LES ANTHROPOMORPHES
Ue sont les seuls dont l'os hiyotde, le foie ét le cœcum r'essemblent à ceux de l'homme, Îls ont le museau très-proéminent; trente-deux dents, dont quatre incisivés droites à chaque mâchoire, deux canines longues se logeant dans un vide de la mâchoire opposée, dix molaires à luberctles mousses. Leurs ongles sont plats; ils manquent de queue, Leurs mouvements soñt graves et n'ont pas cette pétulancé capricieuse oti brutale qui caractérise si bien les autres singes. Les femelles sont sujettes aux memes incommodités périodiques que les fernmes.
Jer Grxne. Les ORANGS (Pithecus, Grorr.) forment le piemier genre. Ils manquent d'abajoues; leurs bras sont irèglongs ; leurs oreilles arrondies, plus pelites que celles de lhoïine; enfin ils n'ont point de callosités aux fesses.
L'Oraxe-Houras (Pithecus satyrus, Des. Sünia satyrus, LINK. L'Orang-Houtan de Vos: Le Joclto de Burr.).
Dans les forêts les plus sauvages de la partie orientale de l'Inde, à Bornéo, à la Cochinchiné et dans la presqu'ile de Malaka, les voyageurs rencontrent quelquefois encore l'être singulier que les habitants de ces contrées noiietil, en malais, orang-houtan, ce qui, traduit littéralement, signifie être raisonnable, indépen: dant, ou des forèts, doit nous avons fait homme des bois ; niais il devient rare, et bientôt peut-être il aura disparu de dessus la terre, comme tant d'antiiaux dont les dépouilles fossiles viennent de temps à autre nous révéler l'antique existence, Jadis il hübi= Lait toute la partie occidentale de l'Asië, comiie on en peut jüger par un passage de Strabüon (lv. 15, tom. 2). Selon cet auteur, lorsque Alexandre pénétra dahs linde à la tête de son armée victorieuse, il en rencontra une nombreuse troupe, qu'il prit pour une armée ennemie; aussitôL il fit marcher contre elle son invincible phalange macédonienne. Mais le roi Taxile, qui se trouvait auprès de lui, tira le conquérant de l'Asie de son erreur, en lui apprenant que ces créatures, quoique semblables à nous, n'étaient que des singes fort pacifiques, nullement sanguinaires, el n'ayant pas la plus mince parcelle d'esprit de conquête.
Par Ja forme de sa tête et le volume de son cerveau, l'oranghoutan est l'animal qui ressemble le plus à l'homme. Il est haut
de bois à quatré pieds (0,957 à 1,299); son corps est trapu, couvert d'un poil uniformément roux; son visage est nu, un peu bleuâtre ; ses cuisses €b 8es jambes sont courtes, ses bras très-longs; son ventre est gros ét tendu. Il est fort doux, s'apprivoise très-facileent, et s'attache aux personnes qui en prennent soin. Quoi qu'en aient pu dire les auteurs et les voyageurs, son intelligence est assez bofnée eL ne surpasse güèré celle d'un chien. Mais come il à les mouvements posés, réfléchis et analogues à ceux de l’homme, parce qu'il a presque sa conformation et ses besoins, ôn à pu facilement attribuer ses actions à une intelligence plus pérfectionnée qu'elle ne l'est réellement.
Le Jardin des Plantes a possédé, il ÿ à trois ou quatre ans, un orang-hoûtan vivant, qui a permis de faire de bonnes observa= tions, quoiqu'il fût très-jeunce, On est convaincu que ces animaux, coinme les singes, sont éminemment giimpeurs, et forcés de vivre coftinuellement sur les aïbres, faute dé pouvoir marcher aisé ment sur la terre, À quatre pattes, ils ne posent sur le sol que l'extrémité des doigts du pied, et le dévant du corps ne porte que sur les poings fermés ou sur le tranchant des mains; ils sont eh outre obligés, pour voir devant eux, de relever la tète d'une manière fort incommode. Il ne leur est guère possible non plus de marcher debout, äu moins pendant un certain temps, paré que leur confofmation ne lé leur peimet pas sans leur faire éprouver une grande fatigue, En effet, 11 leur manque ce puissant développement des muscles du mollet, de la cuisse et des fésses, au moyen duquel l'homime conserve son équilibre el marche avec fermeté,
A l'état sauvage, l'orang-houtan a été peu observé. Il habite les forêts les plus retirées el se nourrit principalement de fruits ; mais il est probable qu'il mange aussi les œufs et les pelits oiséaux qu'il est habile à dénicher : du moins ses longues canines doivent le faire supposer. D'anciens voyageurs ont avancé qu'en temps de disette, il quitte les montagnes et descend sur le bord de la mer, où il se nourrit de coquillages et de crabes. «Il y à, dit Gemelli Carreri, une espèce d’huîtres qui pèsent plusieurs 1ivres el qui sont ouvertes sur Île rivage; or le singe, craignant que, quand il veut les manger, elles ne lui attrapent la patte en