LIÈVRES
roussâtre pâle ; le dessous du corps d'un blanc roussMre, avec la queue d'un brun noir en dessus et blanfliAtre en dessous; ses oreilles sont très-longues. Il habite l'Ésypte.
Le LiisvRF. nu Cap ou Moutain iiare {Lepus capensis. Lin.) est plus grand (jue notre lièvre ordinaire. Son pelage est d'un gris roux en dessus et blanc en dessous ; sa poitrine et ses jambes sont d'un fauve uniforme et vif; sa (pieuc est nnir(î en dessus, blanche en dessous; un trait roussiUre, borde d'une bande hrunAtre en dessous, occupe la re'gion de l'oreille, dont lexl remite est noire; ses oreilles et ses jambes sont extrêmement allonge's. 11 habile les dunes du cap de Bonne-Espt^rance , mais il n'est pas commun.
Le LiicvRE PEs rochers (Lep!<s saxntilis, Fr. Cuv.) ressemble beaucoup par son pelage au lapin dessables, avec lequel M. Lesson l'a confondu, mais il en diffère totalement par ses formes. Il est un jieu moins grand que le précédent; son pelage est roussfttre en dessus , d'un gris roussâtre sur les membres, gris sur les (lancsetla gorge; le dessus du cou est d'un roux vif, ainsi ipinne l)artie des oreilles dont l'exUémité est noire . avec la partie interne d'un gris piqueté de noir et de fauve, comme la tète; la tache oculaire est d'un gris cendre'; le dessous du corps et de la tète est blanc; le dessus de la queue est noir, et le dessous blanc. 11 habite les montagnes du cap de Bonne-Espérance.
Le LiisVRE VAniABi.E [Lepux variabilis, Pai.l.) est plus grand ipie notre lièvre ordinaire; ses oreilles sont plus courtes (]ue sa tête, et noires au bout en tout temps; il est d'un gris fauve en été, blanc en hiver; sa queue est blanche ou fauve, selon la saison. Ce lièvre est voyageur, change souvent de canton, et vit solitairement. Sa nouriiture principale consiste en graine de pin cemliro et en ([iielques esiièces d'agarics. 11 habite les Alpes de Savoie et tout le nord de 1 Europe.
Le Lièvre hybride {Lepus hybridus , Pall.) n'est probablement qu'une variété du précédent, que Pallas regardait comme un métis du lièvre ordinaire et du lièvre variable. Il ne diffère de ce dernier que par sa queue, qui reste constamment noire, et par son pelage, qui ne blanchit qu incomplètement et conserve du gris pendant l'hiver. Il habite la Russie et la Sibérie.
Le Rekai.ek {Lepus ghicialis, Sauine) est plus grand que le lièvre variable ; son pelage est entièrement blanc en été et en automne, d un brun grisâtre en hiver, et ses lèvres sont noires ; ses oreilles sont ])ius longues que sa tète; sa queue est très-courte ; ses ongles sont déprimés, larges et forts. Son pelage est grisâtre avant l'âge adulte. 11 habite les falaises du bord de la mer, dans le Groenland, et l'ile .Melville, oii il est très-comiiuin. La femelle met ordinairement bas huit petits.
Le AVauvnc. iiare ou Lucvre de Vikcime {Lepus virginianus, IIari..) est d'un gris brun ou d'un gris plombé en été, blanc en hiver, avec, en tout temps, un cercle d'un fauve roussâlre autour des yeux ; sa queue est très-courte, et ses oreilles sont à peu près de la longueur de sa tête. 11 vit dans les prairies qui bordent le Missouri , et ne se creuse i)as de terrier.
Le Tai'iîti {Lepus brasilimsis, Lin.) est plus petit ipie le lapin ; son pelage est varié de brun noir et de jaunâtre en dessus; il a un demi-collier blanc sous le cou ; ses oreilles sont beaucoup plus courtes que sa tète , et sa queue est tellement courte , (pi'elle reste cachée dans les poils des cuisses. 11 habite le Brésil et le l'araguay, et vit dans les bois. Il ne se creuse ]ias de terrier, mais il se relire sous les vieilles souches d'arbres.
Le ToLAï (Upus lulai , Gmi..) est un peu moins grand (|U(^ le lièvre ordinaire et un peu plus que le lapin. Sa tète et son dos sont mêles de gris pâle et de brun ; la gorge et le dessous du corps sont blancs, la nuque, le dessous du cou et les oreilles sont jaunâtres, celles-ci bordées de noir en dessus; il a du bl.uic au mviseau cl autour de Ifi'il ; la (picue est blanche en dessous noire en dessus. Il habite la Siiit-rie, la Mongolie, la Tartaiie, et se trouve jusqu'au Thibet. Ouaiul il est chass(' par les chiens, il
file de long droit devant lui , sans ruser, et se réfugie dans le premier trou de rocher, ou autre, qu'il |ieut trouver.
Le Lapin hes sabi.es {Lepus arenarius , Is. Geoff.) est d'un quart plus petit (|ue notre lapin ordinaire; son pelage est d'un gris cendré tiqueté en dessus; les membres, la gorge, les flancs, le tour de l'teil et le bout du museau sont roux; la tache du derrière (lu (OU est grise et fort petite ; le dessous de la tête est d'un blanc roussâtre, et le dessous du corps est hianc; la queue, pareillement blanche en dessous , est noire en dessus ; les oreilles sont de même couleur que chez les lapins, seulement elles ont une tache noire ])lus étendue à l'extrémité. 11 habile le pays des Hotlenlols.
Le Lai'IN i>e Magei.i.anie {Lepus inayellanicus , Less. et Garn.) est entièrement d'un noir violacé, offrant çà et là des taches blanches; les oreilles sont d'un brun roux, et ])bis courtes que la tête; il a plusieurs taches blanches régulières, l'une sur le nez, l'autre entre les deux narines, une troisième sur la gorge, et une (pialrième sur le front. Il vit en grandes troupes aux Iles Malouines.et se creuse un terrier sous les raie< buissons du pays.
Le Lapin d'Amiïrhiue {Lepus hudsonius, Pai.l. Lepus americanus, Desm.) est de la grandeur d'un moyen lapin. Son pelage est d'un roux brun tiqueté de gris sur quelques parties; son ventre et le dessous du cou sont blancs; les oreilles sont plus courtes «pie la létc, noires à leur extrémité; la queue est blanche en dessous, grisâtre en dessus, et longue de deux pouces (0,051), ce (pii le dislingue très-bien du tajiéli avec le(iuel G. Cuvier l'a confondu. Il devient blanchâtre pendant l'hiver. Il habite l'Amérique septentrionale et ne se creuse pas de terrier.
Le Lapin ordinaire {Lepus cuniculus, Lm.) a le pelage gris, mêlé de fauve, et une plaque rousse sur la nuque; son ventre et sa gorge sont blanchâtres; ses oreilles sont à peu près de la longueur de la tête, grisâtres en dehors, d'un roux tiqueté en dedans, avec un liséré noir à la partie supérieure; la (pieue est blanche en dessous, brune en dessus. Originaire d'Afrique, le lapin a d'abord été naturalisé en Espagne, d'où il s'est répandu eu France et dans tout le reste de l'Europe. Il vit en troupes nonibreuses , dans des garennes où cha(pie famille se creuse un terrier; la femelle y met bas deux ou trois fois par an , jusqu'à liuil à dix petits, qui n'en sortent que lorsqu'ils sont assez forts (lour se suflire à eux-mêmes et se creuser de nouveaux terriers dans les environs, car jamais ils ne s'éloignent beaucoup de l'endroit (jui les a vus naître , et ils ont cela de commun avec tous les lièvres. Jusque-là elle défend au mâle l'entrée de sa retraite, parce qu'il ne manquerait pas de tuer ses enfants s'il pouvait y pénétrer; elle a soin, toutes les fois qu'elle en sort, d'en boucher l'entrée avec de la terre délayée. Soumis à la domesticité, le la|)in , (|ui ])rend dans ce cas l'épitliète de clapier, a fourni plusieurs variétés, toutes plus gro.sses que leur ty|)e, et ayant les oreilles plus longues. Les plus remarquables sont :
1" Le Clapitr à lonçjues oreilles, (pii atteint la taille des |)liis grands lièvres ; son pelage est le même «pie celui du lapin de garenne, mais ses oreilles sont, proportionnellement, beaucoup plus longues et jdus larges;
"2" Le Clapier blanc, à |)oils ras et pelage entièrement blanc. H a les yeux rouges comme tous les albinos;
5" Le Clapier varié, mélangé de gris et de blanc;
l" \.eClapier roux, d'une couleur rousse i)lus ou moins jaunâtre:
ti" Le Clapier noir, à poils ras comme les |M(-cédents, et pelage entièrement d'un noir fonciî;
()" Le Clapier pie, varié de noir et de blanc;
7" Le liiche, à poils soyeux, et pelage d'un gris d'ardoise plus ou moins fonci';
S" Le Lapin d'Angora, à poils très-longs, très-soyeux, i|u'on lui arraclu; elwKpie ainu'C pour rein|)loyer à la fabrication de feutres, de tricots et autres (■tofl'es. Celui-ci a fourni plusieurs sous-vari('tés de couleur, ])arnii lesquelles on remarque:
LES RONGEURS
9" L'Argenté, à poils très-longs et d'une blancheur parfaite.
La chair lies lapins de garenne est assez estime'e, mais il n'en est pas de même de celle des lapins domestiques, qui est toujours ]diis ou moins fade , à moins qu'ils n'aient e'te' nourris avec des végétaux choisis, et non avec des plantes potagères, telles que le chou , etc.
41'* Genre. Les LAGOMYS [Lagomijs, G. Cuv.) ont vingt-si.x dents , savoir : quatre incisives supérieures et deux inférieures ; dix molaires en haut et dix en bas; toutes les dents à peu près conformées comme celles des lièvres. Leurs Jambes sont à peu près de la même longueur entre elles; leurs oreilles sont courtes, arrondies; ils manquent de queue, et leurs clavicules sont presque complètes ; la femelle a de quatre à six mamelles.
que sept pouces (0,189) de longueur; son pelage est épais, fin, très-doux, d'un fauve grisâtre, mélangé de brun et de gris; le dessous du corps est d'un blanc sale, avec la gorge, les lèvres et le nez tout à fait blancs; les oreilles sont un peu triangulaires, bordées de blanc. 11 habite les parties méridionales des monts Durais, et vit solitairement dans un terrier qu'il se creuse sur la lisière des bois, dans les cantons fertiles et découverts. Il n'en sort que la nuit pour aller chercher sa nourriture , consistant en feuilles, fleurs, bourgeons et éeorces d'arbres, tels que le pommier sauvage , le cerisier nain , le robinier frutescent, et le cytise rampant. Chaque jour, au soleil couciiant et au soleil levant, il pousse des cris aigus, sans doute pour appeler une femelle, et ces cris le dénoncent aux chasseurs.
L'OfiOTON [Lagoimjs ogolona , Lesm. Lepiis oç/olona, Pai.l. Le
Le Lapin.
Le PuiA (Lagoiin/s pika , Geoff. Lagoinijs aliiinus , Desm. Lepus alpinus, I'.m.ias) a neuf pouces et demi ((),:2.")7) de longueur; il est généralement d'un roux jaunâtre avec quelques longs poils noirs; le dessus du corps est d'un fauve pâle, le tour de la bouche cendré , le dessous des pieds brun ; les oreilles sont arrondies et brunes.
Cet animal est très-commun en Sibérie, où il liabitr dans les montagnes les plus hautes et les plus escar[)ées, les bois, les vallées, et les prairies fraîches et herbeuses. Quebiucfois il se creuse un terrier, mais le plus souvent il fixe son habitation dans un trou de rocher ou dans un arbre creux , et il s'y retire solitairement, ou, plus ordinairement, avec un ou deux de ses camarades. U se nourrit de feuilles et d'herbes, et il a la prévoyance de faire une bonne provision pour passer l'hiver dans I abondance. Dès le mois d'août il commence ses approvisionnements, consistant en herbes (ju'il choisit, coupe et fait sécher avec beaucoup de soin. Ensuite, pour mettre ce foin à l'abri des intempéries de l'air, il eherohe un tionc d'arbre cicusé p,ir le lem|is, une grotte, ou un ti'ou dans une roche. Là plusifMU's se réuni.'isent i)our établir un magasin commun, et ils y entassent une quantité de foin calculée sur le nombre d'individus qui auront à s'en nourrir pendant la mauvaise saison. Aussi n'est-il pas rare de trouver de ces tas (pii outJus(prà cin(| et six picils (I ,(i-2i et 1,0i<IJ de hauteur et huit d<: diameti-e (:2,;i'.)!)j. Cette haliiliKh' des pilvas l'ouiÉiit aux voyageurs cpii osent p(>nétrei- dans les vastes solituilcs de la Sibérie une précieuse ressource jiour uouirir leurs chevaux.
Le Sci.i.AN [Lagomiis pusitlu^, Desm. Lepuf: piisillus , Vmi.. Le Luguing^ nain, {,. Ciiv.) est jilus jietil cpie !.• pnVéïleul , cl n'a
Lagoimjs gris, G. Cuv.) a six pouces et demi (0,1 76) de longueur; il est d'un gris pâle en dessus, blanc en dessous, avec les pieds jaunâtres; ses oreilles sont ovales, un peu pointues, de la cou. leur du corps; son pelage est fin, lisse, et assez long. U habite la 'l'artarie mongole et les montagnes au delà du lac Daikal. Comme le précédent, il se creuse un terrier, dont il ne sort ([ue la nuit, et son cri est un sifflement aigu qui se distingue très-bien de celui du sulgan. 11 se nourrit décorée d'aubépine et de bouleau, d'herbes, et surtout d'une sorte de véronique qui croît sous la neige. Ainsi que le pika , il fait une provision de foin , qu'il amasse en tas hémisphéri(pies, d'environ un jiied (0,5:23) de hauteur. L'hermine et le chat manul sont les ennemis les plus dangereux de ce petit animal; car sa petiti' taille le fait dédaigner de l'homme, ([uoique sa chair soit bonne.
DASYPOIDES.
Le Paca brun.
IJ<:S DASVPOIDKS
onl seize molaires en tout, deux incisives seulenunt à la iiiAclioiie supérieure, et deux à l'inférieure ; leurs pieds postérieurs onl trois ou cinq doigts, mais dont un de chaque côté est très-petit.
42" Genre. Les PACAS {Cœlogenus , Fr. Cuv. ) ont vingt dents, savoir : deux incisives à chaque mâchoire ; huit molaires en haut et huit en bas, composées), à couronneiplate, irrégulièrement sillonnées; ils ont cinq doigts à tous les pieds; ils ont sur les joues une sorte de cavité dont l'ouverture est extérieure; leur queue est très-courte; la femelle a quatre mamelles. Ces animaux sont de l'Amérique méridionale.
I^e Paca iibln [Co-'loyenus sub7ngi'r, Vi\. Clv. Caria l^ai-a, (Jmi,. Le Paca, Buff. Le Pag, d'Azzara. Le Pak ou VOurana, m; HAiticiiE. Le Pag et le Cullie de quelques parties de l'AuK'rique nuridionale).
Cet animal , très-commun au Brésil et à la Cuyane malgré la chasse continuelle qu'on lui fait, se trouve aussi , mais plus rarement, aux Antilles et au Paraguay. Sa longueur totale est d'un pied neuf pouces (0,,">(i9), c'est-à-dire (pril <sl plus grand qu'un lièvre; son pelage est d'un lirun noirAlre, ni.ucpié de cha(|ue r(it(' du corps de quatre ou cinq rangs de taches arrotulies, (hsposées
en liande, et Manches; le ventre, la poitrine , la gorge et la face inlei ne des jandics sont d'un Idauc sale; ses moustaches sont trèslongues , noires et blanches; sa queue est extrémeiuent courte, pres(iue rudimentaire. Comme le lapin, il se creuse un terrier à plusieurs issues, et n'en sort que la nuit pour aller paître. Sa nourriture ordinaire consiste principalement en fruits et en racines qu'il déterre en fouillant, mais il ne se sert jamais de ses pattes de devant pour i)orter les aliments à sa bouche, à la manière des autres rongeurs. Il se i)laît sur le bord des rivières et dans les lieux humides , probablement parce qu'il y trouve une végétation plus riche, mais il n'établit son terrier que dans les
terrains secs et chauds. Il produit souvent et en grand nombre, et il fallait ipi'il en fût ainsi, car les chasseurs sont toujours à sa l)nursuite, et (piand ils ne peuvent le tuer à coups de fusil, ils vont le déterrer dans son trou. Quoicpie d'un caractère i)aisible et fort doux , il défend courageusement sa vie et fait quehpiefois des morsures cruelles. La chair de cet animal est délicieuse , au dire des voyageurs, (pii la comi>arent à celle du cochon de lait, et n'en parlent jamais sans en faire le plus grand éloge. Il parait (pion le fait cuire avec sa i)eau , et ([ue celle-ci est excellente. Ln douieslicité, le paea, ainsi qu'on a pu le voir à la ménagerie,
LES RONGEURS
mange tout ce qu'on lui présente, comme du pain, des légumes, du sucre, des e'corces et même de la viande. 11 se prive aise'ment, et a beaucoup de douceur dans ses habitudes; de là, Buflbn , et plus tard Fr. Cuvier, ont pense' qu'il serait possible, et même très-utile, de le naturaliser en France et d'en faire un animal de basse-cour; mais ils ne disent pas s'il se reproduit en ca])tivilé, ce qui me parait fort douteux , et ce qui est cependant la condition indispensable de la domesticité.
Les pacas ont été tellement chassés dans les Antilles, qu'aujourd'hui il n'en reste plus guère; mais l'espèce s'est parfaitement soutenue dans les autres parties de l'Amérique. Et cependant, ils sont non-seulement la proie des hommes, mais encore de tous les grands oiseaux de proie , qui leur font une guerre cruelle et continuelle. Ces animaux ont des abajoues fort grandes, dans lesquelles ils cachent leurs aliments quand ils sont poursuivis, ou simplement pour les transporter dans leurs terriers; mais ils ont, outre cela, sur les joues, deux poches dont l'usage est encore inconnu. Leur peau, quoique couverte d'un poil court et assez rude, fait cependant une assez belle fourrure, parce qu'elle est régulièrement tachetée sur les côtés.
Le Paca fauve [Cœlogenufi fatvus, Fit. Cuv. Cavia paca, Geoff. — G. Cuv. Ostcopera platycephala, Haul. Le Paca femelle de Buff.) n'a été regardé par presque tous les naturalistes, jusqu'à Fr. Cuvier, que comme une variété du précédent. Cependant il en diffère par .ses arcades zygomatiques, i|ui sont extrêmement écartées, et par d'autres caractères anatomiques. Le fond de son pelage est fauve , et non pas brun. Du reste, il lui ressemble en tout le reste, tant pour les couleurs que pour les mœurs. 11 habite la Guyane.
■lô" GE^RE. Les COBAYES [Cavia. Erxi.. Anœma, Fr. Cuv.) ont vingt dents, savoir : deux incisives à cha<]vie mAclioiic; huit molaires en haut et huit en bas, toutes comi)osées et n'ayant chacune qu'une lame simple et une fourchue; ils manquent de queue; leurs pieds de devant sont munis de quatre doigts séparés, et ceux de derrière de trois; leurs ongles sont courts, robustes, en forme de petits sabots ; ils ont deux mamelles ventrales.
L'Apéréa ou Cochon d'Inde [Cavia cobaya, Desm. Mus porce.llus. Lin. Anœma cobaya, Fr. Cuv. Le Cochon d'Inde, Buff. Le Cori des Indiens) a environ dix pouces de longueur (0,271): son corps, gros et trapu, est d'un gris roussiUre en dessus, et blanchâtre en dessous. Dans la domesticité on en a obtenu de blancs, de jaunes plus ou moins fauves ou orangés, de variés de ces couleurs ou de noir, et qui dillèrent considérablement de leur type.
L'apéréa est commun au Brésil et au Paraguay, où il habite les l>ajonals (sortes de buissons) qui rouvrent les rives des fleuves, mais il ne pénètre jamais dans les bois. Cet animal a foil |)eu d'inlelligence, il ne sait pas se creuser un terrier, et cependant il aime à en habiter un quand il le trouve tout fait ; dans le cas contraire , il se recèle dans des trous de rochers , sous des tas de pierres, ou tout simplement dans un buisson fourré. 11 ne sort de sa retraite (pie le soir et le malin , au i iw'puscule , pour aller paître les herbes dont il se nourrit, et qu'il transporte dans son gite. Il |)araît ipie, dans cet ('tat sauvage, sa ehair est excellente, et comparable au meilleur lapin de garenne; aussi lui fail-on une chasse active. Sans aucune défense, n'ayant pas même la ressource de fuir avec rapidité , il devient facilement la proie des petits mammifères carnassiers et des oiseaux de proie. La femelle ne met bas ipinne ou deux fois par an , et seidement deux ou trois petits à la fois. Il parait certain , d'ajirès plusieurs anciens voyageiirs, et parliculièremcnl d'après ce que dit Garcilasso de la Vega, dans son Histoire des Innas, que l'apéréa était ini animal douiesliipie au Pérou, avant la découverte de l'Aménipie, (pi'ou rélevait comme no\is faisons du lapin domestique, et qu'on en avait obtenu de blancs, de roux, etc.
Depuis bien longtemps cette espèce est répandue en Europe sous le nom de cochon d'Inde, et sa nature s'est tellement modifiée par l'esclavage et le climat, que BufTon a décrit l'apéréa et le cochon d'Inde comme deux espèces différentes, sans soupçonner le moins du monde leur identité. En état de liberté, l'apéréa, comme nous l'avons dit , montre peu d'inlelligence ; mais chez nous il est devenu tout à fait stupide, au point de se laisser tuer par les chats et les autres animaux , sans montrer ni frayeur ni envie de se défendre. C'est un animal qui ne vit absolument que pour dormir, manger et se mulliidier, comme une véritable machine organisée, et il est impossible de saisir chez lui un geste, un signe, qui se rapporte à un autre sentiment, une autre passion, que ces trois choses. Il en résulte que la femelle tient trèspeu à ses enfants, (ju'elle les mange quelquefois, et que toujours elle les chasse après les avoir allaités quinze joiu's. Ceux-ci croissent très-vite, et à l'ûge de deux ou trois mois ils sont capables de faire des petits , quoi(iu'ils n'atteignent toute leur grosseur qu'à six mois. Or, comme la femelle ne porte que trois semaines, elle peut faire six à huit portées par an, et les portées, qui ne sont (pie de ein(i à six petits dans le commencement, augmentent avec l'âge et finissent par être de dix à douze ; l'on a calculé qu'avec un seul couple de ces animaux, on pourait en avoir un millier après l'espace d'un an. Les cochons d'Inde mangent à peu près toutes les substances végétales qu'on leur présente, mais ils paraissent préférer le pain, le son et particulièrement le persil, les pommes de terre et les fruits, à toute autre chose. Ce qu'il y a de singulier, c'est (jue , même nourris avec des aliments secs, comme le foin , ils ne boivent jamais et urinent beaucoup. Ils supportent assez bien les rigueurs de nos climats, pourvu qu'ils soient renfermés dans un lieu oîi le thermomètre centigrade ne descende pas au-dessous de quatre à cin(l degn's au-dessous de zéro. Leur chair est assez bonne, quoi(pie un peu fade.
ii" Genre. Les CABIAIS [Htjdrochœrus, Briss.) ont vingt dents, savoir: deux canines à chaque mâchoire; huit molaires en haut et huit en bas , toutes composées , les postérieures étant les plus longues, et formées de lames nombreuses, simples et parallèles, les ant('rieures oITrant des lames fourchues ; les pieds de devant ont quatre doigts larges et armés d'ongles, réunis par des membranes ; les pieds de derrière n'ont que trois doigts ; ils raan(pient de queue, et la femelle a douze mamelles.
Le Capiyc.oua ou Cariai {llijdrocli(irus capybara, Desm. Cavia capijbara, Gmi.. — Lin. Le Cabiai, Buff. Le Capybara, G. Cuv. Le Chiguère des habitants de Caracas. Le Cabionara de la Guyane. Le Capivard et le Cochon d'eau de quelques voyageurs) est de la grandeur d'un cochon de Siam : il a trois pieds (0,973) de longueur, sur un i)ie(l et demi (0, iH7) de hauteur, ce (pii en fait le plus grand des rongeurs. Son pelage est d'un brun roussâtre en dessus, fauve en dessous, à jioils rares, comme ceux d'un cochon, mais plus fins. 11 habile l'Amérique méridionale, deiuiis la Plata jusqu'aux affiuents septentrionaux de l'Oréno(pie, et il ne s'éloigne jamais du bord des eaux.
Cet animal a le corps gros et ramassé, la lèvre siipérieuie fendue, les yeux noirs et grands, les oreilles et les jambes pres(pie nues; en marchant il appuie par terre toute la plante des jiieds de derrière, ce (pii lui donne l'air de ramper. 11 ne quitte jamais le bord des rivières et des lacs, et se cache dans les pajonals ou buissons d'arbrisseaux a(pialiipies (pii croissent sur les sables des rivages. Il csi timide et vit en famille ou en petites tioiipes de dix à ipiinze individus. Quand un olijet suspect les ell'rayc , ils poussent un cri que l'on i)eut rendre par le mot a-p(', prononcé avec force cl avec les aspirations que l'âne met dans son braire. A ce signal de l'un d'eux, tous se jettent à l'eau, i)longent, et ne vont reparaître à la surface (pi'à une très-grande distance de l'endroit où ils se sont enfoncés ; ils nagent ensuite avec une si
DASYPOIDES.
grande facilité et une telle vitesse, qu'il est impossible à un canot de les atteindre. Selon d'Azzai-a , ils ne vivraient que d'herbe, mais M. de Hnmboldt s'est assuré qu'ils mangent aussi du poisson , et qu'ils savent le pêcher avec beaucoui> d'adresse. Ce voyageur en a vu des troupes rester tranquillement assises sur leur derrière, ce qui est leur position favorite, tandis ([u'un grand crocodile sorti des ondes passait au milieu d'eux. Cette se'curilé, dit-il, leur venait sans doute de l'expérience qu'ils ont (jue le crocodile n'attaque pas hors de l'eau.
Le cabiai ne se creuse pas de terrier ; il se gîte sur la terre comme le lièvre , et ne quitte guère sa retraite que la nuit. La femelle seule a un domicile fixe, dans lequel elle revient toujours ; elle y met bas de quatre à huit petits ([u'elle allaite ipielipie temps, et qu'elle abandonne aussitôt qu'ils sont assez grands pour se rendre sans elle à la rivière. Pris jeune , cet animal s'apprivoise parfaitement, vient à la voix de son maître, et le suit presque comme un chien; il est d'un caractère doux, tranquille et tout à fait inolïensif. En captivité on le nourrit fort bien avec de la salade, des carottes, de l'orge et des fruits. Sa chair est grasse, tendre, et passe pour excellente, quoique, selon BufTon, elle ait un peu le goût ilu poisson. Les missionnaires de l'Orénoque la permettent pendant le carême , comme un aliment maigre. Les chasseurs américains lui font la chasse et le regardent comme une importante pièce de gibier; mais comme il ne s'éloigne jamais à plus de cent pas des eaux, il faut, pour l'avoir, le tuer roide d'un coup de fusil, car, s'il n'est que blessé mortellement, il se jette dans la rivière, et, ainsi que la loutre, il ne reparaît plus.
•45= Genre. Les KERODtjNS {fùroilon, Fr. Cuv.) ont vingt dents, savoir: deux incisives à chaque mâchoire; huit molaires en haut et huit en bas, toutes composées de deux parties égales, semblables l'une et l'autre à un triangle ou ]>lut6t à un cœur, réunies du côté externe de la dent, et séparées du côté interne. Ces triangles sont entourés chacun de leur émail et renqilis de matière osseuse , et leur séparation produit une échancrure anguleuse en partie remplie de matière corticale. Ils ont quatre doigts aux pieds de devant et trois à ceux de derrière, comme chez les cobayes, mais les jambes sont plus hautes, les doigts plus gios et plus séparés, et les ongles larges, courts, assez aplatis.
Le Moco (Kerodon moco , Fr. Cuv. Kerodun sciureus, Is. Gf.off. Cavia ruitestris , Max. de Neuw.) est un i)eu plus grand que le cochon d'Inde; son pelage est d'un gris cendré mêlé de noirâtre et de jaune rougeâlre en dessus, blanchâtre en dessous; ses moustaches sont entièrement noires. Il habite le Brésil et se plaît dans les lieux rocailleux; ses mœurs sont à peu près les mêmes que celles de l'apéréa.
46" Genre. Les AGOUTIS [Chlornmys, Fr. Cuv.) ont vingt dents, , savoir : deux incisives à chaque mâchoire; huit molaires en haut et huit en bas, toutes composées, prescpic égales, à couronne plate, irrégulièrement sillonnée et à contours arrondis; les pieds de devant ont ((uatre doigts, et ceux de derrière trois, tous libres; les jambes sont liues ; ils ont une petite queue , ou un tubercule qui la remplace.
L'Akouciii ou Akouki [Chloronii/s acuschti, Desmoiii,. Cai'ia acuschy, Gmi,. Dasyprocla acuschy , Di:sm. L'Acouchy, Bijif.) esta peu près de la taille du précédent; son pelage, un peu plus doux et plus soyeux, est brun , avec des mouchetures fauves; la croupe est noirâtre, et le ventre roux; il n'a point de crête derrière la tête; sa cpieue est mince, un jieu allongc'e; <'nliu il n'a que six mamelles. Il a les mêmes mcciirs ipie le \)ré<N'dent, et vit dans les bois à la Guyane , aux Iles de la Grenade et de Sainte-Lucie.
L'Agouti huppé {Chloromys cristatus, Fi\. Cuv. Dasyproclacris-
lala, Desm. Caina cristala, Gf.off.) a la même taille que notre lapin; son pelage est noirâtre, piqueté de roux; il a stir l'occiput une sorte de crête composée de poils très-allongés ; les poils de sa croupe sont également très-longs; son ventre est brun ; ses oreilles et sa queue sont courtes. Il habite Surinam, est moins farouche (pie le premier, et s'apprivoise beaucoup plus facilement.
L'Agouti patac.oniex {Chhiromys patagonicus , Pi:>N. Da^yprocta palagonica , Desm. Le Lièvre des Pampas, d'.^zara. Cavia palaijonica, SuAw) est d'un gris fauve piqué de blanc sur le dos, passant au noir sur la croiqie ; les fesses et le ventre sont blancs ; les flancs fauves; les oreilles longues; la queue est très-courte, et les mamelles sont au nombre de (]ualre. On le trouve depuis les ])ampas du Paraguay, juscpi'au détroit de Mai^ellan. Il ne vit pas en troupe, mais par couple, et le mâle ne quitte pas sa femelle, même quand ils sont poursuivis par des chiens. Pendant la nuit, s'ils se sont séparés pour chercher leur nourriture, ils ne tardent pas à s'appeler par un cri aigu, fort, que l'on pourrait écrire ainsi, o-o-o-y, cri qu'ils font aussi entendre lorsqu'on les tourmente. Us s'a|)privoisent aisément, et ne font aussi <pie deux petits. Les Indiens les chassent et les mangent, quoiiiue leur chair, blanche, soit assez fade. Les chasseurs cherchent toujours à tuer la femelle la première , bien surs qu'ils sont que le mâle ne la quittera ])as.
L'Agouti ou Cotia (Chloromys aculi, Fr. Cuv. Dasyprocta acuii, Desm. Cavia acuti, Erxe. L'Agouti, Buff.) a vingt pouces (0,Si2) de longueur; il est à peu près de la grosseur d'un grand lièvre; sa tète a un peu d'analogie avec celle d'un lapin , mais ses yeux sont saillants, et ses oreilles, longues seulement d'un pouce et demi (0,Oii), sont demi-circulaires et nues; son pelage est rude, brun, piqueté de jaune ou de roussàtre , teinté de verdâtre sur certaines parties, roux sur la croupe ; les poils sont très-longs sur cette dernière partie, et beaucoup plus courts sur le reste du corps; la queue est courte, les mamelles sont au nondu'c de douze.
L'pgouti est très-commun à la Guyane, au Brésil et à Sainte- Lucie ; là il fait le plaisir habituel des chasseurs, comme le lièvre chez nous. Il ne se gîte pas sur la terre nue comme ce dernier, il ne se creuse pas non plus de terrier comme le lapin, mais il si' cache dans les troncs d'arbres et sous les vieilles souches. Il n'habite que les bois , où il vit en troupes , et il ne sort ordinairement de sa retraite (|ue la nuit. La lumière du jour l'oflusque au point que, s'il est surpris par des chiens pendant la journée, ce n'est que dillicilement ((u'il leur échappe par la fuite, quoicpu' ce soit un habile coureur, surtout en montant; comme il a b's pattes de devant beaucoup plus coin'tes (|ue celles de derrière, il est obligé de lalentir sa cotu'se en descendant une uioulagnc ou toute autre pente un peu roide, sous peine de faire la culbute. A l'état sauvage, il est d'un caractère farouche et timide, mais cependant il se défend courageu.sement lorsque la fuite ne lui est plus possible, et avant de succomber il fait de ]>rol'oudes morsures à ses enneuds. Lorsque les chiens le chassent, il lu' ruse pas devant eux, ainsi (pie le lièvre ou le lapin , mais il s'enfuit très-vite et gagne au plus tôt sa retraite, où il s'enfonce et reste avec obstination. Il n'est (pi'un seul moyen de l'en faire sortir, c'est de l'y enfumer; à demi suH'cKpié, il jette des cris aigus et idaintifs, et ce n'est qu'à la dernière extrémité qu'il s'élance tout à eiiup dehors pour conuneuccr une lullc (pi il sait devoir lui être mortelle. Son cri, lors(pi'on l'impiiète ou ipi'on l'irrite, est, dit Bu lion , semblable à celui d'un petit cochon.
Lorsipie l'agouti est en colère, il frappe la terre de ses pieds de derrière, absolument comme le lapin, cl les longs jioils de sa croupe se lu'rissent verlicalemeiit. (Juaud il iiiauge, il saisit ses aliments avec ses |)attcs de devant , mais elles ne lui servent pas à les [lorter à sa bouche. Comnu' tous les animaux de son genre, il est omnivore : il n'a donc pas besoin de s'amasser des provi-
LES RONGEURS
sions, et c'est par erreur que BufTon lui attribue celte habitude; mais sa nom-riture la plus ordinaire consiste en fruits et en racines. La femelle prépare un nid fait avec du foin et des feuilles sèches ; en octobre elle y met bas deux petits , qu'elle n'y allaite que pendant trois ou quatre jours, après quoi elle les transporte dans une autre cachette, ainsi que fait la chatte doniesti(iue , et cela probablement par dtTiance. Si elle éprouve la moindre inquiétude, elle les change de nouveau de domicile, et cette manœuvre recommence souvent. Cependant elle ne les allaite
que pendant une vingtaine de jours, après quoi ils commencent à la suivre pour apprendre à chercher leur nourriture, et bientôt après ils la quittent pour se réunir à la première troupe de jeunes agoutis qu'ils rencontrent. Tout farouche qu'il est, si on prend un Jeune agouti , et qu'on le traite avec douceur, il s'apprivoise aisément, s'attache, sinon au maître, du moins au logis, sort et entre seul à la maison, et ne pense même à la quitter tout à fait que lorsque vient le temps des amours. Sa chair se mange, et passe même pour assez bonne.
L'A.couti.