‹ Le jardin des plantesChapitre 76 sur 100 · LES GERBOISES · texte numérisé non relu

LES GERBOISES

sont remarquables par leurs membres postérieurs beaucoup plus longs que les antérieurs, d’où il résulte qu’au lieu de marcher à quatre pieds elles sautent sur deux; elles ont les incisives inférieures pointues, et non cunéiformes ; jamais plus de douze ou quatorze molaires, et tous les doigts libres.

14° Genre. Les GERBOISES (Dipus, Scures. — Gui.) ont dixhuit dents, savoir : quatre incisives, dont les inférieures pointues ; pas de canines; huit molaires en haut et six en bas, simples, à couronne tuberculeuse, la première supérieure n'étant que rudimentaire et tombant avec l’âge ; les jambes postérieures sont plus ou moins allongées, et les doigts en nombre variable, mais n'ayant, comme ceux des oiseaux, qu'un seul métatarsien pour tous ; les pommettes sont très-saillantes ; la queue est très-longue, touffue au bout; et ils ont huit mamelles. Tous ces animaux ne marchent qu’en sautant.

L’ALACTAGA (Dipus jaculus, Guz. Mus jaculus, Par. Le Mongul, Vico-n'Azvr. Le Morin jalma des Kalmoucks) a environ sept pouces (0,189) de longueur, non compris la queue qui est beaucoup plus longue que le corps, et n’a pas moins de onze pouces (0,208). Il a beaucoup d’analogie avec le gerboa, mais il en diffère par un pelage moins fauve, par sa tête plus longue, par ses oreilles presque nues, assez étroites, mais plus longues que la

55. - Paris. Typographie Plon frères, rue de Vaugirard, 36. 15

tête, et surtout par l'existence des deux petits doigts latéraux aux pieds postérieurs. Sous le nom de Dipus jaculus pygmœæus , Eversmann en indique une variété plus petite habitant le désert entre Orembourg et Bukkara.

L’alactaga se trouve dans les déserts de la Tartarie, de la Crimée et de la Tauride. Il s’engourdit deux fois par an : en hiver, et alors il a le soin de boucher hermétiquement son terrier avec de la terre délayée, et en été pendant les grandes chaleurs. Il n'amasse aucune provision, et se borne à transporter dans son trou un peu de foin et de mousse pour se coucher dessus pendant son hivernage. Nocturne comme les autres animaux de son genre , il ne quitte sa retraite que la nuit pour aller chercher sa nourriture, qui consiste en herbes, en feuilles et en racines, quelquefois en insectes, et même en pelits oiseaux quand il peut les saisir. D'un caractère farouche et féroce, il lui arrive parfois de se jeter sur des individus de son espèce, sur ses propres enfants même, et de les dévorer s’il est le plus fort. D'un seul bond il franchit une distance considérable, et ses sauts se répètent avec une si grande rapidité, que, selon Pallas, le meilleur cheval de course ne peut le dépasser. La femelle produit plusieurs fois l'année, et chaque fois elle fait un nombre de petits assez considérable.

Le Gerso ou Grr5oa (Dipus gerboa , Guc. — Desm. Aus jaculus,

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Lin. Mus sagitla, Pair. Le Gerbo ou Gerboise de Burr. La Gerboise à trois doigts de quelques auteurs) a le corps long de six pouces (0,162), non compris la queue, qui est plus longue que le corps: son pelage est d’un fauve clair en dessus, la pointe des poils étant noire; le dessous du corps est blanc; un croissant de la même couleur se dessine sur chaque fesse ; les oreilles sont de moitié aussi longues que la tête; celle-ci est courte, élargie; les pattes de derrière ont trois doigts, dont celui du milieu le plus long; les pattes antérieures ont un pelit pouce onguiculé, Les jambes sont nues, aussi bien que les oreilles et le museau. Il a été souvent confondu avec le précédent.

Le gerbo, que les Arabes nomment jerbuah, habite les lieux sablonneux et déserts de la Barbarie, de l'Arabie et de la Syrie. C'est un animal timide, inquiet, fort défiant, assez doux, et qui néanmoins ne s’apprivoise que jusqu’à un certain point. Ses jambes de devant sont trop courtes pour pouvoir lui servir à marcher, aussi ne les emploie-t-il à cet usage que lorsqu'il s'agit de grimper contre des pentes très-roides ; dans toute autre circonstance, son allure est le saut ; il peut, dit-on, franchir d’un seul bond un espace de dix pieds (3,248), et, dans sa marche ordinaire, il ne saute pas moins de trois à quatre pieds (0,975 à 1,299) chaque fois. Rien n’est curieux comme de voir ce petit animal, lorsqu'on le surprend dans un blé déjà haut, s’élancer à chaque pas qu'il fait au-dessus des épis, paraître et disparaître comme une marionnette, mais avec une si grande vivacité qu'il est imposible au chasseur le plus habile de pouvoir le tirer. Dans cette circonstance, il a les pieds antérieurs exactement appliqués contre la poitrine, le corps très-penché en avant, ses longues jambes étendues en arrière, ce qui lui donne une physionomie fort singulière.

Les gerboas vivent en troupes quelquefois assez nombreuses, el se creusent des terriers à la manière des lapins; ils y entassent, pendant la belle saison , une assez bonne quantité de provisions, mais pour leur consommation journalière, et pour le temps où des orages ne leur permettent pas de sortir, car ils s'engourdissent pendant l'hiver, comme les marmottes. Ils mangent des graines et même de l'herbe; mais leur nourriture favorite, et la plus ordinaire, consiste principalement en petites racines tubéreuses et en bulbes de plantes liliacées, qu'ils déterrent avec une grande facilité. Pour manger, ils sont assis sur leurs talons, et ils portent leurs aliments à la bouche avec leurs pattes de devant; dans le repos, celle-ci sont tellement bien cachées dans les poils de la poitrine qu'on dirait qu'ils n’en ont pas. Ce sont des animaux nocturnes, qui dorment tout le jour dans leur retraite, et qui n'en sortent que la nuit pour aller à la provision. Pendant les premiers jours de l'automne, ils s'occupent à couper et transporter des herbes fines et sèches pour composer le lit mollet dans lequel ils doivent passer un court hiver. Dès que les vents froids commencent à se faire sentir, ils s’y retirent, et n’en sortent que lorsqu'une nécessité absolue les y pousse. S'il survient des gelées, ils s’y blottissent et s’y engourdissent.

La GERBOISE GÉANTE (Dipus maximus, BLAINY.) est de la grosseur d'un lapin de moyenne taille; son pelage est d’un gris clair en dessus, blanc en dessous; elle a sur chaque œil une ligne noire, et ces deux lignes se réunissent sur le chanfrein; elle a quatre doigts aux pieds de devant et trois à ceux de derrière, On ne connaît ni ses mœurs ni sa patrie.

La GERBOISE BRACHYURE (Dipus brachyurus, BLAINY. us jaculus, var. PALL.) a quatre pouces et demi (0,122) de longueur, sans la queue, qui est seulement un peu plus longue; son pelage est d'un fauve pâle varié de brun en dessus, blanc en dessous: elle a un croissant blanc sur chaque fesse; son museau est blanc à l'extrémité et brun en dessus ; la queue et les membres sont assez épais, les oreilles assez courtes ; les pieds postérieurs ont cinq doigts, dont les trois internes sont d’égale longueur entre eux. Elle habite la Tartarie et la Sibérie.

La GERDOISE NAINE (Dipus minutus, Desm. Dipus jaculus, var. minor PaLr.) atteint à peine la taille d’un mulot. Son pelage est d’un gris jaunâtre pâle, varié de brun en dessus, blanc en dessous; ses extrémités sont blanches, ainsi qu'un croissant sur chaque fesse; le museau est d'un gris jaunâtre, et non pas blanc; elle a cinq doigts aux pieds de derrière, à onglet des trois internes d’égale longueur entre eux. Elle habite les bords de la mer Caspienne et du Volga.

La Grrboise TRAIT (Dipus telum, Evers.) est longue de cinq pouces (0,135), sans la queue, qui en a six (0,162), est bordée de noir, et n'a pas de blanc à son extrémité; elle a trois doigts aux pieds de derrière; les tarses, garnis en dessous de poils noirâtres, durs, médiocrement longs, ont de forts tubereules à la naissance de l’ongle. Elle se trouve aux environs du lac Aral.

La GERBOISE À PIED DE LIÈVRE (Dipus lagopus , Evers.) a quatre pouces trois lignes (0,115) de longueur, sans la queue, qui en a autant; celle-ci est terminée par une touffe de poils blancs, et bordée de poils noirs à un pouce de son extrémité; les tarses sont garnis en dessous de poils serrés, longs, roides et blancs, formant la brosse; le pelage est isabelle clair en dessus, blanc en dessous. On la trouve entre Bukkara et Orembourg, près du lac Camexhli.

La GERBOISE À QUEUE PLATE (Dipus platurus, EVERS.) a trois pouces six lignes (0,095) de longueur, sans Ja queue, qui en a trois (0,081). Ses formes sont les mêmes que celles de la précédente, mais ses oreilles sont longues, sagiltées, terminées par une petite touffe de poils noirs et très-courts; les pieds ont cinq doigts. Elle habite le même pays, près de Kouvan-Deria,

45e Genre. Les GERBILLES (Gerbillus, Des.) ont seize dents, savoir : quatre incisives; point de canines; six molaires en haut et en bas, simples, à couronne tuberculeuse. La pommette des joues n’est pas saillante; les jambes postérieures sont très-longues, à cinq doigts, ayant chacun son métatarsien propre; leur queue est longue, plus ou moins touffue; son pinceau de poils plus longs à l'extrémité. Ils ne marchent qu'en sautant.

Le Jin (Gerbèllus meridianus, Des. Mus longipes et Mus meridianus, PALL.) a quatre pouces deux lignes (0,113) de longueur, sans la queue, qui en a trois (0,081); son pelage est d’un fauve grisâtre en dessus et d’un blanc pur en dessous, avec une ligne dorsale d’un roux brun; les membres sont blancs; la queue est d'un fauve grisètre uniforme. Les pieds de devant ont un pouce à la vérité fort court, mais onguiculé. Le jird habite les déserts sablonneux et arides qui séparent le Volga de la chaîne des monts Ourals: il est assez commun sur les bords brülants de la mer Caspienne. II se nourrit de graines ‘sèches et de fruits à coque dure, tels que noïseltes, noix, etc., et vit dans un terrier. Toutes les espèces ont les mêmes habitudes.

Le GERBILLE DU TAMARISC (Gerbillus tamaricinus , Desm. Mus tamaricinus, Pac.) est long de six pouces (0,162), sans la queue, qui en a cinq (0,153); son pelage est épais, d’un gris jaunâtre en dessus, blane en dessous; le tour des yeux et du nez est d'un blanc sale, la queue est annelée de gris et de brun; les pieds de derrière ont le pouce plus court que le doigt externe. Il habite les bords de la mer Caspienne, dans un terrier creusé à proximité des marais salins, n’en sort que la nuit, et se nourrit de feuilles de soudes et de tamarises.

L'Hérixe (Gerbillus indicus, Des. Dipus indicus ou Yerbua, Hanowicn) est de la taille d’un rat commun; son pelage est marron en dessus et tacheté de lignes brunes longitudinales ; le corps est blanc en dessous; la queue, un peu plus longue que le corps, est brune, terminée par un flocon de poils blancs. Il habite l'Indostan, vit de graines, et amasse des provisions.

Le GEermizce pu Lagranor (Gerbillus labradoricus, SABINE) a quatre pouces de longueur (0,108), sans la queue, qui en a deux et demi (0,068) el qui est noire en dessus, blanche inférieurement;

le pelage est brun en dessus, blanc en dessous, ces couleurs se fondant insensiblement l’une dans l’autre; les moustaches sont très-fournies , longues et noires.

Le GErnILLE DES PyRamIDEs (Gerbillus pyramidum, Isin. GEOFF. Dipus pyramidum, GEorr.) a cinq pouces (0,155) de longueur, non compris la queue , qui en a autant; celle-ci est presque nue, terminée par un petit pinceau de poils jaunâtres ; le pelage est d'un jaune roussâtre en dessus, d'un blanc sale en dessous, les pieds antérieurs n’ont que quatre doigts, sans rudiment de pouce. Ce n'est peut-être qu'une variété du gerbille du tamarise, mais distincte de la suivante, avec laquelle Desmarets, Lesson, etc, l'ont confondue. 11 habite les environs des grandes pyramides, en Égypte.

Les espèces qui vont suivre ont les jambes postérieures d’une longueur excessive.

Le Germizce »'Écyrre (Gerbillus ægyptius, Desu. Dipus Gerbillus, Oziv.) n’est que de la taille d’une souris; comme le précédent, mais de moitié plus petit; ses paltes antérieures ont cinq doigts, sa queue est brune, et ses membres postérieurs sont au moins aussi longs que le corps. Il se trouve dans le même pays.

Le GERBILLE AUX YEUX RONDS (Gerbillus megalops, RaAriN.) est long de deux pouces (0,054), sans la queue, qui est plus longue et terminée de blanchâtre ; ses jambes postérieures sont longues de trois pouces (0,081); son pelage est gris; ses oreilles et ses yeux très-grands, et son museau noir. Il habite le Kentucky, en Amérique.

Le GERBILLE QUEUE DE L10N ( Gerbillus leonurus, RArIN.) a trois pouces (0,081) de longueur, non compris la queue, et ses jambes de derrière sont de la mème longueur; son pelage est fauve ; ses oreilles sont très-longues; sa queue est noire, termi-

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