A ÉCUREUILS
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rus; celles qui resteront avec les écureuils appartiennent peutêtre, comme variétés , à des espèces précédemment décrites. L'Écuneurs JAUNE (Sciurus flavus, Lix.) est de moitié plus petit que notre écureuil ; son pelage est d’un jaune plus ou moins fauve avec la pointe des poils blanche ; il manque de pinceau aux oreilles. Il serait de la Colombie selon Linné, et de l'Inde selon Pennant. Peut-être n’est-ce qu'une variété du Macromus annulatus. L'Écureurz pu MExIQuE (Sciurus mexicanus, Séra) est long de cinq pouces (0,153), non compris la queue, qui a un peu plus de
pinceaux aux oreilles. Est-ce une variété du Sciurus maæimus? IL habite Bombay.
L'Écureutz ANOMAL (Sciurus anomalus, GxL.) est un peu plus grand que notre écureuil; son pelage est d’un ferrugineux foncé en dessus, un peu plus pâle en dessous; ses joues sont fauves ; ses orbites brunes, et il a le tour de la bouche blanc; ses oreilles sont petites, eflilées à la pointe. Il se trouve dans les montagnes de la Géorgie.
L'ÉcureuiL pe Perse (Sciurus persicus, Gu..) est d’un gris obscur
Amphithéätre d'anatomie comparée.
longueur; son pelage est d’un brun cendré, avec sept bandes blanches le long du dos du mâle, et cinq sur celui des femelles. La figure que Séba donne de cette espèce la rend très-douteuse.
L'ÉcureuIL D’ABYssINIE (Sciurus abyssinicus, GuL.) est un peu plus grand que l’écureuil ordinaire, et ne serait, d'après Shaw, qu’une variété du dandoléana de Ceylan. Il est d’un noir ferru-
en dessus et jaunâtre en dessous ; il a le tour des yeux noir; les cuisses et les pieds de derrière roux; les oreilles noirâtres, manquant de pinceau. Il se trouve dans les montagnes du Ghilan, en Perse.
L'ÉcureurL rouce (Sciurus erythrœus, Gui.) est un peu plus grand que l’écureuil ordinaire; son pelage est d'un jaune mêlé
gineux en dessus, cendré en dessous; ses oreilles sont noires, triples de celles de l’écureuil d'Europe; sa queue est grise, longue d'un pied et demi (0,487). Il est de l'Afrique orientale. L'ÉcureuIL DE L'INDE (Sciurus indicus, GuL. Sciurus bombayus, PENx.) a seize pouces (0,453) de longueur, non compris la queue, qui en a dix-sept (0,460); il est d’un pourpre obscur en dessus, jaune en dessous; la queue est orangée à son extrémité; il a des
de brun en dessus, d'un fauve sanguin en dessous; sa queue, ronde et très-velue, est du même fauve, avec une ligne noire, Il habite les Indes orientales.
5e Genre. Les GUERLINGUETS (Wacroæus, Fr. Cuv.){ont le front très-déprimé; les naseaux peu allongés; une profonde dépression entre le crâne et la face; ils manquent d’abajoues, et leur queue
est entièrement ronde, ou distique seulement à l'extrémité. Du reste, ils ressemblent aux écureuils et en ont absolument les habitudes,
Le GRAND GuerLiNGUET (Macroœus æstuans, Less. Soiurus æstuans, Desu. Myoœus querlingeus, Suaw) est à peu près de la même couleur que l’écureuil commun, dont il a les formes; son pelage est d'un gris olivâtre lavé de roussätre en dessus, d’un roux pâle en dessous ; la queue est plus longue que le corps, nuancée de noir, de brun et de fauve; ses moustaches sont noires et ses oreilles manquent de pinceau. Il se trouve aussi souvent à terre que sur les arbres, vit de fruits de palmiers, et habite la Guyane et le Brésil.
Le Perir GUERLINGUET (Macroæus pusillus, Less. Sciurus pusillus, Georr. — Des. Le Rat des bois de Cayenne) n’a guère plus de trois pouces (0,081) de longueur, non compris la queue, qui en a un peu moins. Son pelage est d'un gris brun olivâtre, plus clair sur les parties inférieures ; le museau est fauve; la queue est couverte de poils mélangés de brun et de fauve; ses oreilles manquent de pinceau, et ses moustaches sont noires, Il est assez commun à Cayenne.
Le Touraye ( Macroæus loupar, Less, Sciurus bivittatus, Des. Sciurus afjinis, RarrL.) est un peu plus gros que notre écureuil ; son pelage est d’un brun noir, piqueté de jaunâtre sur le dos; le dessous est d’un roux brillant; il a sur les flancs une ligne blanche, et au-dessous, la touchant, une ligne noire ; sa queue est rousse à l'extrémité. IL vit sur les cocotiers, à Sumatra, 11 me paraît appartenir au genre funambulus,
Le Giner (Macroæus albovittatus, Less, Sciurus dschinschicus, SonxEraT. Sciurus ginginianus, SuAW. Sciurus erythropus, Georr. Sciurus Levaillantii, KuuL. Sciurus setosus, Forsr., me paraît être un Zamia). Il est roussâtre en dessus, blanc en dessous, avec une ligne blanche de chaque côté du corps; sa queue est variée de noir et de blanc; ses oreilles manquent de pinceau; ses ongles sont très-longs, comprimés et arqués. Il habite le cap de Bonne- Espérance, et il a dans l'Inde trois variétés : 4° à queue brune ou roussâtre à sa base, noire à l'extrémité; 2 à pelage d'un gris terreux en dessus, beaucoup plus clair en dessous, et queue entièrement noire; 5° à dessus du corps et queue mélangés de jaunâtre et de brun; ventre d'un blanc sale; oreilles très-courtes et bandes blanches sur les flancs. Il est à peu près de la taille de notre écureuil.
Le Lary (Macroxus insignis, Less. Sciurus insigñis, Fr. Cuv.) a le pelage d’un gris brun en dessus, avec trois lignes longitudinales noires ; le menton, le cou et le ventre sont blanes; la tète est grise; les flancs et l'extérieur des membres sont roux; la queue est brune, Il habile Sumatra, Celui-ci et le précédent appartiendraient au genre Tamia, selon M, Gervais.
Le GUERLINGUET À QUEUE ANNELÉE (Macroæus annulalus, Less. Sciurus annulatus, Des.) a cinq pouces environ (0,155) de longueur, non compris la queue qui en a six (0,162); son pelage est d'un gris verdâtre clair en dessus, et blanc en dessous; la queue est annelée en travers de noir et de blanc, Il habite le Sénégal.
4e GENRE. Les ANISONYX (Anisonyæ, Ramin.) ont les dents comme les écureuils, et manquent d'abajoues; tous les pieds ont cinq doigts, les deux internes des pieds de devant très-courts ; les pieds sont très-longs et la queue distique.
L'ANISONYX BRACHYURE (Anisonyx brachyura, Rarix. Arctomys brachyura , Harc. L’Ecureuil de terre de Lewis et CLarex) a le pelage d’un brun tirant sur le gris, un peu piqueté de blanc roussâtre; le dessous est d’une légère couleur de brique; la queue est ovale, très-courte, d’un brun rougeâtre en dessus, d’un gris de fer en dessous, bordée de blanc. Cet animal vit de fruits, de racines, et habite un terrier. On le trouve à la Colombie.
Le SEWEWEL (Anisonyx rufa, Rar. Arctomys rufa. HARLAN) n’est
connu que par une peau dont le pelage est long, soyeux, d'un brun rougeâtre; les oreilles sont courtes, pointues, avec des poils courts. Il habite la Colombie. Harlan pense que ces deux espèces ne sont rien autre chose que des marmottes, et je penche assez vers cette opinion. Si elle se justifie par de nouvelles observations , il faudra retrancher les anisonyx du catalogue des mammifères.
5° GENRE, Les POLATOUCHES (Sciuronterus, Fr. Cuy,) ont l’occiput saillant, les frontaux allongés, et la capacité du crâne comprenant les trois cinquièmes de la longueur de la tête; la partie antérieure du profil de la tête est droite jusqu'au milieu des frontaux, où elle prend une direction courbe très-arquée, sans dépression intermédiaire. Leur système dentaire est le même que celui des écureuils; leur queue est aplatie, distique, et leur taille petite, Ils ont la peau des flancs très-dilatée , étendue entre les jambes de devant et de derrière, en manière de parachute.
L’Assapanicx (Soiuropterus volucella, Less. Pteromys volucella , Desx. Sciurus volucella, Paz. L’Assapan, Fr. Cuv. Le Polatouche, Burr,) n'a que quatre pouces et demi (0,122) environ de longueur, non compris la queue, qui est presque aussi longue que le corps, Son pelage est d'un gris roussâtre en dessus, blanc en dessous; la membrane deg flancs est simplement lobée derrière les poignets. Cet animal est triste et fort timide.
Buffon, ayant confondu cette espèce avec la suivante, lui a donné le nom que cette dernière porte en Russie, tandis que l'assapanick n'habite que le Canada et les États-Unis, jusqu'en Virginie, C'est un animal nocturne, comme tous ceux de son genre, dormant le jour dans un nid de foin ou de feuilles sèches qu'il s’est fait au fond d'un trou d'arbre, et n’en sortant que la nuit pour se mettre en quête de sa nourriture. Alors seulement il devient très-vif et d’une agilité surprenante. Grâce à la membrane qui s'étend entre ses pattes, il peut franchir, d'un arbre à l’autre, une distance prodigieuse, de plus de quarante à cinquante pas, si l’on s’en rapporte aux voyageurs. Il se nourrit de graines et de bourgeons de pins et de bouleaux ; il vit par petites troupes, et ne descend jamais de dessus les arbres. Son naturel est doux, tranquille; il s’apprivoise assez facilement, mais il ne s’atlache jamais, et perd rarement l’occasion de reprendre sa liberté; aussi est-on obligé de le conserver dans une cage. On le nourrit de pain, de fruits et de graines, mais il refuse les amandes et les noix, si recherchées par les écureuils. A la ménagerie, ceux qu’on a conservés se tenaient constamment, pendant le jour, cachés dans un lit qu'ils se faisaient avec le foin de leur litière. En 1809, cette espèce s’est reproduite à la Malmaison, chez l'impératrice Joséphine, et la femelle a mis bas trois petits.
Le Porarouxa (Sciuropterus sibiricus, Less, Sciurus volans, Lin. Pteromys sibiricus, Desm.) est plus grand que le précédent et le suivant ; son pelage est d’un gris cendré en dessus, blanc en dessous; ses membranes des flancs n’offrent qu'un seul lobe arrondi derrière le poignet; sa queue est moitié moins longue que son corps. On en connaît une variété entièrement blanche. On le trouve dans les forêts de pins et de bouleaux de tout le nord de l'Europe. Il a les mêmes habitudes que le précédent, mais sa vie est solitaire.
Le SciUROPTÈRE FLÈCHE (Sciuroplerus sagitla, Less. Sciurus sagitta, G. Cuv. Pteromys sagitta, Des. Est-ce un Pteromys? Je le crois.) a cinq pouces et demi (0,149) de longueur, non compris la queue, qui en a cinq (0,155), Son pelage est d’un brun foncé en dessus, blanc en dessous; il a un angle saillant à la membrane des flanes, près des poignets; sa queue est d’un brun assez clair, Il habite Java, L'espèce unique décrite par Horsfield, sous les noms de Pteromys lepidus et genibarbis, est très-voisine de celleci, si ce n’est une simple variété, Elle est également de Java.
6° Genre, Les PTEROMYS (Pteromys, G. Cuv.) ont les membres
engagés dans la peau des flancs, comme les précédents, dont ils ont aussi la formule dentaire; mais leur queue est ronde, non distique ; la partie postérieure des os du nez est un peu bombée ; les frontaux sont fortement déprimés dans leur milieu et se relèvent ensuite légèrement; les parties postérieures de la tête ne commencent à se courber en bas, d'une manière sensible, qu'à partir du milieu des pariétaux ; la boîte du crâne est petite, et ne prend que la moitié de la longueur de la tête.
Le TaGuaAN (Pleromys petaurista, Desm. Sciurus petaurista, PALL. Le Grand Ecureuil volant, Burr.) a environ un pied et demi (0,487) de longueur, non compris la queue, qui a vingt à vingt
————— et un pouces (0,564 à 0,569). Son pelage est brun, pointillé de blanc en dessus, gris en dessous, excepté au cou, qui est brun; les cuisses sont un peu roussâtres , et la queue est presque noire ; la membrane des flancs forme un angle derrière le poignet. Cet animal nocturne habite les Moluques et les Philippines. Il a les mêmes habitudes que les polatouches.
Le Prenomys ÉCLATANT (Pteromys nitidus, Georr. — Des.) ressemble au précédent , au pelage près, qui est d’un brun marron foncé en dessus, et d’un roux brillant en dessous ; sa queue est presque noire, et le dessous de sa gorge est brun. Il habite Java A la suite de cette espèce on placera le Pteromys leucogenys, de Temmink. Il se trouve au Japon.
ont dix mâchelières supérieures et huit inférieures , toutes tuberculées ; les incisives sont pointues; leur tête est grosse et leur queue courte ou moyenne.
7eGENRE. Les MARMOTTES (Arctomys, Gue.) ont vingt-deux dents, savoir : quatre incisives; pas de canines; dix molaires supérieures et huit inférieures ; leur corps est trapu ; leur tête large et aplatie; leurs jambes sont courtes, ainsi que la queue, qui est velue; elles manquent d’abajoues, et leurs ongles sont robustes et comprimés.
La MARMOTTE DES ALPES (Arctomys marmotta, GuL.).
Cet animal, célèbre par son sommeil léthargique , a plus d’un pied (0,525) de longueur, sans comprendre la queue, qui est assez courte et noirâtre à l'extrémité; son pelage est d'un gris jaunûtre, teinté de cendré vers la tête, dont le dessus est noiràtre ; les pieds sont blanchätres, et le tour du museau d’un blanc grisètre.
La marmotte vit en petites sociétés sur le sommet des montagnes alpines de toute l'Europe, près des glaciers; elle est assez commune dans les Alpes et dans les Pyrénées. Elle est fort douce de caractère, s’apprivoise aisément, et même s'attache à son maître jusqu’à un certain point. Lorsqu'elle est devenue familière dans une maison, et surtout quand elle se croit appuyée par son maître, elle montre un courage qui ne le cède en rien à celui de tous les autres animaux domestiques , et elle n'hésite pas à attaquer les chats et les plus gros chiens pour les chasser de la place qu'elle s’est adjugée au coin du feu. Ruffon dit « qu’elle apprend aisément à saisir un bâton, à gesticuler, à danser, et à obéir à la voix de son maître ; » en un mot, qu’elle est susceptible d’éducation, et c’est ce que je ne crois pas. Il est vrai que les jeunes Savoyards qui montrent des marmottes au peuple leur font faire quelques exercices; mais, si on se donne la peine de les regarder sans prévention, on verra que ces tours ne sont jamais que le résultat des tiraillements de la chaîne par laquelle on les tient, et de la manœuvre du bâton qu’on leur passe entre les jambes. L'éducation n'est pour rien dans tout cela, du moins, je ne l’ai jamais vu autrement. En captivité on la nourrit avec tout ce que l'on veut, de la viande, du pain, des fruits, des racines, des herbes potagères, des choux, des hannetons, des sauterelles, etc., mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est le lait et le beurre. Quoique moins prédisposée au vol que le chat, si elle peut se glisser furtivement dans une laiterie, elle manque rarement de le faire, et en se gorgeant de lait à n’en pouvoir plus, elle exprime le plaisir qu’elle éprouve par un petit murmure particulier fort expressif. Ce murmure, quand on la caresse ou qu’elle joue, devient plus fort, et alors il a de l’analogie avec la voix d'un petit chien. Quand, au contraire, elle est effrayée, son cri devient un sifflement si aigu et si percant, qu'il est impossible à l'oreille de le supporter. D'une propreté recherchée, elle se met
à l'écart, comme les chats, pour faire ses ordures; mais, ainsi que le rat, elle exhale une odeut qui la rend très-désagréable pour certaines personnes, Ce qu'il y a de plus étonnant dans la marmotte soumise à la domesticité, c'est qu'elle ne s’engourdit pas l'hiver, et qu'elle est tout aussi éveillée au mois de janvier qu’en été, pourvu qu’elle habite les appartements.
A l'état sauvage, la marmotte montre assez d'industrie, sans pour cela avoir une intelligence très-remarquable. Sur les montagnes, elle établit toujours son domicile le long des pentes un peu roides regardant le midi ou le levant: elles se réunissent plusieurs ensemble pour se creuser une habitation commune , et elles donnent à leur terrier la forme invariable d’un —< grec couché, La branche d'en haut a une ouverture par laquelle elles entrent et sortent : celle d'en bas, dont la pente va en dehors, ne leur sert qu'à faire leurs ordures, qui, au moyen de cette pente, sont facilement entraînées hors de l'habitation. Ces deux bran— ches, assez étroites, aboutissent toutes deux à un cul-de-sac profond et spacieux, qui est le lieu du séjour, et cette partie seule est creusée horizontalement, Elle est tapissée de mousse et de foin, dont ces animaux font une ample provision en été. « On assure même, dit Buffon, que cela se fait à frais ou travaux communs ; que les unes coupent les herbes les plus fines ; que d’autres les ramassent, et que tour à tour elles servent de voitures pour les transporter au gite; l’une, dit-on, se couche sur le dos, se laisse charger de foin, étend ses pattes en haut pour servir de ridelles, et ensuite se laisse traîner par les autres qui la tirent par la queue, et prennent garde en même temps que la voiture ne verse. » Ce qui a donné lieu à ce conte de chasseur, c’est que l'on trouve beaucoup de marmottes qui ont le poil rongé sur le dos, et, selon l'usage, on a mieux aimé inventer un conte merveilleux pour expliquer ce fait, que de n’y voir que l'effet fort simple du frottement souvent répété du dos contre la paroi supérieure d'un terrier fort étroit. Les marmottes passent la plus grande partie de leur vie dans leur habitation; elles s’y retirent pendant la nuit, la pluie, l’orage, le brouillard, n’en sortent que pendant les plus beaux jours, et ne s’en éloignent guère. Pendant qu'elles sont dehors à paître ou à jouer sur l'herbe: l’une d'elles, postée sur une roche voisine, fait sentinelle et observe la campagne; si elle aperçoit quelque danger, un chasseur, un chien ou un oiseau de proie, elle fait aussitôt entendre un long sifflement, et, à ce signal, toutes se précipitent dans leur trou.
Dès que la saison du froid commence à se faire sentir, les marmottes, retirées dans leur terrier, en bouchent les deux ouvertures avec de la terre gàchée, et si bien maconnée, qu'il est plus facile d'ouvrir le sol partout ailleurs que dans l'endroit qu’elles ont muré. Elles se blottissent dans le foin et la mousse qu’elles y ont entassés à cet effet, et tombent dans un état de léthargie d'autant plus profond que le froid a plus d'intensité. Elles restent
dans cet état de mort apparente jusqu'au printemps prochain, c'est-à-dire depuis le commencement de décembre jusqu’à la fin d'avril, et quelquefois depuis octobre jusqu'en mai, selon que l'hiver a été plus ou moins long. Lorsque les chasseurs vont les déterrer, ils les trouvent resserrées en boule et enveloppées dans le foin. Ils les emportent tout engourdies, ou même ils les tuent sans qu'elles paraissent le sentir. Ils mangent les plus grasses, et souvent ils conservent les jeunes pour les donner à de pauvres enfants qui viennent les montrer en France et déguisent ainsi leur mendicité. Pour faire sortir ces animaux de leur engourdissement, les rendre à la vie et rappeler toute leur vivacité, il ne s’agit que de les placer devant un feu doux, et de les y laisser jusqu’à ce qu'ils se soient réchauffés. Leur chair serait fort bonne si elle était sans odeur; mais il n’en est pas ainsi, et ce n’est qu'à force d’assaisonnements épicés que l’on parvient à la déguiser.
bruns en dessus, et roux en dessous ; il a quelques teintes rousses vers la tête; la queue et la gorge sont roussâtres; le tour des yeux est brun, et le bout du museau d’un gris argenté. Le bobak habite la Pologne et l’Asie septentrionale jusqu'au Kamtschatka. IL a les mêmes habitudes que notre marmotte, mais, vivant dans des pays plus froids, il ne creuse son habitation que sur des collines peu élevées, à l'exposition du midi.
Le Moxax (Arctomys monax, Gur. Cuniculus bahamensis, Caresr. La Marmotte du Canada, ou le Monax, Burr. Le Sifleur de quelques voyageurs) a quatorze ou quinze pouces (0,379 à 0,406) de longueur, non compris la queue; il est brun en dessus, plus pâle en dessous et sur les côtés; le museau est d'un gris bleuâtre et noirâtre; les oreilles sont arrondies; les ongles longs et aigus; la queue, longue comme la moitié du corps, est couverte de poils noirâtres. Cet animal, de la taille d’un lapin, habite toute l'Amé-
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Les Marmottes.
Cependant, j'ai mangé des marmottes fumées qui avaient entièrement perdu cette odeur et qui étaient d’un goût excellent,
La marmotte ne produit qu'une fois par an, et sa portée ordinaire n’est que de quatre ou cinq petits dont l'accroissement est rapide; elle ne vit guère que neuf à dix ans. Nous terminerons cet article par une observation qui se rapporte à tous les animaux sujets à l'engourdissement hibernal. La léthargie, chez eux, n'est rien autre chose qu'un sommeil profond, mais naturel, qui ralentit toutes les fonctions, mais n’en suspend aucune. Quel que soit le froid qu’aient à supporter ces animaux sortis de leur état normal, soit par l'effet de la maladie, soit par toute autre cause, ils pourront mourir gelés, mais ils ne s’engourdiront pas. Il en résulte que, lorsque l'hiver est très-rigoureux et le froid excessif, les animaux engourdis se réveillent, souffrent beaucoup, et finissent par mourir gelés si la température ne change pas après un certain temps. Il en résulte encore qu'une excessive chaleur de l'été, comme celle des tropiques, peut amener l'engourdissement tout aussi bien que le froid. Beaucoup d'animaux, les reptiles par exemple, s’engourdissent l'hiver dans les pays tempérés, et l'été dans les pays chauds.
Le Ropak (Arciomys bobac, Gui. — Desm, La Marmotte de Pologne ou Bobac, Burr. — G. Cuv.) est de la même grandeur que la précédente ; son pelage est d’un gris jaunâtre, entremélé de poils
rique septentrionale, et particulièrement l'intérieur des États Unis. Il se plaît dans les rochers, et a les mêmes mœurs que la marmotte des Alpes.
La Marmorre pe Quépec (Arctomys empetra, Gur. Mus empetra , Paz. La Marmotte du Canada, de V'Encyel. méthod. L’Arctomys melanopus, de Kunr?) est d’un brun noirâtre, piqueté de brun en dessus; d’un roux ferrugineux en dessous ; le sommet de la tête est d’un brun uniforme, passant au brun rougeûtre sur l’occiput; les joues et le menton sont d’un blanc grisâtre sale ; la poitrine et les pattes de devant d’un roux vif; la queue est courte, noirâtre au bout. Elle habite particulièrement le Canada et les environs de la baie d'Hudson.
La MarmoTTE FAUVE (Arctomys fulva, Evers.) a beaucoup d’analogie avec le bobak; elle a treize pouces (0,552) de longueur, non compris la queue, qui en a trois (0,081); son pelage est d'un
jaune brun luisant, avec un duvet interne d’un gris cendré ; ses
doigts, et surtout le pouce, sont très-minces et très-allongés. Elle habite les montagnes entre Orembourg et Boukkara.
Cette espèce , ainsi que les marmottes Mugosaricus, Leptodactylus, et le spermophile Citillus, composent aujourd'hui le genre Citillus, Licusr.
La MarmorTEe POUDRÉE ( Arctomys pruinosa , GmL, — SABINE ).est de la grosseur d’un lapin; son pelage, long et dur, est formé de
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poils cendrés à leur racine , noirs au milieu , blanchâtres à leur extrémité, ce qui donne une couleur générale de gris blanchâtre ; le bout du nez, les pattes et la queue sont noirs, cette dernière mélangée de roux; les oreilles sont courtes, ovales; les joues blanchâtres; le dessus de la tête est brun. Elle habite le nord de l'Amérique. Elle me paraît appartenir aux spermophiles.
luisant en dessus, blanc en dessous, d’un gris brun sur le sommet de la tête; elle a une tache blanche entre l'œil et le nez, et un trait noir sur la face. La queue est d’un noir luisant en dessous, bordée de blanc. Elle habite Caraghata, près de Boukkara.
Le Guxni (Arctomys gundi, GuL. Mus gundi, Rorux.) est de la taille d’un lapin ; ses oreilles sont très-courtes, mais larges; son
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Les Hélamys, vue du cap de Bonne-Espérance.
La MARMOTTE MUGOSARIQUE ( Arclomys mugosaricus , EVERSM.) a huit pouces (0,217) de longueur , non compris la queue, qui n’en a qu'un (0,027). Son pelage ressemble à celui du souslik, mais l'animal en diffère principalement par sa plante des pieds large
et courte, égalant la dixième partie de la longueur du corps. Elle habite dans les montagnes de Monghodjar, près Boukkara.
La MARMOTTE AUX DOIGTS LISSES (Arctomys leptodactylus, EYERS».) est longue de huit pouces (0,217), non compris la queue, qui a deux pouces et demi (0,068). Son pelage est serré, d'un jaune
pelage est roussâtre; il n’a, dit-on, que quatre doigts à chaque pied. Il habite l'Afrique.
Le Maux (Arctomys maulina, Spaw. Mus maulinus, MorinA) serait, selon Molina, deux fois plus grand que notre marmotte ;
son museau est plus long, plus effilé; sa queue moins courte; ses oreilles sont pointues, et il a cinq doigts à chaque patte. Il habite le Chili.
La Marmorre DE Circassie ( Arctomys Circassiæ, PENN. Mus tscherkessicus, ErxL.) est de la taille du hamster; ses yeux sont
rouges et brillants: son pelage est châtain; sa queue est assez longue et pointue; ses jambes de devant sont plus courtes que celles de derrière. Peut-être est-ce un gerbille? Elle habite des terriers le long du fleuve Térek. Ces trois dernières espèces ont été si mal décrites par les auteurs qui les ont observées, qu'on doit les regarder comme fort douteuses.
8e Genre. Les SPERMOPHILES (Spermophilus, Fr. Cuv.) ont la même formule dentaire que les écureuils, avec lesquels ils ont autant d’analogie qu'avec les marmottes; leurs molaires sont étroites; un hélix borde leur oreille; leur pupille est ovale ; leurs abajoues sont grandes ; leurs doigts de pied sont étroits et libres ; ils ont le talon couvert de poils, et les doigts des pieds de derrière sont nus.
Le Jevrascaka ou Sousuik (Spermophilus citillus, Liss. Arctomys citillus, Desm. Mus citillus, Li. Le Zizel et le Souslick, Burr. La Marmotte de Sibérie, Burr.) a environ un pied (0,525) de longueur, non compris la queue, qui n’a guère que trois pouces (0,081); son pelage est d'un gris brun en dessus, ondé ou tacheté de blanc par gouttelettes, blanc en dessous. On en connaît plusieurs variétés, dont Buffon a fait autant d'espèces : 1° le souslik, à pelage tacheté; 2 le zizel, à pelage ondulé ; 5° la marmotte de Sibérie, à pelage d’un brun jaunâtre uniforme.
Le jevraschka vit solitaire dans le nord de l'Europe et de l'Asie, ainsi que dans la Perse, l’Inde et la Tartarie. Il se creuse un terrier comme la marmotte, et y passe l'hiver dans un engourdissement complet. Lorsqu'on l'irrite, ou qu'on veut le prendre, il pousse un cri comme la marmotte, et mord violemment. En mangeant il se tient assis, et porte les aliments à sa bouche avec les pieds de devant. Il entre en amour au printemps, et, en été, la femelle met bas cinq ou six petits, qu’elle allaite dans son terrier. Ces animaux se nourrissent de graines, et, si l’on en croit Buffon, ils dévastent les récoltes de blés et s’'amassent des provisions pour l'hiver. Leur fourrure est assez estimée.
Le SPERMOPHILE DE RicHarpsoN (Spermophilus Richardsonii, Less. Arctomys Richardsonii, Saine. La Marmotte tannée d'Amérique, des voyageurs) a le sommet de la tête couvert de poils courts, noirâtres à la base, plus clairs à la pointe; le museau est aigu, couvert de poils brunâtres; les oreilles sont courtes, ovales; la queue médiocre, à poils longs, annelés de brun et de noir, fauves à la pointe; le pelage est uniformément fauve, à poils bruns à la base; la gorge est d’un blanc sale; le ventre est plus clair que le dos, et des taches ferrugineuses sont éparses cà et là. Elle habite le nord de l'Amérique, et a été trouvée aux environs de Carlston-House.
Le SPERMoPHILE be Hoop (Spermophilus Hoodii, Less. Arctomys Hoodii, SaniNe. Sciurus tridecemlineatus, Des.) a environ cinq pouces (0,135) de longueur, non compris la queue, qui n’en a que trois (0,081); son corps est mince et son museau pointu; son pelage est d’un châtain foncé en dessus, avec une ligne médiane blanchâtre, moitié continue et moitié formée de petites taches : de chaque côté de cette ligne en sont trois autres non interrompues, alternant avec trois séries de taches blanchâtres ; le dessous du corps est d’un blanc jaunâtre, Il habite les forêts des sources du Meschasabé ; on ignore ses habitudes.
Le SPERNOPHILE DE Frankuin (Spermophilus Franklinit, Less. Arctomys Franklinii, Same. La Marmotte grise d'Amérique) a dix pouces (0,271) de longueur totale ; elle a la gorge d’un blanc sale ; son pelage est d'un gris jaunâtre varié, où brunâtre piqueté de blanc jaunâtre, couleur produite par ses poils bruns à la base , d’un blanc sale au milieu, annelés de noir, et terminés de blanc jaunâtre : ceux du ventre sont noirâtres à leur origine, d’un blanc sale à leur extrémité; la queue est annelée de blanc et de noir; le museau est très-obtus, et les oreilles sont assez longues. JL habite le nord de l'Amérique.
Le SPERMOPHILE DE Parry ( Spermophilus Parryi, Less. Arcto-
mys Parryi, Racuaros. L'Écureuil de terre, HEARN. ) a cinq doigts aux pieds de devant, et des abajoues; son museau est conique ; ses oreilles sont très-courtes ; sa queue est noire au bout, longue ; il a le corps tacheté en dessus de plaques blanches et noires confluentes, et le ventre d’un roux ferrugineux. 11 habite le nord de l'Amérique.
Le Wisrouwiscx (Spermophilus ludovicanus, Less. Arctomys ludoviciana, SAx. Arctomus missouriensis, Wanp. Cynomis socialis, Rain. Le Chien des prairies, Lewis et CLARK) a seize pouces (0,453) de longueur : son pelage est d’un rouge brun ou d’un brun roussâtre sale et pâle, entremêlé de poils gris et de poils noirs; sa tête est large, déprimée en dessus; il a les yeux grands, les oreilles courtes et comme tronquées; tous les pieds ont cinq doigts; sa queue, assez courte, a une bande brune vers son extrémité.
Cet animal a recu des Américains le nom singulier de Chien des prairies, non pas qu'il ait quelque analogie de mœurs ou de formes avec les chiens, mais parce qu’on a cru trouver de l’analogie avec l’aboiement de ces derniers animaux et son cri. Selon Harlan, ce cri s’imite assez bien, en prononçant avec une sorte de sifflement la syllabe fcheh. Cette espèce est très-commune dans la province du Missouri, où elle vit en troupes plus ou moins nombreuses, chaque famille occupant un terrier qui lui est exclusif ; il en résulte que ces terriers sont très-rapprochés et forment comme des sortes de garennes auxquelles les habitants du pays donnent le nom de villages. Quelques-uns de ces villages ont une petite étendue, mais il en est d’autres qui ont jusqu'à plusieurs milles de circuit. Du reste, les habitudes de ce spermophile sont à peu près les mêmes que celles de la marmotte des Alpes.
Le SPERMOPHILE Gris (Spermophilus griseus, Less. Cynomys griseus, RariN.) a environ dix pouces et demi (0,285) de longueur ; son pelage est fin, entièrement gris; ses ongles sont longs. Cette espèce douteuse habiterait les bords du Missouri. Je la regarde comme une variété de la précédente.
A la suite des spermophiles nous placerons un genre assez hétéroclite, composé d’une seule espèce, dont on a fait une famille sous le nom d’ulacodées. L'animal qui la compose ressemble aux marmottes par la forme des dents, mais il se rapproche des pores-épics par plusieurs autres caractères, et particulièrement par les soies dures et longues de son pelage.
9e Genre. Les ULACODES ( Aulacodus, Temx.) ont douze dents pendant leur jeunesse et seize dans l’âge adulte, savoir : deux incisives supérieures fortement cannelées, ayant chacune deux sillons ; deux inférieures lisses et tranchantes ; point de canines ; quatre ou six molaires ayant deux sillons profonds et trois éminences à la mâchoire supérieure ; quatre ou six molaires à la màchoire inférieure, la première de chaque côté ayant trois sillons et quatre éminences ; le museau est court, large, obtus, sans abajoues ; ils ont quatre doigts à tous les pieds, et un cinquième, rudimentaire, caché sous la peau; leur queue est entièrement poilue; leurs oreilles sont grandes, à conque garnie de replis internes.
L'ULACODE SWINDERIEN (Aulacodus swinderanus, TEu.) à huit pouces et quart (0,224) de longueur, c’est-à-dire qu'il est un peu plus grand que le campagnol aquatique (Hipudœæus amphibius). Ses oreilles sont nues, très-grandes, en demi-cercle; la queue, à peu près grande comme la moitié du corps, est garnie de poils courts ; le pelage est grossier, formé de soies dures et longues, annelées de jaunâtre et de brun foncé; le dessous du corps est d’un blane jaunâtre uniforme ; la queue se termine par un flocon de poils. La patrie et les mœurs de cet animal sont inconnues ; mais il est probable qu'il vit dans un terrier, comme les marmolles.