XVI PREFACE
Voilà pourquoi, petit F.-A. C. de jadis, aux yeux malicieux, au nez en l'air, grave Gazais d'aujourd'hui, au crayon soucieux et au monocle important, j'ai consenti, moi qui n'aime guère les dessinateurs et qui déteste les chansonniers, à... bêcher un peu d'avance \olre Jardin des Ronces...
Il est planté sur une tombe, votre jardin, mais les herbes folles et la mauvaise raine des timides roses pâles de sa mélancolie n'empêchent pas son rameau de laurier. Conserver pieusement, courageusement, le souvenir des grands poètes, savoir qui sont les justes, malgré les injustices de leur sort, qui sont les bons, malgré les apparentes méchancetés de leurs gestes, vaut mieux que beaucoup de gloire personnelle.
Et je nous souhaite, à vous et à moi, de ne passer à la postérité que pour avoir fidèlement gravé le portrait d'un homme de génie, vous sur le papier, moi dans mon cœur.
RAGHILDE.
LA CHANSON
A F.-Â. CAZALS
Moqueuse, drôle, un peu gamine, Parigote du bataillon, Ta chanson est aiguë et fine : La pointe est parfois l' aiguillon.
Sous un chapeau de fantaisie.
Elle a les traits malicieux, Et ce qu il faut de poésie Pour chanter bien et dire mieux.