‹ Le jardin des ronces, 1889-1899Chapitre 17 sur 54 · LE CULTE DU MOIS · texte numérisé non relu

LE CULTE DU MOIS

LHURGIi;s INTIMES

(Axa : Mon père était pot...)

Je m'eo allais les poings dans mes poches crevées...

Arthur Rimbaud.

A M. Cornélius Vanderbilt.

Jadis des gens au Joun de l'An M'apportaient des étrennes; Maint'nant va-t-en voir s'ils vienn nt, Jean, Oui, va-l-en voir s'ils viennent !

Je n'ai plus d'hal)it, Je n'ai plus d' crédit, Plus de sang dans les moelles.

J' file un sal' coton, C'est pas drôl' quand on Couche à la belle étoile! [bis)

50 LE JAllDIX DES RONCES

Mais voici la fête des Rois :

Aurai-j' de la galette?

Je n'en suis pas sûr, mais je crois Que j' vais r'cevoir un' lett'e.

Pour me retaper,

Qui vais-je taper ?

Chez le roi Milan, j' sonne...

Il me fait entrer

Et me dit : « Mon cher J' dois quinz' francs à ma bonne! » [bis)

Or, voilà qu'il me tombe un louis

Gomme Mars en Carême.

Je vais me payer des ribouis

D' la morue et d' la brème...

Soupe du foi' gras, C'est le Mardi-Gras, Il faut que je m' déguise :

J' décroche illico Chez r pèr' Monaco L' costum' du duc de Guise ! [bis)

J' fais la bombe au quartier latin, Le matin vers trois plombes,

J' m'offre un' beauté d'un âg' lointain. Je m' crois aux catacombes!

LE CULTK nu MOIS

Eli' me dit: « Mon p'iit, L'aut' jour, dans mon lit,

J'ai r'çu le princ' de Galles!

Comme il étaii saoul Il m' donna cent sous... »

— La flir me donn' la gale! (bis)

Je n' sais pas comment j'ai vécu

Des Gendres jusqu'à Pâques...

J'ai tant jeûné que j' suis vaincu.

J'ai des goûts élégiaques...

Le jour des Rameaux J'offre à Jean Rameau Celui qui persévère, Un' brancir de buis vert Avec de beaux vers :

Il n'pay' pas>éme un verre? (bis)

C'est aujourd'hui le Phemieu Mai,

La fét' des sergents d' ville :

Si j'étais ricir j'irais au Mé'ting de la ru" d' ReU'vilIe.

Comm' dynamilard Je fais du pétard :

Je r'çois plus d' paings que d' beurre! Je m' fais arrêter.

J' vais donc boulotter :

J'aurai ma nuit d'huit heures! (bis)

52 LE JARDIN DES H ONCES

Les nuits sont douc's, le temps est beau,

C'est r printemps qui s'ramène ; Mon âme, allons, au bord de Teau...

Allons jusqu'à Suresne.

Les oiseaux, les fleurs.

Et les bookmakers, Tout chante la nature !

Ah ! les amoureux.

Vous èts bien heureux De manger un' friture ! [bis]

Tout en bouquinant sur le quai,

Je rencontre un' rouquine Qui sentait bon comme un bouquet :

Ensemble l'on bouquine...

Avec son brevet J' trouve à son chevet L' dernier roman d' Rachilde!

J' donn'rais pas ses yeux Non plus que ses ch'veux Pour tout l'or des Rothschild... e ! (bis)

Demain c'est 1' Quatohze Juillet,

On dans'ra dans la rue.

Aujourd'hui j' dans' devant l' bufiet :

Dehors la foui' se rue...

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