LES
ont les incisives inférieures pointues et jamais au delà de seize molaires. Leurs membres postérieurs ne sont pas allongés comme ceux des gerboises, d’où il- résulte qu'ils marchent sur leurs quatre pattes. Les uns ont des abajoues extérieures, ce sont les saccomys, géomys, diplostomes, hamster et hétéromys; tous les autres n’en ont pas. Presque tous sont des animaux nuisibles à l’agriculture.
17e Genre. Les HAMSTERS (Cricetus, Lacée.) ont seize dents, savoir : quatre incisives, point de canines; six molaires en haut et six en bas; les molaires sont simples, à couronne garnie de tubercules mousses. Leurs abajoues sont très-grandes ; ils ont quatre doigts et un rudiment de pouce aux pattes de devant, et cinq doigts aux pattes de derrière; leurs ongles sont robustes, et leur quene courte et velue.
Le CuncmirLra (Cricetus laniger, Georr. Mus laniger, Mori. Le Chincille de d'Acosra. Chinchilla lanigera, HARvEY).
Ce charmant animal a onze pouces (0,298) de longueur; il se fait remarquer par la beauté de sa fourrure, si recherchée par nos dames. Elle est composée de poils longs, soyeux , très-doux, d'un gris noirâtre ondulé de blanc, ce qui donne au pelage une nuance veloutée de gris, de blanc et de noir; le ventre et les paltes sont d’un blanc pur et brillant; les oreilles sont grandes, arrondies, membraneuses; sa queue est courte, couverte de longs poils roides, gris et blancs.
Le chinchilla se trouve vers le sommet des plus hautes mon-— tagnes du Chili et du Pérou; son caractère est très-doux sans être extrêmement timide; aussi s'apprivoise-t-il avec la plus grande facilité, et je ne doute pas qu'avec un peu de persévérance on ne puisse en faire un animal domestique, comme le
née par une touffe fauve. Il habite le Kentucky et l'Indiana, en Amérique.
Le GerBiiLe DE LA BAIE n'Hupson (Gerbillus hudsonius, Rarix.) ressemble beaucoup au précédent, mais son corps est brun, bordé d’une ligne jaune de chaque côté. Il habite les rives de la baie d'Hudson.
Le GErniLLe sortGix (Gerbillus soricinus, Rarix.) est d’un gris brun en dessus, avee une ligne rousse longitudinale sur les flancs ; les oreilles sont presque nues, ovales-arrondies; la queue, plus courte que le corps, est soyeuse, d'un gris brun en dessous. Il habite l'Amérique du Nord.
16° Genre. Les MÉRIONES (Meriones, ILu1G.) ont dix-huit dents, savoir : quatre incisives, huit molaires en haut et six en bas; les molaires sont composées et non simples comme dans les genres précédents ; la couronne représente une sorte d'2 renversé, avec des cercles de plus en plus marqués sur les dernières dents.
La Mérione pu Canapa (Meriones nemoralis, Is. GEorr. Meriones canadensis, Less. Gerbillus canadensis, Des. Gerbillus Daviesii, Rarix. Dipus canadensis, Davies. Dipus americanus , BAnroN) est de la grandeur d'une souris; son pelage est jaunâtre en dessus, blanc en dessous: ses oreilles sont très-courtes ; sa queue, écailleuse et presque nue, une fois et demie aussi longue que le corps, se termine par un flocon de poils allongés; elle a quatre doigts aux pieds de devant et cinq à ceux de derrière. Elle habite le Canada et passe l'hiver engourdie au fond de son terrier.
La MÉRIONE ÉPAISSE (Meriones opimus, Evers.) a cinq pouces de longueur (9,155), non compris la queue, qui en a quatre (0,10) et qui se termine par une houppe brune; ses formes sont lourdes, épaisses, et ses oreilles courtes. Elle habite entre Orembourg et Bukkara.
lapin. Il deviendrait alors d'autant plus précieux que l'on pourrait non-seulement tirer parti de sa fourrure, comme on le fait aujourd'hui, mais encore en fabriquer des étoffes , à l'imitation des anciens Péruviens. Ce petit animal s'attache à son maitre, le reconnait, lui obéit, le caresse et aime à en être caressé; à l'état sauvage , il vit en société et habite des terriers, où il amasse des provisions de graines et de fruits secs pour se nourrir pendant la mauvaise saison. La femelle met bas deux fois par an, et chaque portée est de cinq ou six petits, qu'elle élève avec soin dans un lit de mousse au fond de son terrier.
La Viscacue (Cricetus viscaccia.— Lepus viscaccia, Morina. La Viscache d'Azara), ainsi que le chinchilla, n’a pas grande analogie avec les Cricetus ; aussi les Anglais en ont-ils fait un genre sous le nom de chinchilla. Cette espèce a la tête semblable à celle d'un lièvre; sa queue est longue; elle a quatre doigts aux pieds antérieurs et trois seulement à ceux de derrière ; le pelage est long, doux, mélangé de brun et de blanchâtre; une bande blanche traverse l'œil; les joues sont noires et garnies d'épaisses moustaches roides et longues. Elle habite le Chili.
Le HAMSTER ORDINAIRE (Cricetus vulgaris, DEsu. Mus cricetus, Pazc.'Le Hamster, Burr. Le Skrzeczieck des Slaves Hlyriens. Le Chomik Skrzeczk des Slaves Polonais) est de la grandeur d’un rat; son pelage est d’un gris roussâtre en dessus, noir en dessous, avec trois grandes taches sur les flancs; les pieds sont blancs, et la gorge et la poitrine présentent chacune une tache blanche. On en connaît une variété noire de l'Ural, décrite par Fr. Cuvier. Cette espèce a une grande réputation de prévoyance dans les pays qu'elle habite; elle y fait de grands dégâts.
De tous les animaux de son genre, celui-ci est le mieux connu; nous allons donner son histoire dans les plus grands détails
pour servir à celle du genre, car, à quelques modifications près, que nous enseignerons, toutes les espèces ont les habitudes à peu près semblables. Le hamster habite tout le nord de l'Europe et de l'Asie; il ne s'engourdit pas l’hiver, quoi qu’en aient dit quelques naturalistes, et Pallas l’a démontré par des expériences positives. IL vit isolé dans les champs cultivés et dans les steppes de la Russie méridionale et de la Sibérie; mais, comme il multiplie considérablement, surtout dans de certaines années qui lui sont favorables , il fait beaucoup de dégâts aux récoltes, et ses dévastations ont été quelquefois si grandes, que plusieurs gouvernements d'Allemagne ont été obligés de mettre sa tête à prix. Il évite les champs humides et ceux qui sont sablonneux, à cause
pendiculaires, afin de donner plusieurs entrées libres à ses petits lorsqu'ils sont menacés d'un danger. A côté de ces trous, à un ou deux pieds (0,325 ou 0,650) de distance, les hamsters creusent un, deux ou trois caveaux particuliers en forme de voûtes, plus ou moins spacieux, suivant la quantité de leurs provisions; c’està-dire que, lorsqu'ils ont rempli un magasin, ils s’occupent aussitôt à en faire un autre. Le caveau où la femelle fait ses petits ne renferme jamais de provisions; elle se borne à y transporter des brins de paille et du foin pour en faire un nid. Deux ou trois fois par an elle y met bas cinq ou six petits, quelquefois davantage, et elle en prend soin pendant six semaines ou deux mois. Quand ils ont atteint cet àge, elle les chasse, et chacun va de
Le Chinchilla.
de la difficulté qu’il trouverait à y établir convenablement son terrier; mais il ne manque jamais de donner la préférence à ceux où la réglisse croît en abondance, parce qu'il aime beaucoup la graine de cette plante, et qu’il en fait de grands approvisionnements, surtout lorsqu'il manque de blé. Pour faire son habitation, il commence par creuser un conduit oblique plus ou moins profond, il en rejette la terre au dehors, et c’est par là que doivent sortir tous les matériaux superflus de son édifice. Aussi en résulte-
son côlé se creuser un autre terrier, auquel, dans le premier âge, il ne donne qu'un pied de profondeur. Chaque année il l'agrandit, de manière que celui d’un vieux hamster s'enfonce en terre jusqu’à cinq pieds (1,624), et le domicile entier, y compris toutes les communications et tous les caveaux, a quelquefois huit à dix pieds (2,599 à 3,248) de diamètre.
Pendant toute la belle saison les hamsters s'occupent exclusivement de remplir leurs magasins, et pour y apporter leurs pro-
t-il une petite butte de terre qui, malgré toutes les précautions qu'il prend ensuite pour masquer l'entrée de son terrier, le fait reconnaître par les chasseurs. Ce conduit aboutit à un premier magasin, de forme sphérique, plus ou moins grand, mais n'ayant jamais moins de huit à dix pouces (0,217 à 0,271) de diamètre. Les parois en sont parfaitement unies et la voûte en est solide. Tout à côté de ce magasin est un conduit vertical, montant à la surface du sol, et c’est le passage ordinaire du hamster pour entrer et sortir de sa demeure. La femelle, ne logeant jamais avec le mâle, creuse ordinairement plusieurs de ces trous per-
visions, consistant en grains secs et nettoyés, en épis de blé, en fèves et en pois en cosse, etc., ils se servent de leurs abajoues, qui peuvent contenir plus d'un décilitre (un demi-verre) de grains nettoyés. C’est ordinairement à la fin d'août qu'ils terminent cette opération, après quoi ils s'occupent de nettoyer leur récolte, de jeter au dehors, par le conduit oblique, les pailles, cosses, balles et grains avariés. Ils bouchent ensuite toutes les ouvertures de leur terrier avec de la terre gâchée, et avec tant d'intelligence, qu'il serait fort difficile de reconnaitre leur habitation, si, comme je l'ai dit, la butte de terre entassée devant