‹ Le jardin des ronces, 1889-1899Chapitre 27 sur 54 · PREMIER AMOUR · texte numérisé non relu

PREMIER AMOUR

CHANSON POSTHUME DE BÉRANGER {Air connu.)

A Ernest Chebroux et Paul Sébillot.

C'est un beau soir, dans le quartier du Temple,

Que je la vis pour la première fois ;

Elle avait taille fine et corsage ample,

Son frais jupon se retroussait parfois...

L'œil était bleu, la bouche, provocante,

Elle eût conquis le vieux Roger Bontemps !

Le pied cambré, la démarche élégante, ) i, ■ \

. . , [ [bis]

Moi, je 1 aimais comme on airae a vingt ans 1 )

PKEMIi:U A. M ou II

Vous ai-je dit qu'elle était couturière : C'est dans le blanc ([ue Blanche travaillait; Que j'adorais la j)etite ouvrière Et ({ue mon âme à l'amour s'éveillait?

Tous les matins j'allais au devant d'elle, Je la suivais le cœur emi)li d'émoi...

Toute la nuit je rêvais de ma belle, I ,,. ■. Je révais d'elle et pas elle de moi ! )

Elle devint, pourtant, ma connaissance, Près de Clamart, un dimanche d'été...

Blanche quitta sa robe d'innocence, Et moi je perdis ma virginité.

Un mois après, devant Monsieur le Maire, Je l'épousai... quand, sur la lin du jour, Je m'aperçus quelle allait être mère... j Voici l'aveu de mon premier amour 1 ^

vj^»->

L'ÉTERNELLE CHANSON [Musique de Théodore Maurer.)

A Paul Véro/a.

L'amour est un mal de langueur Qui vous laisse longtemps au cœur

Quelle amertume !

Le mal d'amour est un poison Qui brûle les cœurs à foison,

Et les parfume.

— Mon pauvre cœur, tu le sais bien, Lorsque l'on souffre, on ne veut rien

Que ce qu'on aime.

Le ciel est noir quand meurt l'amour, Et je suis triste comme un jour

De Mi-Carême.

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