‹ Le jardin des ronces, 1889-1899Chapitre 19 sur 54 · LE CONSEILLER MUNICIPAL · texte numérisé non relu

LE CONSEILLER MUNICIPAL

[Air : Toto Caraho.)

A Jean Court.

Il était un grand homme

Qui s'app'lait Strauss, dit-on,

Mironton.

Il était poli comme On nTest pas pour un rond.

Chez Peyron, Dans les hôpitaux, Toto carabo, Mais voilà l' principal :

C'était un con [bis] seiller municipal.

(1) Les Étudiants a l'Hotel-de-Ville. — «... Qu'est-ce qui niotiTC cette effervescence ? Un incident qui s'est passé à l'hôpital Saint-Antoine entre un externe, M. Salmon, et M. Paul Strauss, président de la cinquième commission du Conseil municipal et membre du Conseil supérieur de l'Assistance publique. M. Strauss aurait exigé le salut de l'externe qui restait couvert en sa présence... m

(Les Journaux du 20 novembre 1892.)

LE CONSKILLEII MUNICIPAL 61

L'autre; jour il s'amène A Saint-Antoiu', dil-on,

(Sans cocliouj ; Partout il se proiui-uo :

Il visita les lieux,

Les pouilleux Et la sair de bains, Toto carabins.

Tous les gens d'rhô[)ital Dir'nt : « C'est un con [bis] seiller municipal. »

Un externe ([u'on nomme Monsieur Salmon, dil-on,

Mironton, Seul, devant le grand homme, Garda son galurin, L'air serein.

Dans les hôpitaux, Toto carabo, Il lisait Le Journal Sans voir le con [bis] seiller municipal.

Strauss s'écrie, en colère :

« De moi se raoqu'rait-on?

Mironton.

Devant un fonctionnaire L'on doit se décoiffer.

Saluer !

Dans les hôpitaux, Toto carabo.

Sachez donc, animal, Que je suis con [bis) seiller municipal ! »

62 LE JAHDIN Di:s RONCES

L' disciple d'Esculape Répond sur le mêm' ton,

Mironton :

« Quand vous seriez le pape, Le petit caporal,

L' Saint-Graal 1 Dans les hôpitaux, Toto carabo, Gela m'est bien égal ! »

Dit-il au con (^bis) seiller municipal.

Outré de cette réplique Le Strauss se rend, dit-on,

Mironton, A l'Assistanc' publique, Criant : « Je veux sa mort Ou je mord... »

Dans les hôpitaux, Toto carabo, Puis il se trouva mal.

Le pauvre con [bis) seiller municipal !

Soudain, sur l'pont d'Arcole, Déboucha l' Panthéon,

Mironton...

Et le cri des Ecoles Fit tressaillir Foulon :

« Nous voulons.

Dans les hôpitaux, Toto carabo.

Pour mettre au bout d'un pal, La têt' du con (bis) seiller municipal ! »

LF, COXSEII.M-lt MUXICII'AL G3

Mais la garde, qui veille, Prévint Monsieur Saulon,

Mironton.

Sauton (sautons la vieille!!

Commanda deux pompiers Tout entiers, Dans les hôpitaux, Toto carabe, Pour chasser ces chacals Aux trouss's du con {bis) seiller municipal.

Armés d'une chaud' lance, Les deux pompiers, dit-on,

Mironton*, Les tinrent à distance, Tandis que les agents Diligents, Les « municipaux », Toto carabo, A pied comme à cheval, Gardaient le con /ns) seiller municipal.

Quittant la plac' de Grève, Les carabins, dit-on,

Mironton, Résolur'nt de fair' grève, De déserter les cours, Les concours Et les hôpitaux, Toto carabo.

Mais c'eût été fort mal S'venger d'un con [bis) seiller municipal.

64 LE JAUDIX DES HONCES

Celle guerre civile Dura huit jours, dit-on,

Mironton, Mais à riIôtel-de-Ville Tout s'arrangea si bien Qu'à la fin.

Dans les hôpitaux Comm' dans les bureaux.

Chacun r'prit ses travaux :

Élèv's et con [bis] seillers raunicii^aux.

La moral' de l'histoire

Se trouv', Monsieur Salmon,

Dans Drumont; Si vous voulez m'en croire, Soyez, l'été, l'hiver, Découvert... Coram' le grand Rabbin, Toto carabin, N' gardez pas votr' chapeau :

Ça bless' les con [bis] seillers municipaux.

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