chauds.

Le UoiiAK (Arclomi/s bobac, (îml. — Des.m. La Marmulle de Pologne ou Bobac, Buff. — G. Cuv.) est de la môme grandeur que la précédente ; son pelage est d'un gris jaunâtre, entrt'uuMi' de poils

rique septentrionale, et particulièrement l'intérieur des Étatsl'nis. 11 se plaît dans les rochers, et a les mêmes moeui'S ijue la marmotte des .\lpes.

La Maumotte oe Quiîkec [Arclomys empêtra, Gml. Mus empêtra, Pai.i.. La Marmotte du Canada, de l'Encycl. niéthod. VArctomys mclannpus , de Kein.?) est d'im brun noirâtre, piipielé de brun en dessus; d'un roux ferrugineux en dessous; le sommet de la tête est (l'un brun uniforme, passant au brun rougeâlre sur l'occiput; les joues et le menton sont d'un blanc grisâtre sale; la poitrine et les pattes de devant d'un roux vif; la queue est courte, noirâtre au bout. Elle habile particulièrement le Canada et les environs de la baie d lliulson.

La Maumotte fauve {Arctomiis fuh'a, Lveus.) a beaucoup d'analogie avec le bobak; elb; a treize |)Ouces (0,5rj^) de longueur, non compris la queue, (pii en a trois (0,081); son pelage est d'un jaune brun luisant, avec un duvet interne d'un gris cendré; ses doigts, et surtout le pouce, sont trè.s-minces et très allongés. Elle habite les montagnes entre ((reudiourg et l!oul»l»ara.

(j<'tt(^ espèce , ainsi c|ue les inarmotles AJuyusaricus, Leptodactylus, et le spermo])hile Citillus, composent aujoin-d'hui le genre Citilius, LiciisT.

La Maumotte poudrée (Arclomys pruinosa , Gmi,. — Sabine ) esl de la grosseur d'un lapin; son iielage, long et dur, esl formé de

MARMOTTES

poils cendres à leur racine , noirs au milieu , blanchâtres à leur extrémité', ce qui donne une couleur générale de gris blanchâtre ; le bout du nez, les pattes et la queue sont noirs, cette dernière mélangée de roux; les oreilles sont courtes, ovales; les joues blanchâtres; le dessus de la tête est brun. Elle habite le nord de l'Amérique. Elle me paraît appartenir aux spermophiles.

luisant en dessus, blanc en dessous, d'un gris brun sur le sommet de la tète; elle a une tache blanche entre l'œil et le nez, et un trait noir sur la face. La queue est d'un noir luisant en dessous, bordée de blanc. Elle habite Caraghata, près de Boukkara.

Le GuNDi [Arctoimjs gundi , Gmi,. Mus gundi , Roïhm.) est de la taille d'un lapin ; ses oreilles sont très-courtes, mais larges; son

Se

Les Hélamys, vue du cap de Bonne-Espérance.

La Marmotte mit.osarique (Arclomys mugosaricus], Eversm.) a huit pouces (0,217) de longueur, non coin|>ris la queue, qui n'en a qu'un (0,027). Son pelage ressemble à celui du souslik , mais l'animal en dilFère principalement par sa plante des°pieds large

et courte, égalant la dixième partie île la longueur du corps. Elle habile dans les montagnes de .Moughodjar, près Honkkara.

La Mahmotti: ai \ ikiii.is i.isses {Ardumiis /l'/j/ui/ac^y/us.EviaisM.) est longue de huit pouces (0,217), non compris la queue, qui a deux pouces et demi (0,068). Son pelage est serré, d'un jaune

pelage est roussAtre; il n'a , dit-on , ipie quatre doigts à ciiaipic pied. Il habite l'Afrique.

Le MaiîliiN (Arctomijs maulina , Spaw, j1/u.s mauliiius , Moi.ina) serait, selon Molina, deux fois plus grand que notre marmotte;

son museau est plus long, plus effîlé; sa queue moins courte; ses oreilles sont pointues , et il a cinq doigts à chaque patte. 11 iiabile le Chili.

La Mahmotte i>e Ciucassu-; {Arctomijs Circassiœ , Penn. Mus Ischerlcessicus , Ehxi..) est de la taille du hamster; ses yeux sont

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rougès et brillants; son pelage est châtain; sa queue est assez longue et pointue; ses jambes de devant sont plus courtes que celles de derrière. Peut-être est-ce un gerbille? Elle habite des terriers le long du fleuve Tërek. Ces trois dernières espèces ont e'té si mal décrites par les auteurs qui les ont observe'es , qu'on doit les regarder comme fort douteuses.

8« Genre. Les SPERMOPllILES (Spermophihis , Fr. Ciiv.) ont la même formule dentaire que les t'cureuils , avec lesquels ils ont autant d'analogie qu'avec les marmottes; leurs molaires sont e'troites; un he'li.x borde leur oreille; leur pupille est ovale ; leurs abajoues sont grandes ; leurs doigts de pied sont étroits et libres; ils ont le talon couvert de poils , et les doigts des pieds de derrière sont nus.

Le Jevrascuha ou Souslik (Spermophilwi cilillus, Lr.ss. Arclomijs cilillus , Desm. Mus cilillus. Lin. LeZizel et le Soualick, Duff. La Marmotte de Sibérie, Buff.) a environ un j)ied (0,52.-)) de longueur, non compris la queue, qui n'a guère que trois pouces (0,0*1) ; son pelage est d'un gris brun en dessus , onde ou tacheté de blanc par gouttelettes, blanc en dessous. On en connaît plusieurs variétés, dont BiifTon a fait autant d'espèces : i''\esouslik, à pelage tacheté'; 2" le zizel , à pelage ondulé; 3° la marmotte de Sibérie, à pelage d'un brun jauuMre uniforme.

Le jevrascbka vit solitaire dans le nord de l'Europe et de l'Asie, ainsi que dans la Perse, l'Inde et la Tartarie. Il se creuse un terrier comme la marmotte, et y passe l'hiver dans un engourdissement complet. Lors(pron l'irrite , ou qu'on veut le prendre , il pousse un cri comme la marmotte, et mord violemment. En mangeant il se tient assis, et porte les aliments à sa bouche avec les pieds de devant. Il entre en amour au printemps, et, en été, la femelle met bas cinq ou six petits, qu'elle allaite dans son terrier. Ces animaux se nourrissent de graines, et, si l'on en croit Buffon, ils dévastent les récoltes île blés et s'amassent des provisions pour l'hiver. Leur fourrure est assez estimée.

Le Sperjiopiule de Riciiardson { Spermophilus Richardsonii, Less. Arctomys Richardsonii, Sabine. La Marmotte tannée d'Amérique , des voyageurs) a le sommet de la tête couvert de poils courts, noirâtres à la base, plus clairs à la pointe; le museau est aigu, couvert de poils brunâtres; les oreilles sont courtes, ovales; la queue médiocre, à poils longs, annelés de brun et de noir, fauves à la pointe; le pelage est uniformément fauve, à poils bruns à la base; la gorge est d'un blanc sale; le ventre est plus clair i|uc le dos, et des taches ferrugineuses sont éparses çà et là. Elle habile le nord de l'Amérique, et a été trouvée aux environs de Carlston-House.

Le Spebmophile de Hood {Spermophilus Hoodii, Less. Arctomijs Hoodii, Sabine. Sciurus tridecejnlim'alus , Desm.) a environ cin(| pouces (0,1 5î)) de longueur, non compris la (jueue, qui n'en a que trois (0,081); son corps est mince et son museau pointu; son pelage est d'un cliâtain foncé en dessus, avec une ligne médiane blanchâtre, moitié continue et moitié formée de petites taches; de chaque ertté de cette ligne en sont trois autres non interrompues,'alternant avec trois séries de taches blanchâtres; le dessous du corjis est d'un blanc jaunâtre. H habite les forêts des sources du Meschasabé; on ignore ses habiludcs.

Le Spermophii.e ce Franklin {Spermophilus Franklinii, Less. Arctomys Franklinii , Sarine. La Marmotte grise d'Améririue) a dix pouces (0,271 ) de longueur totale ; elle a la gorge d'un blanc sale ; son pelage est d'un gris jaunâtre varié, ou brunâtre pi()tiel(' <le blanc j.uinâtre, couleur produilc |i;ir ses poils bruns à la base, d'un hl.iiic sale au milieu, auuei('s de noir, et terminés de blanc jaunâtre ; ceux du ventre sont noirâtres à leur origine, d'un blanc sale à leur extrémité; la queue est annelée de blanc et de noir; le museau est très-obtus , et les oreilles sont assez longues. 11 habite le nord de l'Amériipie.

Le Spermdpiiile de Parrv (Spermophilus Parnji , Less. Arcto-

mys Parryi, Richards. L'Écureuil de terre, Heabn.) a cinq doigts aux pieds de devant, et des abajoues; son museau est coniipie; ses oreilles sont très-courtes ; sa queue est noire au bout, longue ; il a le corps tacheté en dessus de plaques blanches et noires confiuentes, et le ventre d'un roux ferrugineux. 11 habite le nord de rAméri(jue.

Le WiSTOUvvisrii (Spermophilus ludovicanus, Less. Arctomy<i ludoviciana, Sav. Arctomus missouriensis, Ward. Cynomis socialis, Rafin. Le Chien des prairies, Lewis et Clark) a seize pouces (0,-453) de longueur : son pelage est d'un rouge brun ou d'un brun roussàtre sale et pâle, entremêlé de poils gris et de poils noirs; sa lôte est large, déprimée en dessus; il a les yeux grands, les oreilles courtes et comme tronquées ; tous les pieds ont cinq doigts ; sa queue , assez courte , a une bande brune vers son extrémité.

Cet animal a reçu des Américains le nom singulier de Chien des prairies, non pas <]uil ait ([uelque analogie de mœurs ou de formes avec les chiens, mais parce qu'on a cru trouver de l'analogie avec l'aboiement de ces derniers animaux et son cri. Selon Harlan , ce cri s'imite assez bien, en prononçant avec une sorte de sifflement la sylhdie tcheh. Cette espèce est très-commune dans la province du Missouri , où elle vit en troupes plus ou moins nombreuses, chaipie famille occupant un terrier qui lui est exclusif; il en résulte que ces terriers sont très-rapprochés et forment comme des sortes de garennes auxquelles les habitants du pays donnent le nom de villages. Quelques-uns de ces villages ont une petite étendue, mais il eu est d'autres qui ont jusqu'à plusieurs milles de circuit. Du resie, les habitudes de ce spermophile sont à peu près les mêmes que celles de la marmotte des Alpes.

Le Spermophilg gris (Spermophilus griseus , Less. Cynomys griseus, Bafin.) a environ dix pouces et demi (0,283) de longueur; son pelage est fin , entièrement gris; ses ongles sont longs. Cette espèce douteuse habiterait les bords du Missouri. .le la regarde comme une variété de la précédente.

A la suite des spermophiles nous ])lacerons un genre assez hétéroclite, composé d'une seule espèce, dont on a fait une famille sous le nom d'ulacodées. L'animal qui la compose ressemble aux marmottes par la form(^ des dents, mais il se rapproche des porcs-épics par plusieurs autres caractères, et particulièrement par les soies dures et longues de son pelage.

9« Genre. Les ULACODES [Aulacodus, Te»im.) ont douze dents pendant leur jeunesse et seize dans l'âge adulte, savoir ; deux incisives supérieures fortement cannelées, ayant chacune deux sillons; deux inférieures lisses et tranchantes; point de canines; quatre ou six molaires ayant deux sillons profonds et trois émineuces à la mâchoire sup('rieure; quatre ou six molaires à la mâchoire inh'rii'un;, la première de cliai|uc coté ayant trois sillons et (jiiatre éminences ; le museau est court, large, obtus, sans abajoues; ils ont quatre doigts à tous les pieds, et un cinquième, rudimentaire, caché sous la peau; leur queue est entièrement poilue; leurs oreilles sont grandes, à conque garnie de replis internes.

L'Ih.ACODE SWINDERIEN [Aulacodus swindcranus , Temm.) a huit pouces et quart (0,22!.) de longueur, c'est-à-dire qu'il est un peu plus grand que le campagnol atpiatiipie (Uipudœus amphibius). Ses oreilles sont nues, très-grandes, en demi-cercle; la queue, à peu près grande comme la moitié du corps, est garnie de poils coiirls; le ])clage est grossier, formé de soies diirt^s et longues, aunch^es de Jaunâtre et de brun foncé; le dessous du cor|)S est d'un blanc jaunâtre uniforme; la queue se termine par un flocon (le poils. La patrie et les mœurs de cet animal sont inconnues; mais il est probable qu'il vit dans un terrier, comme les marmottes.

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