MUSARAIGNES EXOTIQUES
La MUSARAIGNE À COURTE QUEUE (Soreæ brevicaudatus, SAY), d'un noir plombé en dessus, plus pâle en dessous ; oreilles très-larges, blanches, cachées par les poils de la tête, et ayant deux demicloisons; sa queue est presque nue, déprimée; ses pieds sont
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armés d'ongles aussi longs que les doigts. Celle espèce est aquatique, et elle habite les terriers sur les bords du Missouri.
La PETITE MUSARAIGNE (Sorex parvus, Sax. Sorexæ personatus, Is. G£orr.) est d’un brun cendré en dessus et seulement cendrée en dessous; sa queue est courte, un peu renflée vers son milieu, presque cylindrique, el blanchâtre en dessous; ses dents sont noirâtres et ses ongles blancs. Comme la précédente, elle habite le Missouri.
La MUSARAIGNE DE L'INDE ( Sorex indicus, Georr.) a le pelage court, ras, d'un gris brun en dessus, teinté de roussâtre en dessous; sa queue est ronde, de la longueur de la moitié du corps. Elle habite les maisons à Pondichéry et à Tranquebar. Elle exhale une odeur de muse forte et assez désagréable.
La MusaraiGxe pu Cap (Sarex capensis, Gore.) a beaucoup d'analogie avec celle de l'Inde, mais elle en diffère en ce qu'elle est plus grande, en ce qu'elle a la queue rousse, beaucoup plus longue , n'étant que moitié moins longue que le corps, enfin en ce qu'elle à le museau plus long et plus efilé. Elle a trois pouces huit lignes (0,099) de longueur, non compris la queue, qui a un pouce neuf lignes (0,047). Du Cap ou de l'ile de France. Peut-être n'est-ce qu'une variété. :
La MusaraiGxE GRÊLE (Sorex exilis, Pair.) est de très-petite taille; on la reconnait aisément à sa queue ronde et très-épaisse. On la trouve en Sibérie.
La MUSARAIGNE À QUEUE DE RAT (Soreæ myosurus, PaLL.) est du même pays; la femelle est blanche et le mâle brun; tous deux ont le museau renflé, la queue presque nue, épaisse et ronde.
La MUSARAIGNE GRACIEUSE (Surex pulchellus, Panuer ) est trèspetite, d'un gris clair sur le haut de la tête, gris foncé sur le dos, et d'un blanc pur sur les flancs; elle a une tache blanche sur la nuque, avec les oreilles d'un gris ardoisé. Elle est une des plus petites de son genre, et elle multiplie prodigieusement.
Cetle jolie musaraigne habite les déserts sablonneux qui sont placés entre Bukkara et Orenbourg. Elle se plait à proximité des marais, où chaque soir elle va faire la chasse aux insectes et au frai des grenouilles et d’autres reptiles. Elle nage et plonge fort bien, mais cependant elle a des habitudes moins aquatiques que noire musaraigne &'eau. Au printemps, elle se fait un nid d'herbes sèches qu'elle place au milieu d'une touffe de roseaux, et c’est là qu'elle élève sa nombreuse famille.
La MusaraiGxe D'Ouvier (Sorex Olivieri, DEsu.) un peu plus grande que la musaraigne commune, rousse ; queue presque aussi grande que le corps. Cette espèce n’a pas été vue vivante, et peutêtre n'existe-t-elle plus. Elle a été trouvée à l’état de momie, par Olivier, dans les catacombes de Sakkara en Égypte. C'est peutêtre le Surex religiosus d'fs. Geoffroy.
La MUSARAIGNE RELIGIEUSE (Sorer religiosus, Is. GEorr.) n'a élé trouvée qu'à l’état de momie , dans des antiquités égyptiennes, et assez bien conservée pour pouvoir être décrite par M. Is. Geoffroy. Elle est de la taille du Sorex personatus ; sa queue longue , qui atteindrait l’occiput, est parfaitement carrée, à angles trèssaillants; ses oreilles sont grandes et son pouce assez court. On ne l’a pas encore retrouvée vivante en Égypte, où peut-être elle n'existe plus.
La MUSARAIGNE BLONDE (Soreæ flavescens , IS. Grorr. ) a la tête allongée , le dessus du corps et de la tête d’un blond roussatre, passant au cendré roussàtre très-clair sur le dessus de la queue ; tout le dessous, et le tour de la bouche, d'un blane un peu cendré; une ligne longitudinale brunâtre sur le chanfrein. Elle a quatre pouces et demi (0,122), non compris la queue , qui est courte. Elle habite l'Afrique méridionale.
Le Moxnourou (Sorex giganteus , Is. Grorr. Sorex indicus, GEOrr. — Fr. Cuv. — Des. Le Monjourou, Fr. Cuv.) a été confondu par tous les naturalistes avec la musaraigne de l'Inde, excepté par M. Is. Geoffroy. Elle en diffère par sa taille, qui est de près de six pouces (0,162), non compris la queue, qui a trois
pouces et demi (0,095) de longueur, tandis que dans l'éndious le corps n'a que trois pouces dix lignes (0,104), et la queue un pouce et demi (0,041) de longueur. Cette espèce habite dans les maisons, à Pondichéry, où elle se rend incommode par l'odeur musquée qu'elle exhale, odeur qui, dit-on, fait fuir les serpents. Ses habitudes sont nocturnes, et elle fait souvent entendre le petit eri kouïk.
Après ces espèces on placera la suivante quand elle sera mieux connue : Surex Pealei, de Lessox, Sorex araneus, de HaRLAN, que l'on trouve en Amérique.
5° Gexre, Les CLADOBATES ( Cladobates, Fr. Cuv. Hylogale, Tewx. Sorexglis, Diaro.) ont trente six dents : quatre incisives en haut et six en bas; point de canines; quatorze molaires à chaque mâchoire. Leur corps est cylindrique, allongé; leur museau pointu, portant une courte moustache; leurs oreilles sont grandes; leurs yeux saillants; leurs ongles sont comprimés, arqués, propres à fouir la terre; leur queue est très-longue, couverte de longs poils; enfin, ils ont quatre mamelles.
Le Tupata-Taxa (Cladobates tana, Fr. Cuv. Tupaia tana , Rarr.) a dix-huit pouces (0,487) de longueur, la queue comprise; il est d’un brun roussâtre piqueté de noir en dessus, avec une petite ligne oblique et rousse sur chaque épaule; le dessous de son corps est roux ; sa tête est allongée, et son museau très-pointu. II habite Sumatra.
Le SisrixG ou BaxGsRiNG (Cladobates javanicus, Fr. Cuv.). Tupaia javanica, Rarr.) a un pied dix lignes (0,348) de longueur totale; il est brun, piqueté de gris en dessus, avec une ligne oblique, d'un hlane grisâtre, sur chaque épaule; il est gris en dessous; son museau est moins pointu que dans le précédent, et sa queue est fort longue. Il habite Java.
Le Press (Oladobales ferrugineus, Fr. Cuv. Tupaia ferruginea , Horse.) a quatorze à quinze pouces (0,579 à 0,406) de longueur; il est d'un ferrugineux uniforme, et son museau est médiocrement pointu. Il habite Jaya, Ce genre se compose des hylogales de Temminck.
4e Genre. Les MACROCÉLIDES (Wacrocelides , Swrrn, Rhinomys, Licusr.) ont vingt dents à chaque mâchoire, savoir : six incisives en haut et quatre en bas; point de canines: deux fausses molaires et cinq vraies de chaque côté, à la mâchoire supérieure ; trois petites fausses molaires anomales, deux grandes normales et trois vraies molaires de chaque côté à la mâchoire inférieure. Pieds à cinq doigts munis d'ongles à demi rétractiles.
MacrocÉLine Tvre (Macrocelides typus, Is. GEorr. Mus araneus capensis, Periver). Cinq pouces de longueur non compris la queue qui en a quatre ; jambes antérieures très-courtes; pelage d'un brun nuancé de fauve, blanchâtre en dessous; oreilles grandes, arrondies. Cet animal vit au cap de Bonne-Espérance , habite un terrier, et vit d insectes qu'il poursuit en sautant sur ses longues jambes de derrière, à la manière des gerboïses; il esl très-timide. On connait encore le Macrocelides Rozeti, DuvERx., qui se trouve en Algérie.
de GENRE. Les DESMANS (Mygale, G. Guy.) ont quarante-quatre dents : deux incisives supérieures en triangle et aplaties, huit ou quatre inférieures, dont deux très-pelites placées entre les deux grandes; yingt molaires en haut et quatorze en bas; museau terminé par une petite trompe très-mobile; oreilles courtes; cinq doigts onguieulés à chaque pied, réunis par une membrane ; queue écailleuse, longue, comptimée latéralement, formant une sorte de rame.
Le Deswax ou Rar musquÉ be Russie (Mygale moscovitica, Georr. Sorex moschatus, Lin. Le Desman, Burr. — G. Cuv.). Cet animal a de longueur totale quinze pouces (0,466), c'està-dire que sa taille dépasse un peu celle d’un hérisson; son pe-
lage est d’un gris cendré ou brunâtre sur le dos, d’un blanc argenié sous le ventre; il n'a point d'oreilles externes, et son œil est extrêmement petit; son museau s’allonge en une petite trompe très-flexible, et qu'il agite continuellement; ses pieds, outre leurs membranes, sont bordés d’une sorte de frange de poils roides qui lui aident à nager; sa queue est d’un quart plus courte que son corps, étranglée à sa base, comprimée latéralement, large, plate, ressemblant à la queue d’une anguille, et entièrement recouverte de petites écailles.
Le desman a sous la base de la queue sept ou huit follicules vésiculeux, formés par les replis de la peau , couchés transversalement l’un à côté de l’autre comme les écailles abdominales d’une couleuvre, et d’une couleur jaune très-prononcée. Si l'on presse avec le doigt un de ces follicules, une épaisse liqueur qu'ils contiennent, se trouvant comprimée, s’insinue dans des canaux très-
ber son nez de manière à en mettre le bout dans sa bouche, et il s'en sert comme d'une sorte de trompette.
Il vit toujours par couple avec sa femelle, et se construit assez artistement un terrier. Pour cela, il choisit une berge presque perpendiculaire, et assez élevée pour n'être jamais submergée pendant les inondations. Quand il a trouvé une place convenable, il plonge au pied de la berge, et commence à creuser sous l’eau assez profondément pour que l'entrée de son terrier ne soit jamais à découvert, même pendant les eaux basses des plus grandes sécheresses.
Son trou est à peu près aussi large que celui d’un lapin, et s'élève obliquement à mesure qu'il s’avance dans la berge , en sorte qu'il n’y a jamais de submergés qu'un ou deux mètres de longueur dans la partie qui aboutit à l’entrée. Parvenu au-dessus du niveau de l’eau du lac ou de la rivière, le terrier se divise en
Les Desmans.
déliés qui la conduisent sous les écailles de la queue, où elle trouve une issue au dehors. Cette liqueur est grasse, analogue à celle que les canards et autres oiseaux ont dans des follicules ou des glandes placés sur le coceyx , et elle sert aux mêmes usages. L'animal s’en imprègne tout le corps, et rend ainsi sa fourrure impénétrable à l'eau; mais cette matière a une odeur de muse si forte et si pénétrante , qu'elle infecte tout ce qu'il touche, et l’on dit même jusqu'à la chair des brochets et autres gros poissons voraces qui mangent quelquefois des desmans.
Ce petit animal est très-remarquable par ses formes et ses habitudes. Il habite la Moscovie et tout le midi de la Russie, où il est très-commun ans les étangs, les lacs, les rivières, et cependant Buffon ne le connaissait pour ainsi dire que de nom. Il est bien rare qu'il sorte de l’eau volontairement pour aller à terre, et S'il va d’un étang à un autre, c’est par des canaux souterrains ou par des rigoles remplies d'eau qui communiquent de l'un à l'autre; aussi n’atil pour ennemis que les poissons voraces et quelques aigles pêcheurs. Mais souvent il donne dans les filets tendus dans les rivières et les lacs; et comme il ne sait pas les couper pour s’en débarrasser, on l'y trouve noyé. Pour appeler sa femelle ou rassembler sa jeune famille autour de lui, il a un cri fort singulier, ayant beaucoup d'analogie avec celui du canard; pour se faire entendre, il est obligé, selon Pallas, de cour-
deux branches, en forme d’<, placées, non l'une à côté de l’autre, mais plus ordinairement l’une sur l’autre. La banche supérieure s'étend quelquefois sous les racines des plantes qui croissent à la surface du sol, mais jamais elle n’a d'ouverture en plein air. Les racines des graminées que rencontre le desman sont soigneusement recueillies par lui, et transportées dans la branche inférieure du terrier, pour former à sa femelle un nid plus doux que les fragments des joncs et des roseaux qu'il cueille dans les marais. Ce nid est placé au fond du trou, dans une petite chambre ovale, ayant au moins un pied (0,525) de largeur, sur dix-huit pouces (0,487) de longueur. Au printemps, la femelle met bas quatre ou cinq petits, qu’elle aime avec tendresse, et qu’elle allaite avec beaucoup de soin. Elle ne les conduit à l’eau avec elle que lorsqu'ils sont très-forts, et jusque-là elle se borne à les promener dans la branche supérieure de son habitation.
Les desmans se nourrissent de larves, de vers, et plus particulièrement de sangsues, auxquelles ils font sans cesse la chasse. Avec leur petite trompe mobile, qu'ils enfoncent dans la vase, ils saisissent fort adroitement leur proie, et, ce qui leur est, je crois particulier, ils la dévorent sous l'eau, ce que ne fait pas la loutre, ni aucun des carnassiers aquatiques que je connaisse. Très-rarement ces animaux nagent à la surface des ondes, et s'ils y paraissent de temps en temps, c'est uniquement pour respirer.
Ils ont la singulière faculté de marcher sur le sol au fond de l'eau avec autant d’aisance que les autres animaux sur la terre, et rien n’est plus curieux que de les y voir se promener. Lorsqu'un hiver rigoureux vient charger la surface des étangs d'une épaisse glace, ils sont, dit M. Desmoulins, exposés à périr d'asphyxie par l'épuisement de l'air de leur terrier; mais ce fait me paraît d'autant plus douteux qu'il ne s'explique pas du tout par la formation de la glace sur les étangs. Ensuite, s'il était vrai, l'espèce serait menacée de destruction, puisqu'elle n’habite que le Nord
Le Desmax pes Pyrénées (Mygale pyrenaica, Grorr.) est beaucoup plus petit que le précédent , et n'a pas plus de huit pouces et demi (0,251) de longueur, y compris sa queue, qui est plus
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long et terminé en une sorte de boutoir propre à fouiller la terre; ses pieds antérieurs sont en forme de mains larges, armées d'ongles forts, semblables aux mains d’une taupe, et comme elles trèsaptes à creuser le sol ; sa queue est courte et son pelage très-brun.
CeL animal a les mêmes habitudes que la taupe; comme elle, il se creuse de longs boyaux souterrains diversement ramifiés, auxquels il travaille chaque jour à des heures déterminées , et il ne procède pas autrement qu'elle pour chercher les vers de terre, les larves et les petites racines bulbeuses dont il fait sa nourriture; comme elle encore, il ne quitte pas ses galeries souterraines; on, s'il le fait, ce qui est très-rare, c'est pour changer de domicile on aller à la recherche de sa ‘compagne. fl y a cepen-
Intérieur de l'amphithéâtre d'anatomie comparee.
longue que son corps, cylindrique dans les trois quarts de sa longneur, diminuant insensiblement depuis sa base, et se terminant par une partie comprimée sur les côtés; il est brun en dessus, gris en dessous. On le trouve le long des ruisseaux, aux environs de Tarbes, au pied des Pyrénées. Il a des habitudes à peu près semblables à celles du précédent, mais il ne fait pas son terrier avec autant d'art.
6° GENRE. Les SCALOPES (Scalops, G. Cuv.) ont trente-six dents: deux incisives en haut et quatre en bas; point de canines; dixhuit molaires à la mâchoire supérieure et douze à l'inférieure; ils manquent d'oreilles externes ; leur museau est pointu, cartilagineux, robuste; ils ont trois doigts aux pieds antérieurs, cinq à ceux de derrière, et une queue courte.
Le ScaLope nu Caxapa (Scalops canadensis, Des. Sorex aquaticus, Lin. L’American 1vhite mole des Américains) a le nez très-
dant cette différence entre la taupe et le scalope, que celle-là choisit, pour établir son domicile, les terres fraiches, mais non humides ; tandis que l’autre ne se plaît que sur les bords froids et marécageux des rivières et des fleuves. On le trouve aux États- Unis, depuis la Virginie jusqu’au Canada.
Te GENRE. Les TALPASORES ( Talpasorex, Less.) ont quarante dents : deux incisives supérieures et quatre inférieures ; pas de canines ; vingt- deux molaires à la mâchoire supérieure et douze à la mâchoire inférieure. Du reste, ils ne diffèrent pas du genre précédent.
Le Tacpasore DE PENSYLVANIE ( Talpasorex pensylvanica , Less. Scalops pensyluanica, HarLan.) a six pouces et demi (0,176) de longueur totale; son pelage est brun et sa queue courte; ses molaires sont extrêmement rapprochées; les supérieures ont la couronne légèrement dentelée, avec un sillon qui se continue
tout le long du côté intérieur, et sur le côté externe pour les molaires inférieures. On le trouve aux Etats-Unis. Ses mœurs sont les mêmes que celles des scalopes.
8e Genre. LES CHRYSOCHLORES ( Chrysochloris, Lacée.) ont quarante dents : deux incisives en haut et quatre en bas; pas de canines; dix-huit molaires supérieures et seize inférieures; le museau est court, large, relevé; le corps trapu; point d'oreilles externes; pieds de devant courts, robustes, propres à fouiller la terre, à trois ongles seulement, dont l'extérieur très-gros, et les autres allant en diminuant; pieds postérieurs à cinq doigts; pas de queue.
Le CurysocaLorEe pu Car (Chrysochloris capensis, Des. Talpa asiatica, GMEL. La Taupe dorée, G. Cuv.) a de longueur totale quatre pouces et demi (0,122); il est d'un brun changeant; a cinq doigts aux pieds de derrière, et manque de queue. Il habite les environs du cap de Bonne-Espérance, où il se creuse des galeries souterraines à la manière des taupes.
La nature se plaît souvent à déjouer les suppositiühs systématiques des savants, et cet animal en est une preuve nouvelle. Les naturalistes avaient cru que les brillantes couleurs, le vert doré, le pourpre, le violet, les reflets métalliques qui étincellent sur la livrée des oiseaux des poissons, des insectes, etc.; leur étaient dévolus par la nature, à l'exclusion des mammifères, qui devaient
LES TRIODONTES A
ont les trois sortes de dents : deux grandes incisives supérieures en avant, accompagnées de deux autres de chaque côté, dont la postérieure en forme de canine; les vraies canines petites, non distinctes des fausses molaires; quatre incisives inférieures, penchées en avant, en forme de cuiller.
10° Genre. Les CONDYLURES (Condylura, Iztic:) ont quarante dents : deux incisives supérieures et quatre inférieures; deux canines en haut et en bas; seize moläires à la mâchôire stipélieure et quatorze à l'inférieure. Ils ont le nez très-allongé; garni de crêles membraneuses disposées en étoile autotir des harities ; leurs yeux sont très-petits; ils manquent d'oreilles extérieures : comme chez les taupes, leurs mäihs Sont larges, à cinq düigls munis d'ongles puissants, propres à fouir la terre ; leur queiie est de médiocre longueur, et ils ont cinq doigts aüx pieds de derrière.
Le ConbyLURE ÉTOILÉ (Condylura cristata, DESM: Süfex cristatus, Lix. Talpa cristata , G. Cuv. La Taupe à museau étoilé du Canada , G. Cuv.) est d'un brun noirâtre, et a quatre pouces (0,108) de longueur totale; ses narines sont entourées d'un cercle de lanières membraneuses, et sa queue est longue comme le tiers à
LES TRIODONTES A
ont quatre grandes canines écartées, entre lesquelles sont de petites incisives.
11° GENRE. Les TAUPES (Talpa, Lis.) ont quarante-quatre dents : six incisives en haut et huit en bas; deux canines à la mâchoire supérieure et point à l'inférieure; quatorze molaires en haut et en bas. Leur tête est allongée, pointue, prolongée en avant par un museau cartilagineux, renforcé par un os du boutoir; elles manquent d'oreilles externes, et les yeux sont excessivement petits; ses pieds antérieurs sont larges, en forme de mains, à cinq ongles tranchants et propres à fouir ; leurs pieds de derrière sont faibles et à cinq doigts; leur queue est courte. Ces animaux vivent dans un terrier, d'où ils ne sortent qu'accidentellement,
La Taupe AVEUGLE (Talpa cœca, SAVI). Celle espèce, presque aussi
toujours porter une robe terne ; et voici le chrysochlore qui vient donner un démenti à cette loi conclue par les analogies. En effet, son poil est d'un vert changeant, passant au cuivré et au bronzé, et offrant les plus brillants reflets métalliques d’or, de pourpre et de violet.
Cet animal est aveugle, et on ne lui voit aucune apparence d'yeux; dans le fait, à quoi lui servirait-il d'en avoir, puisqu'il ne quitté jamais la galerie ténébreuse et souterraine dans laquelle il vit à Ja manière des taupes? Mais si la nature l'a privé d'un sens qui lui serait inutile, elle l’en a indemnisé en lui donnant une ouïe très-fine, quoique Son oreille n'ait pas de conque extérieure, et en dotant d'une force prodigieuse les bras dont il se sert pour fouiller journellement la terre. Son avant-bras est soutenu, pour creuser, par un troisième os placé sous le cubitus, et nul autre animal n'offre cette singularité.
9e GENRE. Les DOUCANS TAUPES (Ducantalpa) ont les mêmes caractères généraux que le genre précédent, mais leur formule dentaire n'est pas encore connue, au moins je le crois; ils ont une queuë, et leurs pieds de derrière n’ont que quatre doigts.
Le Doucax (Ducantalpa rubra.— Chrysochloris rufa, Desx. Talpa rubra, Guec.) est un peu plus grand que notre taupe, dont il a les mœurs; son pelage est d’un roux tirant sur le cendré clair ; sa queue est courte, On le trouve à la Guyane.