BOEUFS
“ossements fossiles témoigneront seuls de son existence passée. Si on s’en rapporte à Gilibert , l'aurochs, étant pris jeune , s'apprivoise assez aisément, devient docile , et caresse même la main de son gardien en la léchant. Cet auteur dit en avoir observé quatre jeunes, pris dans la forêt de Bialoviezenski. « Ils refusèrent de teter des vaches, dit-il; on leur fit teter des chèvres posées à leur hauteur sur une table : quand ils étaient rassasiés, d’un coup de tête ils jetaient leur nourrice à six ou huit pieds de distance. Quand ils furent grands, la vue d'un étranger et la couleur rouge les mettaient en colère. Dans la forêt de Bialoviezenski, les aurochs ne s’écartent pas des rivages: ils en broutent l'herbe en été, et en hiver ils se nourrissent de pousses des arbustes et des lichens. Dans le temps du rut , les mâles combattent entre eux, et la chasse en est alors très périlleuse. D'un coup de tête ils brisent des arbres gros comme la cuisse. » La femelle porte onze mois et met bas un seul pelit. On croit, mais ceci me paraît douteux, qu'il existe encore quelques rares aurochs dispersés dans les montagnes du Caucase et les monts Krapachs.
Le BureLe pu Cap (Bos caffer, Sparx.) est plus grand et plus massif que le buffle ordinaire; son pelage ést dur, fort serré, d'un brun foncé, composé de poils d’un pouce (0,027) de longueur ; ses oreilles sont un peu pendantes et couvertes par les cornes; son fanon est grand et pendant ; ses cornes sont noires, très-larges et aplaties à leur base , qui couvre le front : elles sont dirigées de dedans en dehors et en bas, puis relevées à leur pointe. Il habite en troupes nombreuses les forêts les plus épaisses de l'Afrique méridionale, depuis le Cap jusqu'en Guinée. Dans ses bois il est très-redoutable et ne manque jamais de se lancer avec furie contre tous les êtres vivants qu'il rencontre; dans la plaine il est plus circonspect, sans être moins farouche, et il n'attaque pas l'homme, à moins qu'il n’en soit lui-même attaqué.
Le Yack (Bos grunniens, Lis. — Desu. La Vache de Tatarie de Burr. La Vache grognante de Tatarie, Scares. Le Bœuf du Tibet de quelques voyageurs. Le Si-nijou des Chinois. Le Bœuf à queue de cheval) a quatorze paires de côtes comme l’aurochs, et constitue par conséquent une espèce tout à fait distincte du buffle et du bœuf domestique, quoi qu’en aient pensé Pallas et Cuvier. Ce animal a quelque ressemblance de forme avec le buffie, mais il en diffère sous de nombreux rapports. Il a sur la tête une grosse touffe de poils crépus, et une sorte de crinière sur le cou; son pelage est noir, assez lisse, presque ras en été, plus fourni et hérissé en hiver ; le dessous du corps, les flancs et la naissance des quatre jambes sont couverts de crins très-touffus, très-longs et tombants presque jusqu'à terre; sa queue, très-souvent blanche et entièrement garnie de longs crins, ressemble à celle d'un cheval; les cornes sont unies, rondes, latérales, à pointes un peu recourbées en arrière; l'animal porte une loupe graisseuse sur le garrot, et les quatre mamelles du mâle sont placées sur une ligne transversale. Yack est le nom que le mâle porte au Tibet; la femelle y est appelée Dhé.
Le yack, à l’élat sauvage, ne se trouve guère que dans les étages les plus froids des montagnes qui séparent le Tibet du Boutan. C’est alors un animal farouche, irascible, dangereux. qui se plaît sous l’ombrage des forêts bordant les rivières où il aime à se baigner et à nager pendant les ardeurs du jour, et à se vautrer dans la fange. Plié à la domesticité par les Mongols, il a un peu perdu de sa brutalité naturelle, et il est devenu un animal très-ulile. Son lait s'emploie comme celui de nos vaches; de plus, après lui avoir fait subir certaine préparation pour le réduire en beurre, les Tatares nomades le renferment dans des sacs de cuir, et en font un commerce assez considérable dans l'Asie centrale. On emploie cet animal à porter des fardeaux, à tirer des chariots et même la charrue; mais malgré cela son caractère n’en est pas moins resté inquiet et peu sociable. Peu accessible au sentiment de la reconnaissance, il tolère tout au plus la familiarité de son maître, ne lui obéit que de mauvaise grâce,
et ne supporte rien des étrangers. Un rien l'inquiète, le met en colère ou du moins lui donne de l'humeur, et c'est alors qu'il fait entendre continuellement cette sorte de grognement que l'on a comparé à celui d’un cochon. Sa chair est estimée, son poil sert à faire des étoffes grossières; mais sa queue surtout a une grande veleur commerciale. Chez les musulmans, attachée au bout d’une lance, elle est l'insigne de la dignité de pacha, et celte dignité est d'autant plus élevée que celui qui en est revélu a le droit de faire porter devant lui plusieurs de ces queues; aussi dit-on un pacha à deux , à trois queues, etc. Les Chinois les recherchent beaucoup aussi, mais c’est simplement pour les porter sur leurs bonnets, après les avoir fait teindre en rouge. On en fait aussi des chasse-mouches, etc. Sonnerat pense qu'on pourrait aisément naturaliser cet animal en France, et qu'il y serait précieux pour notre économie agricole.
Le Bison (Bos bison, ErxL. Bos americanus, Guz. — Desw. Le Bison, Fr. Cuv. Le Buffalo des Anglo-Américains). Cet animal a les formes trapues, la croupe et la tête basses et le garrot trèshaut. Sa tête est courte, grosse; toutes les parties de son corps sont recouvertes d'un poil court et serré; son chanfrein, son cou , le dessous de son menton et ses épaules portent, au contraire, une sorte de criaière de poils laineux , très-longs et trèsserrés; sa queue est assez courte, terminée par un flocon de longs crins; sa couleur générale est d’un brun fuligineux plus ou moins foncé; enfin, ses cornes sont petites, latérales, séparées, noires et arrondies.
Le bison habite dans toutes les parties tempérées de l'Amérique septentrionale, et notamment le Missouri et les montagnes Rocheuses. L'été il vit dans les forêts, mais il en sort au printemps pour parcourir toutes ces vastes contrées du midi au nord, et en automne pour les parcourir du nord au midi. Dans ces sortes d'émigrations, assez irrégulières, du reste, ces animaux marchent en troupes nombreuses, souvent de vingt mille et plus, si l’on s'en rapporte à quelques voyageurs , et ils sont tellement serrés les uns contre les autres, que, ceux de derrière poussant ceux de devant, ils brisent et dévastent tout ce qui se rencontre sur leur passage. Lorsque'le front d’une de ces formidables colonnes rencontre un obstacle invincible, il s'arrête; mais ceux de derrière continuant de marcher en avant, il en résulte une foule, une cohue tellement épaisse, que beaucoup des plus faibles périssent écrasés et foulés aux pieds par les”autres. En été, ils se séparent par couples, ou par pelites troupes conduites par deux ou trois vieux mâles, et ils se relirent dans le fond des forêts marécageuses. Comme leur cuir et leur chair sont fort estimés, les Indiens se réunissent pour leur tendre des piéges et leur faire la chasse. Il n’est pas rare qu'ils réussissent à les faire entrer dans des enceintes de pieux d’une immense étendue, et alors ils en tuent douze à quinze cents dans une seule chasse : du moins si l’on s’en rapporte au capitaine Franklin, qui dit l'avoir vu.
Le bison est farouche, mais non féroce. Il fuit devant l'homme et ne l'attaque jamais, à moins cependant qu'il n’en ait été grièvement blessé. Dans ce cas il se retourne, se précipite sur le chasseur, et malheur à ce dernier s’il n'est monté sur un excellent cheval; non-seulement le bison l'attaque avec ses cornes, mais encore avec ses pieds de devant, qui sont pour lui une arme favorite et terrible. La ménagerie en a possédé plusieurs individus, entre autres une femelle qui y a mis bas. D'après Raffinesque, le bison ne serait pas indomptable, comme on l'a dit, et il serait domestique dans les fermes du Kentucky et de l'Ohio. Il se plait et s’accouple avec les vaches ordinaires, et produit des métis qui ont la couleur, la tête et la demi-toison du bison, son dos incliné, mais pas de bosse sur le garrot. Ces métis
s’accouplent indifféremment entre eux ou avec leurs pères et
mères, et produisent de nouvelles races fécondes : ce qui prouve, selon l'opinion de Buffon , que le bœuf et le bison formaient originairement une espèce unique.
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17e Genre. Les OVIBOS (Ovibos , BLanv.) ont la même formule dentaire que les bœufs ; ils manquent de mufle, et leur chanfrein est assez fortement busqué, comme dans les moutons; leurs cornes sont très-larges, se touchant à leur base, s'appliquant ensuite sur les côtés de la tête, puis se relevant brusquement de côté et en arrière; ils n’ont pas de barbe; leur queue est trèscourte et leurs membres sont robustes.
Il habite l'Amérique, sous le cercle polaire, par troupes de quatre-vingts à cent, parmi lesquels on ne trouve que deux ou trois mâles. A l’époque du rut, c’est-à-dire en août, ces derniers sont excessivement jaloux, et se jettent avec fureur sur tout ce qui approche leurs femelles; ils se battent entre eux jusqu’à la mort, et le mâle vainqueur fuit dans les bois avec ses conquêtes, dont quelques-unes restent pour consoler les vaincus. Les femelles mettent bas un seul petit, à la fin de mai ou au commencement
L'Ovigos MuSQuÉ (Ovibos moschatus, BLAINY. — Desu. Bos moschatus, Lix. Le Bœuf musqué, Burr.) est beaucoup moins grand que le bœuf et offre un peu l'aspect d'un très-gros mouton; son pelage se compose de deux sortes de poils, l'un doux et laineux en dessous, l'autre grossier et fort long en dessus. Sa couleur générale est le brun foncé; son chanfrein est arqué, et sa bouche fort petite; ses cornes sont blanches, lisses, fort larges à la base et se touchant presque, surtout dans le mâle.
de juin. Rarement ces animaux s’écartent beaucoup des bois, et ils aiment à errer dans les parties rocailleuses et stériles des montagnes. Malgré leur lourdeur apparente, ils gravissent avec beaucoup d'agilité les rochers, où ils aiment à aller paître les bourgeons de plantes alpines. Leur chair a quelque analogie de goût avec celle des l'élan, mais elle exhale une forte odeur de muse qui la rend détestable pour les personnes qui n'y sont pas accoutumées.
Nora.
Acanthions, Acanthion.
Achées, Acheus.
Ællo, Æ lo.
Agouarapopé.
"Agouli.
Agoutis.
* Aiï.
Ailurus.
Alactaga.
Alcélaphes, Alcelaphus.
Alouates.
Anisonyx, Anisonyx.
ANTHROPOMORHILES.
Antilocapra.
Antilochèvres.
* Antilope des Indes.
k AT ST
Enclos des Chèvres et Moutons d'Islande près de la fosse aux Ours.
TABLE ALPHABÉTIQUE