‹ Le jardin des plantesChapitre 27 sur 100 · LES OUISTITIS · texte numérisé non relu

LES OUISTITIS

Ce sont de jolis animaux, qui s'apprivoisent aisément. Ils ont la tête ronde, le visage plat, les narines latérales, les fesses velues, point d'abajoues, et la quéue non prenante, caractères qui les rapprocheraient des genres précédents; mais, quoiqu'ils soient de l'Amérique, ils n'ont que vingt mâchelières, c'est-à-dire trentedeux dents, ainsi que les singes de l'ancien continent. Tous leurs ongles sont comprimés et poinlus, excepté ceux des pouces de derrière, et leur pouce de devant s’écarte fort peu des aulres doigts.

25e Genre. Les OUISTITIS proprement dits (Jacchus, Georr.) ont les incisives supérieures intermédiaires plus larges que les latérales : celles-ci isolées de chaque côté; les incisives inférieures sont allongées, étroites, verticales : les latérales plus longues ; les canines moyennes et coniques : les inférieures très-pelites ; en tout trente-deux dents : selon G. Cuvier.

Le Tri ou le Sacoux (Jacchus vulgaris, Georr. Simia jacchus, Lis. Cagui minor, Marcc. L'Ouistiti ordinaire, G. Cuv. — Burr. Le Singe à queue annelée, PENX.).

Ce charmant petit animal n’atteint pas la taille d’un écureuil, car il a toul au plus six pouces de longueur (0,162), non compris la queue, qui est annelée de noir et de gris elair ; son pelage est d'un gris foncé jaunâtre, ondé; la tête, les côtés et le dessous du cou sont noirs ou d'un brun roux; la face, la plante des pieds et la paume des mains sont couleur de chair ; il a un tubereule saillant entre les yeux et une tache blanche au front; l'oreille est entourée d’une touffe de poils blancs ou cendrés ou noirs, roides et longs.

Le titi habite la Guyane et le Brésil: partout il est recherché, non à cause de sa gentillesse, mais parce qu'il est joli et peu embarrassant. Son caractère est loin de répondre à l'amitié qu'on lui porte; il parait bon parce qu'il est faible, intelligent parce qu'il est défiant , doux parce qu'il est peureux. Dans les bois de l'Amérique il a une certaine vivacité, qu'il perd dans l'esclavage, surtout dans nos climats, où je n’en ai jamais vu vivre plus de deux ans. Il aime à poursuivre de branche en branche, en s’élancant de l’une à l’autre, les gros insectes et même les petits oiseaux, dont il fait sa proie: Il adjoint à cette nourriture des fruits et des graines, mais seulement quand sa chasse pe réussit pas, car il a des habitudes carnassières. Il lui arrive souvent de descendre des arbres et dè chasser aux limacons et aux petits lézards. Il paraît même qu'il se hasarde awbord des eaux pour saisir à l'improviste quelques petits poissons. Edwards, cité par Buffon, raconte que l'un de ceux qu'il a vus, étant un jour déchainé, se jeta sur un petit poisson doré de la Chine qui était dans un bassin, qu'il le

tua et le dévora avidement; qu'ensuite on lui donna de petites anguilles qui l'effrayèrent d'abord en s’entortillant autour de son cou, mais que bientôl il s'en rendit maitre et les mangea.

Lorsque, entrainé par l'ardeur de la chasse, le mâle s’est un peu éloigné de sa femelle, il pousse un sifflement aigu longtemps prolongé sur le même ton, pour l'appeler auprès de lui. Ce cri le trahit et le fait découvrir par le chasseur, qui sans cela aurait beaucoup de peine à l’apercevoir dans le feuillage. Mais, quand on yeut le Liver, il faut s'en approcher bien doucement et sans bruit, car, s'il apercoit quelqu'un, il se blottit à l'enfourchure de deux grosses branches, s’y cache et ne fait plus aucun mouvement, de manière qu'il est presque impossible de l'y voir.

Le mâle et la femelle ne se quittent jamais, et cependant ils paraissent avoir assez peu d'affection l'un pour l'autre. La femelle surtout montre une sorte de férocité dans des circonstances où presque tous les animaux développent des sentiments de tendresse que leur a dévolus la nature; ainsi elle met bas trois ou quatre petits, et assez ordinairement elle débute dans les soins malernels par manger la tête d’un ou deux. Ce n’est que lorsqu'ils sont paryenus à saisir la mamelle, chose qu'ils cherchent à faire aussitôt qu'ils sont nés, qu'ils sont à peu près sûrs de n'êlre pas dévorés. Dans la suite de leur éducation elle ne montre guère plus de tendresse. Les petits se cramponnent sur son dos, et quand elle consent à les porter ce n'est pas pour longtemps; au moindre embarras qu'ils lui causent, à la plus petite fatigue, elle se frotte le dos contre une branche ou un tronc d'arbre au risque de les écraser, les force ainsi à la lâcher, s'en débarrasse, et s’en ya sans s'inquiéter davantage de ce qu'ils deviendront.

Heureusement pour eux que, s'ils ont une mauvaise mère, leur père se montre beaucoup plus affectueux. En entendant leurs cris de détresse, il vient à leur secours, les place sur son dos et les porte. De temps à autre il rejoint la femelle et les lui présente pour qu'elle leur donne à teter, ce qu'elle fait presque toujours en rechignant. :

Dans la captivité, le titi, tout chéri qu'il est par nos dames, n'est guère plus aimable. Si on en jugeait par ses grands yeux toujours en mouvement et par la vivacité de ses regards, on croirail à sa pénétration, et l’on se tromperait, car ce n'est que la défiance de la peur. Les titis ne caressent jamais, et souyent même ne se laissent pas caresser. Ils se défient de tout le monde, de la main qui les nourrit comme des autres, et les mordent indifféremment. S'ils sont peu susceptibles d'affection, ils le sont beaucoup de colère; la moindre contrariété les irrite, et lorsqu'ils sont effrayés ils courent se cacher en poussant un petit cri court et pénétrant.

Plusieurs fois ces petits quadrumanés ont produit à la ménagerie, mais jamais on n’a pu les déterminer à élever leurs enfants plus de quinze à vingt jours. Passé ce terme, ils les laissaient mourir faute de soins et de nourriture. « Vers les derniers temps de la vie d’un de ces petits, dit Fr. Cuvier, lorsque son père se trouvait fatigué de le porter, n'étant plus reçu par sa mère, il montait jusqu’au haut de sa cage; arrivé là, et ne pouvant plus descendre, il jetait un cri de détresse, qui réveillait quelquefois la sollicitude de ses parents : alors ils allaient à son secours; mais le plus souvent ils restaient sourds à ses plaintes, et le jeune animal aurait été forcé de se laisser tomber si on n'avait pas eu soin de prévenir sa chute en lui tendant une main secourable. » Malgré tous ses défauts, le titi est très à lamode chez les dames brésiliennes.

L'OuISTITI À TÊTE BLANCHE (Jacchus leucocephalus, Georr. Simia Geoffroy, Hume.) a le pelage roux, la tête et le poitrail blancs, un hausse-col noir, de très-longs poils noirs devant et derrière les oreilles, et la queue annelée de brun et de cendré. On le trouve au Brésil.

L'Ouisriri À FRONT BLANC (Jacchus albifrons, Des.) Il a le pelage noir, légèrement varié de blanchâtre; les poils sont blancs à extrémité noire ; le front, les côtés du cou et la gorge sont blancs à poils très-courts; la face est noire : le tour des oreilles et l’occiput sont garnis de poils très-noirs, longs et droits ; les environs de l’anus sont un peu roussâtres ; la queue est un peu plus longue que le corps, brune, légèrement variée de blanc, un peu plus foncée à son origine qn'à son extrémité. Il est de l'Amérique méridionale, probablement du Brésil.

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