Paris. Typograpliîo Pion
et au mois de juillet arrivent sur les bords de l'Ochotsk et du Joudoma, après une route de plus de six cent vingt-cinq lieues. Au moment de leur départ, ils formaient des colonnes si nombreu.ses, qu'il leur fallait ])lus de deux heures \mw déliler; mais au retour, qui a lieu la même année, au mois (l'octobre, il n'en est plus de même; les renards, les martes, les hermines, les oiseaux de proie, la fatigue, et les mille accidents d'un long voyage, les ont plus (pie décimés, et .souvent il n'en revient pas la moitié. Leur arrivée n'en est pas moins un jour de fête pour les Kamtschadales, parce (pie c'est un signe certain de la fin des tempêtes (pii ont ravagé le pays pendant leur absence, parce qu'elle présage une anni'e heureuse pour la pêche et les récoltes, et aussi parce qu'ils amènent à leur suite mie foule d'animaux carnassiers à fomrures, qui promettent une chasse abondante et lucrative. On sait, au contraire, «pie lori!(priis retardent leur arriv('e, c'est un pronostics infaillible de jduies et d'orages. Du reste, les émigrations des campagnols ne sont pas plus périodiques que celles des lemmings.
frwrea, rue do Vatigirard , 30. *®
LES RONGEURS
Ordinairement, cliez la plupart des autres animaux qui vivent en famille ou en petite socie'té, c'est le mâle qui se charge des plus rudes travaux; ici c'est le contraire : les femelles sont un tiers au moins plus grandes que les mâles , fortes à proportion , et beaucoup plus laborieuses. Vers le milieu de mai, et peitl-étre plusieurs fois dans l'année, elles niellent bas deux ou trois petits, qui naissent aveugles , et ikjnt elles prennent le plus grand soin. Le campagnol e'conome du Knmlsi lialka n'est qu'une variété trèslégère de celui de Sibiirie , et il n'en diffère que par sa taille un peu plus grande, et son pelage d'une teinte légèrement plus brune.
Le Campagnol fauve {Arvkola falvus, Desm.) a la queue un peu plus courte que la moitié du corps; ses oreilles sont à peine visibles; son pelage est «l'un fauve roussàtre, avec le ventre et les pattes jaunâtres. Il habite la France. U se pourrait qu'il fit double emploi avec le Lcmnus fulvus dis. Geoffroy, et VArvicola vulgaris de Desraarest.
Le Campagnol ai.liaire [Arvicola atliarius, Desm. ij'm alliarius, Pall. — Gml.) est de la grandeur du campagnol ordinaire; ses moustaches sont fort longues; ses oreilles grandes, presque nues; sa queue est de la longueur du tiers de son corps; son pelage est d'un gris cendré en dessus, blanc en dessous. Il habite la Sibérie, à l'est de l'Obi, se creuse un terrier, et se nourrit d'ail, dont il fait des provisions.
Le Campagnol des rochers ( Arvicola saxatiUs , Desm. Le Mus saxatilis de Pall. et Gml. ) a la queue longue comme la nioillé du corps; ses oreilles sont grandes, ovales; son pelage est brun, mêlé de gris en dessus, gris foncé sur les flancs, et d'un cendré blanchâtre en dessous. Il habite la Sibérie et la Mongolie.
Le Campagnol roux {Arvicola rulUus, Desm. Mus ruiilus, Pall. — Gml.) a la queue longue comme le tiers du corps ; son pelage est roux en dessus, blanchâtre en dessous, teinté de gris et de jaunâtre; ses oreilles sont nues, bordées de poils à l'extrémité seulement. On le trouve en Sibérie et au Kamtschatka.
Le Campagnol social (Arvicola sociaiis, Desm. Mus socialis, Pall. Mus yregarius, Lm.) est remarquable par la finesse et la mollesse de .son pelage d'un gris pâle sur le dos, d'un blanc pur sur le ventre et sur les extrémités; ses oreilles sont courtes, larges et nues; sa queue, blanchâtre, est longue comme le «piart de son corps. H vit d'oignons de la tulipe de Gesnère , dans 1rs dé.serts du Volga et du iaïk, et quelquefois en si grand noud>rc, qu'on ne peut faire un pas sans enfoncer ses terriers.
Le Campagnol d'.Astrakan (Arvicola astrachanensis , Desm.) a la queue de la longueur du quart de son corips; il est jaune en dessus, cendré en dessous; sa grandeur est celle d'une souris. Ou le trouve dans les environs d'Astrakan.
Le Campagnol des collines (Arvicola greç/alis, Desm. Mus yregalis, Pall. — Gml.) ressemble beaucoui) a" campagnol. ordinaire, mais 8on pelage est d'un gris pâle sur le dos, et d un blanc sale .sous le ventre; les oreilles sont très-minces et assez grandes; la queue porte environ (luarante anneaux écailleiLX. Celte espèce a les mêmes mœurs (pie le campagnol économe, mais comme elh; habite des montagnes (pii ne sont pas sujettes aux inondations, elle n'a pas besoin d'émigrer. Ce campagnol est commun dans les montagnes de la Daoïirie, et depuis llrtich juscpi'aux sources du .I<;iiiseï. Son terrier ress('mblc à celui de l'éconoiiie, à cette didrience ipie les ouvertures des galeries sont couvertes d un petit doine de terre. Il se nourrit des bulbes de l'ail teniiissininm et du lis de pompone.
Le Campagnol rayé (Anncola pwnilio, Desm. Mus pumilio , Spabm.) se dislingue de tousses congénères à son pelage bleu clair en dessus, luarqiK' de quatre iiandes longitudinales noires. On le trouve au ca[( (!(• Honiie-I^spt^raiice. C est iirobablenient un mus.
Le Campagnol AUX jouis fmivrs (Arvicola xanthognalus , Desm.) a le pelage fauve varié de noir en dessus, d'un gris cendrt- clair
en dessous; ses joues sont fauves; sa queue est noire en dessus, blanche en dessous. Il habile les bords de la baie d'Iludson.
Le Campagnol a queue blanche (Arvicola albicandatus , Desm.) a la queue à peine aussi longue que la moitié de sou corps, blanche en dessus; son pelage est brun et ses pattes blanches. Sa patrie m'est inconnue.
28« Genre. Les MYNOMES (Mynomes, Rafin.) ne difVèrent du genre précédent que par le nombre de leurs doigis, qui est de quatre à chaque pied, avec un doigt interne fort court, et par leur queue qui est aplatie, velue, écailleuse comme dans les ondatras. .
Le MvNOME DES PRAIRIES (My7ioines pratensis, Rafin. Arvicola pensijtvanica, Ord. et IIarlan) a quatre pouces (0,108) de longueur, et sa queue n'a que neuf lignes (0,020j; son pelage e.--! d'un fauve brunâtre en dessus, et d'un blanc grisâtre en dessous. Il habite les Elats-Unis, se creuse un terrier sur le bord des rivières , et se nourrit de bulbes d'ail et autres plantes de la famille des liliacées.
29» Genre. Les StGMODONS (Sigmodon, Say et Oru. ) ont seize dents, savoir : qtiatre incisives; jtoint de canines; six molaires en haut et six en bas , égales, avec des racines , et à couronne marquée par des sillons alternes, très-profonds, disposés en sigma ■ ils ont cinq doigts aux pieds de derrière, et quatre à ceux de devant avec le rudiment d'un cinquième doigt onguiculé; leur queue est velue.
Le Sigmodon velu (Sigmodon hisjjidum, Sav et Ord. Arvicola hortensis, IIarl ) est long de six pouces (0,162), avec une grosse tète, de grands yeux, et le museau allongé; son pelage est d'un jaune d'ocre pâle, mélangé de noir sur la tête et en dessous; leparties Inférieures du corps sont cendrées. Cet animal habite la Floride orientale, dans les cbaïups qui avoisinent la rivière de Saint-Jean.
50<^ Genre Les NÉOTOMES ( iVcotomo , Say et Oru.) ont seize dents, savoir : quatre Incisives; pas de canines; six molaires en haut et six en bas, ayant de longues racines qui man(|uent à celles des campagnols ; ils ont aux i)ieds de devant ipiatre doigis avec le rudiment d'un cin(piièuie, et cinq doigts aux pieds de derrière; leur queue est velue.
Le Néotome de la Floride {Neotoma ftoridana, Say et Ord. Mus lloridanus , Desm.) a la ((ueiie plus longue ipie le corps, brune en dessus et blanche eu dessous; les oreilles fort grandes; le pelage iloux et court, d'un gris ploiid»' m('lang(' de poils noirs et jaunâtres , en dessus; plus brun sur le dos et plus jaune sur les flancs; le dessous du corps est d'un blanc pur. Il habite les bords du Missouri et les montagnes Hocheuses.
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