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LES RATS-TAUPES

ont au plus seize molaires; leurs incisives infi'rieures sont tronque'es, en coin, c'est-à-dire à tranchant Iransverse rectiligne et non en pointe; les ongles, des pieds de derrière au moins, sont plats.

10« Genre. Les RATS-TAUPES {Spalax, Gulh.) ont seize dents, savoir: quatre incisives, en forme de coin; six molaires en haut et six en bas , simples , à tubercules mousses ; leur corps est cylindrique; leurs pieds courts, les antérieurs propres à fouir la terre, tous munis de cincj doigts; leurs yeux sont excessivement petits, caches sous la peau; enfin leur queue est nulle qu trèscourte.

Le Zejini {Spalax tijphlus, Guld. Aspalax typhlus, Pesm. Spalax major. Erxi.eb. Spalax microphthalmus , Gui.denst. Mus typhlus, Lin. Le Zemmi , le Slepes , le Rat-Taupe, et la Taupe aveugle des voyageurs) a jus(iu'à huit pouces (0,'2I7) de longueur, c'està-dire ((u'il est à peu près de la taille du rat commun; son pelage est fin, serré, d'un gris rendre lavé de roussâtre, ou ferrugineux, quelquefois ayant des taches blanches irrégulières; sa tête est grosse, anguleuse sur les côtés; il manque de queue.

Le zemni était connu des Grecs, q>ii lui donnèrent le nom d'aspalax et remarquèrent fort bien qu'il est aveugle. Les auteurs latins qui vinrent après traduisirent ce mot aspalax par celui de talpa, taupe , parce qu'ils ne connaissaient pas le zemni, et de là est venue cette erreur populaire que la taupe est aveugle. Quoi qu'il en soit, ainsi qu'elle, le zemni habite de longues galeries souterraines, d'où il ne sort que très-rarement. En cieusant son habitation, il trouve sa nourriture, consistant en racines bulbeuses, et principalement en celles du cerfeuil bulbeux [Chœrophyllum bulbosum) qu'il aime beaucoup. C'est particulièrement dans les terres humides, où cette plante croît abondamment ^ que cet animal aime à fixer sa résidence. Dans le temps des amours, c'est-à-dire dej>uis le printemps jusqu'au milieu de l'été, il se hasarde quelquefois à sortir de son trou pour aller chercher sa femelle, mais il le fait avec beaucoup de prudence. Il marche avec iuipiiétude, s'arrête de temps en temps, la tète haute, non pour voir le danger, iJuisipi'il n'a pas d'yeux, mais pour écouter, car, en compensation de la vue, qui lui serait à peu près inutile dans son habitation souterraine , la nature lui a donné une ouïe d'une finesse extrême. Au moindre bniil il fuit avec vitesse, tantôt en avant, si le danger lui paraît venir derrière lui, tantôt à reculons , et il est aussi agile dans cette singulière démarche que s'il courait devant lui. Est-il attaqué, il se défend de la grill'e et des dents, avec un courage extraordinaire, et il ne cesse de combattre qu'en mourant. La femelle fait de deux à quatre petits, qu'elle élève avec soin et qu'elle allaite avec ses deux mamelles. Cet animal liabite l'Asie-Mineure, la Perse, la Uussie méridionale jus(pi'au nord de la mer Caspienne. Il est fort gras en automne, et pèse jus(iu'à un kilo et demi.

Le SuKEiiKAN [Spalax talpinus, Lemnus talpinus, Desm. Mus talpinus, G^ih. Spalax minor, Enxi.EB., Lemniomys talpinus, Less.) n'a guère que trois pouces (0,081) de longueur; son pelage est d'un gris brun en dessus, blanchAlrc en dessous. Il a une petite queue. Ou en coiniaît une variété à pelage noir. Il se creuse des galeries coumie le pi('c('(lent, et n'en sort que la nuit. Il se nourrit principalement de bulbes de ge.sse tubéreuse (Lathyrus tuberosus] , de phlomis tubéreux [Phlomis tuberosus), et d'oignons de tulipes. Dans le temps de ses amours, il répand une odeur mu.squée assez forte. Il habite la Russie im'ridiouale, la Tartarie et la Bukkarie.

Le Rat-tai'I'E a itAxnES {Spalax vittatus. Spalax trivillala, Rafin.) est long de sept pouces (0,189) et a la forme d'un cochon

d'Inde; ses oreilles sont petites, ovales, un peu pointues; il manque absolument de queue; son pelage est fauve en dessus, avec trois bandes longitudinales larges et brunes; le dessous du corps est blanc. Il habite le Kentucky, aux États-Unis d'Amérique.

Le ZocoK {Spalax zocor. Lemnus zocor, Dessi. Mus aspalax, Lin. — Pai.i.. Siphneus aspalax, Bkandt.), ]>1us petit que le zemni, a le pelage d'un gris roussâtre , mélangé de gris clair et de brun à la racine , passant au blanchâtre en dessous ; sa queue est trèscourte, pointue, couverte de poils de même couleur que le dos; le corps est raccourci, ventru. Il n les mêmes habitudes que les précédents, et se nourrit principalement des bidbes du Ils pompon (Liiium pompimium) et de l'éi-ythrone dent-de-ciiien {Enjthronium dens-canis). Il habite la Daourie et les monts Allais.

11= Genre. Les BATIIYERGUES {Baihycrgus, Ii.lig.) ont seize dents, savoir : quatre incisives en coin , et douze molaires; leurs pieds de devant sont munis d'ongles robustes propres à fouiller la terre; leurs yeux sont extrêmement petits, mais découverts; leur queue est très-courte.

Le Cricet {Balhijergus capensis , Desm. Mus capensis , G.ml. — Pai.l. Le Pclit rat-laupe du Cap, Ruff.) est de la grandeur d'une taupe; son pelage est brun ; il a le bout du museau blanc, avec une tache blanchâtre autour de l'oreille , une autre autour de l'œil , et une troisième sur le vertex. Il habite les environs du cap de Bonne-Espérance , et il y fouille la terre à la manière des taupes.

Le Batiiyergue iioTTENTOT [Batlnjergus hollcnUilus , Li;ss. et Garn.) est moitié plus petit que le précédent, et a quatre pouces six lignes (0,122) de longueur; son pelage est d'un brun gris, passant au cendré en dessous; sa ipieue, excessivement courte, est bordée de poils distiques. Il habite les environs du cap de Bonne-Espérance, prèslaPéarl.

12" Genre. Les OBYCTÈRES {Onjcterus , Fr. Cuv.) ont vingt dents, savoir : quatre incisives, ayant un .'•illon longitudinal trèsprofond; point de canines; huit molaires en haut et huit en bas. Leur museau , plus allongé que dans le genre précédent , est terminé par un boutoir; leur queue est plate.

L'Orïctère des dunes [Orycterus maritimus , Less. Bathyergus maritimus, Desm. Mus maritimus, Gmi,. La Grande Taupe du Cap, Blff. Le Bat-taupe des dunes, G. Cuv.) est presque aussi grand qu'un lapin. Son pelage est d'un gris blanrhâtre; sa queue est grise, à poils roides. Cet animal , qui vit à la manière des taupes, fouille tellement la terre dans les environs du Cap de Bonne- Espérance, où il habite, qu'il est souvent dangereux de se promener à cheval ilans les cantons où il est commun. 11 se nourrit de racines et d'oignons de plantes bulbeuses.

12° Genre. Les CTÉNOMES (C^'/iomt/.'î, Bi.ainv.) ont vingt dénis, savoir : quatre incisives fortes, à coupe carrée, à bord large, sans sillon sur leur surfaei^ ; huit molaires en haut et huit eu lias; leur tête est ovale, peu déprimée; leurs yeux .sont petits; leur corps est assez allongé, un peu déprimé; leurs Jambes sont courtes; leurs pieds ont cin(i doigts pourvus d'ongles longs, très-arcpiés, pointus, propres à fouir la terre; ceux des (lieils de derrière plus courts, plus larges, t relises en cuiller en arrière, garnis à leur racine de poils roides en râteau.

Le Cténome du Brésil {Ctniuinys brasilicnsis, Blainv.) est de la taille de notre rat d'eau. Son i)elage est doux, lin, court, d'un gris ardoisé à sa base, et d'un bruu roussâtre luisant dans tout le reste de sou étendue ; le dessous est d'un blanc roussâtre ; sa

LES RONGEURS

queue est me'diocre, à poils rares et d'un brun noirâtre. 11 habite le Brésil.

15" Genre. Les HÉLAMYS (Helamys, Fr. Cuv.) ont vingt dents, savoir : quatre incisives en forme de coin ; huit incisives à chaque

avec une ligne de la même couleur dans le pli des aines; ses jambes sont brunes; sa queue, assez mince, est roussâtre à l'origine en dessus, grise en dessous, noire à l'extre'mite'.

Le mannet habite les montagnes autour du cap de Bonne- Esperance. Avec ses ongles puissants il se creuse un terrier ayant

Le Rat-Taupe.

mâchoire, .siiii|des, à deux lames ; ils ont le museau épais; les oreilles longues; les jambes de devant courtes, à cinq doigts armés d'ongles fort longs; les jambes de derrière Irès-longues, à quatre doigts ; la queue longue et très-touffue ; quatre mamelles pectorales.

quelque analogie avec celui d'un lajtln , mais un [leii ]ilus large. C'est là que cet anitnal se retire pendant le jour , car ses grands yeux nocturnes ne lui peniiettent jias de soutenir l'éclat des rayons du soleil. Il dort pi'ofondénient toute la journée , et il semble ([u'il y nielle une sorte de volupté paresseuse. Assis sur

L'Hélamys Mannet.

Le Mannkt ou Lii:vRK sauti.ur du Cap {Helamys cafcr, Fii. Ciiv. Pedetes capensis, Desm. Dipus cafer , Gmi,. Le Grand Gerbo, Buir. Le Herr/haas nu Springharm des habitants du Cap) est à peu près de la grandeur et de la couleur d'un lièvre; il est d'un fauve jaunâtre clair, varié de noirâtre en dessus, blanc en dessous.

le derrière , le dos appuyé contre la paroi de sa chambre à coucher, il ploie le dos, courbe la tête et la place entre ses deux genoux écartés et mollement iiliés; avec ses mains, il prend ses d.ux longues oreilles, les rabat sur ses yeux en manière de rideaux, et par ce moyen aucune disliaction ne lui arrive, m par

GEIiB01Sl-:.S.

la vue, ni par l'ouïe. S'il se reveille de lemps a autre , c'est pour goûter à ses provisions, et se remlormir bientôt après dans une douce quie'tude. Mais quand les premiers voiles de la nuit ont assombri l'iiorizon, il quitte son atliluile somnolente, et pense à faire ses provisions jiour le lendemain. Il sort de son terrier, el du bord de son trou évente les environs pour s'assurer qu'aucun danger ne le menace. Alors il se hasarde dans la campagne, mais avec précaution , et il ne s'éloigne Jamais beaucoup de sa retraite, afin de pouvoir y rentrer promptenient s'il aperçoit quelque objet in(|uiétant. I.()rs{|ii'il est tranciuille, il marche sur ses quatre pattes, et ramasse l'herbe et les graines dont il se nourrit. 11 goûte à ses provisions avant de les transporter, et pourjcela , debout sur son derrière , il les porte à sa bouche avec ses pattes de devant, qui font ofl'ue de bras et de mains. Apercoit-il un animal carnassier ou un chasseur, il fuit en sautant

sur ses jambes de deiriére , en conservant sa |)osition verticale et faisant des bonds prodigieux. Dans ce cas, ses jambes de devant sont si exactement appliquées contre son corps, qu'elles disparaissent presiiue enlièreuient dans les poils de la poitrine.

Du reste, cet aniuial , si tiuiide à l'état sauvage, s'apprivoise très-facilement, et, en domesticité, il porte ((uelquefois la familiarité Jusqu'à l'insolence. Comme sa chair est assez bonne à manger, les Iloltentols et les colons lui font une guerre active. Ils cherchent .son terrier, le découvrent avec la pelle et la pioche, et s'emparent de l'animal , qui fait fort peu de résistance, et qui se borne le plus souvent à pousser un petit grognement sourd de colère , si on ne le blesse pas. Quand son terrier est creusé dans des fissures de rochers, on le force à en sortir en le fuuiant. coniuie nous faisons ici pour les renards.

La Gerboise Alnrtfg.i

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