‹ Le jardin des plantesChapitre 59 sur 100 · CHATS D'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

CHATS D'AMÉRIQUE

Le Jacuar (Felis onça, Lin. L'Onza des Portugais. Le Tlatlanqui- Ocelotl d'Hernandès. La Grande Panthère des fourreurs. Tigris americanus, Bouiv.).

Après le tigre et le lion, cet animal est le plus grand de son genre. Azzara dit en avoir mesuré un qui avait six pieds (1 949) de longueur non compris la queue, qui elle-même était longue de vingt-deux pouces (0,596). Son pelage est d’un fauve vif en dessus, semé de taches plus ou moins noires, ocellées, c’est-àdire formant un anneau plus ou moins complet, avec un point noir au milieu; ces taches sont au nombre de quatre ou cinq, par lignes transversales, sur chaque flanc; quelquefois ce sont de simples roses; elles n'ont jamais une régularité parfaite, mais elles sont constamment pleines sur la tête , les jambes, les cuisses et le dos, où elles sont allongées, sur deux rangs en quelque partie, sur un seul dans une autre. Tout le dessous du corps est d'un beau blanc, semé de grandes taches noires, pleines et irré-

rement dans les estères et les grandes forêts traversées par des fleuves, dont il ne s'éloigne pas plus que le tigre, parce qu'il s'y occupe sans cesse de la chasse des loutres et des pacas. Comme lui, il nage avec beaucoup de facilité, et va dormir, pendant le

jour, sur les ilots, au milieu des touffes de jones et de roseaux.

Souvent il fait sa proie d'un bœuf ou d'un cheval, et il est d'une force si prodigieuse, qu'il le traîne aisément dans les bois pour le dévorer.

En plaine, le jaguar fuit presque toujours et ne fait volte-face que lorsqu'il rencontre un buisson ou des herbes hautes dans lesquelles il puisse se cacher. Dans ces retraites, il attend sa proie, se lance sur son dos en poussant un grand cri, lui pose une patte sur la tête, de l’autre lui relève le menton, et lui brise le derrière du crâne. Pendant la nuit, sa hardiesse est extrême ; de six hommes dévorés par les jaguars, à la connaissance d’Azzara, deux furent enlevés devant un grand feu de bivouac. Heureusement qu'il ne tue que lorsqu'il a faim, et qu'une seule victime lui suffit à la fois. Il vit cantonné avec sa femelle; et, dans les anses peu profondes des fleuves, il pêche le poisson, qu'il enlève

Le Jaguar.

gulières. Le dernier tiers de la queue est noir en dessus, annelé de blanc et de noir en dessous; l'extrémité affleure la terre sans ‘trainer.

Le jaguar est répandu depuis le Mexique exclusivement, jusque dans le sud des pampas de Buenos-Ayres, et nulle part il n’est plus commun et plus dangereux que dans ce pays, malgré le climat presque tempéré, et la nourriture abondante que lui fournit la grande quantité de bétail qui pait en liberté dans les plaines. Il y attaque constamment l'homme, tandis que ceux du Brésil, de la Guyane et des parties les plus chaudes de l'Amérique fuient devant lui, à moins qu'ils ne soient pressés par la faim ou qu'ils aient été attaqués les premiers. Les bois marécageux du Parana, du Paraguay et des pays voisins, sont peut-être les endroits où cette espèce s’est le plus multipliée, et où les accidents sont le plus fréquents. Elle était encore si nombreuse an Paraguay, après l'expulsion des jésuites, qu’on y en tuait deux mille par an, selon d’Azzara; mais au commencement de ce siècle leur destruction annuelle n'allait pas à mille. Cet animal est également très-commun dans la Guyane et le Brésil, et l'on entend ses cris presque régulièrement le matin au lever du soleil, et le soir à l'entrée de la nuit. Ces cris sont flûtés, avec une très-forte aspiration pectorale, et se font entendre à une très-grande distance. Il en a un autre qu'il pousse quand il est irrité ou qu'il va fondre sur sa proie, Ce dernier ressemble à un râlement profond qui se termine par un éclat de voix terrible et propre à épouvanter l’homme le plus intrépide. Cet animal se plait particuliè-

très-adroitement de l’eau avec sa patte. Il mange aussi les jeunes caïmans , el attaque même les plus grands, tels que le caïman à lunettes (Alliyator sclerops, Cuv.), très-commun à la Guyane, au Brésil et à la colombie. Mais il arrive quelquefois que le crocodile le saisit par un membre avec ses puissantes mâchoires , et l’entraine dans le fleuve pour le noyer. L'instinct du jaguar lui révèle alors le seul moyen qu'il y ait pour faire lâcher prise à son ennemi; il lui enfonce les griffes dans les yeux, et la douleur fait aussitôt ouvrir la gueule au caïman, qui dégage ainsi le jaguar et devient sa proie.

Le jaguar ne rôde guère que la nuit; il dort pendant le jour, couché au pied d’un arbre ou dans le milieu d'un épais taillis. Si le hasard fait qu'on le rencontre en cet état, il faut se garder de prendre la fuite, de pousser des cris ou faire quelque mouvement extraordinaire, si l’on ne veut se vouer à une mort inévitable. Le parti le plus sûr est de se retirer lentement, en reculant et tenant les yeux fixés sur ceux de l'animal, et de s'arrêter s’il marche sur vous. Alors il s'arrête lui-même et ne recommence à vous suivre que lorsque vous cherchez à vous éloigner. De halte en halte on parvient ainsi à gagner un lieu habité. Si l’on est armé et qu'on veuille le tirer, il faut le tuer d’un seul coup, car il se précipite sur le chasseur au feu de l'amorce ou s’il n’est que blessé. Malgré tout ce que cet animal a de terrible, des gahuchos (Espagnols nés au Brésil) osent l’attaquer corps à corps et sans armes à feu. Un homme s’arme d'une lance longue de cinq pieds; sur son bras gauche il porte une peau de mouton garnie

186 LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.

de son épaisse toison, et il s’avance hardiment dans le buisson où il sait que le jaguar s'est retiré. A l'instant où le monstre se dresse sur ses pieds de derrière pour s'élancer, l’intrépide chasseur le perce de sa lance. S'il manque son coup, il abandonne à l'animal sa peau de mouton, et pendant que celui-ci s'acharne dessus, il reçoit un second coup de lance qui l’étend mort sur la place. Quand le jaguar est chassé par une meute de chiens appuyée d’un bon nombre de piqueurs, il fuit en frémissant de colère et en se retournant souvent pour faire tête à ses ennemis. Dans ce cas on emploie souvent le lasso pour s'en emparer. Le lasso est une corde de cuir, tressée dans sa fraicheur, d’un pouce et demi au moins (0,041) de circonférence, longue de vingt à trente pieds (6,497 à 9,715) très-flexible, avec un nœud coulant à son extrémité, Un gahucho, monté sur un excellent cheval, poursuit le jaguar au triple galop; il tient d’une main son lasso, qu'il fait tourner sur sa tête, le lance autour du cou de l'animal féroce avec une adresse qui ne manque jamais son coup, et continue à galoper en le traînant après lui jusqu'à ce que le jaguar expire étranglé.

Malgré sa grande taille, cet animal grimpe sur les arbres avec autant d’agilité qu'un chat sauvage , et fait aux singes une guerre cruelle, À Buenos-Ayres, les grands animaux savent se défendre contre lui sans l'assistance de l'homme. Les bœufs se mettent en cercle, croupe contre croupe, lui présentent leurs cornes, et parviennent assez souvent à le tuer s’il se précipite sur eux ayec trop d'impétuosité. Les chevaux se défendent en lui lançant des ruades, et ceux qui sont entiers, loin de fuir devant lui, le poursuivent quelquefois lorsqu'ils l’apercoivent, et le mettent en fuite. Les chiens dressés à la chasse du jaguar sont de moyenne taille, mais pleins de force et de courage. Leurs aboiements le mettent hors de lui; il s'arrête au pied d'un arbre et joue des pattes de devant, et tous ceux qui sont atteints sont ordinairement éventrés d’un seul coup. On profite de ce moment pour le tirer, en ayant soin de ne pas se montrer, car aussitôt qu'il aperçoit le chasseur il laisse là les chiens et se lance sur lui. Le plus souvent il grimpe sur un arbre, et on l’abat à coups de fusil. Le Jaguérété de Marcgrave, ou Jaguar noir (Felis nigra, ErxL.), n’est qu'une simple variété accidentelle de cet animal, de même que le Jaguar blanc ou albinos dont parle d’Azzara.

Le GouaAzouara ou CouGuar (Felis puma, TraiLz. Felis concolor, Lix. Le Lion puma des colonies espagnoles; le Hitzli du Mexique ; le Pagi du Chili; le Tigre rouge de Cayenne).

Le gouazouara atteint ordinairement quatre pieds (1,299) de longueur, et quelquefois davantage, non compris la queue, qui a vingt-six pouces (0,704). Son pelage est d'un fauve agréable et uniforme, sans aucune tache ; sa queue est noire à l'extrémité, et ses oreilles sont aussi de cette couleur. Il ressemble un peu au lion, mais il n’a ni crinière ni flocon de poils au bout de la queue ; son corps est plus allongé, plus bas sur jambes, et sa tête, proportionnellement plus petite, est ronde comme dans les chats ordinaires. Dans son premier âge, il porte une livrée comme le lionceau. Il se trouve dans le Paraguay, le Brésil, la Guyane et les États-Unis. Le couguar de Pensylvanie, de Buffon, en est une très-légère variété.

De tous les chats, le gouazouara doit être le plus féroce, car il est le seul de cette famille qui tue les animaux pour le plaisir de tuer, sans qu'il y soit poussé par la nécessité. S'il trouve le moyen de pénétrer dans un pare de cinquante moutons, il les met tous à mort avant d'en manger ou d'en emporter un. Sous ce rapport il a quelque ressemblance avec le loup, et, si on étudie son histoire, on lui trouve encore quelques analogies de mœurs avec cet animal. Par exemple, après avoir salisfait sa voracité, il cache le reste de sa proie et le couvre de feuillage, d'herbe ou de sable, pour le retrouver au besoin : et, soit qu'il ait plus de mémoire ou moins de méfiance que le loup, il revient, ce que ne fait jamais ce dernier, Il se tient plutôt dans les pampas ou plaines herbeu-

ses que dans les forêts, et il n’affectionne pas les bords des ri vières, comme le tigre et le jaguar. Il a une vie solitaire et des habitudes vagabondes ; la nuit il vient rôder autour des habitations, et il tâche de se glisser dans les basses-cours pour les dévaster. Il s'empare des chiens, des moutons, des cochons et autres animaux incapables de lui résister; mais jamais il n'ose attaquer le gros bétail, à moins qu'il n'y soit poussé par une faim excessive. Ce qu'il y a de singulier, c’est que, à Cayenne, on le regarde comme plus dangereux que le jaguar, tandis que l'opinion contraire règne à Buenos-Ayres, où il est très-commun. Quant à moi, je pense que s’il attaque l'homme, c’est par une exception extrèmement rare, et hors de ses habitudes ordinaires ; je suppose que, lorsque cela lui est arrivé, c'était pour sa défense et à la suile d’une agression. Il monte aussi sur les arbres, mais en s'élançant d'un bond, soit pour monter, soit pour descendre; et non comme le jaguar, en grimpant à la manière des chats.

Cet animal est lâche ; aussi, à Buenos-Ayres, rarement se donne-t-on la peine de le chasser dans les règles. On le poursuit avec des chiens , et on le tue à coups de fusil, ou on le prend au lasso, sans courir le moindre danger. Cependant, malgré sa férocité, le gouazouara est facile à apprivoiser, et même il s’atta che assez à son maître pour chercher ses caresses et les lui rendre. Azzara en a possédé un qui était fort doux, qui le suivait, qui faisait entendre le ronron de nos chats quand on le grattait, et qui se laissait même battre sans chercher à se défendre, absolument comme ferait un chien.

Le Cuar unicocore (Felis unicolor, TRAILL.), comparé au couguar, est de moitié plus petit; son pelage est en entier d’un fauve brun rouge sans tache, et sa queue est longue; ses oreilles n’ont point de noir, sa tête est beaucoup plus pointue, et ses petits ne portent point (le livrée. On le trouve dans les profondes forêts de Demerary et de la Guyane hollandaise.

Le Coueuar non (Felis discolor, Scures.) serait noir, avec des poils longs, ainsi que les moustaches. Mais Buffon, qui lui donne pour synonymie le jaguérété de Pison, s'est probablement trompé, et son couguar noir, qu'il dit se trouver à Cayenne, ne serait, selon Cuvier, qu'un couguar ordinaire à fond du pelage un peu plus brun. Du reste, je regarde cet animal comme une variété du puma.

Le Yacouarounnt (Felis yagouaroundi, Desm.— Lacér.) est de la taille d’un chat domestique. En petit, il ressemble assez au couguar par ses formes allongées ; mais son pelage est d'un brun noirâtre, piqueté de blanc sale; les poils de la queue sont plus longs que ceux du corps, et ceux de sa moustache sont à longs anneaux alternativement noirs et gris. Cetle espèce s’apprivoise assez aisément. Elle vit solitaire, ou le mâle et la femelle ensemble, dans les lieux fourrés et les taillis épais, sans-jamais s’exposer en plaine. Elle se nourrit d'oiseaux, auxquels elle ne fait la chasse que pendant la nuit, et elle habite le Paraguay, et probablement le Chili.

Le Cuar À VENTRE rACHÉ (FKelis celidogaster, Ten.) est de la grandeur de notre renard; son pelage est doux, lisse, court, d'un gris de souris, marqué de taches pleines d'un brun fauve; les taches du dos sont oblongues et les autres rondes ; il a cinq ou six bandes brunes demi-circulaires sur la poitrine; le ventre est blane, marqué de taches brunes; il a deux bandes brunes sur la face interne des pieds de devant, et quatre sur les pieds de derrière ; sa queue est un peu plus courte que la moitié Lotale de son corps, brune, tachée de brun foncé ; ses oreilles sont médiocres, noires à l'extérieur; ses moustaches sont noires, lerminées de blanc, Il habite le Chili ou le Pérou. Ses mœurs sont les mêmes que celles de l'ocelot.

Le MpacaraGa, où Maracaya, où OceLor (Felis pardalis, Lin. Le Chibigouazou, d'AzzanA. L'Ocelot, Burr.).

Ce joli animal a environ trois pieds (0,975) de longueur, non compris la queue, qui a quinze pouces (0,406); sa hau-

teur ne dépasse pas un pied trois pouces (0,406); on prétend qu'il y en a d'un peu plus grands, mais ils sont rares. Le fond de son pelage est d’un gris fauve; il a sur les flancs et la croupe cinq bandes obliques d’un fauve plus foncé que celui du fond, bordées de noir ou de brun; une ligne noire s'étend du sourcil au vertex; deux autres vont obliquement de l'œil sous l'oreille, d’où part une bande transverse noire, interrompue sous le milieu du cou, et suivie de deux autres parallèles; on lui voit quatre lignes noires sur la nuque, deux sur le côté du cou, trois plus ou moins interrompues, le long de l’épine du dos; le dessous de son corps et l'intérieur de ses cuisses sont blanchâtres, semés de taches noires isolées. Sous le nom d’ocelot, Buffon a fait l'histoire du jaguar.

Le mbacaraga est un animal absolument nocturne, qui ne sort que la nuit des fourrés impénétrables qu'il habite. Tant qu'il fait jour il dort, et il conserve même cette habitude dans la captivité. Cette espèce offre cela de particulier que d’une timidité excessive pendant le jour, elle devient dans les ténèbres d'une audace dont rien n'approche. Sa taille ne lui permettant pas d'attaquer de grands animaux, l'ocelot se glisse furtivement autour des habitations, pénètre dans les basses-cours, enlève le premier animal domestique qui lui tombe sous la griffe, et l'emporte dans les buissons voisins pour le dévorer. Les murs d'enceinte les plus hauts, les palissades les plus serrées ne peuvent l'empêcher d'entrer dans les habitations, s’il se trouve un arbre de dessus lequel il puisse s'élancer. Pour faire ces hardies invasions avec plus de sûreté, il a soin de choisir une nuit sombre, orageuse, de se glisser au bruit des vents et à la clarté des éclairs, et d'égorger sa victime quand ses derniers gémissements se perdent dans les bruits de la foudre. Rarement, pendant les nuits calmes, il ose s'approcher des lieux habités ; il erre alors dans la campagne, et chasse aux oiseaux et aux pelits mammifères, dont il fait sa nourriture ordinaire ; il grimpe sur les arbres pour y surprendre les singes endormis , et il s'embusque dans les buissons et les hautes herbes pour attendre sa proie et la saisir au passage, ainsi que font les autres chats. Ses habitudes ne sont pas vagabondes comme celles du puma; il vit cantonné avec sa femelle, et ne quitte guère la forêt qui l'a vu naître que lorsqu'il en est chassé par l’homme. Il habite l'Amérique méridionale, et particulièrement le Paraguay, où il est assez commun.

Le Trarco-OceLor (Felis pseudopardalis. — Ocelot du Mexique, figuré par Buffon, t. 9, pl. 18, et par Schreber, pl. C, 2, sous le nom de Jaguar) est un peu plus petit que le précédent. Il en diffère par ses taches qui, bien que buordées, ne forment pas de même des bandes continues, mais sont isolées les unes des autres; par sa queue plus courte et ses jambes plus hautes. Il miaule comme un chat, préfère le poisson à la viande, et c'est à peu près là tout ce qu'on sait de son histoire, Il habite le Mexique et la baie de Campèche ?

Le Cnar ocELOïDE (Felis macroura, Wieb. — Teux. Felis Wiedii, Scminz. Le Chat pécari, Scnowe.) ressemble également au maracaya , à ces différences près: son pelage est plus clair ; sa queue notablement plus longue et moins mince vers l'extrémité: sa taille est plus petite, son corps plus allongé, ses jambes plus basses, et les taches de ses flancs moins étendues. 11 habite le Brésil.

Le Cuari (Felis mitis, Fr. Cuv.) a vingt-deux pouces et demi (0,610) de longueur, non compris la queue , qui en a dix (0,271). Son pelage est fauve, ou d'un gris brunätre pâlissant sur les fianes : blanc aux joues et sur le corps ; moucheté à la tête comme l'ocelot, avec trois séries de taches noires le long du dos; celles des flancs, des épaules et de la croupe sont d'un fauve foncé, bordées de noir tout autour, excepté en ayant, et elles forment cinq rangs; il a dix ou onze anneaux noirs à la queue. Son museau est couleur de chair. Cette jolie espèce se trouve au Brésil et au Paraguay, où elle est fort commune. C’est un animal très-

doux, extrêmement aisé à apprivoiser, et s’attachant aux personnes qui en prennent soin. Son miaulement est plus grave, moins étendu que celui de notre chat, avec lequel, du reste, il a de grandes analogies d'habitude.

Le Guicxa (Felis quigna, Morin) pourrait bien n'être qu'une variété du margay. Il est de la grandeur de nos chats sauvages, dont il a les formes générales ; son pelage est fauve, marqué de taches noires, rondes, larges d'environ cinq lignes (0,044) et s'étendant sur le dos jusqu'à la queue. Il habite l'Amérique méridionale , et particulièrement le Chili.

Le CorocozLo ou Caro-Cara (Felis colocollo, Fr. Cu.) est de la grandeur de l'ocelot; son pelage est blanc, avec des bandes transversales, flexueuses, noires et fauves. Sa queue est annelée jusqu'à sa pointe de cercles noirs. Il se trouve au Chili.

Le Marçay (Felis tigrina, Lix. Le Margay de Burr. Le Chat de la Caroline de CoLuixsox) a un peu plus de vingt et un pouces (0,569) de longueur, non compris la queue, qui en à onze (0,298); son pelage est d'un fauve grisâtre en dessus, blanc en dessous; il a quatre lignes noirâtres entre le vertex et les épaules, se prolongeant sur le dos en série de taches; les taches des flancs sont longues, obliques, plus pales à leur centre qu'à leur bord; il y en a une verticale sur l'épaule, et d’autres ovales sur la croupe, les bras et les jambes; les pieds sont gris, sans taches, et la queue porte douze ou quinze anneaux irréguliers. Cet animal a les mœurs de notre chat sauvage, et vit de pelit gibier, de volaille, ete.; mais il est très-difficile à apprivoiser, et ne perd jamais son caractère farouche. Il habite le Brésil et la Guyane.

Le CnaT DE MONTAGNE (Felis montana, Des.) est une espèce peu connue, douteuse ; son pelage est grisàtre et sans taches en dessus, blanchâtre avec des taches brunes en dessous ; ses oreilles sont dépouryues de pinceaux, garnies de poils noirs en dehors , avec des taches blanchâtres et fauves en dedans ; sa queue est courte, grisâtre. Il habite les monts Alleghanys, les montagnes du Pérou et les États de New-York.

L'Eyra (Felis eyra, Desm. L'Eyra d'Azzara) a vingt pouces (0,542) de longueur, non compris la queue, qui en a onze (0,298); son pelage est d’un roux clair ; il a une tache blanche de chaque côté du nez, etune autre de la même couleur à la mâchoire inférieure ; ses moustaches sont également blanches ; sa queue est plus touffue que celle du chat domestique. Le prince de Neuwied l'a retrouvé en Amérique. Il habite le Paraguay.

Le Paseros ou Cuar DES Pawpas (Felis pageros, DEsu. Le Chat pampa d'Azzara) est long de vingt-neuf pouces (0,785), non compris la queue, qui en a dix (0,271); son pelage est long, doux, d’un brun clair en dessus, montrant, sous une certaine incidence de lumière, une raie sur l’échine et d'autres parallèles sur les flanes ; la gorge et tout le dessous du corps sont blanchâtres, avec de larges bandes fauves en travers; les membres sont fauves à l'extérieur, annelés de zones obscures; les moustaches sont annelées de noir et de blanc, et se terminent par celte dernière couleur. Ce chat habite les pampas des environs de Buenos-Ayres.

Le Cnar DE LA FLORIDE (Felis floridana, DES.) est une espèce douteuse qui aurait, selon Rafinesque, le port d'un lynx, et la taille un peu moindre que celle du chat-cervier. Son pelage est grisâtre; il n'a pas de pinceaux aux oreilles; ses flancs sont variés de taches d’un brun jaunâtre et de raies onduleuses noires. Il habite non-seulement la Floride, mais encore la Géorgie ét la Louisiane.

Le Cuar pe La NouveLe-EsPaGxE (Felis mexicana, Des. Le Chat sauvage de la Nouvelle-Espagne, Burr.) est une espèce douteuse admise par Desmarets. Son pelage est d'un gris bleuàtre uniforme , moucheté de noir. Il habite les forêts de la Nouvelle- Espagne.

Le Cnar nèGRE (Felis niger) serait, selon Azzara, un peu plus grand que notre chat ordinaire. Il a vingt-trois pouces (0,623) de

188 LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.

Page 1