‹ Le jardin des ronces, 1889-1899Chapitre 26 sur 54 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

[Air connu.)

A Madame Henri Maillard.

C'était au temps jadis De ma première pipe ; C'était soiis Charles X, Ou bien sous Louis-Philippe.

Timide, je n'osais Regarder une femme :

J'avais peur d'un baiser...

J'étais bêle, Madame !

Dans un soml)re bahut Je coulai ma jeunesse,

88 Li: JAHDIN DES RONCES

Sans un air de clialiut, Sans un mol de tendresse ; Le jour, je subissais La férule et le blâme; Et la nuit j'embrassais Mon oreiller, Madame !

Lorsque plus tard je fus Libre, enlin, du collège, Des « Enfants de Momus »

Je grossis le cortège.

Je fis, contre Musset, Mainte et mainte épigramrae, Car je ne connaissais Rien de Tamour, Madame!

Aussi je devins fou Quand Jenny l'ouvrière Médit: « Baise mon cou... »

Je le fis pour lui plaire.

Un soir je Temmenais Dans une chambre infâme...

Mais, au matin, j'étais Un autre homme. Madame !

Cependant le Seigneur Me toucha de sa grâce,

HOMANCE

Et je touchai le cœur D'une femme un peu grasse.

L'hymen nous unissait.

Ah I quel épithalarae 1 Depuis je ne cessai Dêlre cocu, Madame !

Voici trente ans, hélas !

Que mon épouse est morte..

Quand sonna son trépas Satan ouvrit sa porte !

Mais... je crains d'abuser, Si quelqu'un vous réclame.

Seul, je vais ra'amuser...

Je suis gaga, Madame !

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