‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 73 sur 219 · BOEUFS · texte numérisé non relu

BOEUFS

ossements fossiles tt'moigneront seuls de son existence passée. Si on s'en rapporte à Gilibert, l'aurochs, étant pris jeune , s'apprivoise assez aisément, devient docile , et caresse même la main de son gardien en la léchant. Cet auteur dit en avoir observé quatre Jeunes, pris dans la forêt de Bialoviezenski. « Ils refusèrent de teler des vaihcs, dit-il; on leur fil teter des chèvres posées à leur hauteur sur une table : quand ils étaient rassasiés, d'un coup de tête ils jetaient leur nourrice à si.\ ou huit pieds de distance. Quand ils furent grands, la vue d'un étranger et la couleur rouge les mettaient en colère. Dans la forêt de liialoviczcnski , les aurochs ne s'écartent pas des rivages : ils en broutent riierbe en été, et en hiver ils se nourrissent de pousses des arbustes et des lichens. Dans le temps du rut , les niftles combattent entre eux, et la chasse en est alors très périlleuse. D'un coup de tête ils brisent des arbres gros comme la cuisse. » La femelle porte onze mois et met bas un seul petit. On croit, mais ceci me parait douteux, qu'il existe encore quelques rares aurochs dispersés dans les montagnes du Caucase et les monts Krapachs.

Le liuniE nu Cap (Bos caffer, Sparm.) est plus grand et plus massif que le buffle ordinaire; son pelage est dur, fort serré, d'un brun foncé, couqjosé de poils d'un pouce (0,0i7) de longueur; ses oreilles sont un peu i)endantes et couvertes par les cornes; son fanon est grand et pendant ; ses cornes sont noires, Irès-larges et aplaties à leur base , qui couvre le front : elles sont dirigées de dedans en dehors et en bas , puis relevées à leur pointe. Il habite en troupes nombreuses les forêts les plus épaisses de rAhii|ue méridionale, depuis le Cap jusiiu'en Cuinée. Dans ses bois il est très-redoutable et ne nian(pie jamais de se lancer avec furie contre tous les êtres vivants ([u'il rencontre; dans la plaine il est plus circonspect, sans être moins farouche, et il n'attaque pas l'homme, à moins qu'il n'en soit lui-même altaqu('.

Le Yack (Uos yrunniens , Lin. — De.sm. La Vache de Tatarie de Bl'ff. La Vache yrotjnanlc de Tatarie., Scuiieb. Le Bœuf du Tibet de (pieli|ues voyageurs. Le Si-nijou des Chinois. Le Bo'uf à queue de cheval) a quatorze paires de cotes comme l'aurochs, et constitue par conséquent une espèce tout à fait distincte du buffle et du bœuf domestique, quoi qu'en aient pensé Palias et Cuvier. Cet animal a ([uelque ressemblance de forme avec le Inifde, mais il en didère sous de nombreux rap|)orls. 11 a sur la tête une grosse touffe de poils crépus , et une sorte de crinière sur le cou ; sou pelage est noir, assez lisse, presque ras en été, plus fourni et hérissé en hiver; le dessous du corps, les flancs et la nai.ssance des (piatre jambes sont couverts de crins très-touffus, très-longs et londiants pres(iue jus([u'à terre; sa queue, très-souvent blanche et entièrement garnie de longs crins, ressemble à celle d'un cheval; les cornes sont unies, rondes, latérales, à pointes un peu recourbées en arrière; l'animal porte une loupe graisseuse sur le garrot, et les quatre mamelles du mile sont placées sur une ligne transversale. Yack est le nom (pie le mftle porte au ïibet; la femelle y est appelée Dhé.

Le yack, à l'élat sauvage, ne se trouve guère (pic dans les étages les plus froids des montagnes qui séparent le Tibet du lioutan. C'est alors un animal farouche, irascible, dangereux, qui se plait sous l'ombrage des forêls bordant les rivières où il aime à se baigner et à nager iiemlant les ardeurs du jour, et à S(! vautrer dans la fange. l'li(' à la domesticité [):\r les Mongols, il a un peu perdu de sa brutalité naturelle, et il est devenu un animal très-utile. Son lait s'emploie comme celui de nos vaches; de plus, après lui avoir fait subir certaine préparation pour le réduire en beurre , les Tatares nomades le renferment dans des sacs de cuir, et en font un commerce assez considérable dans l'Asie centrale. On emploie cet animal à [lorter des fardeaux, à tirer des chariots et même la charrue; mais malgré cela son caractère n'en est pas moins resté in(iuiet et peu sociable. Peu accessibh^ au sentiment de la reconnaissance, il tolère tout au plus la familiarité de sou maître, ne lui obéit que de mauvaise grâce,

et ne supporte rien des étrangers. Un rien l'inquiète, le met en colère ou du moins lui donne de l'humeur, et c'est alors qu'il fait entendre continuellement celte sorte de grognement que l'on a comparé à relui d'un cochon. Sa chair est estimée, son jioil sert à faire des étoffes grossières; mais sa (pieue surtout a une grande veleur commerciale. Chez les musulmans, attachée au bout d'une lance, elle est l'insigne de la dignité de pacha, et cette dignité est d'autant plus élevée que celui qui en est revêtu a le droit de faire porter devant lui plusieurs de ces (jueues; aussi dit-on un pacha à deux , à trois (jucues, etc. Les Chinois les recherchent beaucoup aussi, mais c'est simplement pour les porter sur leurs bonnets, après les avoir fait teindre en rouge. On en fait aussi des chasse-mouches, etc. Sonnerai pense (pi'on pourrait aisément naturaliser cet animal en France, et (ju'il y serait précieux pour notre économie agricole.

Le Bison (Bos bif:on, Erxi,. Bos americanus , Gml. — Des.«. Le Bison, Fii. Ciiv. Le Bujjfalo des Anglo-Américains). Cet animal a les formes trapues , la croupe et la tête basses et le garrot trèshaut. Sa tête est courte, grosse; toutes les parties de son corps sont recouvertes d'un poil court et serré; son chanfrein, son cou , le dessous de son menton et ses épaules portent, au contraire, une sorte de crinière de poils laineux , très-longs et trèsserrés; sa queue est assez courte, terminée par un flocon de longs crins; sa couleur générale est d'un brun fuligineux plus ou moins foncé; enfin, ses cornes sont petites, latérales, sépa-» rées, noires et arrondies.

Le bison habite dans toutes les parties tempérées de l'Amérique septentrionale, et notamment le Missouri et les monlagnes Koclieuscs. L'été il vit dans les forêts , mais il en sort au printemps pour parcourir toutes ces vastes contrées du midi au nord, et en automne pour les parcourir du nord au midi. Dans ces sortes d'émigialions, assez irrégulières, du reste, ces animaux marchent en troupes nomlircuses, souvent de vingt mille et plus, si l'un s'en rapporte à quehpics voyageurs, et ils sont tellement serrés les uns contre les autres, que, ceux de derrière poussant ceux de devant, ils brisent et dévastent tout ce qui se rencontre sur leur passage. Lorsque le front d'une de ces formidables colonnes rencontre un obstacle invincible, il s'arrête; mais ceux de derrière continuant de marcher en avant, il en résulte une foule, une cohue tellement épaisse, que beaucoup des plus faibles périssent écrasés et foulés aux pieds par les autres. En été, ils se séparent par couples, ou par petites troupes conduites par deux ou Irois vieux mâles, et ils se retirent dans le fond des forêts marécageuses. Comme leur cuir cl leur chair sont fort estiuu's, les Indiens se réunissent pour leur tendre des |)iéges et leur faire la chasse. 11 n'est pas rare (juils réussissent à les faire entrer dans des enceintes de pieux d'une immense étendue, et alors ils en tuent douze à (|uinze cents dans une seule cha.sse : du moins si l'on s'en rapi)orle au capitaine Franklin, (pii dit l'avoir vu.

Le bison est farouciie, mais non féroce. Il fuit devant l'homme et ne l'attaque jamais , à moins cependant qu'il n'en ait été grièvement blessé. Dans ce cas il se retourne, se précipite sur le cha.s.seur, et malheur à ce dernier s'il n'est monté sur un excellent cheval; non-seulement le bison l'attaque avec ses cornes, mais encore avec ses pieds de devant, (|ui sont pour lui une aiiue favorite et terrible. La ménagerie en a possédé plusieurs individus, entre autres une femelle qui y a mis bas. D'ai>rcs lîanines(pie, le bison ne serait pas indomptable, comme on l'a dit, et il serait domesli(pie dans les fermes du Kentucky et de l'Ohio. Il se plaît et s'accouple avec les vaches ordinaires, et jirodiiit des métis (pii ont la couleur, la tête et la demi-toison du bison , son dos incliné, mais pas de bosse sur le garrot. Ces métis s'accouplent indiiréremmenl entre eux ou avec leurs ])ères et mères, et produisent d(! nouvelles races fécondes : ce qui j)rouvc, selon l'opinion de liuflou , (pie le bœuf et le bison formaient originairement une espèce unique.

LES HUMINANTS.

17= Gemïe. Les OVIBOS {Ovibos, Blainv.) ont la même formule dentaire que les bœufs; ils manquent de mufle, et leur chanfrein est assez fortement busqué, comme dans les moutons; leurs cornes sont très-larges, se touchant h leur base, s'appliquant ensuite sur les côtés de la tête , puis se relevant brusquement de côté et en arrière; ils n'ont pas de barbe; leur queue est trèscourte et leurs membres sont robustes.

L'OviBOS MUSQUÉ (Ovibos inoschatus, Blainv. — UtSM. Bus inuschatus, Lin. Le Bœuf musqué, Buff.) est beaucoup moins grand que le bœuf et offre un peu l'aspect d'un très-gros mouton; son pelage se compose de deux sortes de poils, l'un doux et laineux en dessous, l'autre grossier et fort long en dessus. Sa couleur générale est le brun foncé ; son chanfrein est anpié , et sa bouche fort petite; ses cornes sont blanches, lisses, fort larges à la base et se touchant presque, surtout dans le mâle.

11 habite l'.Vmérique, sous le cercle polaire, par troupes de ijuatre-vingts à cent , parmi lesquels on ne trouve que deux ou trois mules. A l'époque du rut, c'est-à-dire en août, ces derniers sont excessivement jaloux , et se jettent avec fureur sur tout ce qui approche leurs femelles; ils se battent entre eux jus(iu'à la mort, et le mâle vainqueur fuit dans les bois avec ses conquêtes, dont quelques-unes restent pour consoler les vaincus. Les femelles mettent bas un seul petit, à la fin de mai ou au commencement

de juin. Karement ces animaux s'écartent beaucou]» des bois, et ils aiment à errer dans les parties rocailleuses et stériles des montagnes. Malgré leur lourdeur apparente, ils gravissent avec beaucoup d'agilité les rochers, où ils aiment à aller paître les bourgeons de plantes alpines. Leur chair a quelque analogie de goût avec celle des l'élan , mais elle exhale une forte odeur de musc qui la rend détestable pour les personnes qui n'y sont pas accoutumées.

y^-.^-fi'^ •'•^•llll^ DES FIAMES f i^^,__, ,

Enclos des Chèvres et Moulons d'Islande près de la fosse aux Ours.

TABLE ALPHABÉTIOUK

DES \OAIS DE (iENRES.

Nota. Les noms d'ordres sont en GRANDES CAPITALES, les noms de familles en i>ktites capitai,es,

les noms de genres en caractères ordinaires, et les noms latins en ilalique.

Li' nom des espèces figurées est précédé d'un astérique ( *).

Antilopes , Aiililajie.

jni

ISentouronijs.

Antii.iipf.s.

ib.

lilclie de Virginie.

Acaiitliions , Acanlliion.

Aonj\ , Adnij.r.

iilaireaux.

Acliëes, Acheiis.

Arctoci'phales , Aixtoci'iiltdlus.

|{:ii;UK.S.

Kilo, .1: lo.

lOG

Anlomii'i.

IloS.

Agou.ir.ipopé.

AretODjx, ArfluniiX.

Itosélaphes, Hoselaphus.

Agouti.

Armardilles.

' Uuuquetiii.

.\goulis.

il,b

Arlibtîes, .Irltlicuf:.

Bradypes, HrcitliJiius.

îiO

Aï.

Arriiiita.

Ailurus.

Atalaphes, Atalapha.

Al.icrai;i.

Alfles.

Alcélaplies , Akrla[/huf.

Aye-Aye.

Cabi:<is.

2âi

Alouates.

Cilocépliales , C'd/ofi'/'/io/u,'.

Anisonyv, Aruxonij.r.

Vuiiieli)i)aidalis.

An riiiioroH(]K' 11 es.

G\M klopahijinÉhs.

Anlilocaiirn.

Uabiroussas , HahirusM.

C'aoïp/us.

Aiitilo( lièvres.

ib.

li.ithyergucs , //af/ii/c jv/ns.

Cainp,'ii;nols.

-antilope des Indes.

■ Ifclier de llarbarie.

Cdlllfi.

ISO

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