PORCS-EPICS
Mexi(|ue, le liiv'sil , la Guyane et l'ile de la Trinité. Il se retire dans les forets les i)lus solitaires, et passe une grande partie de sa vie sur les arbres , où il grimpe avec beaucoup de facilite'. Quoiqu'il ait la queue prenante, on a cependant remarqué que jamais il ne s'en sert en s'accrochant aux branches que lorscjuil s'agit de descendre. Sa nourriture ordinaire consiste en fruits, feuilles, racines et boin'geons; on dit (juil mange aussi les bois tendres. La ménagerie en a conservé un vivant pendant j)lusieurs années, et de ses habitudes on a pu conclure que cet animal a les mœurs nocturnes. La lumière paraissait l'incommoder beau-
dès animaux du genre précédent que par les parties anlérieures de la télé, qui sont très-déprimées au lieu d'être élevées. Quant à tous les autres caractères, ils sont absolument les mêmes.
Le Cotiv {Sphiggurus spinosa. Fr. Cuv. Hystrix insidiosa, Liciisr. Hijstrix prehenKtlis , Fr. Cuv.) est d'un tiers plus petit (pu; le coendou à longue (pieue , et sa (pieue est proportionnellement beaucoup plus courte. Il est couvert de piquants acérés, nombreux, serrés, entremêlés de très-peu de poils, à pédicules très-menus; ceux de la tète sont blancs à leur base, noirs au milieu , et d'un
J.c l'orc-Epic de Alahiooa.
marqué qu'il s'en soit servi pour saisir quelque chose. Je pense que l'on ne doit regarder que comuie une simple variété de cette espèce le hoitztlacuatzin ou sarigue épineux de llernandez, (pii n'en diffère guère que par l'extrémité noire de ses épines.
."jO-Ge.nri;. Les SPlllCGUHUS [Sphiggurus, Vn. Cuv.) ne dillèrent
brun marron à l'e.Klrémité; les autres sont généralement jaunâtres ,i la base et noirs m bout. Le ventre est revêtu d'un poil laineux el grisAlre; la queue est couverte de poils durs et noirs, avec son extrémité nue. Il habite le Paraguay. L'Oiiico (Sphiggurus villosa, Fr. Cuv.) n'est, selon les obser-
valions positives faites jiar M. d'Orbigny dans le Hr('sil, (pie le précédent en pelage d'hiver. En effet , il n'en diffère ipie par le poil blanchâtre, abondant et très-long, qui cache en entier ses épines. Il habite les plus épaisses forêts du Brésil, et se plait particulièrement sur le somnu't des montagnes. Ses UKi'urs sont douces et seud)lables à celles des espèces précédenles.
LKS LIMVHKS
ont, dans l'âge adulte, (piatre incisives à la mâelioire supérieure, deux à l'inférieure, et de vingt à vingt-deux molaires. Dans leur jeunesse il leiu' pousse à la uiâclmire sup('ri('iiie deux incisives destin('es à en renq)lacer deux ([ui doivent tomber, de manière ((ue , pendant un certain leuq)s, ils ont six incisives en haut. Leurs pieds de devant ont cin(| doigts et cvn\ de derricic (piaire
iO" Gk.nhe. Les LIÉVHKS [Lepus, Li\.) oui viugl-huit dents, sav((ir : (piali'c incisives sujx'ricurcs el deux inférieure-;; douze molaires sM|)érieures dont deux peliles et siuqdes, et deux inférieures; toutes, excepté les deux petites, sont compos('es et foruK'es de deux lames verticales soudées ensemble. Les pattes de derrière sont très-longues, ainsi que les oreilles; la ipieiie est
LES RONGEURS
courte et relevée; la femelle a de six à dix mamelles. Ces animaux timides sont recherchés et poursuivis par les chasseurs et leurs meutes.
Les LiÈvKES et les Lapins se ressemblant tous, non-seulement par les formes, mais encore par les mœurs, nous allons ge'néraliser leur histoire , afin de ne pas tomber dans des redites ennuyeuses. Peu d'espèces sont aussi fécondes et se multiplient autant que celles des animaux de ce genre. Les femelles mettent bas plusieurs fois par an , ne portent que trente jours environ, et font plusieurs petits qu'elles allaitent pendant quinze à vingt jours. Ces petits naissent couverts de ])oils et les yeux ouverts; ils grandissent très-vite et sont capables de se reproduire dès l'âge de six à huit mois. Ceci explique comment les lièvres et les la])ins n'ont pu être détruits en France même dans les cantons les plus exploités par les chasseurs et les braconniers. Ces animaux sont d'une timidité qui est devenue proverbiale, et il ne pouvait en être autrement, puisqu'ils;n'ont aucune arme à opjioser à leurs nombreux ennemis; une belette, un surmulot sont assez forts et assez hardis pour attaquer et étrangler un de ces animaux. Aussi les lièvres ne trouvent-ils leur salut que dans la fuite et la rapidité prodigieuse de leur course, et les lapins dans le i)rofond terrier qui leur sert de retraite. Sans cesse aux aguets pour découvrir le danger qui peut les menacer, ils sont doués d'une ouïe excellente qui leur révèle de fort loin l'approche de l'ennemi ; le moindre bruit suspect les met sur leurs gardes, et la peur est pour eux une sentinelle toujours éveillée qui les avertit à temps de détaler au plus vile.
Les lièvres, quoi qu'on en ait dit, sont des animaux intelligents qui savent parfaitement employer la ruse, non-seulement pour fuir le danger, mais encore pour le prévenir. Si la terre est couverte de neige, ils .savent que l'empreinte de leurs pas peut mettre l'ennemi sur leur trace, et il n'est pas un chasseur qui n'ait admiré avec (|uel art ils savent l'efTacer, ou plutôt l'embrouiller, en passant et repassant vingt fois sur la même ligne, en décrivant mille tours et détours avant de se gîter; puis, s'élançant tout à coup de ces traces inextricables, par un bond prodigieux ils vont tomber dansim buisson ou un sillon profond, où ils restent cachés sans faire le moindre niouvi'nieut. Dix fois le chasseur, en cherchant à démêler les traces de leurs pas, s'est avancé tout près d'eux , a passé à quelques pieds de leur gîte sans que le moindre mouvement de frayeur ait dénoncé leui' retraite. L'expérience leur a aussi appris (pie les chiens, sans (pi'il soit besoin de neige, ont l'odorat assez lin |>our les suivre à la piste; atissi font-ils la même mananivre, quoi(iue avec un peu moins de lircxautions, toutes les fois (|u ils veulent se gtter; j'ai été plusieurs fois témoin oculaire de ce fait. Quand les lièvres sont poursuivis par les chiens, ils rusent devant eux pour t.'^cher de leur faln^ prendre le change, et quehpies-uns y parviennent en employant d(;s moyens (|ui annoncent de l'inlelligence. On en a vu se cacher au milieu d'un troiiix'au de moutons, d'autres s'enfoncer dans des trous tie roihers; j'en ai vu un qui s'élançait sui' le tronc d'un vieux saule penché sur une rivière, et qui restait là, caché dans le fi'uillage, pendant (pie la meute le cluM-cliait vainement au pied (le larbre el finissait jiar perdre sa voie. Du Koiiilloux, dans son naïf langage, raconte idiisieuis faits trcs-reinarquahles à ce sujet : « .l'ai vu, ilit-il , un lièvre si malicieux, (pie, depuis qu'il oyait la trompe, il se levait du gtte, et eût-il été à un ((iiart de lieue de là , il s'en allait nager en un étang, se rclaissant au uiiheu d'icelui sur des joncs sans être aucunement chassé des chiens, .l'ai vu courir un lièvre bien deux heures devant les cliiens, ipii , après avoir couru , venait pousser un autre et se nicltait en son gitc. J'en ai vu d'autres qui, quand ils avaient couru une demi heure, s'en allaient iiKmler sur une vieille iiiiiraille de six pieds de haut, et s'allaient relaisser en un peiiiiis de chaullaiil couvert de lierre, etc., etc. »
Certaines espèces de ce genre habitent les bois et les montagnes, d'autres la plaine et les pays sablonneux. Quelques-uns ne se font aucune habitation, changent de gite tous les jours, et font leurs petits sur la terre nue , comme notre lièvre commun ; il en est (|ui se creusent des terriers et préparent à leurs petits un lit de foin et de duvet, par exemple le lapin. Un fait assez extraordinaire, c'est que les espèces qui semblent avoir le plus d'analogie entre elles sont animées les unes contre les autres d'une haine mortelle, chose rare parmi les animaux purement lierbivores. Jamais les lièvres ne vivront dans le même canton que les lapins; si l'on renferme dans la même cage deux de ces animaux, un de chaque espèce, on peut être sûr que le plus fort aura tué le plus faible après quelques heures, et le lapin, quoique le plus petit, reste ordinairement le vain(|ueur dans cette lutte acharnée. La ]dui)art des lièvres vivent solitairement, et les femelles abandonnent leurs petits après les avoir allaités une vingtaine de jours; les espèces qui se creusent des terriers vivent au contraire en famille, et souvent même en sorte de société, dans des garennes composées quehiuefois d'un très-grand nombre de terriers. Tous vivent d'herbes, de feuilles, d'écorces, et ne sortent guère que la nuit de leur retraite |)our aller paître. Ils dorment le jour, mais d'un sommeil léger, les yeux ouverts et l'oreille au guet. Ce sont des animaux silencieux qui ne font entendre leur voix que lorsqu'ils y sont forcés par la douleur ou un danger inévitable ; alors ils poussent des cris aigus qui ont (|uclqiie ressemblance avec ceux d un petit enfant.
On trouve des lièvres dans pres(pie tous les pays de la terre , et partout leur chair est estimée comme un mets excellent. Mais cependant on a remarqué que sa saveur est d'autant meilleure cpie l'animal habitait un pays de montagnes et se nourrissait de ]il,niles odorantes, telles que le thym, le serpolet, etc. Les lièvres de plaine sont moins estimés des gastronomes, et ceux des marais passent |>our ne rien valoir du tout. Néanmoins les musulmans et les juifs , par un préjug(f de religion , ne mangent pas le lièvre. Les Crées, et .surtout les Romains, en faisaient grand cas, et nous savons par Martial qu'ils estimaient sa chair audessus de celle de tous les autres quadrupèdes. Ces animaux ne vivent guère ipie sept à huit ans.
Le Lu;vRE 0Ilm^AlRF, [Lepus limidus. Lin.) a le pelage d'un gris fauve ou d'un fauve roussâtre, nuancé de brun en dessus, blanc en dessous ; ses oreilles sont plus longues que sa tête , d'un roux cendre sur la conque, noires à leur extrémité; sa ipieue, longue au plus de trois pouces (0,081), est blanche, avec une ligne noire en dessus. Cet animal odre une singularité très-remarquable, et (pie je crois uni(iue parmi les mammirères, c'est d'avoir du poil dans la bouche. Il vit solitairement; il est très-commun dans toute l'Europe. On en trouve une variété blanche.
Le Lu;vi;f, A yiiiaïF, iiocssi; (Lepus rti/icaiidatus, Is. Gkokf.) res- .semble beaucoup au lièvre commun; il en dillcre m'anmoins par sa (pieiie plus longue, et rousse en dessus au lieu d'être noire, par sa tache oculaire moins prononcée et sa joue très-mélangée (le noir; par son poil beaucoup plus rude, et sa taille un ])eu moins grande. Il habilla le Itcngah^
Le MoussKi. [Lepus vipricoltis , Kit. Ccv.) est de la taille d'un gros lapin; son pelage est d'un roux tiquel(' en dessous, d'un gris ('gaiement ti(pielé sur les (lancs et les cuisses; d'un blanc pur eu dessous ; une bande grisâtre s'étend du museau à l'oreille en passant sur l'œil; les oreilles sont variées de blanc, de roux gris et de brun pâle , avec la i)ointe noire ; le dessus du cou est (1 UM licau noir; le reste du corps, en dessus, est d'un gris de licilc; les (piatrc pattes sont nnisses; la (pieiie est blanche en dessus cl brune en dessous. Il habite le Malabar el Java.
I.e LiÈviiE d'Égyptf. [Lepus œgypliacus, Geoff.) est plus petit ipie le lièvre ordinaire; son pelage est d'un roux grisAtre, avec le luenlon el la gorge d'un blanc h'gèremcnt lavci de fauve ; une Uaiiilc hlaiiclic lui passe sur l'd-il : le devani du cou est d'un